L’armée d’occupation israélienne a blessé 14 manifestants palestiniens, mercredi, lors de la répression d’une marche populaire près de la barrière frontalière à l’est de Khan Younès dans le sud de la Bande de Gaza. Parmi eux cinq ont été blessés par balles réelles, deux avec des balles en caoutchouc et sept ont été asphyxiés par du gaz lacrymogène. Des milliers de Palestiniens avaient participé à la fête populaire « l’épée de Jérusalem », le nom attribué à la résistance contre la récente agression israélienne contre la Bande de Gaza, qui avait duré 11 jours au mois de mai dernier.

Samedi et dimanche dernier, plus d’une trentaine de militants palestiniens ont été arrêtés à Ramallah par l’Autorité palestinienne, emmenés au commissariat. Parmi eux, des poètes, des écrivains, d’anciens prisonniers, des architectes ou des cinéastes, des syndicalistes et des défenseurs des droits de l’homme. Ils ont participé ou tenté de participer à des manifestations de protestation contre l’assassinat politique du célèbre militant palestinien, Nizar Banat, battu à mort par les services de sécurité palestinien fin juin (voir notre article). Parfois, les arrestations ont eu lieu avant même que le rassemblement commence ; ou ont visé des personnes qui venaient seulement en soutien à leurs collègues arrêtés la veille, devant le commissariat. Selon les avocats des personnes arrêtés ce week-end, certains ont été relâchés, sous caution – on parle ici d’une vingtaine de personnes – D’autres ont vu leur détention étendue, inculpés au motif de « rassemblements illégaux », « diffamation des autorités » ou « incitation au conflit sectaire ».

Manifestation d’hommage à Nizar Banat

 

Un adolescent palestinien a été tué, ce mardi, par des tirs de l’armée israélienne durant des heurts dans le camp de réfugiés de Balata dans le nord de la Cisjordanie. Imad Khaled Saleh Hashash, 15 ans, a été blessé par balle à la tête et a succombé à ses blessures à l’hôpital de Naplouse. L’armée israélienne a ouvert le feu lors d’une opération dans le camp de Balata, le plus grand de Cisjordanie occupée.

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Au moins treize Palestiniens ont été blessés par des tirs israéliens aujourd’hui alors que l’armée d’occupation israélienne a réprimé des centaines de manifestants dans le village de Beita, au sud de Naplouse, en Cisjordanie occupée. Sur les treize blessés, un Palestinien a été blessé par balles réelles, tandis que les 12 autres ont été blessés par des balles enrobées de caoutchouc. Depuis plus de quatre mois, le village de Beita est le théâtre de manifestations presque quotidiennes contre la construction d’un avant-poste de colonisation illégale près du village, appelé Evaytar.
Bien que les autorités d’occupation israéliennes aient évacué les colons juifs illégaux qui résidaient dans l’avant-poste pendant près de deux mois, Israël a gardé le site sous son contrôle et n’autorise pas les Palestiniens à accéder à leurs terres. Au moins six Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens lors des manifestations en cours à Beita au cours des derniers mois

A Jénine, au nord de la Cisjordanie occupée, quatre jeunes Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens. C’était ce lundi matin 16 août lors d’un raid des membres de la police des frontières israélienne ayant pour but d’arrêter des habitants dans le camp de réfugié de Jénine. Raed Abu Saif, 21 ans et Saleh Omar, 19 ans, Nour Jarrar, 19 ans, et Amjad Husseineh, 20 ans. Les deux premiers, blessés, ont été rapidement transféré à l’hôpital de Jénine où ils ont succombé à leurs blessures, les corps des deux autres ont été conservés par les Israéliens. Deux autres jeunes palestiniens ont été arrêtés: l’un, après avoir été blessé à la tête, l’autre Mohammed Abu Zina, arrêté chez lui.

 

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La Banque du Liban a annoncé mercredi qu’elle cesserait de subventionner, à partir du jeudi 12 août, l’importation de carburant au taux du dollar. Cela va multiplier par cinq les prix des carburants. Les 20 litres d’essence coûteront 330 000 livres, presque 50% du salaire minimum, qui vaut 30 dollars. La hausse du prix du mazout aura, quant à elle, un impact direct sur les prix des transports, des denrées de base, des produits alimentaires et des services de santé, qui ont déjà considérablement augmenté depuis le début de la crise, en octobre 2019. Des manifestants sont descendus dans les rues de Tripoli, dans le nord du Liban, pour exprimer leur colère. Ils ont intercepté des camions-citernes dans l’intention de saisir leurs cargaisons et des émeutes ont éclaté lorsque l’armée a tenté de les en empêcher. Sept personnes au moins ont été blessées. L’armée s’est déployée massivement dans cette ville frondeuse, l’une des plus pauvres du Liban.

