La pandémie de Covid-19 n’empêche pas la justice algérienne de punir militants du “Hirak”: une figure de la contestation a écopé lundi d’un an de prison ferme, et d’autres risquent de lourdes peines alors que le mouvement est en suspens. Abdelouahab Fersaoui, président du Rassemblement-Actions-Jeunesse (RAJ), une association citoyenne à la pointe du mouvement (“Hirak”) populaire antirégime, a été condamné pour “atteinte à l’intégrité du territoire national”. L’universitaire de 39 ans est en détention provisoire à la prison d’El Harrach à Alger depuis son arrestation le 10 octobre, alors qu’il participait à un sit-in de soutien aux détenus d’opinion. Quant au militant Karim Tabbou, une figure emblématique de la contestation, déjà condamné à un an de prison ferme, il doit comparaître le 27 avril dans un autre procès, accusé cette fois d'”atteinteau moral de l’armée”. Si le président Abdelmadjid Tebboune a gracié la semaine dernière plus de 5.000 prisonniers, cette mesure de clémence n’a bénéficié à aucun des 44 détenus du “Hirak”.

Manifestation du Hirak (archives)