Le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme accuse les forces de sécurité honduriennes d’avoir commis en 2025 plusieurs violations graves pendant l’état d’urgence instauré fin 2022 pour lutter contre les gangs. Selon l’ONU, au moins 24 plaintes ont été recensées, dont huit disparitions forcées, cinq cas de torture ou traitements cruels, trois exécutions extrajudiciaires, deux morts en détention et six arrestations arbitraires, impliquant notamment la police antigang et la police militaire. Le rapport souligne aussi 17 assassinats de défenseurs des droits humains en 2025, en hausse par rapport à 2024, dénonçant un climat d’impunité et des menaces persistantes contre ces militants. L’état d’urgence, qui autorisait arrestations et perquisitions sans mandat, n’a pas été prolongé après l’arrivée au pouvoir en janvier du président conservateur Nasry Asfura.

L’étudiant de l’Université fédérale du Pernambouc et militant Mateus Galdino, arrêté le 28 janvier 2026 lors d’une manifestation anti-impérialiste à Recife (voir notre article), a été libéré après plus d’un mois de détention préventive au centre pénitentiaire COTEL d’Abreu e Lima. Interpellé après la répression policière du rassemblement, il était accusé de tentative d’homicide, bien qu’il ait été arrêté loin du lieu des affrontements. Le parquet a finalement demandé la levée de sa détention en évoquant des incohérences dans les témoignages policiers et les preuves, tandis qu’une campagne de mobilisation étudiante et militante réclamait sa libération. Les soutiens du jeune activiste demandent désormais l’abandon des poursuites.

Le 26 février 2026 au soir, des affrontements ont éclaté entre des étudiants et des agents de la police de la circulation dans le quartier de Palermo, dans la localité de Teusaquillo à Bogotá, lors d’un contrôle visant des motocyclettes stationnées près d’un établissement universitaire. L’intervention aurait suscité l’opposition de plusieurs jeunes, entraînant des émeutes par les autorités. Deux policiers ont été blessés et transportés vers un centre médical, tandis que deux personnes ont été arrêtées et devront répondre notamment de blessures, de dégradations et d’autres infractions liées aux troubles. Des renforts ont été déployés pour rétablir l’ordre, et la situation est revenue au calme vers 21 heures.

Au Chiapas, 30 indigènes tseltales, membres du Congrès national indigène (CNI), ont été victime de déplacements forcés survenus le 12 février 2026 dans la municipalité de Chilón. Huit familles paysannes ont été expulsées dans un contexte de violence extrême impliquant environ cent personnes, avec la participation de la police municipale, de la Garde étatique et de représentants d’institutions publiques. Cinq maisons auraient été détruites, des biens incendiés, des animaux tués et au moins trois personnes victimes de torture et de mauvais traitements. Deux leaders communautaires, Francisco Moreno Hernández et María de Jesús Sánchez, ont été arrêtés et poursuivis pour « spoliation aggravée », tandis que huit autres mandats d’arrêt viseraient des membres du CNI.

En Équateur, Gabriela Gallardo, militante guevariste et prisonnière politique, a été transférée de manière illégale à la prison pour femmes de Guayaquil, dans ce qui est dénoncé comme une pratique de torture systématique par le SNAI (Service national de prise en charge globale des personnes privées de liberté). Privée de soins médicaux pour un grave tumeur cérébrale, éloignée de sa famille et en particulier de son fils, Gaby fait face à des mesures visant à briser son engagement militant.

Le 25 février 2026, Tomás González s’est évadé avec un autre détenu de l’ancienne prison centrale de Santiago, connue sous le nom d’Ex Penitenciaría de Santiago (« ex-pénitencier »), en se faisant passer pour des gardiens. Il purgeait une peine de plus de 21 ans de prison, dont 16 ans pour avoir tiré sur des policiers lors d’une tentative d’arrestation en mai 2022 et 5 ans supplémentaires liés à la possession d’un cocktail Molotov. Après l’évasion, des appels à ne transmettre aucune information aux autorités ont circulé dans certains milieux de soutien, exprimant leur solidarité avec les évadés et les prisonniers toujours incarcérés.

Une opération policière menée le 20 février 2026 contre des membres du Frente Nacional de Lucha por el Socialismo (FNLS) à Ocosingo, dans l’État du Chiapas, lors d’une commémoration près de Río Florido, a été le théâtre de violents affrontements. Des forces des trois niveaux de gouvernement auraient procédé à une offensive avec gaz lacrymogènes, véhicules blindés et appui aérien d’un hélicoptère Black Hawk, entraînant des blessés et le déplacement forcé de communautés rurales.

Au Chili, l’enquête sur la disparition et la mort présumée de la dirigeante mapuche Julia Chuñil connaît un nouveau développement avec l’extension des recherches au fundo La Fritz, propriété de l’entrepreneur Juan Carlos Morstadt, situé près de Máfil, dans la région de Los Ríos. Cette décision intervient près d’un mois après l’inculpation de trois enfants de la victime pour parricide et d’un ex-gendre pour homicide. Les investigations n’ont pour l’instant donné aucun résultat concluant. Initialement mis en cause, le propriétaire du domaine est désormais entendu comme témoin, tandis que le ministère public poursuit ses investigations.

Au Chili, le ministère public a requis la réclusion à perpétuité (simple ou qualifiée) contre 16 membres de la Resistencia Mapuche Lafkenche (RML) pour l’attaque incendiaire du Molino Grollmus, survenue en août 2022 à Contulmo dans la région du Biobío. Par ailleurs, un mineur encourt cinq ans en centre de réinsertion. Le tribunal de Cañete doit encore fixer la date de l’audience préparatoire au procès de 17 accusés.

Les prisonnières politiques Carmen Villalba, Laura Villalba et Francisca Andino font l’objet de conditions carcérales dégradantes, incluant l’isolement prolongé et la privation de soins médicaux, visant à briser physiquement et psychologiquement ces opposantes politiques.Le système répressif paraguayen ne se limite pas à l’incarcération des opposantes politiques. Il s’attaque violemment à leur cercle familial le plus proche pour briser toute velléité de résistance. La tragédie des enfants de la famille Villalba en est l’illustration la plus brutale : Lilian Mariana et María Carmen, deux fillettes de la famille, ont été exécutées par des unités militaires, tandis que Carmen Elizabeth, surnommée « Lichita », la propre fille de la prisonnière Carmen Villalba, est portée disparue.