Actualité de la répression et
de la résistance à la répression

Le groupe français Capgemini collabore avec la police fédérale états-unienne ICE pour identifier et localiser des migrants, via des contrats de « skip-tracing » pouvant atteindre 365 millions de dollars. Sa filiale américaine, près de Washington, gère également un standard téléphonique pour les victimes de crimes imputés à des étrangers. Cette coopération illustre le rôle des entreprises privées dans la politique d’immigration agressive de l’administration Trump.

Parallèlement, Gregory Bovino, responsable de la Customs and Border Protection (CBP), est devenu le visage de la militarisation de la lutte contre l’immigration, dirigeant des raids expéditifs et controversés à Minneapolis et dans d’autres villes. Critiqué après la mort de l’infirmier Alex Pretti, il a fait l’objet d’une réévaluation par l’administration Trump, c’est-à-dire que sa position et son rôle stratégique ont été confirmés malgré la polémique, et il reste un acteur clé de la politique d’expulsions massives, utilisant des méthodes agressives et souvent contestées.

Rédigée par le militant anarchiste Luca « Stecco » Dolce depuis sa cellule de prison en Italie, cette déclaration propose une analyse du génocide à Gaza à travers le prisme de la lutte des classes et de l’anti-autoritarisme. L’auteur dénonce le « complexe techno-industriel » : un système où la guerre, la surveillance des frontières et l’exploitation des travailleurs sont interconnectées. Par ailleurs, il appelle à transformer l’émotion collective en action directe et en auto-organisation, tout en dénonçant l’hypocrisie et la complicité des États européens et des institutions internationales (lire en intégralité).

[…] Les anarchistes, et pas seulement eux, n’attendent pas qu’une révolution se produise d’elle-même ; ils la vivent ardemment, en étudiant et en s’organisant.

Saboter et attaquer le système de domination ne suffit certainement pas à préparer un changement radical, mais cela nous en rapproche, et nous permet de regarder en face la vie que nous désirons, en agissant contre un ennemi qui nous lie à son système, dont nous voulons nous libérer. Cette vie libre nous est de plus en plus refusée ; nous ne sommes pas éduqués à la capacité de choisir, à réfléchir et à activer une volonté libre qui dicte les lignes directrices et les règles sociales qui brisent celles, autoritaires, actuelles, en choisissant consciemment les voies et les méthodes qui évitent un système meurtrier, toxique et injuste.

Nous devons détruire l’idée moraliste de la « confrontation démocratique » : elle nous éloigne de certaines possibilités de lutte, et je crois que le meilleur exemple de fracture insurrectionnelle se manifeste à travers les émeutes indonésiennes de ces derniers mois. En réponse aux revendications du peuple, à leurs propositions d’auto-organisation et de communisme anti-autoritaire, l’autorité s’est montrée arrogante et violente. La réponse subversive a été claire et précise : la mise en scène démocratique a été réduite en cendres dans les incendies des maisons des politiciens. Leur arrogance s’est retournée contre eux et ils sont devenus, pour une fois, les cibles matérielles, la proie d’une fureur libératrice. […]

Le militant anarchiste Arturo Lugo a été arrêté à Guadalajara le 8 janvier 2026 par l’État mexicain et transféré à la prison de haute sécurité de l’Altiplano. Ses soutiens dénoncent des actes de torture et rappellent qu’il avait déjà subi des violences et des agressions sexuelles en avril 2020 lors de l’évacuation de l’école FES Acatlán (UNAM), où il protestait contre le harcèlement sexuel institutionnalisé. En réponse, un appel est lancé pour un mois de février de « lutte anti-autoritaire » sous toutes ses formes afin d’exiger sa libération immédiate.

Un étudiant sans papiers, militant à la Fédération Syndicale Étudiante et au Comité Sans Papier 59, fait l’objet d’une OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français) depuis mai 2024 après un refus de renouvellement de son titre de séjour, et a récemment été interpellé par la Police aux Frontières alors qu’il se rendait en cours à Lille. Lors de cette arrestation, il a subi des pressions et des tentatives d’intimidation liées à son engagement militant, ainsi que des menaces de placement en centre de rétention. Malgré son parcours universitaire reconnu, la préfecture justifie la mesure par un prétendu manque de sérieux de ses études. Cette situation est un cas de répression administrative ciblant un étudiant engagé, et une mobilisation est en cours pour obtenir la levée de l’OQTF, soutenir les démarches juridiques et financer les frais d’avocat afin de défendre son droit à étudier et à vivre en France (voir ici).

