Après deux jours de forte contestation et de violences, le gouvernement serbe a annoncé ce jeudi 9 juillet renoncer à mettre en place un couvre-feu le week-end. Mais en contrepartie, il interdit les rassemblements de plus de 10 personnes, et donc les manifestations. Car chaque soir, à Belgrade, des milliers de manifestants se retrouvent devant le Parlement. Le déclencheur de la colère a été le projet de couvre-feu le week-end envisagé face au retour massif du coronavirus dans le pays. En juin dernier, le gouvernement a accéléré la levée du confinement pour organiser les élections législatives, que le Parti serbe du progrès (SNS), parti du président, a alors aisément remporté. Depuis, la Serbie dénombre près de 300 nouveaux cas par jour contre 50 il y a un mois.  Le pays se retrouve désormais dans une situation catastrophique: les hôpitaux sont saturés et le gouvernement a décrété l’état d’urgence sanitaire dans de nombreuses villes, dont Belgrade. Depuis, les Serbes manifestent contre le gouvernement qu’ils jugent être responsable du rebond de l’épidémie. Mardi 7 juillet, ils ont fait irruption dans l’enceinte du Parlement. La police a alors lancé des gaz lacrymogènes pour disperser la foule qui a répondu en jetant des projectiles. De nombreux blessés sont à répertorier du côté des forces de l’ordre et des manifestants.Les affrontements à Belgrade

Samedi 4 juillet (jour la fête nationale des États-Unis), une manifestation pour réclamer la libération de Mumia Abu-Jamal s’est tenu à Philadelphie au départ de l’hôtel de ville. La police n’est pas parvenue à empêcher les manifestants de bloquer les principales routes au cœur de la ville. Elle s’est finalement replié vers les intersections adjacentes lorsque la marche s’est dirigée vers le sud, de l’autre côté de l’hôtel de ville. La manifestation a été organisée par une vaste coalition comprenant “l’International Concerned Family and Friends of Mumia Abu-Jamal”, “Mobilization4Mumia”, le “Workers World Party”, “l’International Action Center”, “We Charge Genocide”, “Red Fist”, “Philly REAL Justice”, “Black Alliance for Peace”, et le “Party for Socialism and Liberation”. Des manifestations de solidarité ont eu lieu en Allemagne, en France et à travers les États-Unis pour demander la libération immédiate de Mumia.

Manifestations pour réclamer la libération de Mumia Abu-Jamal

Manifestations pour réclamer la libération de Mumia Abu-Jamal

Un homme de 21 ans a été abattu lors de manifestations sociales vendredi 3 juillet, dans la ville de Padre Hurtado de Melipilla, à la périphérie de Santiago. Le jeune homme a reçu une balle dans la poitrine. Il a été placé dans un taxi pour être transféré à l’hôpital local, mais il est décédé en chemin. Une série de manifestations a éclaté dans de nombreux quartiers des principales villes du Chili jeudi et vendredi. Vendredi soir, en banlieue de Santiago des barricades enflammées ont été dressées à différents carrefours, et les habitants ont participé à des concerts de casseroles. Objectif : dénoncer la manière dont le gouvernement a géré la pandémie de coronavirus et ses conséquences économiques et sociales. Avec plus 9 000 morts le Chili est l’un des pays d’Amérique latine les plus touchés par le Covid-19, et ses habitants réclament des aides sociales.  1.706 personnes ont été arrêtées la seule journée de jeudi, lors des manifestations (1.547 pour infraction à la quarantaine sanitaire et 159 pour violation du couvre-feu).

Manifestation cette semaine à Santiago

 

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Pékin a nommé vendredi 3 juillet un responsable à poigne pour s’occuper de la sécurité nationale dans Hong Kong. Le nouvellement créé « Bureau de sécurité nationale », qui dépend directement du pouvoir central, a pour tâche de collecter des renseignements et de poursuivre les atteintes à la sûreté de l’Etat à Hong Kong. La création de ce Bureau  est une des dispositions prévues par la loi controversée que Pékin a fait passer en force mardi. Zheng Yanxiong, 56 ans, prend la tête de cet organisme, est surtout connu pour avoir maté la contestation de Wukan en 2011.

Jusqu’au dernier moment, au 31 juin au soir, Pékin a tenu secret le contenu de cette loi visant à réprimer la subversion, la sécession, le terrorisme et la collusion avec les forces étrangères, en réponse au mouvement de contestation lancé l’an dernier contre le pouvoir central. Il est prévu que des tribunaux de Chine populaire sont compétents pour juger toute «atteinte grave à la sécurité nationale» à Hong Kong et que ce motif peut entraîner des peines de prison à vie. Elle établit que tout accusé·e pourra voir sa peine allégée s’il ou elle dénonce une autre personne. Les délits de «sabotage de moyen de transport» sont classés dans le chapitre terrorisme. Défendre des opinions indépendantistes ou inciter à la haine des gouvernements (chinois ou de Hong Kong) sont classé dans la catégorie «subversion». La loi vient de faire une première victime: un homme d’une vingtaine d’années a été inculpé ce même vendredi 3 juillet pour « incitation à la sécession » et « terrorisme ».

