Accueil > Dossiers > Techniques de la répression

Techniques de la répression

18 avril 2018

Belgique : Collecte et contrôle des données de tous les voyageurs

À partir de lundi, tous les voyageurs circulant en Belgique sont contrôlés et leurs données collectées. Une cellule "Passenger Information Unit" (PIU) a vu le jour au sein du centre de crise du SPF Intérieur. Elle regroupe une trentaine de collaborateurs détachés par les quatre services concernés : la police fédérale, la Sûreté de l’Etat, le Service Général du Renseignement et de la Sécurité (SGRS) et les services douaniers. La PIU recevra les listes des passagers aériens internationaux, mais aussi celles de ceux voyageant en train, en bus et en bateau, et les analysera en utilisant les bases de données des quatre organismes de sécurité impliqués. Les données des passagers arrivent dans la banque de donnée de BelIPU 48 heures avant le départ ainsi qu’au moment du départ et sont analysées soit sur base d’une liste de personnes déjà connues, soit en fonction d’un profilage.

A ce jour, la transmission de données a commencé pour 28% des passagers aériens en Belgique. En 2019, l’ensemble des compagnies aériennes devraient être connectées à la banque de données. Des concertations sont en cours pour les autres secteurs. Un projet pilote est annoncé pour l’Eurostar, qui relie la Belgique à la Grande-Bretagne. Un autre devrait être lancé avec la société d’autocar Flixbus.

Le lendemain des attentats de Paris en 2015, le gouvernement fédéral avait fait de l’aboutissement d’un système PNR (Passenger Name Record) une de ses priorités, malgré les discussions qui s’enlisaient au niveau européen sur ce système (voir notre article). La mise en place du PIU s’est accélérée après les attentats du 22 mars 2016, la Belgique entendait en outre aller plus loin et veiller également à la transmission des données des voyageurs par route, mer ou chemin de fer (voir notre article).

Les données PNR Les données PNR

11 avril 2018

Techniques de répression : Les travailleurs de Google s’opposent à une collaboration avec le Pentagone

Environ 3 100 employés de Google ont réclamé que l’entreprise mette un terme à son partenariat avec le Pentagone. Début mars, celle-ci avait admis publiquement qu’elle mettait à la disposition du ministère américain de la défense certaines technologies d’intelligence artificielle. Ce partenariat s’inscrit dans le projet Maven, un programme lancé en avril 2017 avec l’objectif, expliquait le Pentagone dans une note, de « rendre rapidement intelligible l’énorme volume de données accessibles au ministère de la défense ».

Dans son communiqué, Google avait expliqué fournir au Pentagone des accès à son logiciel ouvert d’apprentissage automatique TensorFlow. L’objectif : l’aider à analyser des images de drones. L’outil peut par exemple être utilisé pour identifier de manière automatisée des bâtiments, des véhicules ou des humains figurant sur des photos ou vidéos. Cela permet de surveiller des lieux, ou d’identifier des cibles.

Au siège de Google Au siège de Google

8 avril 2018

Techniques de répression : Israël en avance sur les drones de combat terrestre

Lors de récents salons dédiés à l’armement, plusieurs industriels ont présenté des drones de combat terrestre. Tel est le cas de l’estonien Milrem, dont le THeMIS peut être doté d’un tourelleau téléopéré deFNder de la FN de Herstal. Le groupe allemand Rheinmetall a développé le Multi Mission Unmanned Ground Vehicle, armé d’une mitrailleuse lourde et de deux lance-roquettes. Et l’israélien Israel Aerospace Industries n’est pas en reste avec le RoBattle qui, pouvant être autonome, a été conçu pour des missions de renseignement, de surveillance, de protection et de reconnaissance armée.

D’une manière générale, Israël a depuis plusieurs années un coup d’avance dans ce domaine, avec les engins AvantGuard et Guardium. Le Guardium est sans doute le plus imposant des drones de combat terrestres puisque sa hauteur est de 2,2 mètres et qu’il pèse 1400 kg. C’est un des seuls connaître un service opérationnel puis l’armée israélienne en a utilisé six le long de la barrière qui isole la bande de Gaza. Il est équipés d’armes létales et non-létales, de caméras et de senseurs. Son but est de détecter et de combattre les éventuelles infiltrations de combattants palestiniens. Il peut être utilisé en mode télé-opéré ou autonome et plusieurs véhicules peuvent travailler ensemble et coopérer en réseau.

