Secours Rouge

Abattre le capitalisme, construire la solidarité.

Annoncées il y a plusieurs mois, les empreintes digitales sur les cartes d’identité arriveront à la fin de l’année en Belgique. Cela passera d’abord par une phase pilote concernant plusieurs communes réparties sur l’ensemble du territoire. La décision a été prise ce vendredi après-midi par le Conseil des ministres, sur proposition du ministre de l’Intérieur. Un projet pilote débutera à la fin l’année. En février dernier, les institutions européennes annonçaient que deux empreintes digitales devront à l’avenir être comprises sur les puces des cartes d’identité dans tous les pays de l’Union. Voici les communes qui serviront donc de cobayes: Lokeren, Rhode-Saint-Genèse, Waasmunster, Alost, Wichelen, Lievegem, Ostende, Merelbeke, Berlare, Grammont, Denderleuw, Wetteren, Hautem-Saint-Liévin, Louvain, Ath, Charleroi, Frameries, Saint-Ghislain, Colfontaine, Leuze-en-Hainaut, Comines-Warneton, Woluwe-Saint-Lambert, Eupen, Tournai et Bruxelles-Ville. A noter que le déploiement complet de cette mesure devrait prendre environ dix ans.

cartes d'identité belges

La zone de police Bruxelles-Capitale-Ixelles lance dès ce lundi soir une opération de communication. L’idée: rencontrer son inspecteur de quartier devant un café. L’initiative existe déjà aux Etats-Unis et porte le nom de “Coffee with a cop”. Elle doit permettre aux Bruxellois de rencontrer leur inspecteur de quartier dans un cadre informel et neutre qui permette de poser “toutes les questions possibles”. Cinq rendez-vous sont actuellement programmés. Ils ont lieu ce lundi au «Loola» à Bruxelles, ce mercredi à «La Signare» à Ixelles, ce vendredi prochain au «Le Houba» à Laeken, le 26 septembre au «Café Tetouan» à Bruxelles et le 30 septembre au «De Wand» à Neder-over-Heembeek.

Un concept américain

 

La zone de police des communes de Bruxelles-Ville, Ixelles et Laeken, ainsi que de Neder-over-Heembeek et Haren voulait acquérir des caméras à installer sur la voie publique avec un contrat d’entretien portant sur trois ans. Un  marché avait été estimé au départ à 5 millions d’euros hors TVA. Trois candidats avaient déposé offre à la fin de l’année 2018: Engie Fabricom, le duo Jacops-Securitas, et Nextel, la filiale du câblo-opérateur Telenet. Initialement, la zone de police avait donné sa préférence à Nextel, mais elle avait dû revoir sa copie sur injonction de son autorité de tutelle: celle-ci avait découvert que Nextel avait omis de proposer un système de transmission des images caméra qui ne soit utilisable que par la zone de police (support à usage exclusif), alors que le cahier des charges spécial avait cité cette exigence comme étant un des “critères minimaux“.Le collège de police a revu sa copie sous ce nouvel éclairage, puis a octroyé le marché, le 11 avril dernier, à Jacops-Securitas. Entre-temps, il s’est rendu compte qu’Engie Fabricom avait, comme Nextel, omis de garantir un système de transmission d’images et données sur support exclusif. Il a donc conclu à l’irrégularité de ces deux offres. Ne restait plus que Jacops-Securitas, qui avait pourtant remis le prix le plus élevé: plus de 7 millions d’euros, et près de 2 millions de plus que les deux candidats concurrents. Mais cet écart de prix pouvait précisément être justifié par la prise en compte, par Jacops-Securitas, du critère lié à l’exclusivité du support de transmission. Engie Fabricom a demandé au Conseil d’Etat de suspendre la double décision de la zone de police, de déclarer son offre irrégulière et d’octroyer le marché au duo concurrent.

Depuis juillet 2018, toutes les communes du pays sont tenues de créer des CSIL (des Cellules de Sécurité Intégrale Locales). Leur mission serait de détecter et surveiller toute personne qui entrerait dans le “radicalisme violent” et le “terrorisme”. Ces plateformes locales regroupent les services de prévention sociale, l’administration et des “acteurs de la société civile”, le tout sous la responsabilité du bourgmestre. On peut retrouver dans une CSIL des directeurs d’école, des agents de prévention, des agents du CPAS, des représentants du Forem, d’hôpitaux… Les CSIL ont des contacts privilégiés avec la police et le parquet. L’idée est de permettre de bien connaître sa population locale et les signes avant-coureurs d’une “radicalisation”, et d’intervenir au plus vite si elles le jugent nécessaires. À ce jour, 388 communes sur les 581 que compte notre pays, ont créé une CSIL. La Wallonie compte à ce jour 112 CSIL pour 262 communes. La Flandre en compte déjà 257 sur 300 tandis que les 19 communes bruxelloises ont toutes embrayé très rapidement.

