Secours Rouge

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Un homme qui est accusé par les autorités péruviennes d’avoir été le “médecin de la guérilla” (du PCP-SL) a été arrêté hier par la police italienne dans un hôtel du centre de Gênes. Luis Enrique Paredes Del Pino, alias “Juan Carlos” faisait l’objet d’un mandat d’arrêt international. Le Procureur de la Cour d’appel de Gênes sera appelé dans les quarante prochains jours à évaluer la demande d’extradition. Luis Enrique Paredes Del Pino, qui est détenteur de la double nationalité et d’un passeport espagnol, avait déjà été arrêté en 2013 à Tolède. Madrid avait refusé l’extradition et, depuis lors, le médecin avait obtenu l’autorisation de rester en Espagne, où il travaille comme urgentologue dans le district de Castilla-La Mancha. Après le rejet de l’Espagne, le Pérou avait lancé un nouveau mandat d’arrêt international.

Luis Enrique Paredes Del Pino, lors d'une précédente arrestation

 

Le squat Primavalle qui hébergeait environ 200 migrants – dont beaucoup de familles – et des citoyens italiens a été démantelé lundi 15 juillet dans la banlieue de Rome. À l’arrivée des forces de l’ordre, les squatteurs ont érigé des barricades en feu en brûlant des pneus, des matelas et des déchets afin de bloquer l’accès à la police. Les pompiers ont cependant réussi à éteindre l’incendie, permettant à la police d’évacuer le lieu occupé depuis plusieurs années. Mais les habitants ont ensuite lancé, depuis les fenêtres du squat, toutes sortes d’objets en direction des forces de l’ordre. Trois personnes ont été interpellées suite aux affrontements.

Une barricade aménagée par les habitants et leurs soutiens, prête à être enflammée

Une barricade aménagée par les habitants et leurs soutiens, prête à être enflammée

Suite à une décision identique d’un tribunal de Turin (voir notre article), un tribunal de Cagliari a également la demande de mesures de surveillance spéciales à l’encontre de Pierluigi Caria, un internationaliste sarde qui se trouvait au Rojava. Pierluigi avait rejoint les YPG dans sa lutte contre le Daesh puis les structures civiles de la révolution au Rojava. La mesure de surveillance spéciale demandée par le Procureur prévoyait l’interdiction pour tous les internationalistes ayant combattu au Rojava de vivre dans la ville où ils vivent actuellement, ainsi que l’interdiction de mener des activités politiques et de manifester.

Internationalistes breton et sarde au Rojava

Internationalistes breton et sarde au Rojava

Une opération de police a eu lieu dans toute l’Italie dans le cadre d’une enquête sur les affrontements qui ont eu lieu à l’occasion de G7 à Venaria en septembre 2017 (voir notre article). L’enquête est coordonnée par le bureau du procureur en collaboration avec les Digos (services de police politique) de Rome, Florence, Modène, Bari et Venise. 17 personnes font l’objet de “mesures de précaution”, dont 9 résidents de Turin, y compris deux figures connues du Centre social Askatasuna. Pour sept d’entre eux, ces “mesures de précaution” consistent en la résidence surveillée, pour les dix autres, l’obligation de pointer régulièrement au commissariat.

Une précédente opération policière contre le centre social Askatasuna

Une précédente opération policière contre le centre social Askatasuna

Carola Rackete, la capitaine allemande du navire de sauvetage Sea-Watch 3, a été libérée après avoir été placée samedi aux arrêts domiciliaires chez une habitante de Lampedusa (voir notre article). Elle était présentée ce jour à un juge chargé de valider (ou non) son arrestation. Le juge de la ville sicilienne d’Agrigente a renversé mardi soir l’ordonnance d’arrêt domiciliaire émise samedi, après que le Sea-Watch 3 soit entré dans le port de l’île de Lampedusa malgré un ordre italien la défendant de pénétrer dans les eaux italiennes.

