Secours Rouge

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Pour l’Acte 44 des Gilets Jaunes, la ville de Nantes avait été choisie comme point de rassemblement national où plus de 5000 personnes ont défilées (1800 selon la préfecture). C’est dans cette ville qu’est mort Steve Maia Caniço (voir notre article). Dans le cortège, des pancartes « Justice pour Steve, ni oubli ni pardon » et contre les violences policières étaient brandies. À 18 heures, trente personnes avaient été placées en garde à vue, selon la Direction départementale de la sécurité publique (DDSP). Au total, quatre membres des forces de l’ordre ont été blessés. Vingt-deux cocktails molotov et dix mortiers ont été découverts à proximité du point de rassemblement et une centaine de parapluies et un extincteur ont été saisis, selon la police. Les manifestants s’étaient rassemblés vers midi pour un pique-nique place Général-Mellinet, à 14 heures, d’où ils sont partis pour rejoindre le centre. Là, les heurts ont commencé et la police a fait usage de grenades lacrymogènes et d’un canon à eau.

À Paris, environ 500 personnes, encadrées de près par les forces de l’ordre, ont défilé. À l’aéroport d’Orly (Val-de-Marne), une centaine de « gilets jaunes » ont manifesté en début d’après-midi contre la privatisation d’Aéroports de Paris (ADP), qui gère les aéroports d’Orly et Roissy. On a comptabilisée également dans les grandes villes de France : environ 400 manifestants à Lyon, plusieurs centaines à Toulouse, 200 à Marseille, 200 à Montpellier et 150 à Bordeaux.

Gilets Jaunes Acte 44 à Nantes

Les autorités françaises ont remis à l’Espagne une militante historique d’ETA, Maria Soledad Iparraguirre Guenechea. “Anboto”, qui a fini de purger sa peine en France le 28 août, a été remise à l’Espagne en exécution d’un mandat d’arrêt européen validé par la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris. En Espagne, elle est notamment soupçonnée d’avoir commandé l’exécution en 1995 du commandant de l’armée de Terre Luciano Cortizo Alonso, tué par une charge explosive placée sous le siège de sa voiture, dans la ville de Leon (nord-ouest). En 2015, un juge de l’Audience nationale avait rouvert l’enquête sur cette affaire. Le juge d’instruction estime qu'”Anboto” était devenue, à partir de 1993, la cheffe de commandos de l’organisation. En France, elle avait été condamnée, avec Mikel Albisu Iriarte, dit “Antza”, en novembre 2012 à 20 ans de réclusion criminelle en France, assortie d’une peine de sûreté des deux-tiers et d’une interdiction définitive du territoire français. Elle avait été arrêté en octobre 2004 à Salies-de-Béarn (sud-ouest de la France). L’an dernier, “Anboto” avait été choisie par l’ETA pour lire en basque le communiqué qui annonçait la dissolution de l’organisation clandestine en mai 2018.

Maria Soledad Iparraguirre Guenechea

 

Pour leur rentrée, des milliers de Gilets Jaunes ont manifesté dans plusieurs grandes villes françaises. A Montpellier samedi, le cortège de 3000 manifestants a donné lieu à des incidents dans le centre-ville, où la police a fait usage de gaz lacrymogènes. Une fumée épaisse a rapidement envahi une rue commerçante de la ville, où une voiture de police, sans occupants, a été incendiée. Plusieurs vitrines ont été brisées. Vers 20H00, la préfecture faisait état de neuf interpellations, notamment pour des jets de projectiles et six blessés légers parmi les forces de l’ordre. A Rouen aussi, où tout rassemblement était interdit dans le centre-ville, des heurts ont éclaté lors de la manifestation de gilets jaunes, soutenue par la CGT de Seine-Maritime, conduisant à 26 interpellations et 111 verbalisations. Plusieurs vitrines de commerces ont été brisées tandis que des vitres du tribunal ont été cassés. A Paris, les forces de l’ordre ont procédé à 107 interpellations, empêchant toute manifestation dans le quartier des Champs Élysées.

La voiture de police incendiée à Montpellier

 

Le propriétaire franchisé de plusieurs fast-food marseillais a proposé 25.000 euros à un salarié pour qu’il dépose un faux témoignage contre un leader syndical. Déjà accusé depuis plusieurs années de vouloir se débarrasser coûte que coûte des syndicalistes le dirigeant est cette fois visé par des preuves accablantes. Des enregistrements audio montrent qu’il a acheté le témoignage d’un de ses salariés pour écarter un syndicaliste. L’employé était en instance de départ négocié et se serait vu proposer 25.000 euros afin de témoigner contre le leader en question. Le salarié est finalement revenu sur son témoignage acheté. Un autre salarié pourrait avoir un enregistrement compromettant en sa possession.

