La Banque du Liban a annoncé mercredi qu’elle cesserait de subventionner, à partir du jeudi 12 août, l’importation de carburant au taux du dollar. Cela va multiplier par cinq les prix des carburants. Les 20 litres d’essence coûteront 330 000 livres, presque 50% du salaire minimum, qui vaut 30 dollars. La hausse du prix du mazout aura, quant à elle, un impact direct sur les prix des transports, des denrées de base, des produits alimentaires et des services de santé, qui ont déjà considérablement augmenté depuis le début de la crise, en octobre 2019. Des manifestants sont descendus dans les rues de Tripoli, dans le nord du Liban, pour exprimer leur colère. Ils ont intercepté des camions-citernes dans l’intention de saisir leurs cargaisons et des émeutes ont éclaté lorsque l’armée a tenté de les en empêcher. Sept personnes au moins ont été blessées. L’armée s’est déployée massivement dans cette ville frondeuse, l’une des plus pauvres du Liban.

Un an après l’explosion du port de Beyrouth, la capitale libanaise commémorait hier mercredi 4 août le drame qui a fait plus de 220 morts, des milliers de blessés et détruit une très large partie de la ville. Des dizaines des milliers de personnes sont descendues dans les rues de Beyrouth pour observer une minute de silence, puis crier leur colère. Car un an plus tard, aucun des responsables présumés n’a pour l’instant été traduit en justice. Les manifestations se sont rapidement transformées en émeutes. Devant l’enceinte du Parlement libanais, les manifestants ont jeté des pierres sur les forces de l’ordre, qui ont noyé la place de gaz lacrymogène. La police anti-émeute a ensuite chargé la foule. Ces affrontements ont fait plusieurs dizaines de blessés côté manifestants.

Une trentaine de blessés ont été signalés lors des affrontements lorsque les militaires ont essayé d’ouvrir les routes coupées par les manifestants, notamment dans le quartier de Jabal Mohsen de Tripoli où la population entendait dénoncer la hausse des prix, la flambée du cours de change du dollar sur le marché parallèle, les pénuries de mazout et la détérioration des conditions de vie.  Dans le quartier de Bab el-Tebbané des manifestations ont également été signalées, tandis que la route reliant Denniyé à Tripoli a été bloquée par des protestataires. À Beyrouth, Corniche Mazraa, à Naamé et à Saïda, plus au sud, mais aussi à Brital et dans d’autres régions de la Békaa, comme Rachaya, des routes ont été bloquées à l’aide de bennes à ordures incendiées.

Les proches des victimes de l’explosion du 4 août 2020 au port de Beyrouth, qui a tué plus de 200 personnes, ont commencé à manifester dans l’après-midi avant d’être rejoints par des dizaines d’autres manifestants en soirée. Ils se sont rassemblés devant la résidence du ministre de l’Intérieur par intérim Mohamed Fahmi, qui est accusé de bloquer l’enquête sur l’explosion. Les protestataires en colère ont tenté de forcer l’entrée de l’immeuble du ministre, et la police antiémeute présente en force a tiré des gaz lacrymogènes pour les repousser. Un nombre indéterminé de manifestants ont été blessés, la plupart par inhalation de gaz lacrymogènes.

 

Des manifestants ont défilé samedi à Tripoli après une nouvelle dépréciation record de la monnaie libanaise sur le marché noir. Cette crise s’accompagne d’une pénurie de carburant qui provoque des files interminables devant les stations essence depuis plus de deux semaines, les Libanais anticipant une hausse des prix annoncée.

Certains contestataires ont tenté de prendre d’assaut des bâtiments publics, notamment une agence de la Banque centrale, mais l’armée s’est déployée. Une association de secours basée à Tripoli, dont les ambulances ont été dépêchées sur le terrain samedi soir, a fait état de 18 blessés dont quatre qui ont dû être hospitalisés. Certains ont été blessés par des balles en caoutchouc, d’autres par les éclats provoqués par une grenade assourdissante.

 

Dans le cadre d’une nouvelle semaine internationale d’actions pour Georges Abdallah du 12 au 19 juin dernier (voir notre article), de nombreuses initiatives ont eu lieu en France et dans le monde :

  • Marseille (France) · Jeudi 10 juin : projection du documentaire « Fedayin, le combat de Georges Abdallah »
  • Naples (Italie) · Jeudi 10 juin : projection du documentaire « Fedayin »
  • Port-de-Bouc (France) · Vendredi 11 juin : projection du documentaire « Fedayin »
  • Paris (France) · Samedi 12 juin : cortège dans une manifestation antifasciste et soirée de présentation du livre et du film sur Georges Abdallah
  • Tremblay-en-France (France) · Samedi 12 juin : projection du documentaire « Fedayin »
  • Annecy (France) · Samedi 12 juin : action de solidarité dans une manifestation antifasciste
  • Austin (USA) · Dimanche 13 juin : action de solidarité
  • Gaza (Palestine) · Lundi 14 juin : rassemblement de solidarité pour Georges Abdallah et les prisonniers palestiniens
  • Vancouver (Canada) · Mercredi 16 juin : action de solidarité dans une manifestation pour la Palestine
  • Genève (Suisse) · Mercredi 16 juin : projection du documentaire « Fedayin »
  • Bruxelles (Belgique) · Mercredi 16  juin : action devant le bureau d’AXA (voir notre article)
  • Madrid (État espagnol) · Jeudi 17 juin : action devant l’ambassade de France
  • Lannemezan (France) · Jeudi 17 juin : délégation dans la prison où il est détenu
  • Toulouse (France) · Vendredi 18 juin : tags et affichages de solidarité
  • Aix-en-Provence (France) · Samedi 19 juin : projection du documentaire « Fedayin »
  • Toulouse (France) · Samedi 19 juin : stand de solidarité
  • Paris (France) · Samedi 19 juin : manifestation pour la libération de Georges Abdallah
  • Istres (France) · Samedi 19 juin : live-Facebook de solidarité
  • Gaza (Palestine) · Samedi 19 juin : rassemblement de solidarité pour Georges Abdallah
  • Charleroi (Belgique) · Samedi 19 juin : action de solidarité
  • Manchester (Grande-Bretagne) · Samedi 19 juin : stand de solidarité
  • Vic-en-Bigorre (France) · Samedi 19 juin : affichage de solidarité
  • Tunis (Tunisie) · Samedi 19 juin : projection du documentaire « Fedayin »
  • Montpellier (France) · Samedi 19 juin : stand de solidarité pour la Palestine
  • Madrid (État espagnol) · Samedi 19 juin : vidéo de solidarité
  • Rome-Naples-Turin-Milan-Bologne (Italie) · Samedi 19 juin : photos de solidarité
  • Lausanne (Suisse) · Samedi 19 juin : cortège pour Georges Abdallah dans une manifestation pour la Palestine