Elle avait été arrêtée pour “résistance ou violence envers un navire de guerre” après avoir obligé une vedette de la police chargée de l’empêcher d’accoster à s’éloigner sous peine d’être écrasée contre le quai à Lampedusa, dans la nuit de vendredi à samedi. Pour cela, elle risque jusqu’à 10 ans de prison. Elle a agi de la sorte pour mettre en sécurité les 40 migrants qu’elle transportait dans son navire.

Carola Rackete Sea Watch

Carola Rackete Sea Watch

Vendredi 28 juin, après 31 jours, Anna et Silvia ont mis fin à leur grève de la faim par laquelle elles protestaient contre la section AS2 (“Haute Surveillance 2”) de la prison d’Aquila (voir notre article). Plusieurs autres prisonniers et prisonnières qui avaient suivi Anna et Silvia dans leur grève ont également recommencé à manger.
Silvia a été transférée à la prison des Vallette à Turin, pour être présente, mardi 2 juillet, à un procès pour le blocage d’une procédure d’expulsion locative.

Anna Silvia

Anna Silvia

Le Sea Watch 3 a accosté de force dans la nuit de vendredi à samedi dans le port de Lampedusa, et sa capitaine Carola Rackete a été arrêtée, avant que ne débarquent 40 migrants bloqués à bord depuis 17 jours.

Mercredi, la capitaine Carola Rackete avait forcé le blocus des eaux territoriales italiennes imposé par le ministre de l’Intérieur, Matteo Salvini (voir notre article). Mais le navire avait dû s’arrêter à un mille en face du petit port de Lampedusa et était resté bloqué là depuis. Dans la nuit de vendredi à samedi, Carola Rackete a finalement choisi de forcer le passage malgré la vedette de police chargée de l’en empêcher. La police est ensuite montée à bord pour arrêter la capitaine. Elle risque jusqu’à 10 ans de prison.

Carola Rackete Sea Watch

Carola Rackete Sea Watch

Aujourd’hui, le navire humanitaire Sea-Watch 3 a annoncé qu’il forçait le blocus des eaux territoriales italiennes au large de l’île de Lampedusa pour débarquer les 42 migrants épuisés et bloqués à bord depuis quatorze jours. Les relevés des sites de trafic maritime confirment que le navire est entré dans les eaux italiennes à la mi-journée.

Les migrants, secourus dans les eaux internationales par l’équipage du navire humanitaire Sea-Watch 3, dérivaient depuis le 12 juin dans le canal de Sicile, au large de Lampedusa, sans possibilité de débarquer nulle part. La capitaine du Sea-Watch 3, Carola Rackete, et les responsables de l’ONG risquent des poursuites pour aide à l’immigration clandestine, ainsi que la saisie du bateau et une amende de 50 000 euros, conformément à un nouveau décret de Matteo Salvini. Une autre capitaine de Sea-Watch, Pia Klemp, risque 20 ans de prison en Italie pour ses activités de sauvetage de migrants (voir notre article).

Le navire humanitaire Sea-Watch 3

Le tribunal de Turin a rejeté les mesures de surveillance spéciales à l’encontre de deux internationalistes qui s’étaient rendus au Rojava. La décision concernant les trois autres internationalistes a été reportée à une date ultérieure. Cinq militants internationalistes italiens qui se sont rendus au Rojava faisaient face à des mesures répressives lorsque la police a demandé à la Cour de se prononcer sur des ordres d’expulsion et une surveillance spéciale (voir notre article).

internationalistes turin

internationalistes turin

La grève de la faim pour la fermeture de la section AS2 (“Haute Surveillance 2”) de la prison d’Aquila, lancée par les prisonnières anarchistes Anna Beniamino et Silvia Ruggeri le 29 mai (voir cet article) se poursuit et s’étend. Les prisonniers anarchistes Salvatore Vespertino, Giovanni Ghezzi, Alfredo Cospito, Marco Bisesti et Luca Dolce ont rejoint la grève de la faim.

Anna et Silvia AS2

Anna et Silvia AS2