Le siège de la Sûreté de l'État

L

Vendredi 6 septembre, les procureurs du comté de Mortonont (Dakota du nord) ont lancé un mandat d’arrêt contre un homme accusé d’avoir participé à une émeute contre le projet de pipeline Dakota Access il y a tout juste trois ans. Le militant est également poursuivit pour “conspiration criminelle en vue de commettre un délit”. Les enquêteurs s’appuient sur l’ADN recueilli sur un mégot de cigarette trouvé sur les lieux. Le profil ADN du militant avait, en effet, été enregistré lors d’une arrestation antérieure et les responsables des laboratoires criminels du Dakota du Nord avaient fait le lien le mois dernier. Les accusations concernent une manifestation du 6 septembre 2016 dans la réserve de Standing Rock. Plus de 100 manifestants, la plupart masqués, avaient interrompu les travaux de construction du pipeline et saboté du matériel. Plus de 700 personnes avaient été arrêté dans le cadre de cette lutte (voir notre article).

La mobilisation à Standing Rock

Il y a quelques jours, nous relayions sur notre site que les iPhones (régulièrement promus par Apple comme bien plus sécurisés que leurs concurrents) avaient été ciblés par des attaques massives indiscriminées durant plus de deux ans, même s’ils étaient en ordre de mises à jour et de patches de sécurité. Ce que le “Project Zero” (la cellule de sécurité de Google qui enquête sur ce genre de failles) n’avait pas révélé en plus de son analyse, ce sont les sites utilisés par les attaquants, ainsi que les cibles. Le magazine TechCrunch a ainsi révélé le 1er septembre que selon ses sources, l’attaque ciblait la communauté Ouïghour de la région du Xinjiang, en Chine, une info qui désigne un suspect évident comme commanditaire de l’attaque. Autre info que Google s’est bien gardée de communiquer: les pages infectées comportaient également des codes malicieux ciblant les appareils sous Windows et sous Android, sans qu’on en sache plus sur l’étendue, l’intensité et le succès de ces attaques là. Ces infections ont fini par toucher des utilisateurs en-dehors de la Chine car les sites infectés étaient indexés par Google, c’est ainsi que le FBI a demandé à Google de retirer les résultats de son moteur de recherche, et finalement comme cela que Google a lui-même enquêté sur ces attaques via le “Project Zero”.

Google, Apple, le FBI, ainsi que le Consulat de Chine à New-York ont tous refusé ” de confirmer ou d’infirmer” la moindre de ces informations. Le rapport technique détaillé des attaques peut-être consulté (en anglais) sur le blog du “Project Zero”.

Les 5 chaines d'escalade de privilège découvertes

En marge du G7, trois ressortissants allemands ont été interpellés et condamnés par la justice dans la foulée. Les trois jeunes hommes étaient jugés par le tribunal correctionnel de Bayonne (sud-ouest de la France), pour détention d’armes et participation à un groupement en vue de la préparation de violences volontaires ou de dégradations. Ils avaient été arrêtés – le conducteur de 22 ans et deux passagers de 18 et 22 ans – dans un véhicule immatriculé en Allemagne le mercredi avant le sommet du G7. Lors de la fouille du véhicule, les enquêteurs ont trouvé des cagoules, une bombe lacrymogène, un marteau brise-glace, des clés à molette, ainsi que des documents « relatifs à l’extrême gauche », selon le substitut du procureur de la République, Sébastien Baraldi. Les trois jeunes, sans mention à leur casier judiciaire en Allemagne, faisaient l’objet de fiches « actives » pour appartenance à un mouvement considéré comme violent.

Ils étaient les premiers à comparaître à Bayonne dans le cadre du dispositif judiciaire exceptionnel déployé durant le sommet du G7, avec 70 avocats, 17 procureurs mobilisés, et plus de 300 places de cellule pour d’éventuelles gardes à vue. Relaxés du chef de détention d’armes, les prévenus ont été reconnus coupables de participation à un groupement en vue de violences, et condamnés à trois mois ferme pour les deux de 22 ans, deux mois pour celui de 18 ans, et cinq ans d’interdiction du territoire français pour les trois. Ils ont été écroués à l’issue de l’audience.

Des policiers français et espagnols contrôlent les abords de Biarritz, à la veille du sommet du G7

Une policière infiltrée récemment été démasquée. Elle se faisait appeler « Dan », « Rose », « Rose des sables » ou « Clara » en fonction des villes et des groupes dans lesquels elle évoluait, et elle avait sûrement bien d’autres surnoms. Elle a la soixantaine, est assez fine, mesure entre 1,55 m et 1,65 m, c’est une grande fumeuse, elle a les traits tirés et porte presque tout le temps des lunettes de soleil (voir photos). Elle prétendait venir de Clermont-Ferrand auparavant et avoir eu une activité militante là-bas. Elle disait également qu’elle travaillait à Enedis sur Toulouse actuellement.

