Un manifestant palestinien a été tué vendredi 1er avril par des tirs des forces israéliennes à Hébron, dans le sud de la Cisjordanie occupée. Des heurts ont ensuite éclaté dans le centre de Hébron entre les habitants et les forces d’occupation. Ahmad al-Atrash, âgé de 29 ans, a été tué par des tirs à balles réelles. Il avait passé six ans dans une prison israélienne.

 

Lundi 21 mars, Babiker al-Rachid, un manifestant opposé au coup d’état, a été tué à Omdourman (banlieue nord-ouest de la capitale Khartoum) d’une balle dans la poitrine tirée à bout portant par les forces de sécurité. Il s’agit de la 89e victime en près de cinq mois de répression depuis le putsch du général Burhane le 25 octobre (voir notre article).

Manifestation à Khartoum (archive)

Des dizaines de manifestants palestiniens ont été blessés lors d’affrontements avec des soldats israéliens dans plusieurs villes et villages de Cisjordanie. De violents affrontements ont éclaté vendredi dans les villages de Beita et Beit Dajan, au sud et à l’est de la ville de Naplouse, au nord de la Cisjordanie, dans la ville d’Hébron, au sud, et dans le village de Kafr Qaddum, à l’est de Qaqilya. Parmi les blessés, deux ont été touchés par des balles réelles, 20 par des balles en caoutchouc, et des dizaines ont souffert de l’inhalation de doses excessives gaz lacrymogènes. Chaque semaine, les Palestiniens manifestent dans les villes de Cisjordanie contre l’expansion des colonies israéliennes.

Les forces de sécurité ont encore une fois tiré ce lundi à balles réelles et ont lancé des grenades lacrymogènes pour tenter de disperser des milliers de soudanais manifestant contre le pouvoir militaire et l’inflation qui s’aggrave depuis le putsch d’octobre. Depuis le coup d’état du général Abdel Fattah al-Burhane le 25 octobre, le pays a perdu son aide internationale et est désormais pris à la gorge par la hausse des prix des céréales et du pétrole due à la guerre en Ukraine. La répression a fait 87 morts et des centaines de blessés parmi les manifestants depuis le putsch. Plusieurs centaines de personnes ont également été arrêtées. Enfin, trois manifestants accusés d’avoir tué un policier sont incarcérés à Khartoum depuis mi-janvier et ne peuvent rencontrer leurs avocats. Ils ont entamé lundi une grève de la faim contre leur traitement inhumain et les violences policières.

Manifestation à Khartoum (archive)

La justice militaire israélienne a condamné l’avocat franco-palestinien Salah Hamouri à quatre mois de détention administrative. Elle estime qu’il « menace la sécurité de la région ». En octobre dernier, Israël avait déjà révoqué son statut de résident de Jérusalem. Né d’une mère française et d’un père palestinien, cet avocat âgé de 36 ans est accusé depuis des années, par l’État hébreu, d’être membre du FPLP. Salah Hamouri, fervent défenseur des droits des Palestiniens, avait déjà été emprisonné entre 2005 et 2011. Cette fois-ci, il écope de quatre mois de détention administrative, c’est-à-dire une condamnation sans inculpation, et sans véritable procès. Cette mesure Elle permet à la justice militaire israélienne d’incarcérer des suspects, pour une durée allant jusqu’à six mois renouvelables indéfiniment et souvent sans accusation.

Salah Hamouri

 

Trois personnes ont été blessés par des balles métalliques recouvertes de caoutchouc, et des dizaines d’autres ont été victimes d’asphyxie et d’évanouissements lors de l’assaut mené par l’armée israélienne contre une fête sur le campus de l’Université Kadoorie, dans la ville d’Arroub, au nord d’Hébron. Dans le nord de la Cisjordanie, des centaines de Palestiniens ont participé aux funérailles d’Ahmed Hikmat Seif, 23 ans, dans le village de Burqa, au nord-ouest de Naplouse. Seif est mort dans la journée du mercredi des suites de ses blessures, subies au début de ce mois de mars. Il avait été atteint le premier mars par 3 balles dans l’abdomen et dans le dos lors d’une marche de soutien aux prisonniers dans la ville de Burqa réprimée par les forces d’occupation.