Deux Guardium en service dans l'armée israélienne Deux Guardium en service dans l’armée israélienne

Tags de cet article: - - Nos sources
2 avril 2018

Chine : Extention du système de reconnaissance faciale

Le système de reconnaissance chinois, appelé "Sky Net" est désormais déployé dans seize villes et provinces chinoises. Il permet de scanner le visage de gens sous différents angles et luminosité avec un taux de précision proche des 100%. Il aurait également la capacité de reconnaitre un visage dans une base de données équivalent à l’ensemble de la population mondiale en seulement deux secondes.

Le système "Sky Net" et le réseau de vidéosurveillance chinois connait un important développement depuis 2009, suite aux émeutes ouvrières de 2009 (voir notre article) et est utilisé dans de larges domaines de la vie quotidienne (voir notre article). Le gouvernement chinois poursuit en parallèle le développement d’une base de donnée de reconnaissance faciale devant, à terme, contenir l’ensemble de ses citoyens.

Vidéosurveillance en Chine Vidéosurveillance en Chine

Tags de cet article: - - Nos sources
5 mars 2018

IT : Une société israélienne déverrouillerait les derniers smartphones pour les services de police

Depuis le scandale PRISM révélé en 2013 par Edward Snowden, les entreprises de la Tech livrent une bataille juridique et technologique avec les gouvernements, avec comme enjeu la sécurité des données des utilisateurs. En chiffrant le contenu de ses appareils sous iOS avec le verrouillage biométrique de l’utilisateur (Touch ID ou Face ID), Apple ne peut connaître (ni donc livrer) la clé de déchiffrement de ses derniers smartphones. Sans forcer l’utilisateur à déverrouiller son iPhone, il est impossible d’accéder à son stockage et donc aux données privées.

La société israélienne Cellebrite, qui offre ses services aux forces de police, serait cependant parvenue à déverrouiller des smartphones et accéder aux données des utilisateurs. Tous les appareils iOS, même l’iPhone X, qui tournent sous iOS 11 (jusqu’à la version 11.2.6) seraient concernés. Du côté d’Android, les derniers appareils en date seraient touchés. Le déverrouillage se ferait sans avoir besoin d’un accès root ou du jailbreak, et utiliserait un moyen d’accès autre que la biométrie pour entrer sur le téléphone (le code pin, le code ou le schéma de déverrouillage). Pour s’assurer qu’Apple n’identifie pas la faille, Cellebrite demande que les appareils soient déverrouillés dans ses locaux, après un envoi de la police. Il ne semble pas être possible de déverrouiller l’appareil à distance. Les appareils sont ensuite rendus aux forces de l’ordre et Cellebrite envoie les données qui étaient stockées.

. .

Tags de cet article: - Nos sources
4 février 2018

USA : Amazon brevette des bracelets pour contrôler ses salariés

Jeudi 1er février, plusieurs médias américains ont rapporté qu’Amazon, le géant de la grande distribution, avait déposé deux brevets portant sur un bracelet qui permettrait de surveiller au plus près l’activité des employés ainsi que leurs temps de pause. Toutefois, il n’est pas encore certain que l’entreprise prévoie de l’utiliser, même si elle est connue pour appliquer des méthodes de management au particulièrement odieuses.

Pour rentrer dans le détail, l’appareil est capable de vérifier la position des mains des employés quand ils sont au travail dans les entrepôts d’Amazon. Il peut par exemple se mettre à vibrer si l’employé n’a pas les mains au bon endroit, s’il attrape le mauvais colis ou simplement s’il n’est pas actif. Par ailleurs, il permet aussi de surveiller la durée des pauses prises par les employés sur une journée de travail.

Un dépôt d'Amazon Un dépôt d’Amazon

21 janvier 2018

France : Un application de délation testée à Nice

La ville française de Nice teste depuis lundi "Reporty", une application développée en Israël par la start-up de l’ancien Premier ministre Ehud Barak, qui permet d’appeler lorsqu’on est témoin d’une "incivilité" et de filmer l’incident en temps réel avec le centre de vidéosurveillance de la police municipale. Elle sera testée dans un premier temps par 2.000 personnes, des agents de la ville de Nice, des comités de quartier ou encore, des membres du réseau "Voisins vigilants".

La personne qui appelle tombe directement sur le centre de supervision urbaine (CSU) et peut transmettre en direct des images de bonne qualité, ce qui permet de la géolocaliser, de cibler les caméras sur la zone et de dépêcher une patrouille. Un système de messagerie instantanée avec traduction automatique permet aussi à un touriste étranger ne parlant pas français de se faire comprendre par la police municipale niçoise. Un bilan sera fait dans deux mois. Nice, dont la police municipale est la première en France en effectif, est quadrillée par 1.950 caméras de vidéosurveillance, soit 27 au kilomètre carré, un record dans l’Hexagone.

