Un homme de 21 ans a été abattu lors de manifestations sociales vendredi 3 juillet, dans la ville de Padre Hurtado de Melipilla, à la périphérie de Santiago. Le jeune homme a reçu une balle dans la poitrine. Il a été placé dans un taxi pour être transféré à l’hôpital local, mais il est décédé en chemin. Une série de manifestations a éclaté dans de nombreux quartiers des principales villes du Chili jeudi et vendredi. Vendredi soir, en banlieue de Santiago des barricades enflammées ont été dressées à différents carrefours, et les habitants ont participé à des concerts de casseroles. Objectif : dénoncer la manière dont le gouvernement a géré la pandémie de coronavirus et ses conséquences économiques et sociales. Avec plus 9 000 morts le Chili est l’un des pays d’Amérique latine les plus touchés par le Covid-19, et ses habitants réclament des aides sociales.  1.706 personnes ont été arrêtées la seule journée de jeudi, lors des manifestations (1.547 pour infraction à la quarantaine sanitaire et 159 pour violation du couvre-feu).

Manifestation cette semaine à Santiago

 

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Au cours du mois de juin, l’ELN a libéré 10 prisonniers qu’elle détenait afin de favoriser la reprise des négociations de paix avec le gouvernement. Parmi les personnes libérées, ont compte deux policiers, un capitaine de l’armée ainsi qu’un sous-officier. L’ELN détiendrait encore entre 4 et 10 prisonniers. Par ailleurs, 27 combattant·es de la guérilla ont déposé les armes ces dernières semaines. Ils appartenaient au front José María Becerra, qui opère dans le département du Cauca.

Membres de l'ELN

Membres de l’ELN

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Alcides Oviedo et Carmen Villalba, présentés par les autorités comme les principaux dirigeants de l’Armée du Peuple Paraguayen (Ejército del Pueblo Paraguayo, EPP), ont dû faire face à un nouveau procès, mardi 24 juin, devant un tribunal spécial, pour une affaire remontant à 16 ans. Le tribunal les a reconnus coupables “d’homicide intentionnel” contre un commissaire et deux agents de la police nationale. La fusillade était survenue lorsque les guérilleros avaient tenté de s’échapper dans la ville de Ñemby, en 2004. Les peines seront prononcées la semaine prochaine. Les frères Victor et Gregorio Morales ont été condamnés vendredi 26 juin pour “appartenance une association terroriste”. Ils étaient accusés d’avoir agi en tant que soutien logistique de l’EPP. Le tribunal de Concepción a condamné les frères, âgés respectivement de 51 et 40 ans, à 12 ans de prison. Des villageois du district d’Agüerito et des amis des frères Morales ont manifesté lors du procès devant le palais de justice et ont demandé leur libération.

Alcides Oviedo et Carmen Villalba

Dans la nuit du 4 mai, dans la municipalité de Ixtlahuacán de los Membrillos (État de Jalisco), Giovanni López, un travailleur de la construction de 30 ans, a été arrêté par jusqu’à dix policiers municipaux parce qu’il ne portait pas de masque. Une vidéo montre les agents le battant au moment de l’arrestation. La famille de la victime a récupéré son corps à l’hôpital civil de Guadalajara, capitale de l’État de Jalisco, où il a été confirmé qu’il était décédé des suites d’un traumatisme crânien. Selon la famille, le maire d’Ixtlahuacán de los Membrillos, Eduardo Cervantes Aguilar, par l’intermédiaire d’une autre personne, les a contactés pour leur demander de ne pas diffuser la vidéo de l’arrestation en échange de 200.000 pesos (environ 8.000 euros). Aguilar a affirmé ne pas être au courant mais le parquet de Jalisco l’a convoqué ce vendredi pour témoigner de ce meurtre, de la même manière qu’il doit rentrer lundi au siège du ministère public pour une autre série d’abus policiers.

Une manifestation a rassemblé des centaines de jeunes, dans le centre de la ville de Guadalajara. Les premières confrontations avec la police ont été enregistrées après que certains manifestants aient peint la façade du siège du gouvernement. Au moins deux voitures de patrouille de police ont été incendiées. Des agents ont tiré du gaz lacrymogène lorsque des manifestants tentaient d’entrer dans le palais du gouvernement.

