Dans la soirée du dimanche 9 août, Çağdaş Kaplan et Berçem Mordeniz, deux journalistes kurdes de nationalité turque, ont été arrêtés par la police alors qu’ils filmaient l’arrestation d’une personne sur la place Syntagma à Athènes. Ceux-ci avaient informé les policiers qu’ils étaient journalistes et présentés leur carte de presse. Avant d’être arrêtés, les deux journalistes ont été frappés à plusieurs reprises par la police. Ils sont actuellement au poste de police de l’Acropole et seront présentés devant la justice ce lundi 10 août. Au poste de police, les témoins de l’arrestation n’ont pas été autorisés à entrer pour faire une déposition sur ce qui s’était passé.

Berçem Mordeniz et Çağdaş Kaplan

Berçem Mordeniz et Çağdaş Kaplan

Hier, lors de la visite du président français, Emmanuel Macron à Beyrouth, plusieurs groupes de plusieurs dizaines de personnes ont chanté le nom de George Abdallah pour réclamer sa libération. Cette visite se déroule suite à la double explosion survenue dans la ville mardi 4 août. Emmanuel Macron prétend être venu apporter une aide humanitaire. Mais de nombreuses personnalités libanaises ont dénoncé un double discours néo-colonial soulignant que l’objectif de Macron est avant tout d’imposer des réformes structurelles au pays selon les besoins et les exigences du FMI. Le meilleur exemple de ce double discours est le maintien en prison par la France de Georges Abdallah. Plus d’infos ici.

Macron interpellé par la population de Beyrouth qui réclame la libération de George Abdallah

Macron interpellé par la population de Beyrouth qui réclame la libération de George Abdallah

Mehmet Yalcin est un jeune Kurde vivant à Bordeaux. Il a été arrêté le 28 juillet dernier et risque d’être expulsé vers la Turquie. Il avait été condamné par la justice française en 2019 à deux ans de prison, dont un an ferme, pour de prétendus liens avec le PKK. Mehmet Yalcin a dû porter un bracelet électronique pendant près d’un an. Il est actuellement sans papiers du fait du rejet de sa demande d’asile par l’OFPRA, rejet motivé par cette condamnation.

Le 28 juillet dernier, cet homme marié, père de trois enfants (âgés de 2, 4 et 6 ans), résidant à Bordeaux depuis 2006, a été convoqué au commissariat où il a été immédiatement menotté et placé en rétention. A ce stade, tous les recours déposés par ses avocats ont été rejetés. Mehmet Yalcin dont l’expulsion est prévue le 28 août prochain a fait savoir qu’il entamait une grève de la faim.

Manifestation kurde en France (archive)

 

Jeudi 30 juillet, des dizaines de soldats de l’armée d’occupation israélienne ont envahi la maison de Mahmoud Nawajaa, coordinateur du Comité national palestinien du mouvement Boycott Désinvestissement Sanction (BDS). Il est depuis détenu dans le tristement célèbre centre d’interrogatoire de Jalameh et s’est vu refuser l’accès à un avocat. Les enlèvements nocturnes effectués par des soldats lourdement armés sont une tactique courante des forces d’occupation. Plus d’infos ici.

Mahmoud Nawajaa

Mahmoud Nawajaa

Vendredi 17 juillet, Roland Veuillet, Gilet Jaune emprisonné à Nîmes, a refusé de regagner sa cellule pour protester contre les mauvaises conditions de détention. Près de 40 prisonniers se sont ralliés à sa cause, créant un mouvement de révolte dans la prison. Les prisonniers ont manifesté pendant 45 minutes avant d’être dispersés. Roland Veuillet est emprisonné depuis le 31 mai en attente de son procès lié à sa participation à une manifestation. Il lui était en effet interdit d’y prendre part car il se trouvait sous contrôle judiciaire, poursuivi pour “outrages, rébellion et tentatives d’intimidation” envers un policier (voir notre article).

Le 2 juillet dernier, une cinquantaine de personnes, soutenant le militant Gilets jaunes, s’étaient rassemblées devant le palais de Justice de Nîmes pour réclamer sa libération C’est ce jour-là que s’est tenu son procès, initialement prévu en novembre, devant le tribunal de grande instance. Il a été condamné à 12 mois de prison dont six avec sursis, ainsi que 1.700 euros d’amende.

