Secours Rouge

Abattre le capitalisme, construire la solidarité.

En août 2017, suite au G20 à Hambourg, le ministère de l’intérieur allemand avait interdit la plateforme “Indymedia Linksunten”, la plus grande plateforme d’extrême gauche en Allemagne (voir notre article), parce qu’elle enfreindrait la loi des associations. La procédure judiciaire ouverte à ce moment-là, entre autres pour “constitution d’une organisation criminelle”, a été suspendue après deux ans faute d’indices qui permettraient d’identifier des opérateurs responsables du site.

Le raid du 25 août 2017 dans les appartements de plusieurs personnes suspectées de gérer “Linksunten” ont mené à la saisine de plusieurs supports de données chiffrés. Le Landeskriminalamt (police judiciaire régionale) de Bade-Wurtembert n’a pas réussi à déchiffrer ces données, malgré le soutien de plusieurs administrations et de services secrets comme la police fédérale ou le Verfassungsschutz (service de renseignement allemand). Les données qui étaient accessibles aux investigateurs ne leur permettaient pas d’identifier les personnes dont les appartements avaient été fouillés comme les opérateurs de la plateforme. De nouvelles révélations pourraient mener à la réouverture de l’enquête.

Interdiction de la plateforme Open-Posting Indymedia Linksunten en 2017

Interdiction de la plateforme Indymedia Linksunten en 2017

Le gouvernement fédéral allemand prépare une loi élargissant les possibilités d’usage des tests ADN par la police. Le ministère fédéral de la justice souhaite, en effet, étendre les possibilités de recherche de la police via les tests ADN, afin de pouvoir identifier la couleur des yeux, de la peau et des cheveux ainsi que l’âge des suspects dans le cadre d’affaires criminelles. Aujourd’hui, les tests ADN se limitent à la seule identification du sexe. La recherche du groupe ethnique resterait interdite. Le texte permettrait aussi de comparer une ADN avec celle de personnes déjà connues des services de police. Le texte n’est qu’un premier projet qui, une fois officialisé, devra être ratifié par les députés du Bundestag.

Vers une extension des tests ADN en Allemagne ?

Facebook a payé des centaines de sous-traitants pour transcrire des extraits sonores de conversations de ses usagers, a révélé mardi l’agence Bloomberg. Facebook l’a finalement reconnu mais affirme avoir mis fin à cette pratique. «Tout comme Apple ou Google, nous avons gelé la pratique d’écoute des enregistrements sonores par des humains la semaine dernière». Facebook explique avoir eu l’autorisation de procéder à la transcription de leur conversation par des usagers de son application Messenger. Les sous-traitants vérifiaient si l’intelligence artificielle du réseau interprétait correctement les messages qui avaient été rendus anonymes. Amazon, Apple et Google, qui vendent tous des assistants vocaux, avaient déjà reconnu faire de même pour améliorer les réponses de leurs applications. Apple et Google ont indiqué avoir abandonné la pratique ces dernières semaines. Facebook, qui vient tout juste de payer une amende record de 5 milliards de dollars aux autorités fédérales américaines pour un mauvais usage des données privées de ses usagers, a longtemps nié utiliser des enregistrements audio pour pouvoir mieux cibler ses publicités ou rendre ses pages plus attractives. Le fondateur et PDG du géant des réseaux sociaux avait rejeté l’idée même lors d’une audition devant le Congrès en avril 2018. «Vous parlez d’une théorie du complot qui circule affirmant que nous écoutons ce qui se passe dans votre micro et que nous l’utilisons pour de la pub», avait répondu le milliardaire à une question du sénateur Gary Peters. «Nous ne faisons pas ça».Facebook

