Dans le port d’Anvers, environ 150 militants pour le climat ont pénétré ce samedi sur le site d’Ineos où l’entreprise pétrochimique souhaite implanter de nouvelles unités de production d’éthylène et de propylène. “Project One” est actuellement étudié par le gouvernement flamand, qui doit décider d’octroyer ou non un permis environnemental. Un premier avis positif a déjà été rendu par la Région la semaine passée. Les manifestants craignent que le géant de la chimie utilise du gaz de schiste pour produire de l’éthylène et du propylène, essentiels à la fabrication de plastique. En outre, plusieurs hectares de forêt doivent être défrichés dans le cadre de ce projet. C’est sur cette friche que les activistes se sont installés samedi. En fin d’après-midi, une petite cinquantaine d’activistes avaient été interpellés par les forces l’ordre. Le reste s’est rendu dans les bois tout proche. Certains se sont enchaînés, d’autres sont montés dans les arbres. Les forces de l’ordre ont mis fin samedi soir à l’occupation. En fin de journée, entre 80 et 100 activistes ont été arrêtés par la police sur le site, a indiqué le mouvement international Ineos Will Fall, à l’origine de l’action.

 

Face à la répression des manifestations pacifiques exercée par le gouvernement d’Alexandre Loukachenko, des dirigeant·e·s de l’opposition ont appelé à une grève nationale qui a débuté  le 26 octobre. Les forces de l’ordre ont tiré des grenades incapacitantes et des balles en caoutchouc directement et à faible distance sur des manifestant·e·s pacifiques. Les protestataires qui fuyaient ont été pourchassés, frappés, et visés par des tirs. Le 26 octobre, des personnes travaillant à Grodno Azot, l’une des plus grandes entreprises de produits chimiques du pays, ont été arrêtées alors qu’elles étaient sur le point de participer à une grève. La police a commencé à les arrêter dès 7 heures du matin. Plus de 100 personnes ont été arrêtées en raison de cette grève. Le 25 octobre, à Minsk, la police a tiré des balles en caoutchouc et des grenades incapacitantes sur un rassemblement pacifique d’environ 100 000 personnes. Viasna a indiqué que plus de 300 personnes ont été arrêtées à Minsk et dans d’autres villes du pays pour avoir participé à ces rassemblements pacifiques.

La ville de Philadelphie, en Pennsylvanie a été le théâtre de manifestations et d’affrontements avec la police, avec des dizaines d’agents blessés, dans la nuit de lundi 26 octobre à mardi 27, après la mort d’un homme noir tué par les forces de l’ordre. Identifié comme Walter Wallace Jr., cet homme de 27 ans est mort lundi après-midi dans le quartier de West Philadelphia, abattu de plusieurs balles par deux policiers qui ne semblaient pas en danger imminent, comme le montre une vidéo circulant sur les réseaux sociaux. Trente policiers ont été blessés, dont plusieurs ont été hospitalisés, selon le bilan officiel. La plupart de leurs blessures viennent de projectiles, notamment des briques, lancées par les manifestants et une policière a été renversée par un véhicule. Des commerces ont été vandalisés, une voiture de police incendiée et de nombreux personnes ont été interpellés.

Une arrestation ce mardi à Philadephie

 

De de jeunes manifestants  et de policiers se sont affrontés de nouveau lundi sur la place Tahrir de Bagdad, après une nuit de heurts notamment à Kerbala, au sud-ouest de la capitale, au lendemain du premier anniversaire de la révolte en Irak. Des dizaines de jeunes jetaient des pierres tandis que les policiers répondaient par des tirs de grenades lacrymogènes et assourdissantes. Dans la ville de Kerbala, de jeunes manifestants ont jeté jusque tôt lundi matin des pierres sur des policiers aux boucliers métalliques et longues matraques, qui les leur renvoyaient. Des milliers d’Irakiens ont défilé dimanche à travers le pays pour marquer le premier anniversaire de la “révolution d’octobre”, mouvement social inédit dans le pays réclamant notamment une réforme du pouvoir et une amélioration des conditions de vie.

