Quelques dizaines de personnes se sont rassemblées contre les violences policières ce dimanche matin à 11h00 au bas des marches du Mont des Arts à Bruxelles. Ce rassemblement, toléré par la police, protestait notamment contre les nombreuses arrestations administratives (245 au total dont 91 visant des mineurs) à la suite de la manifestation du dimanche 24 janvier à Bruxelles. A ce rassemblement a succédé un autre, autorisé celui-là, de quelques dizaines de personnes également, contre le couvre-feu.

 

Les Gilets jaunes ont défilé à Nancy hier samedi 6 février contre la loi sécurité globale et la “dictature sanitaire”. Ils ont défilé avec des banderoles, “les taxes explosent”, ou “Macron le roi des riches”.  Déclaré en préfecture, le cortège s’est élancé de la place de la République en direction du centre-ville vers 13 heures. Vers 15 heures, des gaz lacrymogènes ont été tirés pour disperser les manifestants. Quelques projectiles ont été lancés en direction des policiers. A Lille également, des incidents ont opposés les Gilets jaunes, dont le cortège est parti à 14 heures de la place de la République, aux policiers. D’autres manifestations ont eu lieu dans plusieurs villes de France. C’était la troisième manifestation des gilets jaunes depuis le début de l’année, (après les 16 et 30 janvier).

Des milliers d’étudiants et d’enseignants ont défilé jeudi 4 février à Athènes et à Thessalonique pour s’opposer au projet de loi sur la réforme de l’éducation qui permet à la police d’entrer dans les campus universitaires. Le gouvernement prévoit de créer une division de police sur les campus et de limiter l’entrée dans les universités aux étudiants, au personnel académique, aux employés et aux invités. Le projet de loi, que les législateurs devraient voter la semaine prochaine, modifierait également les exigences pour fréquenter les universités et fixerait des délais pour terminer les cours menant à un diplôme. Les étudiants ont organisé des manifestations hebdomadaires contre les réformes (voir notre article), malgré les restrictions sur les rassemblements de masse qui font partie des efforts du gouvernement grec pour freiner la propagation du coronavirus. Ils ont une nouvelle fois affronté la police ce jeudi.

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Depuis 5 semaines, les étudiant·es et professeur·es de l’Université du Bosphore à Istanbul sont en révolte contre le gouvernement d’Erdogan suite à la nomination par le gouvernement turc d’un recteur extérieur proche du parti au pouvoir (voir notre article). Face aux manifestations, la police a fait des descentes dans les résidences étudiantes et barricadé le campus. Les manifestations ont été réprimées au moyen d’une force policière écrasante et des services secrets. On compte au moins 250 arrestations pour cette semaine. Plus d’infos ici.

La police turque investi les résidences étudiantes

La police turque investi les résidences étudiantes

Le 31 octobre 2019, l’Union Départementale CGT 93 organisait un rassemblement de protestation devant la préfecture de Bobigny lors de la venue d’Edouard Philippe, alors premier ministre. À cette occasion, le secrétaire générale de l’UD CGT 93 a été brutalement interpellé puis placé en garde à vue pour des prétendues violences sur des policiers. Lundi 8 février, il est convoqué au tribunal correctionnel de Bobigny où un rassemblement de solidarité est organisé dès 11H30.

Les forces de sécurité saoudiennes ont réprimé des manifestants qui étaient descendus dans les rues de la ville de Buraidah, dans la région de Qassim, pour dénoncer la politique économique du régime. Ces affrontements ont éclaté lundi soir alors que les troupes saoudiennes tentaient de disperser les manifestants qui dénonçaient les politiques économiques du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane qui, selon eux, ont aggravé le chômage et la pauvreté dans tout le royaume. Des images des manifestations ont circulé en ligne, montrant des centaines de jeunes en colère contre les hausses d’impôts, les quarantaines liées au coronavirus, la pauvreté croissante et le chômage. Un certain nombre de manifestants ont été arrêtés et leur dossier a été remis au procureur général de la région. La Garde nationale aurait été mise en alerte.

A l’université de Boğaziçi, le mouvement de protestation n’a pas faibli depuis la nomination par Erdoğan de Melih Bulu à la présidence (voir notre article). La police a tiré des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc pour disperser les manifestants rassemblés dans le quartier de Kadikoy à Istanbul, alors que les manifestations dirigées par des étudiants continuaient de s’intensifier le 2 février. 159 étudiants ont été placés en détention.

A la répression de ces manifestations s’ajoute celle du cercle LGBT. Une exposition-collage de fortune organisée par les étudiants protestataires est devenue prétexte à une vague de réactions islamo-homophobe, en raison d’une des œuvres représentant Shahmeran, une créature mythique, moitié femme, moitié serpent, dessinée sur un tapis de prière imprimé orné d’une image de Kaaba. Le local du cercle LGBT a été perquisitionné et pillé, le cercle a été interdit, et quatre étudiants ont arrêtés et qualifiés publiquement de “déviants”. Pour ce collage, ils sont accusés d’incitation à la haine selon article 216/1, concernant l’insulte aux valeurs religieuses. 2 de ces étudiants sont libérés le 30 janvier mais les deux autres sont incarcérés. Comme ce délit est passible au maximum d’une peine de 6 mois à 1 ans de prison, ces deux jeunes ne devraient pas être en détention préventive.

Un certain nombre de Palestiniens ont souffert de suffocation lundi matin après que des affrontements aient éclaté avec les forces d’occupation israéliennes dans le village de Jaba ‘, au sud de la ville de Jénine en Cisjordanie. Les troupes d’occupation ont pris d’assaut le village et tiré des balles et des grenades lacrymogènes contre les jeunes qui protestaient, laissant des dizaines d’entre eux étouffés.

Deux manifestations avaient été appelées ce dimanche à Bruxelles, à l’Atomium et à la Gare Centrale. Les deux rassemblements sont interdits depuis plusieurs jours, au motif qu’ils étendraient le mouvement de révoltes qui a lieu aux Pays-Bas. Un important déploiement avait été mis en place autour de la gare centrale et au Mont des Arts, avec des centaines de policiers anti-émeutes présents et des dizaines de combis stationnés. Les manifestants formaient un ensemble très varié: complotistes, gilets jaunes, nationalistes flamands d’extrême droite, libertaires et, en majorité, supporters de football. Ils ont été nassés et la police a procédé à 488 arrestations administratives, essentiellement autour de la gare centrale. Ils ont rapidement été libérés, vers 15h00, après identification (prélude probable à une amende) et à condition de quitter les lieux.