Grève chez McDo à Marseille (archive)

 

À Genève, dans le cadre de l’Acte 42 des Gilets jaunes, un millier de manifestants français ont défilé  entre la frontière française et le Palais des Nations, siège européen de l’ONU, pour y dénoncer les violences policières. Plusieurs personnes  victimes de la répression policière étaient présentes dans le cortège. Cette action en Suisse est la deuxième du genre après celle de février. Un dossier sur les violences commises par la police depuis le 17 novembre a été remis dans le courant de la semaine à la nouvelle directrice générale de l’ONU à Genève. Une autre copie est destinée au Haut Commissariat aux droits de l’homme. Les gilets jaunes dénoncent l’utilisation d’armes de guerre, en particulier le LBD40 fabriqué à Thoune, en Suisse, qui ont mutilé de nombreux manifestants. À Paris, un cortège de quelques centaines de manifestants est parti de la place Gambetta, à l’est, peu avant 14h. Arrivé au pied du Sacré-Coeur, à Montmartre, il s’est dispersé dans le calme en fin d’après-midi. “Climat, emploi, retraites, même combat”, “Urgence pour les urgences”: dans le défilé, les pancartes plaidaient pour une convergence des luttes en cette rentrée. Il y a également eu des manifestations à Toulouse, et à Bordeaux.

Les Gilets jaunes à Genève

Pas loin de 160 interpellations ont eu lieu durant ces quelques jours de contre-sommet. Une centaine de gardes à vue, traitées dans les commissariats de Bayonne et de Hendaye ; la dernière a été levée vers 19h30 lundi 26. Plus d’une vingtaine ont reçu des convocations pour des procès ultérieurs, programmés pour septembre ou octobre prochain. Lundi on a appris la mise sous écrou d’une 5e personne sur simple décision du procureur, sans procès et sans possibilité de faire appel. À noter aussi plusieurs interdictions administratives de territoires pour des militants venant du Pays basque Sud ou d’autres pays de l’UE, comme un militant allemand refoulé par deux fois.

Bilan chiffré plus précis :
– Les interpellations ont quasiment toutes été préventives, suite à des fouilles de sac ou de voitures, pour des motifs fallacieux, avec ou pas d’éléments matériels (groupement en vue de…, attroupement malgré sommation, ports d’armes divers, quelques outrages…), malgré les engagements des autorités à n’arrêter personne de manière préventive ;
– Les gardes à vue ont été quasiment toutes prolongées de 24h. En sachant que la plupart des arrestations a eu lieu à partir de vendredi, cette astuce de procédure revient à interdire les gens de manifester, puisque leur sortie n’était pas possible avant dimanche soir ou lundi ;
– La grande majorité des gardes à vue s’est soldée par des remises en liberté simple ou avec un « rappel à la loi » (qui signifie un abandon des poursuites, mais qui implique une inscription dans un fichier policier, dont la trace peut ressurgir lors de la moindre prochaine infraction) ;
– Le collectif anti-répression a eu connaissance de 23 convocations pour des procès ultérieurs, à Dax ou à Bayonne, dans les semaines qui viennent (9, 20, 25 septembre, 1er, 11 octobre et 3 décembre).
– Six personnes à sa connaissance ont été emprisonnées : les trois qui venaient d’Allemagne, qui n’ont pas pu être défendus par les avocat·e·s du collectif que leurs familles avaient pourtant désigné·e·s ; les deux personnes contraintes de purger une ancienne peine sans pouvoir faire appel ; et enfin une autre qui est restée en détention provisoire de jeudi à lundi en attente de sa comparution à Dax — elle est sortie de détention lundi 26, placée sous contrôle judiciaire avec un camarade arrêté le même jour, jusqu’à leur procès le 9 septembre.

Des policiers retiennent un groupe de manifestants en marge du G7, à Bidart, le 25 août.

 

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Ce week-end, le Casino La Roseraie à Angers a été le théâtre de confrontations plus que tendues. La journée d’ouverture, qui avait valeur de test, sans aucun caissier, a été perturbée par plus de 200 manifestants, syndicalistes et gilets jaunes. Des trains entiers de caddies ont été renversés devant les portes automatiques, tandis que certains clients étaient directement interpellés par les contestataires, à coup de slogans comme : “Vous avez une responsabilité, reposez vos articles, vous êtes complices”. Plusieurs acheteurs ont ainsi préféré repartir sans rien acheter, tandis que quelques clients, plus motivés, sont repartis des caisses automatiques sous les huées et les sifflements. Malgré la présence de plusieurs vigiles et hôtesses prestataires, engagés par le magasin pour accueillir les visiteurs les actions coup de poing se sont poursuivis toute l’après-midi. Les réfrigérateurs ont ainsi été débranchés. La police est finalement intervenue pour constater les dégâts.

