La procureure démocrate de l’État de New York a attaqué jeudi au civil la police new-yorkaise pour usage de force excessive contre les manifestations Black Lives Matter qui ont suivi la mort de George Floyd. “Il n’y a aucun doute que le NYPD a utilisé de façon répétée une force excessive, brutale et illégale”, a déclaré la procureure après avoir enquêté sur plus de 1300 plaintes reçues par son bureau. Selon elle, de mai à décembre 2020, les policiers new-yorkais ont, « de façon flagrante », procédé à des interpellations injustifiées et utilisé matraques, sprays au poivre, et techniques d’encerclement face à des manifestants largement pacifiques.

La plainte, enregistrée au tribunal fédéral de Manhattan, vise Dermot Shea et Terence Monahan, les deux principaux responsables du NYPD – plus grosse force policière des États-Unis avec quelque 35.000 agents – mais aussi le maire démocrate de New York, Bill de Blasio. La procureure affirme qu’ils n’ont “pas formé, pas encadré, pas stoppé les agents impliqués dans ces méfaits”. Elle demande des réformes structurelles et la mise en place d’un contrôleur extérieur pour vérifier la gestion des manifestations à l’avenir. Beaucoup de polices municipales se sont retrouvées sous le feu des critiques après la mort de George Floyd à Minneapolis. À travers les États-Unis, de nombreux manifestants ont scandé le mot d’ordre “Defund the police”.

Répression de manifestants par le NYPD

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Le 1er janvier 2021, l’organisation de prisonniers “Free Alabama Movement” a lancé un “Blackout économique de 30 jours” dans les prisons d’Alabama afin de dénoncer les conditions d’incarcération et les nombreux morts dans les prisons de l’État. L’organisation appelle les prisonniers à faire une grève du travail et de la faim à l’intérieur des prisons. Elle appelle également les personnes à l’extérieur à boycotter les entreprises exerçant dans les prisons (qui fournissent des services d’appels vidéo, de cantine, de transfert d’argent etc).

L’appel à la grève et les revendications.

Deux jours après avoir refusé l’extradition de Julian Assange vers les Etats-Unis (voir ici), la justice britannique s’est opposée mercredi 6 janvier à sa libération sous caution, en attendant que soit examiné l’appel formé par les Etats-Unis contre le refus de son extradition. La juge a en effet estimé qu’il existait «des motifs sérieux de croire que si Julian Assange était libéré aujourd’hui, il ne se rendrait pas au tribunal pour faire face à la procédure de recours». Elle a invoqué à cet égard l’aide apportée par Assange dans la fuite du lanceur d’alerte Edward Snowden, réfugié en Russie.

Rassemblement pour Assange à Bruxelles (archives)

La justice britannique a tranché et rejette la demande d’extradition du fondateur de WikiLeaks Julian Assange vers les États-Unis, qui veulent le juger pour espionnage et conspiration pour avoir diffusé, en 2010, des centaines de millions de documents confidentiels concernant l’armée américaine. La décision rendue ce lundi 4 janvier devant le tribunal correctionnel de l’Old Bailey à Londres, est cependant susceptible d’appel. La juge a expliqué avoir refusé l’extradition par crainte que Julian Assange ne se suicide. Assange risque aux États-Unis 175 ans de prison. Le ministère de la Justice américaine s’est dit, lundi, “extrêmement déçu”. Le Mexique a, quant à lui, offre l’asile politique au fondateur de WikiLeaks.

Rassemblement pour Assange à Bruxelles (archives)

A Portland, un grand nombre de personnes étaient rassemblées vendredi dans la zone de Southwest 3rd Avenue, autour de Southwest Main Street, La police leur a intimé l’ordre de partir immédiatement: «Si vous ne partez pas, vous risquez d’être arrêté, cité et/ou sujet au recours à la force», ont menacé les policiers de Portland avec des mégaphones. Les affrontements ont aussitôt commencé. Des groupes de manifestants ont attaqué les forces de police, un centre commercial, le palais de justice fédéral au moyen de feux d’artifices et de cocktails Molotov. D’autres ont tenté pour pénétrer par effraction dans le centre de justice situé au 1120 Southwest 3rd Avenue. Outre les cocktails Molotov et les engins pyrotechniques, les  policiers ont canardés de pierres, des briques, de bouteilles d’eau congelée et de ballons de peinture. Les policiers ont chargé et utilisé des engins fumigènes, lacrymogènes, et des munitions non-létales. Des arrestations ont eu lieu mais les détails ne sont pas encore disponibles. Les forces de répression ne comprenait pas uniquement les policiers locaux, mais des agents des services fédéraux (en fait une division en uniforme du Département de la sécurité intérieure).

Les adjoints du shérif du comté de Multnomah et la police de Portland ont tenté d’exécuter une expulsion tôt mardi matin. Les agents ont été accueillis par une foule de de manifestants hostiles. Les manifestants ont lancé des projectiles sur les policiers anti-émeute qui tentaient de “sécuriser” une zone. Tout au long de la journée, des barricades de fortune ont été érigées autour de la “Maison Rouge”, visée par l’expulsion. Cette maison a été un point focal pour les militants du logement depuis qu’un juge du comté a autorisé l’expulsion de ses occupants, la famille Kinney, en septembre. Dans le but d’éviter la reprise de possession de la maison, les manifestants ont établi un “Blocus des expulsions 24h / 24 et 7j / 7”. Une bataille juridique au sujet de la maison fait rage, la famille Kinney déposant une requête auprès de la Cour suprême des États-Unis en novembre. Le propriétaire légal de la maison, Urban Housing Development, a jusqu’au 23 décembre pour répondre. La police a dû renoncer à l’expulsion, mais plusieurs arrestations ont eu lieu.