L'application Reporty L’application Reporty

Tags de cet article: - - Nos sources
11 janvier 2018

Inde : La plus grande base de données biométriques du monde piratée

C’est la plus grande base de données biométrique au monde. L’ambition d’Aadhaar ("la base", dans la plupart des langues indiennes) est en effet sans précédent : assigner à chacun du 1,3 milliard de citoyens indiens un numéro à douze chiffres auquel tout serait lié. Carte d’identité, compte en banque, numéro de téléphone, factures, logement, réservations de train, et même paiement par empreinte digitale — Aadhaar serait au monde physique en Inde ce que l’e-mail est au monde numérique. Un identifiant omniprésent, indispensable, et qu’il ne faut absolument pas se faire pirater.

Or, depuis son lancement en 2009, ce gigantesque projet du gouvernement indien multiplie les ratés : mal implémenté, faisant craindre des dérives à la Big Brother ou encore victime de fuites. Cette fois-ci, c’est un journaliste du quotidien The Tribune qui a pu, en s’adressant à un membre d’un groupe Whatsapp, obtenir un accès aux entrailles d’Aadhaar et aux informations personnelles de tout un pays moyennant... 7 euros.

Aadhaar Aadhaar

Tags de cet article: - Nos sources
6 décembre 2017

USA : La force aérienne veut s’équiper pour la contre-guérilla

Le général David L. Goldfein, chef d’état-major de l’Air Force, vient de l’évoquer pour la "longue lutte contre le terrorisme international" l’acquisition d’avions d’attaque légers à hélice antiguérilla de type Embraer 314 Super Tucano ou Beechcraft AT-6 Texan II. L’AT-6 est un appareil extrapolé du Pilatus PC-9 suisse, tandis que l’Embraer Super Toucan a été créé pour la surveillance du bassin de l’Amazone et des frontières brésiliennes. Conçu pour évoluer par très hautes températures et à partir de terrains rudimentaires, l’Embraer est équipé d’un puissant turbopropulseur Pratt & Whitney, d’une avionique et de systèmes d’armes dernier cri qui lui permettent de mettre en œuvre des munitions de précision. Les mitrailleuses .50 incluses dans la voilure ou externes, dans une nacelle, sont d’origine FN Herstal.

Le Super Tucano a déjà été acquis par les Etats-Unis, pour le compte de l’Afghanistan, qui doit en réceptionner 20 entre janvier 2016 et 2018. Il est en service dans de nombreux pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique du Sud, notamment en Colombie où il a été utilisé contre les FARC. Le coût d’un Super Tucano est de 500 dollars l’heure, celui d’un F-16 de 19.000 dollars.

Super Tucano de l'aviation colombienne Deux Super Tucano de l’aviation colombienne

Tags de cet article: - Nos sources
9 août 2017

Japon : Percée d’Hitachi dans la reconnaissance faciale ?

Le procédé mis au point par Hitachi Kokusai Electric serait capable, à partir d’une photo ou d’images prises par une caméra de vidéosurveillance, d’identifier en temps réel une personne parmi 36 millions ! Le constructeur n’a pas dévoilé ses secrets. Il a par contre confirmé que son système n’était pas encore optimisé. Pour obtenir une bonne détection il faut que les visages mesurent 40 x 40 pixels et qu’ils se présentent sous un angle maximal de 30° verticalement et horizontalement par rapport à la caméra (seules des images en 3D permettent de contourner cet obstacle). Sans parler bien sûr de l’exposition du visage à la luminosité. Selon son intensité, la détection est plus ou moins pertinente. Malgré tout, Hitachi Kokusai Electric annonce sa commercialisation d’ici un an.

Les systèmes efficaces en situation dite “coopérative”, c’est-à-dire lorsque la personne se prête volontairement à la captation de son visage (et suit les consignes qui lui sont données) ne le sont pas avec des captations effectuées de façon “non coopérative”. À ce jour, aucun traitement informatique n’a réussi à égaler le couple œil humain + mémoire. Les performances théoriques des systèmes (Eigenface, GaussianFace, ...) butent sur plusieurs paramètres essentiels et en particulier la qualité de l’image. Le système de Hitachi serait le premier à franchir le cap.

. .

Tags de cet article: - - Nos sources

0 | 10 | 20 | 30 | 40 | 50 | 60 | 70 | 80 | ... | 290

SPIP | Plan du site | Qu'est-ce que le RSS?