Les bulldozers israéliens ont démoli une maison palestinienne à Jérusalem-Est mardi 25 janvier. Les 16 membres de la famille Karameh en ont été expulsés. Les autorités israéliennes ont invoqué l’absence de permis de construire pour raser la maison de 200 mètres carrés, mais ces mêmes autorités refusent de traiter les dossiers déposés par les Palestiniens. Cette nouvelle démolition a suscité des manifestations de protestation qui se sont soldées par 9 Palestiniens blessés et 22 arrêtés.

Somaya Falah est une doctorante et chercheuse originaire d’Arab al-Hib, et une militante de Hirak Haifa, un mouvement dirigé par des jeunes Palestiniens qui défend les droits et l’identité des Palestiniens. Un jour avant une manifestation de solidarité avec le gréviste de la faim palestinien Hisham Abu Hawash, la police israélienne a envahi son domicile, saisissant son téléphone portable et son ordinateur et l’emmenant pour interrogatoire. Le jeudi 20 janvier, un tribunal israélien l’a assignée à résidence et lui a interdit d’entrer dans la ville de Haïfa pendant un mois et demi et d’utiliser des appareils électroniques ou des médias numériques jusqu’en mars. Mardi 25 janvier, le tribunal de première instance de Haïfa a prolongé son assignation à résidence de sept jours supplémentaires. Elle a été interrogée une nouvelle fois pendant 10 heures le lundi 24 janvier. Son avocat a fait remarquer qu’il n’y a pas de preuves ou de charges réelles contre elle. Somaya serait spécifiquement ciblée parce qu’elle a assisté à la conférence Masar Badil à Madrid en octobre-novembre 2021. Masar Badil (« Voie alternative ») est l’expression de la gauche palestinienne faisant la connexion entre les Palestiniens de Palestine de 1948, ceux des territoires occupés en ’67, et ceux de la diaspora )

Pour en savoir plus

Somaya Falah

 

 

Quelque 79 Palestiniens ont été blessés, vendredi, lors d’affrontements avec l’armée israélienne, dans le nord et dans le sud de la Cisjordanie. Dix personnes ont été touchées par des balles en caoutchouc, tandis que d’autres ont été victimes d’asphyxie, suite à l’inhalation de gaz lacrymogène. Le Croissant-Rouge palestinien a pris en charge 78 blessés, lors d’affrontements ayant eu lieu dans les villages près de la ville de Naplouse (nord). Neuf Palestiniens ont été touchés par des balles en caoutchouc à mont Sabih, dans la ville de Beita, au sud de Naplouse. 52 personnes ont été asphyxiées suite à l’inhalation de gaz lacrymogène dans la même région, tandis que 17 autres cas ont été signalés à Beit Dajan. Les forces d’occupation ont entravé le travail des équipes médicales du Croissant-Rouge palestinien, les routes menant vers les lieux des affrontements, étant coupées.

 

Les soldats israéliens ont blessé, dans la nuit de lundi à mardi, au moins vingt Palestiniens lors de manifestations qui ont eu lieu après l’invasion par l’armée du village de Burqa, au nord-ouest de Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie occupée. Dix-sept Palestiniens qui ont souffert des effets de l’inhalation de gaz de l’année, en plus d’un Palestinien qui a été touché par une balle en acier recouvert de caoutchouc et de deux autres qui ont été brûlés par des grenades israéliennes. Les protestations avaient éclaté après que les soldats ont installé un barrage routier à l’entrée du village, avant d’arrêter et de fouiller des dizaines de voitures. L’armée israélienne a poursuivi la fermeture de la route principale Jénine-Naplouse pour le 34e jour consécutif, affectant directement la vie et la liberté de mouvement de plus de 35 000 Palestiniens vivant dans les villages environnants.

La mobilisation contre le pouvoir militaire soudanais ne faiblit pas depuis le putsch du général Abdel Fattah al-Burhane fin octobre. Bravant un quadrillage sécuritaire serré et des troupes équipées d’armes lourdes, des milliers de Soudanais ont de nouveau scandé «Les militaires à la caserne» et «Le pouvoir aux civils» en tentant d’approcher du palais présidentiel à Khartoum, ou ailleurs dans le pays. Dans la capitale, les manifestants ont essuyé des tirs à balles réelles, mais aussi une pluie de grenades lacrymogènes et assourdissantes et des tirs des canons à eau. Sept manifestants ont été tués par balles, et des dizaines blessés

 

Du 15 janvier au 22 janvier, à l’initiative du réseau de solidarité avec les prisonniers palestiniens Samidoun, a lieu  la Semaine internationale d’actions pour la libération d’Ahmad Sa’adat et de tous les prisonniers palestiniens. Ahmad Sa’adat est le secrétaire général emprisonné du Front Populaire de Libération de la Palestine. Le 15 janvier marque le 20e anniversaire de l’arrestation de Sa’adat par l’Autorité palestinienne (AP) dans le cadre de la « coordination sécuritaire » avec l’occupation israélienne. Après que les forces israéliennes l’aient violemment enlevé de la prison de Jéricho de l’AP, il a été condamné à 30 ans de prison en Israël le 25 décembre 2008, accusé de diriger une organisation interdite et d’ »incitation ». Le FPLP, comme tous les partis politiques et organisations de résistance palestiniens, est qualifié d’« organisation interdite » par les autorités d’occupation israéliennes.