Ahmed Hikmat Seif

Vingt-trois Palestiniens ont été blessés, vendredi, lors d’affrontements avec l’armée israélienne, à Beit Dajan et Beita, à l’est et au sud de Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie occupée. Parmi eux, sept ont été touchés par des balles en acier revêtu de caoutchouc à Beit Dajan, dont trois ont été hospitalisés. Un ambulancier a été également touché à l’épaule et à la main avec des balles en acier-caoutchouc. Dans la ville de Beita, un homme de 65 ans a été blessé par balle en caoutchouc au pied et 15 personnes ont été asphyxiées au gaz. Depuis plusieurs mois, la ville de Beita est le théâtre de manifestations quasi quotidiennes contre la colonisatiopn sioniste de terres palestiniennes à Jabal Sabih.

Un quotidien israélien a révélé que la police israélienne avait largement et illégalement utilisé la technologie d’espionnage Pegasus. Une dizaine de noms de personnalités politiques qui en ont été victimes, mais aussi des centaines manifestants anonymes qui participaient aux manifestations anti-Nétanyahou de 2020. Ils ont pu être pistés par la police, qui avait accès à leurs téléphones sans que ceux-ci puissent s’en apercevoir. Une fois installé, le logiciel permet de copier tous les messages, y compris ceux échangés sur des applications sécurisées, de mettre le téléphone sur écoute, ou encore d’accéder à la géolocalisation de son utilisateur. Le logiciel a aussi été utilisé à des fins de phishing, l’hameçonnage d’informations dans le téléphone de suspect avant même la preuve d’un délit.

Le recours à un tel outil de surveillance nécessite une autorisation judiciaire, que doit accorder un tribunal au préalable. Mais de tels mandats n’ont jamais été sollicités par la police israélienne. Cette cybersurveillance a été appliquée sur des citoyens israéliens avant même qu’une enquête ne soit ouverte contre eux. C’est en 2013 que la police israélienne se dote du logiciel Pegasus. Mais lorsque l’ancien chef adjoint des renseignements intérieurs, le Shin Bet, prend la tête de la police israélienne, il importe alors les techniques et la culture d’espionnage propres à ces derniers. Les ordres d’utilisation du logiciel de NSO auraient donc été donnés par des officiers de police de haut rang.

Voir aussi notre article

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Une fillette palestinienne de 11 ans a été hospitalisée après avoir été touchée à la tête par une grenade assourdissante tirée par la police israélienne lors d’affrontements près de la Porte de Damas, lundi après-midi. La police a dispersé des groupes de Palestiniens à l’aide de grenades assourdissantes et de jets d’eau puantes à haute pression. L’une des grenades s’est écrasée sur le visage de la fillette palestinienne de 11 ans. Les médecins l’ont immédiatement transportée à l’hôpital Hadassah Ein Karem de Jérusalem. Les manifestants ont jeté des pierres et des bouteilles sur les forces d’occupation. Environ 25 Palestiniens ont été blessés au cours des affrontements. Vingt Palestiniens ont été arrêtés.

Les forces marocaines ont réprimé lundi soir dans la ville de Dakhla, dans les sahraouis occupés occupée, des manifestants qui réclamaient que justice soit rendue dans l’affaire de l’assassinat de Lahbib Aghrichi. Les Sahraouis manifestaient dans le cadre d’un mouvement lancé depuis quelques jours pour exiger des autorités de l’occupation de dévoiler les circonstances de ce crime et punir ses auteurs. Les forces marocaines, appuyées par des policiers en civil ou portant des uniformes officiels et des forces auxiliaires, ont réprimé la manifestation, procédé à de nombreuses arrestations, et vandalisé des maisons et des voitures des habitants. Parmi les Sahraouis enlevés par les forces marocaines, l’ancien prisonnier politique Rachid Asseghir.

Ces manifestations ont été déclenchées après la disparition depuis quelques semaines, de Lahbib Aghrichi. Après avoir refusé d’ouvrir une enquête sérieuse sur cette disparition, les autorités marocaine ont annoncé, il y a deux jours, dans un communiqué, l’assassinat de ce citoyen sahraoui sans en clarifier les circonstances. La famille de la victime dénonce le fait que les autorités marocaines rechignent à élucider cette affaire, notamment après que des détails ont émergé sur l’implication de parties influentes proches des autorités marocaines. Cette implication se confirme par l’assassinat du seul témoin qui a été vu en compagnie de Lahbib Aghrichi avant sa disparition.