La société israélienne Cellebrite a vendu à la police russe la technologie permettant de pirater le téléphone sur lequel le mot de passe est défini. Actuellement en Russie, des manifestations sont organisées contre la fraude électorale à Moscou et l’interdiction des candidats de l’opposition.  Lors de ces actions, les téléphones portables sont largement utilisés. Grâce à cette technologie, la police peut pénétrer dans le téléphone des manifestants arrêtés en masse (voir notre article), accéder aux réseaux sociaux et lire tous les messages dans des messageries instantanées. La société Cellebrite a déclaré à ce propos : “La société développe une technologie permettant aux forces de l’ordre de lutter contre le terrorisme et les crimes graves. La société vend uniquement à des entités juridiques autorisées et applique les lois de différents pays.”  Une des sociétés israéliennes de cybersécurité avait déjà aidé les autorités saoudiennes à surveiller le téléphone du journaliste d’opposition Khashoggi, assassiné par les services saoudiens (voir notre article).

Le dispositif de Cellebrite

Début mai 2019, le conseil des ministres approuvait en première lecture un avant-projet de loi porté par le cabinet du Ministre de la Défense et des Affaires Étrangères. Cet avant-projet vise à renforcer la protection des informations classifiée en la rendant conforme aux obligations internationales de la Belgique, avec notamment un quatrième niveau de classification. En plus de “très secret”, “secret” et “confidentiel”, la mention “restreint” doit voir le jour. Le texte contient également un article qui stipule “la possibilité que les personnes qui ne sont pas titulaires d’une habilitation de sécurité et qui utilisent des informations classifiées sont passibles d’un emprisonnement d’un mois à trois ans et d’une amende de cent euros à cinq mille euros.” Le conseil d’état, dans un avis remis en juin, estime que la formulation très large d’un tel article permettrait de poursuivre les journalistes et les lanceurs d’alerte qui révèlent des secrets d’état. L’avant-projet devra encore passer en seconde lecture au conseil des ministres puis au parlement. 

Jeudi 8 août, le Parlement grec a voté une loi baptisée “loi omnibus” du nouveau gouvernement de Kiriakos Mistotakis. Cette loi comprend diverses mesures dans les domaines économiques, sociaux, pénaux et répressifs. Parmi les mesures répressives, on compte la levée de l’asile universitaire. Désormais la police pourra intervenir dans l’enceinte des universités sans l’autorisation du recteur. Cela remet en cause l’un des principaux acquis issus de la révolte contre la dictature des colonels qui avait notamment vu l’occupation de Université polytechnique nationale d’Athènes à Exarcheia par des étudiants en 1973. La loi omnibus prévoit également l’embauche de 1 500 policiers. Révolte de l'Université polytechnique nationale d'Athènes en 1973

La biométrie comportementale est une technologique de cyber-sécurité et de cyber-flicage qui identifie les personnes par la façon dont ils font ce qu’ils font – plutôt que par qui ils sont (reconnaissance faciale, empreinte digitale…), ce qu’ils savent (questions secrètes, mots de passe) ou ce qu’ils ont pour s’identifier (code éphémère envoyé par SMS…). Chaque personne a une façon qui lui est propre de déplacer une souris, taper sur un clavier ou sur un téléphone, et la biométrie comportementale est capable de mesure et d’analyser ces schémas.

La société israélienne BioCatch a développé un logiciel qui vérifie 500 bio-comportements et paramètres cognitifs et physiologiques pour créer des profils d’utilisateurs uniques et une présence web personnalisée pour chaque utilisateur de sites bancaires et commerçants. Elle vend ses produits de détection aux banques et à ses autres clients dans le monde entier. Elle développe maintenant des outils capables de détecter quand une personne effectue des opérations anormales et anxiogènes par l’étude de centaines de ces petits signaux comportementaux très subtils. Chaque signal est un indicateur très faible mais leur combinaison est opérante.

