En réaction à la présence du ministre de l’intérieur Gérald Darmanin en Kanbaly/ Nouvelle-Calédonie, une manifestation indépendantiste avait lieu mercredi, à Nouméa, pour dénoncer le projet de dégeler le corps électoral. Elle a été marquée par des heurts avec les forces de l’ordre. C’est la Cellule de coordination des actions de terrain (CCAT), composée de mouvements et de syndicats dans la mouvance indépendantiste (UC, PT, MOI, l’USTKE…), elle a organisé la manifestation mercredi. L’action consistait à marcher depuis le Mwâ Kââ pour, dans un premier temps se rendre au gouvernement afin d’informer les élus de leur demande du retrait du projet de loi constitutionnelle qui doit ouvrir le corps électoral citoyen. Puis, dans un second temps se rendre au haut-commissariat afin de remettre notre courrier au ministre de l’Intérieur et des Outre-mer. Lors du déplacement, les responsables des forces de l’ordre leur ont indiqué un trajet qui selon eux devrait être sûr pour tous. »C’est ainsi que les manifestants ont été conduits dans un traquenard par la mise en place de camions militaires à l’angle des rues Anatole -France et Général-Mangin. Les affrontements ont alors commencé, faisant plusieurs blessés.

 

Six opposants au projet d’autoroute A69 Toulouse-Castres ont été interpellés ce dimanche 18 février lors d’une manifestation interdite à Saïx, dans le Tarn. Alors que les forces de l’ordre encerclent depuis samedi les arbres sur lesquels campent des opposants pour empêcher la poursuite du chantier, les manifestants voulaient ravitailler ces militants. Les affrontements ont été violents, avec usage massif de gaz et jets de cocktails Molotov. Dans le même temps, deux engins de chantier d’une usine de cimenterie à plusieurs centaines de mètres de la Zone à défendre (ZAD) créée par les opposants ont été incendiés par des manifestants.

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Dans la nuit du dimanche 11 au lundi 12 février, les marches de l’escalier de la rue Sainte Marie des Terreaux, à Lyon, ont été repeintes aux couleurs de la Palestine, pour visibiliser l’horreur du génocide pratiqué par l’armée d’occupation israélienne. Six militant.es ont été pris sur le fait et mis en garde à vue et trois ont subi des perquisitions immédiates (ce qui est illégal, car les règles de mises en garde à vue ne s’appliquent normalement pas à ce genre de délit). Une directive ministérielle est d’ailleurs appliquée : chaque action concernant la Palestine doit conduire, autant que possible, à une garde à vue, dans le but d’intimider.

Organisée par le Conseil Démocratique Kurde de France (CDK-F) et le Mouvement des Femmes Kurdes en France (TJK-F), la marche pour la liberté du leader Kurde Abdullah Öcalan a débuté le 22 janvier et finira le 15 février. Elle vise à rallier Strasbourg, siège des institutions de l’Union Européenne, sous le slogan “Liberté pour Abdullah Öcalan, Justice pour les Kurdes”. La marche se terminera le 15 février qui est jour anniversaire de l’arrestation d’Abdullah Öcalan, au Kenya le 15 février 1999, suite à la coopération de services secrets internationaux. La communauté kurde saisit cet anniversaire pour exiger la libération de ce leader âgé de 74 ans et une solution politique à la question kurde. D’autres cortèges marchent sur Strasbourg, ainsi un parti de Bâle (photo).

Les opposants au chantier de l’autoroute A69 ont une nouvelle fois affronté les gendarmes mobiles ce dimanche. Ils ont érigés des barricades sur le chemin de la Gascarié. Les heurts semblent avoir été moindre que vendredi où les gendarmes avaient tiré plusieurs centaines de grenades lacrymogènes (voir notre article). En fin de journée, le trafic des trains sur la voie ferrée qui traverse la Zad, la ligne Mazamet-Toulouse, était toujours interrompu, comme depuis vendredi.

Une manifestation a eu lieu à Rennes quelques heures après que le Conseil constitutionnel ait très largement censuré la loi immigration et que le gouvernement ait annoncé qu’il s’apprêtait à promulguer le texte « dans les prochaines heures » pour appliquer les premières mesures « dès ce week-end ». Cette manifestation non autorisée a sillonné le centre-ville derrière une banderole proclamant « loi raciste réponse anti-fasciste ». Des manifestants ont brisé au passage plusieurs vitrines de commerces et tenté de mettre le feu à une agence bancaire place Hoche. Des barricades faites de poubelles et de grilles de chantiers ont été érigées en plusieurs endroits du centre-ville et il y a eu des affrontements avec les forces de police qui ont fait usage de gaz lacrymogènes. Le parquet a annoncé dans la nuit l’ouverture d’une « enquête pour dégradations et vols en réunion ».

