Vendredi 10 avril, une importante opération policière s’est déroulée devant les locaux de l’association Al Manba, une association de soutien aux migrant·es basée à Marseille. Cette opération a commencé durant une distribution alimentaire aux migrant·es sans ressource. La police nationale a menacé d’interdire la distribution bi-hebdomadaire de nourriture (une des plus importantes du centre ville) et plusieurs personnes du collectif ont été verbalisées.

Opération policière contre l'association Al Mamba

L’utilisation de drones visant à rappeler aux gens les mesures de confinement ou à disperser des rassemblements a été signalée dans plusieurs partie du monde. C’est notamment le cas à New-York où un drone, équipé de caméras et de haut-parleurs de la société Spencer Gore survole les passant pour leur rappeler de se tenir à distance les uns des autres. L’utilisation de drones opérés par la police est également généralisée dans les principales villes de France ainsi qu’en Espagne à Madrid. C’est également le cas à Bruxelles (voir notre article). Il arrive également que les autorités fassent appel à des robots comme en Tunisie. À Tunis, un robot à l’apparence d’un petit tank rappelle les mesures de confinement et contrôle les autorisations de sortie. Il est contrôlé à distance par la police tunisienne. En Grande-Bretagne c’est un robot à l’apparence de Dalek (un robot issu de la série Dr. Who) qui rappelle les mesures de confinement.

Un robot tunisien contrôlant une attestation de sortie

Un robot tunisien contrôlant une attestation de sortie

Aujourd’hui samedi vers midi, deux policiers ont forcé l’entrée d’un appartement dans le quartier de Saint Charles, à Marseille, en invoquant l’Etat d’urgence sanitaire. Ils viennent pour faire enlever une banderole sur laquelle est écrite “Tu veux savoir si tu as le Corona ? Crache sur un bourgeois et attends ses résultats. Solidarité avec les travailleuses !”. Le prétexte invoqué est que notre banderole incite les gens à se cracher dessus. Dans un premier temps, gazeuse à la main tout en filmant, ils essaient de contrôler les identités, puis sortent. Arrivent au total une voiture de la police nationale et trois voitures banalisées, dont la BAC: plus de dix policiers devant l’appartement, menaçant de ré-investir l’appartement dont les occupants ont fini par enlever la banderole.

La banderole en question...

Suite aux récentes annonces de la Ministre de la Justice française Nicole Belloubet (voir notre article), Georges Abdallah est exclu des mesures de libération de plusieurs milliers de prisonniers des prisons françaises afin de lutter contre l’épidémie de COVID-19. La Campagne libanaise pour la libération de Georges Abdallah et plusieurs organisations de soutien (notamment d’Europe, de Palestine et de Tunisie) appellent à se mobiliser vendredi 10 avril dès 18H (UTC+1) sur les réseaux sociaux avec le hashtag #FreeGeorgesAbdallah afin d’exiger la libération immédiate de l’un des plus anciens prisonniers politiques d’Europe.

Mercredi 8 avril 2020, la gendarmerie nationale est intervenue pour expulsée la ZAD de la Dune. Installée depuis octobre 2019 à Brétignolles-sur-Mer, en Vendée, la ZAD contestait un projet de construction d’un port de plaisance sur le littoral. La gendarmerie a déployé de nombreux effectifs, 15 voitures et 1 hélicoptère. Le PSIG, le peloton spéciale d’intervention de la gendarmerie nationale, était également présent. L’expulsion, débutée vers 17 heures, s’est terminée dans la soirée aux environs de 20 heures. Plusieurs membres de la ZAD ont été amenés à la gendarmerie pour un contrôle d’identité.

 

La ZAD de la Dune.