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Suite à l’occupation de l’école et à une évacuation policière (voir notre article), la direction d’AgroParisTech, représentée par Laurent Buisson, a prononcé l’exclusion de deux semaines pour plus de trente étudiants militants du collectif « Agro En Lutte ». Les manifestants, qui dénoncent la complicité de l’établissement avec l’agro-industrie et revendiquent le soutien de plus de 500 signataires internes ainsi que de diverses organisations (Confédération paysanne, Soulèvements de la Terre), contestent ces sanctions devant le tribunal administratif. Malgré ces mesures de « neutralité institutionnelle » qu’ils jugent répressives, les étudiants appellent à poursuivre le mouvement et à investir les réunions officielles pour faire entendre leur voix.

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Un appel est lancé à se rassembler mercredi 28 janvier à 16h au palais de justice de Paris pour soutenir Gino, convoqué devant la Cour d’appel dans le cadre de l’affaire de Budapest (voir notre article). Après l’échec de la demande hongroise, c’est désormais l’Allemagne qui réclame son extradition, dans un contexte de coopération judiciaire européenne visant les militants antifascistes. Ses soutiens dénoncent une nouvelle tentative de criminalisation politique et appellent à une présence massive pour empêcher l’extradition et contester l’acharnement judiciaire contre Gino.

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À Londres, des dizaines de militants ont été arrêtés après une action de solidarité menée dans l’enceinte de la prison de Wormwood Scrubs en soutien à Umer Khalid en grève de la faim (voir notre article). La police a procédé à l’arrestation de 86 personnes, invoquant une intrusion et des troubles au fonctionnement de l’établissement, tandis que le ministère de la Justice a dénoncé l’action comme « préoccupante ». Cet épisode s’inscrit dans un contexte de durcissement répressif marqué par l’interdiction de Palestine Action au titre de la législation antiterroriste, la criminalisation des actions de soutien à la Palestine et l’emprisonnement prolongé de militants avant jugement.

Un rassemblement est appelé à Marseille le mercredi 28 janvier 2026 à 17h30, place de la Joliette, devant les consulats d’Allemagne et d’Angleterre, contre la criminalisation de l’antifascisme et du soutien au peuple palestinien. L’initiative met en avant la solidarité avec les camarades emprisonné·es et poursuivi·es dans plusieurs pays européens, notamment dans les affaires liées aux mobilisations antifascistes et aux actions contre la guerre, avec les mots d’ordre « Free All Antifas » et « Free the Filton24 ». L’appel vise à dénoncer la répression transnationale et à affirmer un soutien politique aux personnes poursuivies, en faisant du rassemblement un point de convergence local contre le durcissement autoritaire en cours.

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Dimanche 25 janvier à Toulouse, une manifestation déclarée et autorisée en soutien au peuple kurde du Rojava a été réprimée par les forces de l’ordre, qui sont intervenues après les prises de parole alors que les participant·es se dispersaient calmement. Selon des témoignages, la police a frappé et gazé des manifestant·es alors que la situation était en cours de régulation par les organisateurs, provoquant des tensions qui trouvent leur origine dans l’intervention policière elle-même. Cela s’inscrit dans le cadre d’une série d’interdictions, d’arrestations et de provocations policières dans plusieurs villes de France à l’occasion des mobilisations en faveur du peuple kurde.

Présent au sein d’un cortège internationaliste, le Secours Rouge Toulouse a également pris la parole au début de la manifestation. À cette occasion, nous avons souligné que : « De par ses alliances militaires, diplomatiques et économiques, par son soutien à l’État fasciste turc et par sa normalisation avec le régime syrien, la France, comme l’ensemble des puissances occidentales, porte une responsabilité politique directe dans l’écrasement des projets progressistes et révolutionnaires au Moyen-Orient. Il faut être clair : la France n’a pas d’alliés dans la région. Elle n’a que des intérêts à défendre, quoi qu’il en coûte aux peuples, qui sont toujours les premiers sacrifiés de ses calculs iniques. »

Les études sur le complexe industriel de la déportation mettent en lumière le fait que les actions de l’ICE (U.S. Immigration and Customs Enforcement) ne sont pas isolées, mais soutenues par un vaste réseau d’intérêts privés et financiers alimentés par l’argent public. Selon le document diffusé par le Department of Class Solidarity, des géants de la technologie comme Amazon (AWS) et Palantir fourniraient l’infrastructure numérique nécessaire au stockage des données et à la surveillance. Le système s’appuie également sur le soutien financier d’institutions bancaires telles que Bank of America, qui finance des entreprises de prisons privées comme CoreCivic. Enfin, l’infographie souligne l’influence de figures de la Silicon Valley et de l’industrie, notamment Elon Musk, Jeff Bezos et Peter Thiel, dont les contributions financières ou les outils technologiques joueraient un rôle clé dans le maintien et l’expansion de cet appareil de détention et d’expulsion.