Dess milliers de Marocains ont manifesté dimanche à Rabat contre la vie chère et la répression politique,  sur fond d’accélération de l’inflation et de montée de la grogne sociale. Cette marche nationale, l’une des plus importantes des derniers mois, était organisée par le Front social marocain (FSM), qui fédère des partis politiques et des organisations syndicales de gauche. “Le peuple veut la baisse des prix… Le peuple veut faire tomber le despotisme et la corruption”, scandaient les manifestants. La flambée des prix (+7,1% en octobre sur un an), les hausses du coût des carburants, des denrées alimentaires et des services, se combinent au Maroc à une sécheresse exceptionnelle.

Venus de tout le royaume, les manifestants ont également dénoncé “toutes les formes de répression” politique, anti-syndicale et contre la liberté d’expression tandis que plusieurs blogueurs et journalistes, critiques du pouvoir, sont emprisonnés. Pour leur part, des militants pro-palestiniens ont fustigé la normalisation avec Israël depuis décembre 2020. De nombreux drapeaux palestiniens étaient visibles dans le défilé.

Ce vendredi 2 décembre, au 78e jour du soulèvement, des milliers de personnes à Zahedan ont manifesté dans les rues en scandant  « Khamenei, honte à toi, dégage du pays ». Les femmes scandaient « le pervers c’est toi, la femme libre c’est moi ». Les forces répressives s’étaient déployées dans plusieurs rues de Zahedan. Elles ont tiré sur les gens dans la rue Modaresse et à l’intersection Khayam, Beheshti et Mirzai Shirazi. Des jeunes portait une grande pancarte dans la manifestation d’aujourd’hui, qui disait : « Iran, sois tranquille, le Balouchistan et le Kurdistan sur leur honneur, ne t’abandonneront pas » Il y a eu de grandes manifestations dans d’autres villes de la province du Sistan-Baloutchistan, notamment Iranshahr, Khash, Zehak et Chabaha où des hélicoptères des pasdarans survolaient la ville. Vendredi matin s’est déroulée à Arak la cérémonie du 40e jour de deuil de Sina Malayeri, la population a scandé « Pasdarans, Bassidj, vous êtes notre Daech». Hier soir, de jeunes insurgés ont attaqué la milice du Bassidj du 1er district de Kermanchah avec des cocktails Molotov et incendié une banderole de la milice dans la ville de Rask, au Sistan-Baloutchistan. De jeunes rebelles ont attaqué une base de la milice du Bassidj à Gorgan avec des grenades artisanales et détruit une grande bannière de Khomeiny et Khamenei à Bandar Abbas à coups de cocktails Molotov.

Vendredi, les habitants de la ville de San Gregorio Atlapulco, dans la municipalité de Xochimilco, ont affronté la police de Mexico (CDMX), suite à un blocus qu’ils ont maintenu sur l’avenue Nuevo León en protestation contre les travaux qui ont provoqué une pénurie d’eau dans la zone. Ces travaux procèdent du Plan général de développement, qui est un instrument qui vise à définir les politiques sur 20 ans. En plus du détournement d’eau, les habitants soutiennent que ces chantiers sont plein d’irrégularités.

Les forces d’occupation ont effectué un raid à Yabed, près de Jénine, mercredi après-midi,  pour y arrêter Abdul Ghani Herzallah, emprisonné à deux reprises par Israël. Les citoyens palesiniens ont manifesté contre cette opération. Les militaires israéliens ont ouvert le feu, tuant Muhammad Tawfiq Badarneh d’une balle dans la poitrine lors des affrontements.

10 000 agriculteurs ont manifesté à Sangrur, dans le Pendjab, le 30 novembre,  sous la bannière de Sanjha Mazdoor Morcha, un front commun composé de huit syndicats. Les manifestants se sont dirigés vers la résidence du premier ministre. Les forces de police de quatre districts ont été déployées à l’extérieur de la résidence pour arrêter les manifestants, avec de nombreuses barrières. Des heurts ont éclaté quand les manifestants ont atteint la résidence. La police a utilisé des matraques et les a repoussés. De nombreuses personnes ont été blessées. Les manifestants en colère se sont ensuite assis sur la route et ont crié des slogans contre le gouvernement.

Les agriculteurs réclament des emplois tout au long de l’année dans le cadre de la loi nationale de garantie de l’emploi rural Mahatma Gandhi, ainsi que la fixation du salaire minimum à 700 roupies. Ils veulent également qu’un tiers des terres communes du village soit donné à la communauté dalit à un taux inférieur. Une demande importante des travailleurs dalits sans terre est que les nécessiteux reçoivent une parcelle de 10 marlas (0,0252 hectares) chacun et une subvention pour construire des maisons. Les demandes comprennent également la possession immédiate des parcelles déjà allouées et des actions contre les villages qui ont adopté des propositions pour de telles parcelles mais ne les ont pas encore mises en œuvre.

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Un mouvement de contestation se développe en Chine après bientôt trois années de dures restrictions sanitaires contre le Covid. À Pékin, Shanghai, mais aussi Wuhan (centre) et d’autres villes du pays, des manifestations se sont déroulées ce week-end, prenant au dépourvu le puissant système sécuritaire qui a depuis resserré la vis pour empêcher tout nouveau rassemblement. Pourtant, de nouveaux heurts entre manifestants et police ont éclaté dans la nuit de mardi à mercredi dans la métropole de Canton (sud). Des policiers vêtus de combinaisons intégrales de protection blanches et équipés de boucliers anti-émeutes sont intervenus, des personnes ont caillassé les forces de l’ordre et il y a eu des arrestations.