Action à Austin (Etats-Unis)

Mercredi 7 avril à 17H, la Campagne libanaise pour la libération de Georges Abdallah organise un rassemblement devant l’ambassade française à Beyrouth pour exiger la libération du plus ancien prisonnier politique d’Europe. Après la visite de la ministre de la Justice libanaise et d’un responsable de la sécurité intérieure libanaise auprès des autorités françaises, les initiatives se multiplient en soutien à ce communiste libanais qui a récemment affirmé : « Je ne négocierai pas mon innocence. Je ne renoncerai pas à ma position ».

Du Nord au Sud en passant par Beyrouth et la plaine orientale de la Bekaa, les Libanais ont laissé éclater leur colère après la plongée de la livre libanaise face au dollar entamée mardi 2 mars. Des manifestants ont coupé des routes à l’aide de pneus enflammés, de bennes à ordures ou de blocs de béton pour protester contre l’érosion du pouvoir d’achat et la flambée des prix en raison de la dépréciation de la livre. En quelques mois seulement, le nombre de Libanais qui ont basculé dans la pauvreté extrême a triplé, passant de 8% à 23%, et plus de 55% des 5 millions de Libanais vivent sous le seuil de la pauvreté, selon des chiffres de la Banque mondiale datant de mai 2020. Le mouvement de protestation touche toutes les régions du pays et les manifestants appartenaient à toutes les communautés, preuve d’un ras-le-bol général, qui va au-delà des clivages politiques traditionnels. Devant la colère de la population, l’armée et les forces de sécurité ont évité toute confrontation, se contentant d’observer de loin et d’ouvrir quelques routes.

Des heurts ont opposé lundi en milieu de journée les forces anti-émeute et des militants rassemblés devant le siège du tribunal militaire de Beyrouth pour réclamer la libération de militants du Liban-Nord et de la Békaa récemment arrêtés. Plusieurs personnes, dont au moins trois femmes, ont été légèrement blessées, mais les affrontements se sont rapidement terminés. Les manifestants avaient bloqué le passage dans ce secteur proche du Musée national. Les manifestants ont jeté des bouteilles sur les forces de sécurité qui ont tenté de disperser le rassemblement, notamment à coups de bâton.

Scandant « liberté » et « révolution », une centaine de manifestants s’étaient rassemblés devant le siège du tribunal militaire en répétant « A bas l’État policier ». Après la manifestation, les protestataires ont dressé des tentes devant le tribunal militaire. Tripoli avait été secouée fin janvier par des manifestations contre la situation socio-économique, aggravée par le confinement total, qui avaient dégénéré en affrontements entre contestataires et forces de l’ordre, faisant un mort et plusieurs centaines de blessés. Par la suite, les autorités ont procédé à une série d’arrestations parmi les militants qui ont pris part à ces manifestations. Au moins une trentaine de personnes, en majeure partie de Tripoli et de la Békaa, ont été entendues par les services de sécurité dans ce cadre. Certains auraient été arrêtés de façon musclée, tandis que d’autres ont disparu des radars pendant plusieurs jours.

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Au quatrième jour d’émeutes contre la façon dont est gérée la pandémie de coronavirus dans un Liban en pleine crise sociale, lors de nouveaux affrontements, des manifestants ont tenté de pénétrer par la force dans les foyers de certains politiciens. Le 28 janvier, une foule en colère s’est rassemblée à Tripoli devant les résidences de personnalités politiques influentes du Liban, incendiant des bennes à ordures et brisant des caméras de surveillance, en ce quatrième jour d’émeutes contre la gestion de la pandémie de coronavirus. Les manifestants ont jeté en fin de journée des cocktails Molotov dans les locaux de la mairie de la ville, provoquant un violent incendie. Les affrontements ont fait au moins 102 blessés

Pour les manifestants, les confinements à répétition – notamment celui en vigueur depuis le 14 janvier, l’un des plus stricts du monde – ont été le coup de grâce, dans un pays où des segments entiers de la population sont passés sous le seuil de pauvreté. Tripoli, deuxième ville du Liban et l’une des plus pauvres du pays, est ainsi le théâtre depuis le 25 janvier de violents affrontements nocturnes entre les forces de sécurité et des manifestants. Après trois soirées de violents heurts ayant fait un mort et plus de 300 blessés, une centaine de personnes ont de nouveau battu le pavé le 28 janvier, s’arrêtant successivement devant différentes résidences de responsables politiques originaires de la ville et tentant d’y pénétrer avant d’en être empêchées par l’armée. Les protestataires ont lancé des pierres contre des caméras de surveillance dans le secteur, détruisant plusieurs d’entre elles.

La mairie de tripoli en feu