Un manifestant contre la loi sur la sécurité nationale à Hong Kong, arrêté par la police.

Roland Veuillet, figure des gilets jaunes nîmois, a été condamné à un an de prison dont 6 mois fermes. Entre autres lui sont reprochés : acte d’intimidation envers une personne dépositaire de l’autorité publique, participations à un attroupement, entrave à la circulation, rébellion, outrage à personnes dépositaires de l’autorité, en l’occurrence des fonctionnaires de police dont trois se sont constitués partie civile, port sans motif légitime d’arme blanche. Assurant lui même sa défense, il a affirmé à plusieurs reprises devoir faire face à un procès politique.

Mercredi 27 juin, le Mouvement Pro-Amnistie et Contre la Répression a organisé une manifestation dans les rues de la ville d’Iruñea pour réclamer la libération des prisonniers politiques basques et en particulier de Patxi Ruiz, ancien membre de ETA emprisonné depuis 1998 (voir notre article). La manifestation avait été interdite par les autorités et la police était présente en nombre, ce qui n’a pas empêché l’action de se tenir.

Manifestation du Mouvement Pro-Amnistie et Contre la Répression

Manifestation du Mouvement Pro-Amnistie et Contre la Répression

Il y a eu, à nouveau, des affrontements entre la police et les manifestants occupant le City Hall Park de New York, lundi 30 juin. C’était le jour où les législateurs de la ville devaient voter un budget comprenant des coupes dans le financement de la police. Les heurts ont eu lieu juste avant 6 heures du matin, alors que la police tentait de chasser la foule de Center Street, en face du Manhattan Municipal Building. Vocal NY, le groupe qui organise l’occupation du City Hall Park, revendique un “définancement” du NYPD à hauteur d’un milliard de dollars, et que l’argent économisé soit utilisé dans les logements, les soins de santé et l’éducation. Une réduction du financement de la police d’un milliard de dollars est effectivement prévue, dans le cadre d’un budget général d’austérité approuvé par le maire, mais  la moitié de cette réduction serait atteinte grâce à des tours de passe-passe budgétaire: ainsi, les services de sécurité scolaire, relevant actuellement du NYDP, seraient placés sous l’autorité du département de l’Éducation.

Les heurts de New-York

Dimanche 28, une marche conjointe LGBTQ et Black Lives Matter a donné lieu à des affrontements à Manhattan avec les policiers du NYPD. Les manifestants se sont confrontés aux policiers dans le West Village, après que des ceux-ci aient repéré un habitant de Brooklyn de 29 ans qui aurait écrit sur une voiture de police avec un marqueur noir. Un policier a été aspergé de gaz poivré et un autre est tombé de sa moto, tandis que d’autres policiers repoussaient la foule. Un policier aurait été frappé au nez par un manifestant de 20 ans originaire de Brooklyn, qui a ensuite été arrêté. Au moins un autre manifestant, âgé de 25 ans, originaire du New Jersey, a été arrêté pour s’être affronté avec un policier.

A la manifestation de ce dimanche à New-York

Un homme a été mortellement blessé par balle, samedi 27, lors d’une manifestation Black Lives Matter à Louisville, une ville du centre des Etats-Unis. Les manifestations BLM sont particulièrement animées à Louisville depuis la mort de Breonna Taylor en mars dernier. Cette infirmière de 26 ans se trouvait chez elle avec son compagnon, lorsque trois policiers ont, sans prévenir, enfoncé sa porte. Les agents, munis d’un mandat de perquisition, agissaient dans le cadre d’un avis de recherche erroné concernant un suspect qui n’habitait plus l’immeuble et qui était déjà détenu. Ils ont atteint la jeune femme d’au moins huit balles. La mort de Breonna Taylor avait été suivie de nombreuses manifestations contre les violences policières, qui ont ensuite pris une ampleur inégalée avec la mort de George Floyd.

La police locale de Louisville, prévenue par un appel, a annoncé avoir retrouvé un homme grièvement blessé par balle dans le parc Jefferson Square, où se tenait la manifestation. Peu après, une autre personne a été blessée par balle en face du parc. La police a dit ignorer s’il y avait un seul tireur ou deux, et n’a donné aucun détail sur les victimes. Un peu plus tôt dans la soirée, le maire de la ville Greg Fischer avait demandé aux contre-manifestants de rester loin du parc. Le Louisville Courier Journal avait en effet révélé que des «groupes patriotes armés» comptaient se confronter aux manifestants.

Manifestation consécutive au meurtre de Breonna Taylor