 

Schémas de scrolling sur tablette

Lundi 5 août marquait le troisième jour de nouvelles manifestations donnant lieu à des affrontements se sont déroulées à Hong Kong au cours desquels plus de 80 personnes ont été arrêtées par la police. Le même jour, le mouvement a appelé à une grève générale qui a été suivi en masse. D’autres types d’actions ont également été menées. Dans la localité de Wong Tai Sin, des personnes ont cassé des vitres d’immeubles où logent des policiers puis allumé un incendie. Des feux ont été également allumés devant plusieurs commissariats, badigeonnés de graffitis «policiers, chiens mafieux». Des membres de la mafia en T-shirts blancs, qui s’étaient déjà illustrés le mois dernier en tabassant une quarantaine de protestataires dans une gare, en collusion avec la police, ont refait brièvement apparition hier soir dans la localité de North Point, où ils s’en sont pris à des manifestant ·e·s (voir notre article).

Au fil du mouvements, les manifestant·e·s se sont de mieux en mieux organisés. Ils utilisent des lasers verts pour contrer les dispositifs de reconnaissance faciale de la police. Ils vaporisent également des caméras de surveillance de la peinture ou déploient des parapluies autour des groupes en action. Les manifestant·e·s sont également organisés pour contrer les attaques policières. Dans ce cas, un groupe distrait la police avec les lasers ou d’autres lumières vives afin qu’une deuxième équipe puisse contre-attaquer. Un troisième groupe coordonne la formation et un quatrième à l’arrière maintient le moral de leurs camarades en jouant du tambours et en criant des slogans. Enfin des éclaireurs et les coureurs distribuent fournitures et nouvelles entre les différentes lignes de front. Par ailleurs, certains manifestants se sont formés au Parkour pour évaluer la situation en hauteur ou lancer des objets dissuasifs sur la police. D’autres travaillent ensemble pour étouffer les gaz lacrymogènes, déposant rapidement des cônes de signalisation sur les grenades fumantes, puis leur versant de l’eau par la buse.

Quand ils rentrent chez eux, les manifestant·e·s utilisent et derrière eux de l’argent dans les stations de métro pour éviter et éviter à leurs camarades d’être suivis avec leurs cartes de transport public. De nombreux manifestant·e·s ont également amélioré leur équipement – les masques et les planches de surf minces qui étaient «inutiles» contre les matraques de police et les boucliers anti-émeute ont disparu. À présent, ils utilise des panneaux de signalisation en métal comme boucliers, enfilent des protections de bras et de jambes, se procurent des barres de fer et apportent de différents types de projectiles de la brique aux œufs.

La communication est également soigneusement contrôlée. Les défenseurs de la ligne de front ne partagent jamais leurs coordonnées sur les téléphones des autres. Ils limitent les chats tactiques à un petit nombre pendant que les messagers désignés transmettent des informations entre les groupes. De nombreux manifestant·e·s ne dévoilent également pas leur participation de première ligne auprès de leur famille, amis ou collègues.

Des ingénieurs chinois auraient mis au point un fusil laser capable de mettre le feu à une cible à presque 1km de distance. Il s’agit d’un laser portatif « non létal » capable de provoquer une « carbonisation instantanée » de la peau et des tissus humains. Le fusil, portant le nom, « ZKZM-500 », produirait un faisceau d’énergie invisible à l’œil nu capable de traverser les fenêtres à une distance de 800 mètres. Un appareil suffisamment puissant pour tirer des centaines de coups et « brûler les vêtements en une fraction de seconde, si ceux-ci sont inflammables, provoquer une douleur au-delà de l’endurance humaine.

L’arme pèserait seulement 3 kg, sensiblement le même poids qu’un AK-47 et pourrait être utilisé par des fantassins mais également montés sur des véhicules. Elle serait prête pour une production en série et les premières unités seront probablement confiées à des escouades antiterroristes de la police et de l’armée chinoise. Son but premier étant de déstabiliser un preneur d’otage ou de brûler des pancartes pendant des manifestations.

Un prototype de Fusil Laser

Un prototype de Fusil Laser