Licenciement d’un conseiller Pôle Emploi et d’un gréviste de la SNCF en juillet, déplacement d’office d’un inspecteur du travail et révocation d’un gréviste de la RATP en août, conseils de discipline de grévistes de l’Éducation nationale ou de la Poste à la rentrée, jusqu’à des mises à pied voire des licenciements dans la Santé en pleine épidémie… depuis quelques mois, la répression anti-syndicale va fort en France. Face à cette offensive patronale et gouvernementale, une dizaine de comités de soutien ont décidé de s’unir et d’appeler à un meeting interprofessionnel contre la répression. Il s’agit des comités et campagnes de soutien de : Anthony Smith (responsable syndical à l’inspection du travail), Alexandre El Gamal (RATP), Éric Bezou (SNCF), Yann Gaudin (Pôle Emploi), Les 3 de Melle (Éducation), Les infirmiers du Rouvray (Hôpital), Anissa Amini (EHPAD), Vincent Fournier (La Poste), Gaël Quirante (La Poste), Roga et Victor (Université).

Ce meeting se tiendra mercredi 16 septembre à 19H30 à Paris, à l’Annexe de la Bourse du Travail de Paris (salle Hénaff), 29 bd du Temple, Paris 3e (métro République).
Au vu des restrictions de capacité de la salle dues au contexte sanitaire, une retransmission en live est prévue sur Facebook.

La grève à l’hôpital de Rouvray, près de Rouen

Un ingénieur du Centre national d’études spatiales (Cnes) a été licencié après s’être vu reprocher par la DGSI des contacts avec “l’ultragauche” en 2010 et 2017. Cet ingénieur a été embauché en CDD en décembre 2017 chez un sous-traitant du Cnes et a obtenu dans la foulée l’autorisation d’accéder à la zone à régime restrictif (ZRR), où sont traitées des données sensibles. Il a ensuite signé un CDI en avril 2019, et c’est à ce moment qu’une enquête administrative a été menée, comme la loi le prévoit, pour vérifier que son “comportement […] n’est pas incompatible avec l’exercice des fonctions ou des missions envisagées”. Un avis défavorable a été rendu. Le salarié s’est d’abord vu refuser l’accès à la zone à régime restrictif du Cnes après une alerte de la DGSI, avant d’être licencié. La note blanche de la DGSI qui l’avait condamné, mentionnait seulement qu’il “est connu de la DGSI pour être apparu en 2010 et 2017 en relation avec la mouvance de l’ultragauche radicale”. La DGSI traque ainsi la gauche révolutionnaire jusque dans la communauté scientifique.

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Mardi 1er septembre, un rassemblement d’une centaine de personnes étaient organisé devant l’ambassade de France au Liban pour exiger la libération immédiate de Georges Abdallah, communiste libanais emprisonné en France depuis 1984 et libérable depuis 1999. Cette initiative s’inscrivait dans le cadre des mobilisations contre la venue du président français Emmanuel Macron au Liban afin de dénoncer l’acharnement de l’État français contre Georges Abdallah (voir notre article). À la fin du rassemblement, l’armée a utilisé des gaz lacrymogènes contre la foule qui tentaient de franchir le barrage l’empêchant d’accéder à l’ambassade.

À l’appel de plusieurs comités de soutien, une large campagne sur Twitter avec le hashtag #MacronLibérezAbdallah est organisée lundi 31 août à 18H (Belgique/France) à l’occasion de la venue d’Emmanuel Macron à Beyrouth. Lors de sa précédente visite, le président français avait été interpellé à plusieurs reprises à propos du maintien en détention de Georges Abdallah, communiste libanais emprisonné en France depuis 1984 (voir notre article).

Hier, mardi 25 août, plusieurs vitres de l’ambassade de Biélorussie à Parie ont été brisées, et des bouteilles de peintures ont été lancées contre la façade. Le communiqué indique qu’il s’agit d’un action solidaire des manifestants en lutte en Biélorussie et qui sont confronté à la répression. Le communiqué appelle aussi à la libération des anarchistes Alexander Frantskevich, Akihiro Khanada et Nikita Yemelyano emprisonnés par le régime de Loukachenko (voir notre article).
Lire le communiqué

L'ambassade de Biélorussie à Paris

L’ambassade de Biélorussie à Paris

Dimanche 23 août, des militants des Jeunesses Révolutionnaires de Saint-Étienne se sont rendus devant le consulat irlandais à Lyon pour distribuer des tracts et poser une banderole en soutien à la campagne #KEEPLIAMHOME qui vise à empêcher l’extradition de Liam Campbell. Il s’agit d’un ancien membre du conseil de l’IRA Véritable, qui a été emprisonné pendant 8 huit ans pour appartenance à cette organisation. En mai 2009, il a été arrêté à la suite de l’émission d’un mandat d’arrêt européen à la demande des autorités lituaniennes, où il était recherché dans le cadre d’une enquête sur du trafic d’armes. Notons qu’il n’a jamais mis les pied dans ce pays (voir notre article).

