Facundo Jones Huala, figure de proue du groupe Résistance Ancestrale Mapuche (RAM), qui avait été extradé d’Argentine (voir notre article), restera en détention pendant au moins 90 jours supplémentaires. Cette décision a été prise à l’issue d’une audience visant à déterminer la suite de la procédure, au cours de laquelle le parquet a requis un délai supplémentaire pour l’enquête, requête qui a été acceptée par le juge. Les avocats du Gremial (une association d’avocats chiliens) définissent l’affaire comme « non pas juridique, mais politique », et ont précisé : « Quoi que nous disions, le juge allait prolonger la détention.» Facundo restera emprisonné pendant encore 90 jours, et que sa détention sera ensuite probablement encore prolongée. Il est incarcéré à plus de 800 kilomètres de sa famille, de sa communauté, de son peuple, dans la pire prison du Chili. Jones Huala est détenu à Rawson depuis juin. Son équipe de défense avait initialement demandé son transfert à Esquel, mais si la requête avait d’abord été acceptée, la décision a ensuite été annulée, le gouvernement fédéral invoquant des raisons de sécurité.

Facundo Jones Huala

Quatorze personnes ont été arrêtées cet après-midi après les affrontements survenus à Bariloche suite à la décision de la la Cour fédérale d’extradition du militant Mapuche lonko Facundo Jones Huala. Les affrontements ont commencé dès cette annonce, devant le palais de justice, opposant les manifestants aux forces de sécurité composées de policiers de la PSA et de gendarmes. Les forces de l’ordre ont jeté des grenades lacrymogènes et tiré des balles en caoutchouc. La rue San Martin était enveloppée d’un épais nuage de gaz, tandis que les pierres volaient contre la police. Les manifestants ont couru vers le centre de Bariloche, où de nouvelles émeutes éclatèrent, ciblant notamment des agences de banques. L’intervention policière dans le centre a débouché sur14 arrestations.

Un des 14 arrestations à Bariloche

Un des 14 arrestations à Bariloche