Une patrouilleuse attaquée à Guadalajara

Des centaines de manifestants antifascistes ont marché Avenida Paulista, dans le centre de São Paulo, sur un rassemblement de plusieurs centaines de partisans du président Bolsonaro. Il y a eu des heurts car les barrages policiers n’ont pas su tout à fait protéger les fascistes venus protester contre les mesures de confinement décidées par de nombreux gouverneurs des États brésiliens contre l’avis de Bolsonaro. Les manifestants anti-Bolsonaro ont incendié des poubelles et ont lancé des pierres sur les fascistes et sur les policiers, qui ont tiré du gaz lacrymogène. Au moins trois personnes ont été arrêtées. Le rassemblement antifasciste avait notamment été convoqué par les supporters de plusieurs clubs de football de São Paulo, principalement les Corinthians, mais aussi Palmeiras, São Paulo et Santos. Le Brésil est de loin le pays d’Amérique latine le plus touché par l’épidémie de Covid-19 avec plus de 500.000 cas et près de 30 000 décès.

Les affrontements de Sao Paulo

Mardi 26 mai, des manifestations ont éclaté à San Bernardo et Cerro Navia contre le manque de nourriture. Dans les deux communes, les manifestants ont installé des barricades et y ont bouté le feu. La police est intervenue ce qui a conduit à des affrontements. Des événements similaires avaient déjà eu lieu dans d’autres villes du Chili dont El Bosque, Cerrillos, La Pintana et Puente Alto (voir notre article).

Émeutes de la faim à San Bernardo et Cerro Navia

Émeutes de la faim à San Bernardo et Cerro Navia

Lundi après-midi, des habitants de Huejutla ont dressé des barrages sur les routes Álamo-Tamazunchale et México-Tampico. Les manifestants demandent au gouvernement un soutien financier face aux conséquences de l’urgence sanitaire. En outre, mardi, les manifestants ont séquestré deux policiers municipaux  dans une communauté de la région de Huasteca. Les policiers municipaux auraient été emmenés dans la communauté d’Oxtomal, où ils sont toujours détenus, les protestataires ont déclaré qu’ils ne les relâcheront pas tant que le gouvernement n’aura pas répondu à leurs demandes. Enfin, les vitres des locaux du DIF municipal et du Tribunal de première instance on été brisés par des manifestants.

Blocage d'une route au Mexique ce lundi

Lundi 18 mai, Segundo Maximiliano León, ancien membre de l’ancienne guérilla des FARC et signataire des accords de paix des années 80, a été assassiné dans la municipalité Argelia (département de Valle del Cauca). Cet après-midi, au moins 10 hommes armés sont arrivés en camionnette à la réserve de López Adentro, dans le quartier de Guabito. Ils ont tiré sur la communauté sans discrimination. L’attaque était dirigée contre deux ex-combattants des FARC. Les deux cibles, Sebastián Ílamo et Eduardo Ílamo, ont été blessés mais sont encore en vie. Cependant, un jeune habitant Cristian Conda a été tué dans l’attaque. Ces attaques seraient orchestrée par une milice du groupe paramilitaire “Carlos Patiño” contre les ancien·nes combattant·es et leurs sympathisant·es.

Des membres des FARC sur le point de rendre les armes à Gallo, dans le département de Córdoba, le 1er février 2017

Des membres des FARC sur le point de rendre les armes à Gallo, dans le département de Córdoba, le 1er février 2017

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Lundi 18 mai, les habitant·s de la commune d’El Bosque (une commune de la banlieue de Santiago) sont descendu·es dans les rues pour protester contre manque de nourriture auquel ils sont confrontés en raison de la mise en quarantaine totale appliquée à 38 communes de la région. Ils réclamaient l’envoi de colis alimentaires. La police est arrivée sur les lieux a utilisé des gaz lacrymogènes et une autopompe pour tenter de dissoudre la manifestation. Trois personnes ont été arrêtées. Les manifestant·es ont répliqué avec des jets de pierre et ont tenté d’ériger des barricades enflammées dans les rues.

Émeutes de la faim à El Bosque

Jeudi 14 mai, l’armée de l’air colombienne a bombardé un camp de l’ELN dans la région rurale de la municipalité de Montecristo (département de Bolívar). Au cours de cette opération coordonnée avec l’armée de terre, le commandant, connu sous le nom de “Mocho Tierra” a été tué. Il s’agissait d’un commandant important puisqu’il gérait les finances de la guérilla. Plusieurs autre combattant·es ont été tués au cours de l’opération.

Combattants de l'ELN

Combattants de l’ELN

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