Rassemblement de soutien à Roland Veuillet (archive)

Rassemblement de soutien à Roland Veuillet (archive)

Markéta Všelichová et Miroslav Farkaš sont deux internationalistes tchèques condamné·e·s pour avoir combattu Daech dans les rangs des YPG et des YPJ. Ils ont été arrêtés par les forces de sécurité turques en novembre 2016 et condamnés en 2018 à six ans et trois mois de prison ferme pour “terrorisme” (voir notre article). Ils viennent d’être libérés après 4 ans de captivité.

Markéta Všelichová et Miroslav Farkaš

Markéta Všelichová et Miroslav Farkaš

Mardi 21 juillet, des agents de la police nationale ont arrêté Miren Itxaso Zaldua Iriberri, une militante de ETA portant le nom de guerre de Sahatsa, à Hernani (Gipuzkoa). Elle accusée d’avoir participé à l’exécution du président du Parti Populaire d’Aragon, Manuel Giménez Abad, menée le 6 Mai 2001 à Saragosse. L’arrestation intervient après que les experts de la lutte antiterroriste au sein de la police aient trouvé de nouveaux indices dans les documents de l’ETA saisis par la police française au cours de différentes perquisitions et livrés à l’Espagne en février 2018. Miren Itxaso Zaldua Iriberri aurait également été reconnue par un témoin durant l’opération. Arrêtée en 2005 à Lannemezan (France), elle avait déjà été condamnée à 17 ans de prison pour son appartenance à ETA. Elle avait ensuite été libérée en 2017 avant d’être expulsée vers l’Espagne.

Miren Itxaso Zaldua Iriberri

Miren Itxaso Zaldua Iriberri

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Mercredi 15 juillet 2020, Farid Alibi, membre du bureau politique du parti Elkadihines, a été arrêté près de son domicile à Sfax. Il a été la cible de l’opération “Brakaj” menée par un groupe d’éléments de sécurité en civil. Il a été transféré de force dans un centre de sécurité et a été inculpé pour avoir utilisé l’expression “police de Juanjeh”, un qualificatif qui désigne les membres des Frères musulmans. Farid Alibi est toujours emprisonné en attendant son procès mardi prochain.

Farid Alibi

Farid Alibi

Plusieurs anarchistes encourent de lourdes peines suite à leur arrestation dans le cadre d’une répression qui s’intensifie. Trois d’entre eux ont été interpellés pour des tags qui ont été qualifiés de “crimes graves”. Les tags incriminés sont : «sudah krisis, saatnya membakar ” (il y a déjà une crise, il est temps de brûler) et” melawan atau mati konyol » (combattre ou périr). Peu de temps après, deux autres anarchistes ont également été arrêtés par la police à Tangerang et Bekasi. Suite à leur arrestation, ils ont été frappés et torturés, ils ont eu la tête enveloppée dans des sacs en plastique et ont été gardés au commissariat en dehors de tout statut légal, sans que ni leurs proches ni leurs avocats ne puissent avoir des nouvelles ni intervenir. Ils font actuellement l’objet d’un procès dans lequel ils encourent jusqu’à 10 ans de prison. Deux autres, qui sont encore mineurs, sont déjà condamnés à 4 mois de prison (voir l’appel à la solidarité).

Un des tags incriminés

Samedi 4 juillet (jour la fête nationale des États-Unis), une manifestation pour réclamer la libération de Mumia Abu-Jamal s’est tenu à Philadelphie au départ de l’hôtel de ville. La police n’est pas parvenue à empêcher les manifestants de bloquer les principales routes au cœur de la ville. Elle s’est finalement replié vers les intersections adjacentes lorsque la marche s’est dirigée vers le sud, de l’autre côté de l’hôtel de ville. La manifestation a été organisée par une vaste coalition comprenant “l’International Concerned Family and Friends of Mumia Abu-Jamal”, “Mobilization4Mumia”, le “Workers World Party”, “l’International Action Center”, “We Charge Genocide”, “Red Fist”, “Philly REAL Justice”, “Black Alliance for Peace”, et le “Party for Socialism and Liberation”. Des manifestations de solidarité ont eu lieu en Allemagne, en France et à travers les États-Unis pour demander la libération immédiate de Mumia.

Manifestations pour réclamer la libération de Mumia Abu-Jamal

Manifestations pour réclamer la libération de Mumia Abu-Jamal