Samedi 24 octobre, plus de 600 personnes se sont rassemblées devant les portes de la prison de Lannemezan pour exiger la libération de Georges Abdallah, communiste arabe détenu en France depuis 36 ans (voir notre article). À cette occasion, celui-ci a rédigé une déclaration qui a été lue aux manifestants. Il affirme en particulier que “pour aller de l’avant dans la construction de l’alternative révolutionnaire appropriée, la convergence des luttes est plus qu’indispensable. Le bloc historique des travailleurs se construit et se structure dans la dynamique globale de la lutte dans toutes ses composantes. Ce n’est qu’ensemble, et ensemble seulement que les prolétaires et les diverses composantes des masses populaires de ce pays peuvent endiguer et conjurer la montée en puissance de tous les processus de fascisation en cours. Encourageons, toujours plus Camarades les divers processus de convergence des luttes aussi bien au niveau local qu’au niveau régional et à plus forte raison au niveau international.” (lire la déclaration)

Malgré la répression et les appels au calme, les émeutes et les pillages de masse se répètent au Nigeria, après deux semaines de soulèvement populaire. Le mouvement semble se transformer peu à peu en «émeutes de la faim» dans le pays le plus peuplé d’Afrique. Dans plusieurs villes du pays, les pillages de masse se poursuivaient samedi, comme à Ede, dans l’État d’Osun (sud-ouest). Des maisons de politiciens locaux ont été vandalisées dans plusieurs États, dont celui de Calabar dans le sud-est. Le Nigeria, premier producteur de pétrole d’Afrique de 200 millions d’habitants et réputé pour être l’un des pays les plus corrompus au monde, est secoué par une contestation populaire. Cette dernière est née à Lagos il y a deux semaines suite à des violences policières qui ont ensuite évolué en mouvement contre le pouvoir.

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Des heurts ont opposé vendredi 23 au soir à Naples la police à des manifestants protestant contre le couvre-feu nocturne. Vers 23 heures, au début du couvre-feu qui court chaque nuit jusqu’à 5 heures en Campanie, la région de Naples, plusieurs centaines de personnes, souvent jeunes, ont allumé des fumigènes, incendié des poubelles et lancé des projectiles sur les policiers anti-émeute déployés dans le centre-ville. Des appels avaient été lancés sur les réseaux sociaux pour défier le couvre-feu décrété à partir de vendredi soir en Campanie, et également en vigueur dans le Latium, la région de Rome, et en Lombardie, la région de Milan (nord).

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Aujourd’hui à Lannemezan, plus de 600 personnes ont manifesté devant la prison où est détenu Georges Abdallah, combattant de la résistance palestinienne. En dépit du contexte difficile, c’est la plus grande manifestation de soutien au plus ancien prisonnier politique d’Europe !

A Bruxelles, une initiative pour Georges a eu lieu devant les bureaux d’Air France:

 

On connait maintenant le bilan du massacre de mardi soir à Lagos, quand l’armée et la police ont tiré à balles réelles sur des manifestants pacifiques (voir notre article): 12 morts et des centaines de blessés. Ce qui fait au total 56 personnes ont été tuées dans le pays depuis le début des manifestations, dont 38 rien que pour la seule journée du 20 octobre. La colère de la jeunesse contre les violences policières s’est vite transformée en contestation populaire, et les panneaux EndSARS, en référence à une unité de police accusée de racketter la population, d’arrestations illégales, de torture et même de meurtre, ont été remplacés par des drapeaux nigérians ou des appels à la démission du président Buhari accusé de mauvaise gouvernance.

Après ce “mardi sanglant”, comme l’ont appelé aussitôt les Nigérians, des supermarchés ont été pillés, des fusillades ont éclatés dans cette ville de 20 millions d’habitants où deux prisons ont été attaquées avant que les force de l’ordre n’en reprennent le contrôle. Ailleurs dans le pays, le gouverneur de l’État du Delta, riche en pétrole, a lui aussi ordonné un couvre-feu après plusieurs incidents, notamment l’attaque et l’incendie d’un poste de police ainsi que d’une prison.

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Une centaine de ressortissants guinéens ont manifesté jeudi 22 octobre de 12h15 à 14h00 environ à proximité de l’ambassade de Guinée située boulevard Auguste Reyers à Schaerbeek. La police a utilisé une autopompe pour disperser le rassemblement. Le groupe a préalablement manifesté vers 11h00 devant le Berlaymont, au 200 de la rue de la Loi, dans le quartier européen à Bruxelles. La police les avait alors repoussé avec du gaz lacrymogène. Plusieurs groupes de 30 à 40 personnes s’étaient déjà rassemblés mercredi après-midi, entre 13h00 et 16h30, devant l’ambassade de Guinée à Schaerbeek. La police de Bruxelles-Nord avait arrêté administrativement quatre personnes.

Ces manifestations spontanées à Bruxelles surviennent en marge de l’annonce des résultats partiels des élections présidentielles en Guinée. Celles-ci donnent vainqueur le président sortant Alpha Condé, 82 ans, qui brigue un troisième mandat. Au moins trois personnes ont été tuées dans des affrontements entre les forces de sécurité et des partisans de l’UFDG, principal parti de l’opposition, qui se dit victime d’une fraude.

Face-à-face entre jeunes et policiers à Conakry, le 21 octobre 2020

Face-à-face entre jeunes et policiers à Conakry, le 21 octobre 2020