Action devant le consulat irlandais à Lyon contre l'extradition de Liam Campbell

Action devant le consulat irlandais à Lyon contre l’extradition de Liam Campbell

Une personne a été arrêtée, auditionnée puis libérée dans le cadre de l’enquête sur l’attaque à la caserne de gendarmerie de Meylan. Le 31 octobre 2017, l’enceinte du parking de la brigade de gendarmerie de Meylan, en Isère, avait été cisaillé et quatre voitures des gendarmes avaient été incendiées (lire le communiqué ici). La personne a été arrêtée dans la rue à Gaillac (81) ce samedi 15 août. C’était une opération ciblée, suite à un mandat de recherche délivré en janvier 2020 par le parquet de Grenoble. Elle a été mise en garde à vue à Gaillac et auditionnée sur son appartenance supposée au milieu féministe et anarchiste, sur l’utilisation de son téléphone/ses déplacements (bornage téléphonique), sur ses fréquentations et notamment ses liens avec la personne mise en examen pour l’incendie à la caserne Jourdan à Limoges. La personne est ressortie libre moins de 24h après en ayant rien déclaré, sans garanties de représentation et peut-être des suites pour refus de prélèvement biologique, empreintes, photos.

L'incendie de Meylan

Des animations pour enfants en tenues anti-émeutes sont organisées par le gouvernement dans la ville de Mâcon. Des policiers sont, en effet, venus  y proposer des animations aux enfants, en leur mettant une tenue anti-émeutes, des boucliers et des matraques. La structure qui organise ce genre d’évènement s’appelle “RAID aventures”, une association policière parrainée par le gouvernement. Sur son site, on peut lire que lors de “l’atelier “GTPI” (…) les policiers prennent le temps d’expliquer leur métier avec des démonstrations des gestes et techniques de protection et d’intervention, et des parcours d’obstacles en tenue de maintien de l’ordre”. Plus d’infos ici.

Des animations pour enfants simulant la répression des manifestant·es

Des animations pour enfants simulant la répression des manifestant·es

Ce jeudi 13 août à 23h, trois policiers de la Brigade Anti Criminalité (BAC) du 20e arrondissement de Paris se sont présentés au Saint Sauveur et ont demandé à voir le responsable. Ils venaient faire signer un procès-verbal de notification. Après 15 ans d’existence et pour la deuxième fois en six mois, le Saint-Sauveur se voit donc imposer une nouvelle mesure de fermeture administrative d’une durée de deux semaines. Cette fermeture intervient après les neufs jours imposés en janvier dernier, après les presque trois mois de fermeture imposés parce que nécessaire par la crise sanitaire (voir notre article). Les prétendus motifs invoqués rendent responsable ce bar de tous ce qui se passe sur la place où il est situé. On leur reproche également d’avoir subi une attaque organisée par un groupe de fascistes armés de barres de fer, manches de pioche et gazeuses (voir notre article). Plus d’infos ici.

Le Saint-Sauveur

En avril 2020, Anthony Smith, inspecteur du travail du département de la Marne et syndicaliste CGT, s’était vu suspendre de ses fonctions, à titre conservatoire, dans l’attente de la mise en œuvre d’une possible sanction disciplinaire. Cette mise à pied avait été faite suite à une procédure de référé qu’Anthony Smith a intenté visant une structure d’aide à domicile n’ayant pas pris de mesures suffisantes pour préserver la santé et la sécurité de ses employés (voir notre article). Il a été sanctionné par une mutation d’office. Le 21 juillet, plusieurs centaines de personnes s’étaient rassemblées devant le ministère des Solidarités pour le soutenir. Une pétition de soutien lancée mi-avril avait quant-à-elle recueilli près de 150 000 signatures.

 Un inspecteur du travail sanctionné pour avoir défendu des mesures sanitaires