Mezher Kartal, membre important de la section du HDP (le Parti démocratique des peuples) de la ville de Diyarbakır, est enfermé en France au Centre de rétention administrative (CRA) du Mesnil-Amelot depuis le 17 juillet dernier, soit plus de quatre mois et demi. Jugé et condamné en Turquie, Mezher a dû quitter son pays et a demandé l’asile aux autorités françaises qui le lui ont refusé. Depuis cette date, il a fait un appel auprès de la Cour nationale du droit d’asile (CNDA) mais cet appel n’est pas suspensif en CRA. Aucune date d’audience ne lui a été communiquée et il peut très bien se faire expulser avant de passer devant la CNDA où il aurait une chance d’obtenir l’asile. Le 28 novembre une place en avion a été réservée pour l’expulser le 5 décembre vers la Turquie et le remettre aux autorités turques. Comme les autres retenu·e·s de tous les CRA de France, il refuse les tests PCR (même si depuis 3 mois, le fait de refuser ces tests est passible de plusieurs mois de prison), ce qui logiquement empêche l’expulsion. Les autorités judiciaires menacent maintenant de passer outre. Rassemblement le CRA du Mesnil-Amelot le samedi 4 décembre à 14h (4 rue de Paris 77990 Le Mesnil-Amelot près de Roissy). Pour tout contact : liberte-mezher@riseup.net

Manifestation du HDP (archive)

Affrontements entre manifestants et forces de l’ordre, barrages routiers, barricades enflammées, pillages, attaques contres les bâtiments de l’état, tirs à balles réelles par et sur les forces de l’ordre, voici huit jours et nuits que les principales villes de Guadeloupe s’insurgent dans un mouvement dont l’étincelle fut l’opposition au pass sanitaire, mais dont les revendications se sont élargies. L’Union générale des travailleurs de Guadeloupe (UGTG), en tête de la contestation qui secoue l’île, a appelé à poursuivre la mobilisation. L’UGTG et les organisations qui ont lancé le mouvement « soutiennent avec fierté que la mobilisation populaire […] constitue une franche réponse à tous les mépris, toutes les violences qui nous sont opposés depuis des années, à nous peuple de Guadeloupe », écrit la secrétaire générale du syndicat.

Le gouvernement a envoyé 200 policiers et gendarmes supplémentaires en Guadeloupe et une cinquantaine d’agents du GIGN et du Raid. La répression judiciaire a commencé: Des audiences de comparution immédiate se sont tenues dès lundi 22 novembre. Cinq personnes étaient à ce momemt placées en détention, une a été déférée pour « violence volontaire avec arme sur une personne dépositaire de l’ordre publique » et les autres pour « vols aggravés ». Dix autres personnes sont en garde à vue ce dimanche matin. Les forces de l’ordre les ont interpellé la nuit de samedi à dimanche.

À l’issue de son assemblée générale les 23 et 24 novembre, l’organisation policière internationale se dotera d’un nouveau président. C’est un émirati, le général Ahmed Naser Al-Raisi, qui part favori. Cet inspecteur général du ministère de l’Intérieur, avec plus de 40 ans de carrière dans les forces de police, est depuis 2018 membre délégué du comité exécutif d’Interpol. Le général Raisi est personnellement visé par plusieurs plaintes, notamment en Europe pour torture et détention illégale de l’opposant politique Ahmed Mansoor, détenu depuis mars 2017 pour « atteinte à la réputation de l’État » et de deux citoyens britanniques, Matthew Hedges et Ali Issa Ahmad, depuis libérés.

Et ce au moment où les dictatures, à commencer par la Turquie, utilisent de plus en plus INTERPOL afin de cibler leurs opposants. Jamais autant de “notices rouges” n’ont été émises. Ces demandes d’arrestation ou d’extradition s’élevaient autour de 1 200 chaque année dans les années 2000. Leur chiffre est proche des 14 000 à présent. Et dans le peloton de tête des pays qui innondent INTERPOL de ces notices se trouvent les Émirats Arabes Unis. Les Émirats se sont montrés extrêmement généreux vis-à-vis d’INTERPOL, cherchant à procurer un avantage à leur candidat. Alors que le pays doit assurer 0,425 % du budget de l’organisation, soit un peu plus de 240 000 euros, il s’est ainsi distingué par un don sans précédent de 50 millions d’euros. Cette somme correspond au budget nécessaire pour l’agrandissement du siège d’Interpol à Lyon. Le ministre français de l’Intérieur Gérald Darmanin vient de demander aux autorités locales de mettre la main à la poche. “Faute de quoi le siège d’INTERPOL pourrait quitter Lyon pour… les Émirats Arabes Unis.”

INTERPOL a une longue tradition de présidents tortionnaires et de collaboration sans réserve avec les dictatures. Dès 1938 elle s’était choisi comme président un général SS, chef de la Gestapo de Vienne, Otto Steinhäusl. Son président suivant fut Richard Heindrich, chef des polices nazies et un des principaux organisateurs de l’extermination des Juifs. Son premier directeur d’après guerre fut le belge Florent Louwage qui avait été avant-guerre un directeur de la Sûreté expert dans la chasse aux communistes et qui s’était mis, pendant l’occupation, au service de l’exécutif d’Interpol alors dirigée par le général SS Kaltenbrunner (condamné et pendu à Nurenberg pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité). Le successeur de Louwage fut le Portugais Agostinho Lourenço qui, dès 1933 avait organisé la police politique du régime du général Salazar, et orienté ses méthodes basées sur les arrestations arbitraires et la torture.