Suite aux manifestations pour les retraites et contre les mégabassines, le gouvernement français a lancé, le 10 mai 2023, une commission d’enquête parlementaire sur les «groupuscules, auteurs de violences à l’occasion [des] manifestations». Deux porte-paroles des Soulèvements de la Terre, qui avaient refusé de se rendre physiquement à l’Assemblée pour répondre à l’interrogatoire des députés, se retrouvent poursuivis et ont été convoqués hier mercredi. Il est en principe obligatoire de répondre à ce type de convocation au Parlement. Les deux écologistes avaient néanmoins répondu au questionnaire par écrit, de même que d’autres personnes sollicitées par la Commission Parlementaire, mais ce sont les seul-es à être convoqué-es en justice. Les deux porte-paroles passeront en procès le 24 novembre prochain.

Ces poursuites sont inédites sous la Cinquième République. «Alexandre Benalla s’était certes présenté devant une Commission d’Enquête Parlementaire, mais avait refusé de répondre et n’avait pas été poursuivi» rappellent les Soulèvements de la Terre qui explique : «Après le rapport à charge de la Commission et la condamnation de plusieurs porte-paroles d’organisations (dont les Soulèvements) pour la manifestation de Sainte-Soline, ces poursuites s’inscrivent dans un acharnement politique et judiciaire à l’encontre de notre mouvement […] après l’annulation de notre dissolution, et visent à passer sous silence la brutalité policière effroyable qui s’est abattue le 25 mars».

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Alors que Gaza subit un génocide depuis plus de 100 jours, que les bombardements et massacres de l’armée coloniale ont tué plus de 25 000 personnes, que des raids meurtriers quotidiens sont lancés par l’armée coloniale sur toute la Cisjordanie, le ministère français de l’Intérieur envisage de demander la dissolution de trois associations engagées en faveur de la cause palestinienne : le Comité Action Palestine, Samidoun Paris Banlieue et Capjpo EuroPalestine. En mars 2022, Gérald Darmanin avait déjà tenté la dissolution du CAP et du Collectif Palestine Vaincra. Il s’était à l’époque cassé les dents sur le Conseil d’État. « La dissolution porte une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté d’association et à la liberté d’expression » (voir notre article), avait tranché dans sa décision la plus haute juridiction administrative. Darmanin envisagerait de retenter sa chance sur une nouvelle base juridique. Également dans le viseur Samidoun Paris Banlieue, section du réseau international de solidarité avec les prisonniers palestiniens dont la branche allemande vient d’être interdite (voir notre article) en même temps que le slogan : “From the river to the sea, Palestine will be free”. La France pourrait être tentée d’emprunter le même chemin, sur les mêmes bases argumentaires. L’interdiction de Samidoun avait aussi été demandée à la Belgique par le ministre israélien Amichai Chikli, appartenant au parti d’extrême-droite colonialiste de Netanyahu.

Ce dimanche soir, lors du réveillon de la Saint-Sylvestre, 12 personnes ont été arrêtés à proximité du centre de rétention administratif de Vincennes. La police les accuse d’avoir eu l’intention d’attaquer le centre pour tenter de libérer des personnes retenues à l’intérieur. Une des personnes arrêtées est fiché S. Les 11 autres personnes ne sont pas connues de la justice. Ils et elles sont ont été placés en garde à vue.

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Sept militant.e.s jugé.e.s pour association de malfaiteurs terroriste ont été condamné.e.s, ce vendredi 22 décembre, par le tribunal correctionnel de Paris, à des peines allant de deux ans de prison avec sursis à cinq ans de prison dont trente mois avec sursis probatoire. Les prévenus, six hommes et une femme, avaient comparu du 3 au 27 octobre (voir notre article). La peine la plus lourde a été infligée à Florian D., qui avait combattu en 2017  dans les Unités de protection du peuple (YPG) au Rojava contre l’Etat islamique. Il pourra toutefois bénéficier d’un aménagement de peine pour la partie de prison ferme qu’il lui reste à effectuer. La lecture du jugement a été perturbée par les protestations du le public. Vingt minutes après le début de la lecture, alors que la présidente était en train de dire que l’infraction d’association de malfaiteurs terroriste était constituée, des personnes ont manifesté leur désapprobation, entraînant une suspension d’audience. La magistrate a alors ordonné l’évacuation de la salle.

 

 

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