Les autorités saoudiennes ont au cours des six derniers mois intensifié la persécution des opposants, après une accalmie observée pendant la période de présidence par l’Arabie saoudite du G20 l’an dernier. Abdulrahman al Sadhan, un travailleur humanitaire a été condamné par le Tribunal pénal spécial, la juridiction antiterroriste saoudienne, à une peine de 20 ans d’emprisonnement à cause d’un simple tweet dans lequel il avait critiqué la politique économique du pays. Dans trois cas au moins, des personnes qui avaient déjà purgé de longues peines d’emprisonnement infligées à cause d’activités militantes pacifiques ont été de nouveau arrêtées et de nouveau condamnées dans le cadre de nouvelles affaires, ou ont vu leur peine alourdie. Dans de nombreux cas, les personnes accusées sont détenues au secret et à l’isolement pendant plusieurs mois d’affilée et privées d’accès à des avocats. Le tribunal condamne régulièrement des personnes à de lourdes peines d’emprisonnement, voire à la peine de mort, à la suite de condamnations basées sur d’aveux arrachés au moyen de la torture.

Policiers en Arabie saoudite

Au 5 août, 15 Palestiniens poursuivaient leur grève de la faim dans les prisons israéliennes, 14 d’entre eux protestant contre leur détention administrative – emprisonnement sans inculpation ni procès – et un, Mohammed Nuwarra, protestant contre son maintien en isolement. Le 5 août, deux détenus ont rejoint la grève de la faim : Akram al-Fasfous, qui a rejoint son frère, Kayed al-Fasfous, en grève de la faim depuis 22 jours. Leur autre frère, Mahmoud al-Fasfous, également emprisonné sans inculpation ni procès, a suspendu sa grève de la faim plus tôt dans la journée de jeudi après une grave détérioration de son état de santé. Amjad Nammoura, de Dura près d’al-Khalil, a également rejoint la grève de la faim jeudi pour protester contre sa détention administrative.

Auparavant, trois prisonniers palestiniens ont suspendu leur grève de la faim : Alaa el-Din Ali et Maher Dalaysheh, tous deux réfugiés palestiniens du camp de Jalazone près de Ramallah, et Guevara Nammoura, joueur de football professionnel palestinien qui a concouru dans l’équipe nationale palestinienne. Ali et Dalaysheh ont suspendu leur grève après un accord visant à fixer une date de fin de leur détention administrative. Nammoura a également suspendu sa grève après un accord pour mettre fin à sa détention administrative devant le tribunal militaire israélien le 5 août. Si le tribunal militaire d’occupation a confirmé sa détention le 5 août, la réduisant à trois mois au lieu de quatre, il n’a pu être vérifié s’il s’agissait d’un ordre définitif, ce qui laisse ouverte la possibilité que l’ordre de détention soit renouvelé.

Une série de grèves de solidarité tournantes a été annoncée, les premiers participants étant Bara’a Issa d’Anata à Jérusalem, Taha al-Tarwa de Taffouh à al-Khalil, Malik al-Sa’ada de Halhoul et Qasim Masalmeh de Beit Awwa, tous détenus à la prison de Ramon. Les forces d’occupation israéliennes ont intensifié leur répression à l’encontre des grévistes de la faim, notamment en les plaçant en isolement, en prenant d’assaut et en saccageant leurs cellules, et en les transférant à plusieurs reprises d’une prison à l’autre.

Muhammad Dwaikat, 38 ans a été abattu à balles réelles par les troupes israéliennes alors qu’il assistait à une manifestation contre les colonies israéliennes. Il a été transporté dans un état critique à l’hôpital de Naplouse pour y être soigné mais y est décédé. Plus tôt vendredi, des Palestiniens s’étaient rassemblés autour du sud de Naplouse. Ils ont lancé des pierres et des cocktails Molotov sur les troupes et la police des frontières qui tirait des gaz, des balles en caoutchouc et des balles de guerre. 21 autres personnes ont été blessées lors des manifestations de vendredi, la plupart par des balles à pointe de caoutchouc. Les Palestiniens ont organisé des manifestations quasi quotidiennes dans la région, exigeant que la colonie israélienne de Beita soit évacuée par ses habitants et que les terres soient restituées.

Un an après l’explosion du port de Beyrouth, la capitale libanaise commémorait hier mercredi 4 août le drame qui a fait plus de 220 morts, des milliers de blessés et détruit une très large partie de la ville. Des dizaines des milliers de personnes sont descendues dans les rues de Beyrouth pour observer une minute de silence, puis crier leur colère. Car un an plus tard, aucun des responsables présumés n’a pour l’instant été traduit en justice. Les manifestations se sont rapidement transformées en émeutes. Devant l’enceinte du Parlement libanais, les manifestants ont jeté des pierres sur les forces de l’ordre, qui ont noyé la place de gaz lacrymogène. La police anti-émeute a ensuite chargé la foule. Ces affrontements ont fait plusieurs dizaines de blessés côté manifestants.