Des rassemblements contre la proposition de loi “sécurité globale” ont eu lieu dans de nombreuses villes en France hier samedi. Au total, près de 80 rassemblements “pour le droit à l’information, contre les violences policières, pour la liberté de manifester et contre la surveillance de masse” ont eu lieu dans le pays. 200.000 manifestants (selon les organisateurs) ont dénoncé la proposition de loi, déjà votée en première lecture à l’Assemblée nationale, qui doit être examinée en mars au Sénat. La manifestation a été relativement calme à Paris (24 interpellations tout de même…), il y a eu des incidents à Angers où la police a fait usage de gaz lacrymogène et a procédé à deux arrestations, à Caen (3 arrestations), mais surtout à Lyon et à Montpellier (6 arrestations).

face à face hier à Caen

Une convention nationale a été signée le 4 juillet 2019 entre Pôle emploi et la Gendarmerie dans le but d’aider cette dernière a recruter. À cette fin, la Gendarmerie organise notamment des séances d’informations dans les locaux de Pôle emploi auxquelles certain·es chômeurs sont invité·es, par leur conseiller, à participer. Une vidéo d’une de ces séances d’informations datant d’octobre 2019 est sortie. On peut y entendre des Gendarmes vanter les avantages matériels du métier et justifier les mutilations de Gilets Jaunes.

Cette convention nationale a été déclinée par plusieurs convention locale. Jeudi 3 décembre 2020, la Région de Gendarmerie et Pôle emploi Occitanie ont ainsi conclu deux conventions locale. La première portait sur la sécurité des locaux de l’agence. La seconde elle portait sur le recrutement de gendarmes parmi les chômeurs. Une autre convention locale a également été signée à La Réunion et la Gendarmerie en juillet 2019. Ces partenariats vise a répondre à la diminution du nombre de candidat·es postulant à la Gendarmerie. Alors qu’en 2009, 16 candidats se disputaient un poste au concours externe de sous-officier de la Gendarmerie, on ne comptait plus que 3,4 candidats pour un poste en 2017. En 2019, année exceptionnelle, la sélectivité était de 8 candidats pour un poste. Mais cette évolution s’expliquait uniquement par la réduction de plus de la moitié du nombre de postes à pourvoir pour un nombre presque équivalent de candidats. D’autres conventions ont également été signées entre Pôle emploi, la Gendarmerie et des entreprises de sécurité pour permettre aux Gendarmes de se reconvertir dans la sécurité privée.

Conventions entre la gendarmerie et Pôle emploi

Conventions entre la gendarmerie et Pôle emploi

L’unité “Force d’Appui Rapide” (FAR) va être créée d’ici l’été prochain. Elle sera composée de 200 CRS en alerte 24 h sur 24 et 7 jours sur 7 et prêt à partir en 15 minutes depuis leur base en région parisienne (Essonne). Ces « super CRS » seront mobilisés en cas de « violence urbaine » et pourront intervenir partout en France. Cette force sera dotée de moyens spéciaux : un nouvel uniforme anti-feu et anti-acide, un casque plus léger, des monospaces et des 4×4 rapides pouvant franchir des barricades… Ces futurs « super-CRS » toucheraient aussi une prime spécifique.

 

La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris a estimé que Jose Antonio Urrutikoetxea Bengoetxea, mieux connu comme Josu Ternera, ancien responsable d’ETA devrait être extradé en Espagne pour y être jugé. La justice française fait ainsi suite à une requête de Madrid au sujet de l’exécution, le 25 juin 1980, par un commando d’ETA, du directeur de l’usine Michelin de Vitoria-Gasteiz, capitale administrative de la région du Pays basque en Espagne. Pourtant, cette action avait été revendiquée par ETA-pm (politico-militaire) à laquelle Josu Ternera n’a jamais appartenu: il appartenait à l’autre branche de la scission, ETA militaire.

Ce n’est pas la première fois que Josu Ternera, assigné à résidence depuis juillet 2020 (voir notre article), est confronté à une demande d’extradition. En novembre 2020, déjà, la justice française avait accepté de le remettre à l’Espagne pour une autre affaire : un attentat à la voiture piégée contre la garde civile à Saragosse en 1987. Josu Ternera, 70 ans, a été arrêté après plus de seize ans en cavale en Haute-Savoie le 16 mai 2019, devant un hôpital où il se rendait, sous une fausse identité, pour y être soigné pour un cancer (voir notre article). Entré dans ETA en 1970-1971, il a été élu député du Parlement basque de 1998 à 2005, alors qu’il était en prison. 30 Basques de nationalité espagnole seraient actuellement incarcérés sur le sol français pour leur appartenance présumée à ETA, la moitié faisant l’objet de mandats d’arrêt européens ou de demandes d’extradition vers l’Espagne.

