Actualité de la répression et
de la résistance à la répression

Le 1er janvier, les autorités israéliennes ont de nouveau arrêté Raghad Nassar Salah Al-Fani, ancienne prisonnière palestinienne de 27 ans, lors d’une perquisition menée au domicile familial situé dans le quartier sud de Tulkarem, dans le nord de la Cisjordanie. Libérée en novembre 2023 dans le cadre de la première phase de l’accord d’échange de prisonniers, elle avait auparavant passé une année en détention administrative.

Les prisonniers politiques révolutionnaires Fergil Fırat et Celal Punar ont obtenu gain de cause à l’issue de leur grève de la faim entamée pour dénoncer les conditions inhumaines des prisons de type « puits ». Selon leur avocat, Umut Vedat Açar, cette action, commencée le 5 décembre 2025 après le rejet prolongé de leurs demandes de transfert, n’a été prise en compte par l’administration pénitentiaire et le ministère qu’une fois la grève annoncée publiquement. À la suite de l’examen de leurs revendications, les deux détenus ont suspendu leur action (voir notre article), et le 2 janvier 2026, leurs demandes ont été satisfaites : Celal Punar a été transféré à la prison de type F n°1 de Tekirdağ et Fergil Fırat à la prison de type F d’Edirne.

Dossier(s): Turquie-Kurdistan

Le 3 janvier 2026, la police indienne a annoncé avoir abattu au moins quatorze rebelles maoïstes, dont le haut dirigeant du CPI (maoist) Sachin Mangdu, lors de deux affrontements armés distincts dans l’État du Chhattisgarh, dans les districts de Sukma et de Bijapur. Ces opérations s’inscrivent dans la stratégie de l’État indien visant à éradiquer la rébellion dite « naxalite », encore active dans plusieurs régions du centre du pays. Selon les autorités, des armes et des munitions ont été saisies sur les lieux.

Dossier(s): Inde-Népal Tags: , ,

Après de longues années d’enfermement, le militant anarchiste Kostas Sakkas (voir photo) est libre après plus de sept ans passés à la prison de Korydallos, tandis que le combattant du mouvement social Giorgios Petrakakos a également retrouvé la liberté après dix ans de détention. Arrêté en juin 2019 lors de l’expropriation d’un convoi de fonds, Kostas Sakkas avait été condamné à sept ans et dix mois, tandis que son compagnon Giannis Dimitrakis, arrêté dans la même affaire, reste incarcéré et purge une peine de onze ans et demi. Giorgios Petrakakos, condamné à plusieurs reprises pour des braquages de banque, a été ciblé en détention par les autorités qui ont tenté de l’associer à Lutte Révolutionnaire, accusation qu’il a toujours rejetée.

Lors des célébrations du Nouvel An 2026 en Allemagne, au moins deux personnes sont mortes et des centaines d’autres ont été arrêtées dans un contexte de violences et de répression policière. Deux jeunes de 18 ans ont perdu la vie à Bielefeld en manipulant des engins pyrotechniques, tandis que de nombreux blessés ont été recensés dans plusieurs villes, dont Berlin où des hôpitaux ont accueilli des patients souffrant de mutilations graves. La police a procédé à environ 400 arrestations dans la capitale et a fait état d’au moins 24 policiers blessés. Des affrontements ont éclaté dans plusieurs grandes villes, avec usage massif de feux d’artifice contre les forces de l’ordre, mise en place de barricades et incendies de poubelles.

Dossier(s): Allemagne Tags:

Le 30 décembre 2025, la direction du centre fermé de Merksplas, sur ordre de l’Office des étrangers, a mené des fouilles répressives et placé 15 détenus au cachot après avoir eu connaissance de projets d’actions collectives contre l’enfermement. En réaction, une vingtaine de personnes détenues ont entamé une grève de la faim. Elles dénoncent des conditions de détention inhumaines : nourriture déplorable, absence de soins médicaux, violences, isolement, présence de mineurs cachés, enfermement prolongé de personnes malades, âgées ou ayant une vie familiale en Belgique, ainsi que des atteintes linguistiques et à la dignité. Les grévistes exigent un traitement digne et respectueux de leurs dossiers, rappelant que ces centres fermés sont des prisons pour des personnes innocentes.

Dans la nuit du 2 au 3 janvier, les États-Unis ont bombardé plusieurs villes du Venezuela, dont Caracas, touchant des quartiers militaires, des installations pétrolières et des infrastructures stratégiques. L’opération, autorisée par Donald Trump et présentée comme une « lutte contre le narcotrafic », s’inscrit dans la continuité des pressions militaires et économiques états-uniennes sur le pays. Le gouvernement vénézuélien a déclaré l’état d’exception et appelle la population à se mobiliser face à cette agression. Cette action illustre le redéploiement impérialiste des États-Unis dans la région, visant notamment certaines ressources stratégiques comme le pétrole au Venezuela. Par ailleurs, l’administration états-unienne a annoncé avoir kidnappé le président vénézuélien Maduro.

La crise migratoire à la frontière polono-biélorusse a révélé que la Pologne a contourné le droit européen en créant une zone d’exception de trois kilomètres où les ONG, journalistes et avocats étaient interdits, permettant des expulsions immédiates vers la Biélorussie. Ces pratiques violent le principe de non-refoulement, la CEDH et la Charte des droits fondamentaux de l’UE. Le cas polonais montre comment le droit européen, inefficace et sans moyens coercitifs, se plie aux intérêts nationaux, sacrifiant les droits fondamentaux au nom de la sécurité et du contrôle migratoire.