Suite aux manifestations sur les campus le week-end dernier, un nombre croissant d’universités ont déclaré le début anticipé des vacances, poussant leurs étudiants à rentrer dans leurs familles. L’élément déclencheur de cette mobilisation nationale a été l’incendie d’un immeuble d’habitation à Urumqi, capitale de la région du Xinjiang (nord-ouest), qui a fait 10 morts. Les restrictions sanitaires auraient empêché l’arrivée rapide des secours. Certaines manifestations ont également pris une tournure politique, certains demandant le départ du président Xi Jinping.

A Beit Ommar, près de Hébron, une ville du sud de la Cisjordanie où les tensions demeurent vives entre des colons sionistes et la population palestinienne locale, un Palestinien a été tué mardi matin d’une balle dans la tête par l’armée israélienne. Mufid Mahmud Khalil (44 ans) se trouvait dans une manifestation qui caillassait des soldats après que deux véhicules de l’armée en patrouille se furent retrouvés bloqués par une panne.

Puis, à Kafr Ein, Jawad et Dhafer Abdul Rahman Rimawi, deux frères de 22 et 21 ans, ont été tués par des tirs de l’armée israélienne lors d’une manifestation contre l’occupation et la colonisation. Enfin, toujours mardi, une attaque à la voiture bélier, près de la colonie sioniste de Kokhav Yaakov, dans le centre de la Cisjordanie, a ensuite blessé légèrement une soldate israélienne. Le conducteur a été tué par les militaires.

Pas moins de 36 policiers ont été blessés lors d’affrontements avec des manifestants dans l’État du Kerala, dans le sud de l’Inde, qui exigeaient la libération d’une personne arrêtée lors d’une manifestation contre un projet portuaire de 900 millions de dollars du groupe Adani. Les activités portuaires et logistiques d’Adani valent 23 milliards de dollars. L’emplacement du port à la pointe sud de l’Inde est considéré comme un élément clé pour gagner des marchés face aux ports de Dubaï, Singapour et Sri Lanka. La construction du port maritime de Vizhinjam a été interrompue pendant plus de trois mois après que des manifestants, issus pour la plupart de la communauté des pêcheurs, aient bloqué son entrée, accusant le développement d’être responsable de l’érosion côtière et de les priver de leurs moyens de subsistance. Au cours du week-end, les manifestants ont empêché les véhicules de construction d’Adani d’entrer dans le port, malgré une décision de justice ordonnant la reprise des travaux, ce qui a entraîné l’arrestation de plusieurs d’entre eux.

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Dans la soirée du 24 novembre, 70e nuit du soulèvement, les manifestations de nuit se sont poursuivies à Téhéran dans divers quartiers. Pour créer un climat de terreur, les miliciens du Bassidj et les agents en civil ont détruit les voitures des particuliers et tiré sur des maisons dans plusieurs points de Téhéran. Les habitants de certains quartiers comme Moshiriyeh ont résisté à l’assaut des forces répressives et déclenché des accrochages. Sur les autoroutes Kashani et Hakim, de grandes banderoles du pouvoir ont été brûlées et à Pakdasht, la place Sepah a été incendiée. Des jeunes insurgés ont incendié une grande banderole de Khamenei à Ardakan, dans la province de Yazd.

Les habitants des villes de Yazd, Kermanchah, Hamedan, Ahwaz, Ispahan, Oroumieh, Zahedan ainsi que Fardis, Golchar et Mehrchahr de Karadj ont allumé des feux et manifesté. Des jeunes de Jakigor, dans le Sistan-Balouchistan, ont bloqué la route en allumant des feux. À Ilam, ils ont attaqué le poste de police de Vazir Abad avec des cocktails Molotov. Les funérailles de manifestants tués se sont transformées en manifestations anti-gouvernementales (photo) au cimetière de Behecht-Zahra de Téhéran, à Khorramabad,  à Kamiyaran à Semirom, à Dehgolan à Mahidasht de Kermanchah.

Les commerçants dans et hors du bazar ont fait grève dans au moins 22 villes, y compris Qorveh, Divandareh, Saqqez, Kamiyaran, Sanandaj, Marivan, Baneh, Boukan, Piranchahr, Oshnavyeh, Dehgolan, Sardacht, Mahabad, Kermanchah, Sarpol Zahab, Ravansar, Salas-Babajani, Javanroud, Sarableh, Abdanan, Oroumieh, Ziveh de Margavar, Naqhadeh, Machad et Semirom. Les employés de l’entreprise Crouse de Téhéran et ceux de l’entreprise de construction automobile de Qazvine se sont mis en grève. Jeudi matin, les familles des personnes arrêtées pendant le soulèvement se sont rassemblées devant la prison d’Evine à Téhéran pour demander des informations sur leurs enfants et de leurs proches.

 

La police métropolitaine de Bogota a affronté un groupe de manifestants cagoulés qui cherchaient à bloquer les services et les véhicules du Transmilenio sur la Calle 26, devant l’Université nationale. Renforcés par les ESMAD (unités anti-émeutes de la police nationale), les policiers municipaux ont repoussé les manifestants à l’intérieur du campus universitaire. Là, les affrontements ont duré encore deux heures.