Hier vendredi, un nouveau décret, pris dans le cadre de l’État d’urgence sanitaire, détaille, entre autre, les tarifs qui seront versées aux opérateurs pour l’obtention des données d’utilisateurs. On peut y lire que l’État français peut obtenir des opérateurs la « transmission des données techniques permettant d’identifier l’utilisateur ou le détenteur du système d’information de l’IP horodaté », hors de toute procédure judiciaire, au motif de la « sécurité des systèmes d’information ». Il permet également d’obtenir des informations complémentaires telles que «les données techniques permettant d’identifier l’origine de la communication et l’utilisateur ou le détenteur du système d’information affecté par l’événement détecté ». Pour voir d’autres informations que l’état pourrait obtenir des opérateurs: Lire le décret

Utilisation des données télécoms

Utilisation des données télécoms

 

Jeudi 9 avril dès 21H (UTC+1), le réseau de soutien aux prisonniers palestiniens Samidoun organise un webinaire sur Zoom avec le Collectif Palestine Vaincra à propos de Georges Abdallah, communiste arabe emprisonné en France depuis 1984. Cette conférence en anglais abordera l’engagement politique de Georges Abdallah, la mobilisation internationale pour sa libération et la situation actuelle liée à l’épidémie de COVID-19 (voir notre article). Pour participer à l’événement, il faut s’inscrire avec ce lien : http://bit.ly/freegeorges

Dans la soirée du lundi 30 mars, les détenus de la prison de Sepidar à Ahwaz (sud-ouest de l’Iran) se sont mutinés et ont tenté de fuir pour se sauvegarder contre l’épidémie de coronavirus. Des incendies ont éclaté dans plusieurs parties de la prison. Les gardiens de la prison et les gardiens de la révolution ont ouvert le feu et des coups de feu ont retenti tard dans la nuit quand la révolte a été finalement réprimée. En Guyane, une révolte a éclaté, mercredi 1er avril, à la prison de Rémire-Montjoly. Les prisonniers qui ont mis le feu dans une partie des quartiers. Les gendarmes français sont intervenus pour réprimer l’émeute.

La mutinerie au Centre pénitentiaire de Rémire-Montjoly

Mercredi 25 mars, la Ministre de la Justice Nicole Belloubet a annoncé la libération de 5000 à 6000 détenus des prisons françaises afin de lutter contre les risques sanitaires en pleine pandémie de COVID-19. Emprisonné depuis près de 36 ans, libérable depuis 1999 et âgé de 69 ans, Georges Abdallah est exclu de cette mesure. L’exclusion de Georges Abdallah de ce nouveau dispositif témoigne de l’acharnement de l’État français contre ce communiste arabe et combattant de la cause palestinienne qui reste debout après 36 ans d’emprisonnement. Une campagne en ligne est organisée par le Collectif Palestine vaincra pour exiger la libération de Georges.

Campagne pour la libération de Georges Abdallah en période de pandémie du Coronavirus

Campagne pour la libération de Georges Abdallah en période de pandémie du Coronavirus

Dans le cadre du développement du télétravail par des nombreuses entreprises dû à l’extension de la pandémie, des entreprises ont recours à plusieurs applications offrant des manières originales de surveiller le travail des employés à distance et de leur mettre de la pression: la pandémie et le confinement ne doit pas justifier une baisse du rendement… Une première application appelé “Desk Time” permet de faire des captures d’écran des ordinateurs des salariés, ainsi que de voir quelles applications ils utilisent et calculer la productivité de chacun. Cette application a déjà plus de 184.000 téléchargements. “Sneek”, de son côté, passe à un autre niveau, donnant la possibilité d’avoir un “mur de visages” avec les différents salariés où leur photo sera prise toute les 1 à 5 minutes afin de s’assurer qu’ils sont bien en train de travailler. Les patrons peuvent également les appeler à n’importe quel moment sans qu’il y ai moyen de refuser.

Critiqués, les créateurs de “Sneek” prétendent que leur plateforme vise à aider les personnes en télétravail et entretenir les liens avec ceux qui doivent travailler en équipe : « Nous savons que beaucoup de gens penseront que c’est une invasion de la vie privée, on comprend ça à 100 %, et ce n’est pas la solution pour ces gens, mais il y a beaucoup d’équipes qui entretiennent des liens d’amitié et qui veulent rester connectées lorsqu’elles travaillent ensemble », a défendu le cofondateur – sauf que pour ces gens ce sera l’employeur qui décidera si c’est “la solution“.

L'interface de Sneek