Pour en savoir plus sur la semaine d’action

Lacrymogènes, canons à eau et arrestations. Les forces de sécurité ont dispersé manu militari vendredi à Tunis des manifestations organisées contre le président en dépit d’une interdiction des rassemblements, officiellement pour des raisons sanitaires. La dispersion brutale des manifestations, qui marquaient également le 11e anniversaire de la chute de Ben Ali, a donné lieu à des scènes de violence rarement vues dans la capitale depuis la révolte qui a renversé le dictateur en 2011 et donné le coup d’envoi des soulèvements du Printemps arabe dans la région.

Les opposants l’accaparement des pouvoirs par le président, le 25 juillet, lorsqu’il avait limogé le gouvernement et suspendu le Parlement pour gouverner par décrets. Les manifestants ont réussi à briser plusieurs cordons policiers et ont été refoulés à coups de matraques et gaz lacrymogènes et par des jets d’eau sale. Empêchés d’accéder à l’artère principale, l’avenue Habib Bourguiba, ils se sont éparpillés en plusieurs groupes distincts. Des dizaines d’interpellations ont eu lieu, plusieurs personnes dont au moins un adolescent de 15 ans étant frappées et traînées au sol. Des motards ont foncé sur certains groupes pour les disperser, et des tirs de sommation ont été entendus.

 

Vendredi, les forces israéliennes ont attaqué les manifestations hebdomadaires contre la colonisation dans la ville de Beita, au sud de Naplouse, en utilisant des gaz lacrymogènes. Aucune victime n’a été signalée dans l’immédiat parmi les manifestants. Les troupes israéliennes ont également tiré des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc lors d’un rassemblement contre la colonisation dans le village de Beit Dajan, à l’est de Naplouse, vendredi. Le même jour, les Palestiniens sont descendus dans les rues du village de Kafr Qaddum, à l’est de la ville de Qalqilya, pour protester contre la politique de colonisation d’Israël et ont été accueillis par les troupes israéliennes qui ont tiré des balles en caoutchouc et des gaz lacrymogènes.Six Palestiniens ont été touchés par des balles en caoutchouc tandis que des dizaines d’autres ont souffert de difficultés respiratoires après avoir inhalé des gaz lacrymogènes tirés par les forces israéliennes.

Les forces de sécurité israéliennes ont mené un raid lundi sur le campus de l’université de Birzeit, situé au nord de la ville de Ramallah en Cisjordanie. Cinq étudiants, Ismail Barghouti, Qassam Nakhleh, Abdel Hafeez Sharabati, Walid Harazneh, et Muhammad al-Khatib (photo), ont été arrêtés. Les agents israéliens ont ouvert le feu pour éloigner d’autres étudiants qui tentaient de s’opposer à ces arrestations, blessant deux d’entre eux à balle de guerre, sans que des détails sur la gravité de leurs blessures soient rendus publics. L’armée israélienne a confirmé via son compte Twitter une opération à Birzeit et a souligné que l’objectif était d’arrêter une personne « recherchée par les autorités ».

 

Dossier(s): Monde arabe et Iran Tags:

La ville de Jénine, en Cisjordanie, est devenue samedi le théâtre d’émeutes entre la population et les forces de sécurité palestiniennes qui ont arrêté le fils d’un membre historique de l’Intifada et ancien chef local des brigades des martyrs d’Al Aqsa (la branche armée du Fatah), Zakaria Zubeidi (photo), qui s’est échappé d’une prison israélienne l’année dernière (voir notre article), et qui avait été repris (voir notre article). Muhamad Zubeidi et deux autres personnes ont été arrêtés tôt ce matin pour des raisons non précisées au cours d’une opération violente filmée par des habitants.

La brutalité avec laquelle les forces de sécurité palestiniennes ont été utilisées a incité des dizaines d’habitants à se heurter aux forces de sécurité dans une émeute. Le siège du gouvernement palestinien dans la ville a même été la cible de tirs. Quelques heures après le début des émeutes, les responsables du gouvernement palestinien ont tenté de calmer la situation à Jénine en libérant le jeune Zubeidi et les deux autres détenus ont été libérés quelques heures après avoir été remis aux forces de sécurité.

Zakaria Zubeidi