Chaos au Casino d'Angers

En marge du G7, trois ressortissants allemands ont été interpellés et condamnés par la justice dans la foulée. Les trois jeunes hommes étaient jugés par le tribunal correctionnel de Bayonne (sud-ouest de la France), pour détention d’armes et participation à un groupement en vue de la préparation de violences volontaires ou de dégradations. Ils avaient été arrêtés – le conducteur de 22 ans et deux passagers de 18 et 22 ans – dans un véhicule immatriculé en Allemagne le mercredi avant le sommet du G7. Lors de la fouille du véhicule, les enquêteurs ont trouvé des cagoules, une bombe lacrymogène, un marteau brise-glace, des clés à molette, ainsi que des documents « relatifs à l’extrême gauche », selon le substitut du procureur de la République, Sébastien Baraldi. Les trois jeunes, sans mention à leur casier judiciaire en Allemagne, faisaient l’objet de fiches « actives » pour appartenance à un mouvement considéré comme violent.

Ils étaient les premiers à comparaître à Bayonne dans le cadre du dispositif judiciaire exceptionnel déployé durant le sommet du G7, avec 70 avocats, 17 procureurs mobilisés, et plus de 300 places de cellule pour d’éventuelles gardes à vue. Relaxés du chef de détention d’armes, les prévenus ont été reconnus coupables de participation à un groupement en vue de violences, et condamnés à trois mois ferme pour les deux de 22 ans, deux mois pour celui de 18 ans, et cinq ans d’interdiction du territoire français pour les trois. Ils ont été écroués à l’issue de l’audience.

Des policiers français et espagnols contrôlent les abords de Biarritz, à la veille du sommet du G7

Une policière infiltrée récemment été démasquée. Elle se faisait appeler « Dan », « Rose », « Rose des sables » ou « Clara » en fonction des villes et des groupes dans lesquels elle évoluait, et elle avait sûrement bien d’autres surnoms. Elle a la soixantaine, est assez fine, mesure entre 1,55 m et 1,65 m, c’est une grande fumeuse, elle a les traits tirés et porte presque tout le temps des lunettes de soleil (voir photos). Elle prétendait venir de Clermont-Ferrand auparavant et avoir eu une activité militante là-bas. Elle disait également qu’elle travaillait à Enedis sur Toulouse actuellement.

Lors d’une assemblée portant notamment sur l’organisation du départ de la manif de Bayonne du contre-sommet du G7, une femme a été remarquée en train de prendre discrètement, avec son téléphone portable, des photos des gens participant à l’AG. Lorsque son téléphone a été vérifié, il est apparu que plusieurs centaines de photos d’actions, de manifestations et d’assemblées générales ont été prises les 3 jours précédents. Certaines de ces photos, notamment celles de personnes prises en gros plan, donc clairement identifiables, ont été envoyées (accompagnées de rapports détaillés sur leurs activités, ainsi que des comptes-rendus de réunion en groupe restreints) à un supérieur qui demandait des précisions et donnait des consignes à la policière. Dans la confusion qu’a provoquée cette découverte, elle a cependant réussi à disparaître du camp.

Cette infiltrée, finalement démasquée, est bien plus qu’une simple indic. Elle disposait de connexions et d’informations sur une grande échelle. A ce jour, on sait qu’elle est apparue dans le mouvement Gilets Jaunes à Toulouse courant janvier, qu’elle a participé à l’organisation des parcours de manifestations, qu’elle s’est positionnée sur de nombreux groupes Telegram et Facebook (elle a à ce jour deux Facebook connus : « Dan boro » et « Rose des sables »), qu’elle a pris part aux assemblées et à différentes commissions du mouvement, qu’elle a réussi à approcher et à se connecter avec des personnes et des groupes qui pouvaient être perçus comme les plus déterminés du mouvement. Il faut également savoir qu’elle était dans les groupes d’organisation Telegram des hébergements Gilets Jaunes lors des Actes nationaux de Toulouse et qu’elle a donc pu procéder à un fichage conséquent. Elle mettait en relation des gens afin que la police puisse procéder à des arrestations.

Pour paraître crédible, elle s’appuyait sur les connexions en mettant en avant la place qu’elle occupait dans d’autres villes, dans d’autres réseaux. Concernant le contre-sommet, elle a incité pendant des mois de nombreuses personnes de différentes villes à s’y rendre. Il est également apparu qu’elle avait incité et facilité de nombreuses actions, et qu’elle était le seul contact sur place pour des personnes venant des quatre coins de la France et d’autres pays. L’idée étant de pousser les militant·e·s à l’infraction et ensuite interpeller.

Si vous avez des informations, contacter : [email protected]

Plus d’infos ici

L'inflitrée démasquée au contre sommet du G7