Jose Antonio Urrutikoetxea Bengoetxea, mieux connu comme Josu Ternera

 

Un tribunal a annulé le 6 janvier la cagnotte Leetchi ouverte en janvier 2019 pour l’ex-boxeur gilet jaune Christophe Dettinger, et ordonné la restitution des fonds à ses contributeurs, jugeant l’objet de cette collecte contraire à l’ordre public. Le Leetchi avait été créée le 6 janvier 2019 pour Christophe Dettinger, alors en garde à vue après avoir été filmé la veille à Paris en train de frapper des gendarmes qui avaient eux-mêmes matraqué une femme au sol lors de l’acte 8 des Gilets jaunes. En deux jours, les dons avaient afflué et atteint 145.000 euros.

Leetchi avait décidé, le 8 janvier, contre ses propres principes et règlements, de suspendre cette cagnotte dénoncée par des syndicats de policiers et certains responsables politiques. Après plusieurs renvois, le tribunal a tranché le 6 janvier, a prononcé la nullité du contrat conclu entre la société Leetchi et le créateur de la cagnotte, en vertu de l’article 1162 du code civil sur la nullité des contrats pour violation à l’ordre public. Rappelons que Leetchi avait fourni à la police judiciaire — après réquisition du parquet — le fichier regroupant le nom des quelque 8.000 personnes ayant participé à la cagnotte. Certains des donateurs avaient été convoqués et entendus par les enquêteurs en juin 2019. Rappelons enfin que Leetchi avait fait de grandes difficultés pour reverser les sommes récoltées en France par le Secours rouge dans la cadre de la campagne “du Celox pour le Rojava”. Bref, évitons Leetchi.

 

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Le 12 juin 2019 lors d’un reportage sur une grève de travailleurs sans-papiers, le journaliste Taha Bouhafs a été agressé par un agent de la BAC pour avoir refusé d’arrêter de filmer. Suite à cela, le policier a déposé plainte contre le journaliste pour “outrage et rebellion”. Vendredi 8 janvier, un rassemblement de soutien est organisé par Reporters en colère pour exiger la relaxe de Taha Bouhafs à 12H45 au Tribunal de Grande Instance de Créteil.

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Le 9 janvier 2021 est la date anniversaire de l’assassinat en plein de cœur de Paris, il y a 8 ans, de trois responsables du mouvement kurde,  Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Soylemez, par un agent aux liens avérés avec les services secrets turcs. En raison des restrictions liées au covid, la grande manifestation parisienne “Justice pour Sakine, Fidan et Leyla” est remplacée par des mobilisations décentralisées. Voici les rendez-vous pour la France, la Suisse et la Belgique ce samedi 9 janvier.

France
PARIS: Gare du Nord, 14h (arrivée place de la République)
MARSEILLE: Réformés – Canebière, 13h
TOULOUSE: Gare de Matabiau – Métro Esquirol, 13h30
BORDEAUX: Place de la Bourse – La Victoire, 13h30
RENNES: Dalle du Colombier, 14h
STRASBOURG: Place Kléber, 14h

Suisse
BÂLE: Parc de-Wette à 13h30

Belgique
BRUXELLES : Porte de Namur, 13h

Samedi 9 janvier, un rassemblement unitaire est organisé à Toulouse pour dénoncer la vente et la destruction de l’hôpital La Grave et les expulsions du DAL 31 et du Centre Solidaire Abbé Pierre du site. Les organisateurs dénoncent la politique municipale de spéculation immobilière au détriment de la population et exigent un quartier et un hôpital ouverts à toutes et tous. Rendez-vous est donné samedi 9 janvier dès 12H pour un rassemblement-concert au 21 rue du pont Saint-Pierre.

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Idir, jeune homme de 22 ans, est mort  le 9 septembre 2020 dans une cellule du quartier disciplinaire de la maison d’arrêt de Lyon-Corbas. L’administration pénitentiaire a alors parlé de suicide du jeune homme, alors que celui-ci devait sortir de prison 2 semaines plus tard. Sa famille et ses proches se battent pour obtenir toute la vérité sur la mort d’Idir. Une marche blanche en sa mémoire et pour la vérité est organisée le samedi 9 janvier 2021 à Brignais, rue des quatre saisons.

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