Lors d’une assemblée portant notamment sur l’organisation du départ de la manif de Bayonne du contre-sommet du G7, une femme a été remarquée en train de prendre discrètement, avec son téléphone portable, des photos des gens participant à l’AG. Lorsque son téléphone a été vérifié, il est apparu que plusieurs centaines de photos d’actions, de manifestations et d’assemblées générales ont été prises les 3 jours précédents. Certaines de ces photos, notamment celles de personnes prises en gros plan, donc clairement identifiables, ont été envoyées (accompagnées de rapports détaillés sur leurs activités, ainsi que des comptes-rendus de réunion en groupe restreints) à un supérieur qui demandait des précisions et donnait des consignes à la policière. Dans la confusion qu’a provoquée cette découverte, elle a cependant réussi à disparaître du camp.

Cette infiltrée, finalement démasquée, est bien plus qu’une simple indic. Elle disposait de connexions et d’informations sur une grande échelle. A ce jour, on sait qu’elle est apparue dans le mouvement Gilets Jaunes à Toulouse courant janvier, qu’elle a participé à l’organisation des parcours de manifestations, qu’elle s’est positionnée sur de nombreux groupes Telegram et Facebook (elle a à ce jour deux Facebook connus : « Dan boro » et « Rose des sables »), qu’elle a pris part aux assemblées et à différentes commissions du mouvement, qu’elle a réussi à approcher et à se connecter avec des personnes et des groupes qui pouvaient être perçus comme les plus déterminés du mouvement. Il faut également savoir qu’elle était dans les groupes d’organisation Telegram des hébergements Gilets Jaunes lors des Actes nationaux de Toulouse et qu’elle a donc pu procéder à un fichage conséquent. Elle mettait en relation des gens afin que la police puisse procéder à des arrestations.

Pour paraître crédible, elle s’appuyait sur les connexions en mettant en avant la place qu’elle occupait dans d’autres villes, dans d’autres réseaux. Concernant le contre-sommet, elle a incité pendant des mois de nombreuses personnes de différentes villes à s’y rendre. Il est également apparu qu’elle avait incité et facilité de nombreuses actions, et qu’elle était le seul contact sur place pour des personnes venant des quatre coins de la France et d’autres pays. L’idée étant de pousser les militant·e·s à l’infraction et ensuite interpeller.

Si vous avez des informations, contacter : [email protected]

Plus d’infos ici

L'inflitrée démasquée au contre sommet du G7

Le premier chien de police cloné de Chine, Kunxun, un chien-loup âgé de 8 mois, a passé l’évaluation de chien policier le 22 août et est maintenant prêt à travailler. Début mars, Kunxun est arrivé à la base pour chiens policiers de Kunming, capitale de la province du Yunnan (sud-ouest de la Chine), où il a participé à un programme de formation professionnelle pour chiens policiers. Né le 19 décembre 2018, Kunxun a été cloné de Huahuangma, un chien-loup de Kunming âgé de sept ans, en service au poste de police de Pu’er, dans la province du Yunnan.

Kunxun, le chien-loup cloné

En août 2017, suite au G20 à Hambourg, le ministère de l’intérieur allemand avait interdit la plateforme “Indymedia Linksunten”, la plus grande plateforme d’extrême gauche en Allemagne (voir notre article), parce qu’elle enfreindrait la loi des associations. La procédure judiciaire ouverte à ce moment-là, entre autres pour “constitution d’une organisation criminelle”, a été suspendue après deux ans faute d’indices qui permettraient d’identifier des opérateurs responsables du site.

Le raid du 25 août 2017 dans les appartements de plusieurs personnes suspectées de gérer “Linksunten” ont mené à la saisine de plusieurs supports de données chiffrés. Le Landeskriminalamt (police judiciaire régionale) de Bade-Wurtembert n’a pas réussi à déchiffrer ces données, malgré le soutien de plusieurs administrations et de services secrets comme la police fédérale ou le Verfassungsschutz (service de renseignement allemand). Les données qui étaient accessibles aux investigateurs ne leur permettaient pas d’identifier les personnes dont les appartements avaient été fouillés comme les opérateurs de la plateforme. De nouvelles révélations pourraient mener à la réouverture de l’enquête.

Interdiction de la plateforme Open-Posting Indymedia Linksunten en 2017

Interdiction de la plateforme Indymedia Linksunten en 2017