EDIT 25/11: Le général Ahmed Naser Al-Raisi a bien été élu hier à la présidence d’INTERPOL.

Le général Ahmed Naser Al-Raisi

Au moins quatre personnes ont été blessées le 20 novembre à Kaya, principale ville du centre-nord du Burkina Faso, où des manifestants s’opposent depuis le 18 novembre au passage d’un important convoi logistique de l’armée française, en transit vers le Niger voisin. Le matin, la tension avait monté entre les manifestants et les soldats de l’armée française qui ont bivouaqué sur un terrain vague. Un groupe de manifestants a tenté de découper le grillage pour rentrer dans l’emprise et les gendarmes burkinabè ont tiré des grenades lacrymogènes pour disperser la foule. Alors que des manifestants tentaient de s’approcher du périmètre, des soldats français et burkinabé ayant tous effectué des tirs de sommation pour disperser les manifestants. Quatre personnes blessées par balles ont été reçues aux services des urgences du centre hospitalier régional de Kaya.

 

 

Une marche pour le climat à Rennes a eu lieu ce samedi 6 novembre. Des militants antifascistes et des Gilets jaunes y ont participé, formant un cortège e tête. En effet, alors que la marche climat était autorisée, un appel sans autorisation à manifestation nationale antifasciste à 13 h 30 place de la République avait inquiété les autorités qui avaient déployé d’importantes forces de maintien de l’ordre. En fin d’après-midi, les forces de l’ordre cherchaient à disperser le black bloc, en usant du gaz lacrymogène et du canon à eau, au niveau de la place Pasteur, alors qu’il se dirigeait vers la place de la République..

Alors que se déroulait la COP26 à Glasgow, les militants de la ZAD de Grabels ont été violemment expulsés et arrêtés par la police, sur ordre du préfet, alors même qu’ils luttent contre un projet routier inutile et la déforestation. Depuis juin dernier ils occupaient des terrains pour empêcher la réalisation du projet de barreau routier « Lien » qui doit relier l’A9 à l’A750 au Nord de Montpellier. Les travaux avaient repris au début du mois avec notamment les activités de déboisement qui ont ravivé les tensions sur le site. C’est finalement tôt matin jeudi 4 que l’opération d’évacuation s’est terminée.

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Voici le recensement des initiatives menées pour la libération de Georges Abdallah lors du dernier mois d’action.
Pour plus de détails (dates, organisateurs, photos, etc.), voir ici

ETAT FRANCAIS: Paris/Région parisienne : Nombreux collages et participation à différentes manifestations (notamment le 17 octobre 1961) et meetings. Rassemblements devant le Ministère de l’Intérieur, à Ménilmontant, à Paris et à Château Rouge. Deux projections du film « Fedayin, le combat de Georges Abdallah ». Toulouse : Nombreux stands. Participation à des manifestations et diffusion de plus de 15000 flyers. Appel local pour la libération de Georges Abdallah signé par 30 organisations. Large campagne d’affichage et de collages de stickers. Projection de « Fedayin ». Lannemezan : Plus de 1000 personnes manifestent jusqu’à la prison où est détenu Georges Abdallah. Lyon : Goûter solidaire, table d’information, nombreux affichages, projection de « Fedayin ». Bordeaux : Soirée autour de la présentation du livre « L’affaire Georges Ibrahim Abdallah » et une projection de « Fedayin ». Marseille et sa région : Présence et intervention dans des meetings et rassemblement. Collages. Saint-Etienne : Rassemblement pour la libération de Georges Abdallah. Diffusions de tracts de soutien. Tarbes : Projection de « Fedayin ». Collages et distributions de flyers. Auch et Bergerac : Campagnes d’affichage. Strasbourg : Deux projections de « Fedayin ». Bayonne : Soirée de solidarité. Brest: Projection de « Fedayin » et rassemblement de soutien. Clermont-Ferrand : Diverses initiatives. Nantes ; Mauléon-Licharre ;  Crevant ; Saint-Gaudens et Sens : Projection de « Fedayin ». Guingamp : Distributions de flyers et projection de « Fedayin ». Annecy : Projection de « Fedayin ». Présence dans différentes manifestations. Albi : Collages et projection de « Fedayin ». Grenay : Banderole déployée sur le fronton de la mairie de Grenay. Une motion de soutien est votée par le conseil municipal. Calonne Ricouart et Toulon : Rassemblements pour la libération de Georges Abdallah. Auxerre : Envoi de cartes pétitions. Et aussi: Tribune de soutien à Georges Abdallah signée par plus de 400 personnalités et publiée par Médiapart.