Eric King est un antifasciste incarcéré depuis septembre 2014. Il a été condamné à 10 ans de prison après avoir été accusé de tentative d’incendie d’un immeuble gouvernemental (inoccupé) en soutien au soulèvement de Ferguson, dans le Missouri. En 2018, un lieutenant des services d’enquête spéciaux (SIS), un service fédéral qui surveille les personnes considérées comme des menaces pour le système carcéral s’en est pris à King, qui s’est défendu, entraînant l’intervention de quatre gardiens qui ont frappé King à la tête, au visage, au ventre et aux côtes. Il a été attaché pendant huit heures par les poignets et les chevilles, dans une mare de son propre sang et de son urine.

King s’est vu refuser à plusieurs reprises des soins médicaux, du courrier et des visites d’avocat. Un autre membre du SIS lui a dit qu’il se verrait refuser l’accès à son avocat jusqu’à ce qu’il signe une déclaration selon laquelle il avait frappé Wilcox en légitime défense. King a signé et a été transféré à la prison de Leavenworth au Kansas et l’a placé à l’isolement pendant environ un an, ce qui signifiait qu’il ne pouvait voir ni parler à personne et qu’il était interdit de lire des livres et de conserver des photos dans sa cellule. Il a ensuite été transféré à la prison de McCreary dans le Kentucky, une prison fédérale à sécurité maximale. Le personnel ne l’a laissé sortir de l’isolement que pour le conduire dans la cour à un groupe de suprémacistes blancs (Aryan Brotherhood) à qui ils avaient dit que King était antifa. King a été agressé et remis en isolement.

Le 29 août 2019, King a été inculpé pour “agression contre un fonctionnaire fédéral” lié à l’attaque du lieutenant du SIS. S’il est reconnu coupable, King risque jusqu’à 20 ans de prison fédérale en plus de sa peine de 10 ans. En août 2019, King a été transféré à la prison d’Englewood dans le Colorado, où les persécutions ont continué. En septembre, la prison a révoqué les droits de visite de son partenaire en raison de son “idéologie”. En savoir plus

 

 

Des manifestants sont descendus dans les rues du Lower Manhattan, à New-York,  pour une deuxième journée consécutive, ce qui a entraîné des incidents avec la police et des arrestations. Les manifestants scandaient «Defund the Police» et «Can’t Stop the Revolution». Initialement, le rassemblement était organisé par le mouvement Black Lives Matter (BLM) et des militants LGBT, mais il a été rejoint par ceux qui étaient mobilisés en raison de l’incertitude des l’élection présidentielle. Les manifestants se sont rassemblés au Stonewall Inn, monument LGBT, et ont défilé dans plusieurs rues du Lower Manhattan. À un moment donné, la police a exigé qu’ils restent sur le trottoir. Les manifestants ont scandé “Notre ville – Nos rues” et ont insultés les policiers. La police a refoulé et cogné les manifestants, en arrêtant certains.

Demonstrators verbally confront NYPD officers while demonstrating in Union Square, Thursday, Nov. 5, 2020, in New York. (AP Photo/Seth Wenig)

Des forces de la police et de la Garde nationale de l’Oregon ont pourchassé mercredi soir des centaines de manifestants de la gauche révolutionnaire dans le centre de Portland et ont procédé à au moins dix arrestations. Cette ville avait été placée en alerte renforcée par la gouverneure de l’Oregon, Kate Brown. Elle a prolongé un état d’urgence instauré pour la nuit de l’élection présidentielle pour prévenir des manifestations violentes.

Les manifestants ont participé à un rassemblement pacifique dans un parc du centre de Portland, où un ensemble de groupes anticapitalistes proposaient des conférences et de la musique. Lors que la marche qui a suivi, plusieurs manifestants portaient des armes à feu, dont des fusils. Une banderole portait le slogan « On ne veut pas de Biden. On veut la vengeance / pour les crimes policiers / pour les guerres impérialistes / pour les massacres fascistes » Le bureau du shérif du comté de Multnomah a déclaré que la situation qui prévalait correspondait légalement à une émeute, après l’arrestation d’un homme soupçonné d’avoir lancé un cocktail Molotov. Il y a eu des heurts, des caillassages, des tirs de gaz lacrymogènes, des vitrines brisées et des arrestations.

 

 

Un groupe de manifestants anti-Trump s’est affronté avec des policiers dans les rues de Manhattan dimanche 1er novembre. Les heurts ont eu lieu à l’angle de la West 24th Street et de la 10e Avenue. Les policiers voulaient refouler les manifestants qui s’étaient rassemblés au Madison Square Park pour affronter des caravanes pro-Trump sillonnant la région de New York avant l’élection présidentielle de mardi. Onze personnes ont été arrêtées.