BELGIQUE : Bruxelles : Projection de « Fedayin ». Thématisation de Georges Abdallah à un rassemblement devant l’ambassade israélienn et à la semaine de solidarité avec la Palestine. Charleroi : Projection de « Fedayin » et table d’information. PAYS-BAS : Rotterdam : Projection de « Fedayin ». La Haye : Rassemblement au consulat de France. ALLEMAGNE : Francfort, Hambourg et Leipzig : Rassemblements. AUTRICHE : Vienne: Rassemblement devant le consulat de France. SUISSE : Genève : Atelier d’écriture à Georges Abdallah et réalisation d’un grande fresque. Zurich : Tag, action nocturne et rassemblement devant le consulat de France. ETAT ESPAGNOL: Granollers, Barcelone et Berga (Catalogne) : Projections de « Fedayin ». Madrid : Projection de « Fedayin ». Manifestation. ANGLETERRE : Londres : Rassemblement devant l’ambassade de France. SUEDE : Göteborg :Projection de « Fedayin ». TURQUIE : Istanbul : Rassemblement. PALESTINE: Gaza : Thémarisarion de Georges Abdallah à un rassemblement. LIBAN : Camp de réfugiés palestiniens de Baddawi : Réalisation d’une fresque. TUNISIE : Tunis : Différentes initiatives dont un rassemblement. CANADA : Vancouver : Rassemblement de soutien devant le consulat français. Montréal : Projection de « Fedayin ». Ottawa : Affichage. ETATS-UNIS: Minneapolis, New-York City, San-Diego, Chigago, Boston et Dallas : projections de « Fedayin ».

La fresque peinte à Genève

 

Plusieurs centaines de manifestants anti-fascistes et gilets jaunes ont protesté samedi à Nantes contre la venue de Zemmour pour un meeting au Zénith de la ville, donnant lieu à des affrontements avec la police. Les manifestants répondant à l’appel relayé notamment par «Nantes révoltée», sont parvenus à entrer dans l’enceinte du Zénith, à bloquer une porte du site et à forcer les grilles. Les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes pour faire reculer les antifascistes qui faisaient face, à une centaine de mètres de là, à quelques dizaines de sympathisants de Zemmour. Un commando néo-nazi auteur de violences cet été à Nantes, s’était d’ailleurs réfugié derrière les lignes de gendarmes. Peu avant l’arrivée de Zemmour au Zénith, la centaine de gendarmes mobiles se sont efforcés de lui dégager la voie, et le meeting  pu se tenir, avec du retard et sous pression. Des manifestants dont certains ont envahi la quatre-voies et une passerelle enjambant la nationale, ont lancé plusieurs chariots de supermarché en direction des forces de l’ordre positionnées en-dessous. Il n’y a pas eu d’arrestation mais une enquête est ouverte.

Le renouvellement des Véhicules blindés à roues de la gendarmerie [VBRG], utilisés pour le maintien de l’ordre depuis 1974, avait été retardé par manque de crédits et par l’absence, sur le marché, de véhicules correspondant aux besoins (il fallait un moteur placé à l’arrière du blindé afin que celui-ci pût déblayer des voies entravées par des barricades avec une lame fixée à l’avant, alors que les blindés militaires ont le moteur placé à l’avant pour permettre la sortie arrière des soldats, à l’abri du véhicule. Les VBRG ont bénéficié de programmes pour prolonger leur durée de vie mais leur intense utilisation lors des derniers conflits sociaux a accéléré leur usure.

En décembre 2020 fut lancé un appel d’offres portant sur l’acquisition de 90 nouveaux blindés (voir notre article). Et, la Gendarmerie disposant de 20 VAB (véhicules de l’avant blindé) cédés par l’armée de Terre (voir notre article), il fut estimé superflu d’équiper ces futurs véhicules d’une lame. Trois candidats se présentaient: Arquus, avec le Sherpa Light, Nexter, avec le VBMR Serval et un dernier venu: Soframe, filiale du groupe Lohr avec le Multi Purpose Gendarmerie Vehicle (MPGV). Ce serait ce dernier qui aurait les meilleures chances d’être choisi. Cet engin 4 X 4 de 13 tonnes a été conçu pour transporter jusqu’à 10 personnes à la vitesse maximale de 90 km/h.

Lundi 11 octobre, Fabien Bauduin, ancien responsable syndical à Solidaires 21 était jugé au tribunal correctionnel de Dijon pour « participation a un groupement en vue de la préparation de violences contre les personnes ou de destructions de biens ». Le 1er décembre 2018, acte III des gilets jaunes, Fabien Bauduin participait à cette manifestation historique, pendant laquelle des affrontements avaient eux lieux tout l’après-midi dans la rue de la Préfecture. Comme ailleurs en France, les policiers avaient été complètement débordés par les manifestant·es et avaient du se contenter de protéger la préfecture de manière statique, repoussant les assaut des émeutier·es. Le syndicaliste avait été interpellé à son domicile le 18 décembre et mis en examen le soir même. Le procureur de la république réclamait 8 mois de prison avec sursis, 2.000 euros d’amende et 5 ans de privation de droits civiques.

Les grilles de la mairie de Dijon le 18 décembre 2018

 

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