Un militant écologiste originaire de Genève a été arrêté par les forces gouvernementales du Kurdistan irakien. Le 27 septembre il a traversé la frontière entre le Rojava et le Kurdistan sud dans le but de retourner en Suisse. Il était au Rojava depuis 2019 où il a participé à différents projets en lien avec l’écologie et l’agriculture. Lors de son passage il a perdu son passeport puis a été arrêté. Depuis cette date il est détenu par les autorités du Gouvernement régional kurde (KRG) et n’a pas pu s’entretenir avec un avocat.

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En moins d’une semaine, à Bassora, dans le sud de l’Irak, deux militants ont été assassinés et trois autres ont été blessés. Mercredi, Riham Yacoub, une jeune militante de Bassorah a été criblée de balles. Elle était au volant de sa voiture lorsque des hommes chevauchant un scooter et armés de fusils d’assaut, l’ont tuée sur le coup, blessant les trois autres passagères. Riham Yacoub était médecin et coach de fitness, plusieurs fois menacée de mort. Depuis deux ans, elle participait aux mouvements de contestation pour dénoncer la déliquescence des services publics et la corruption des autorités locales. Charismatique, on la retrouvait à la tête des cortèges de manifestantes. Son assassinat est intervenu quelques jours après le meurtre d’un autre militant, Tahseen Ousama, lui aussi tué de sang-froid par des miliciens.

En réaction, des manifestants ont incendié le bureau local du parlement alors que les forces de sécurité tiraient des balles réelles en l’air pour les disperser Les manifestants s’étaient rassemblés pour exiger que le parlement irakien limoge le gouverneur de la province après l’assassinat des deux militants.

Les affrontements à Bassorah

Trois manifestants antigouvernementaux ont été tués et 21 blessés à Bagdad lors de nouveaux affrontements entre des manifestants et les forces de sécurité irakiennes. La violence survient après des mois de calme à la suite de la pandémie de coronavirus. La tension entre les forces de sécurité et les manifestants est montée en flèche lorsque des dizaines de manifestants ont coupé la route reliant deux intersections principales – la place Tayaran et la place Tahrir. Certains ont brûlé des pneus tandis que d’autres scandaient des slogans sur les coupures de courant pendant les mois d’été torrides, lorsque les températures peuvent dépasser 50 degrés. Les trois manifestants ont été mortellement touchés par des grenades lacrymogènes, deux lundi 27 et un mardi 28.

Manifestant·es à Bagdad (archive)

La Turquie a lancé une offensive terrestre contre le PKK dans le Kurdistan irakien, mercredi 17 juin à l’aube. Des commandos ont pénétré sur le territoire irakien, soutenus par de l’artillerie, des chasseurs-bombardiers F16, des hélicoptères d’attaque et des drones. L’offensive a débuté dans la région de Haftanin, à une quinzaine de kilomètres de la frontière turque. Avant d’envoyer ses forces terrestres de l’autre côté de sa frontière, la Turquie avait bombardé ces derniers jours les positions du PKK dans les montagnes de Qandil, bastion historique de la résistance kurde, non loin de la frontière avec l’Iran. Des bombardiers ont aussi frappé d’autres bases du PKK dans la région semi-autonome kurde du nord de l’Irak, à Sinjar, Karacak, Zap, Avasin et Hakurk. Dans la ville-frontière de Silopi, entre le Kurdistan irakien et le Kurdistan turc, plusieurs milliers de soldats turcs ont été massés. La réquisition par l’armée turque d’une partie d’un hôpital frontalier ne laisse pas de doutes quant au fait que l’armée turque se prépare à de violents combats. La Turquie est déjà bien présente au Kurdistan irakien, où elle dispose d’une quinzaine de bases militaires.

Célébration du Nouvel An kurde dans les monts Qandil (archives)

 

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Plusieurs rassemblements antigouvernementaux se sont tenus hier dans certaines villes irakiennes quelques jours seulement après l’arrivée au pouvoir du gouvernement du Premier ministre Mustafa Kadhemi. Des dizaines de personnes se sont ainsi rassemblées à l’épicentre du mouvement de protestation sur la place Tahrir de Bagdad au cris de “Le peuple veut la chute du régime!”. Les manifestant·es ont lancé des pierres et des cocktails Molotov sur les forces de sécurité qui utilisaien leur canon à eau ainsi que des gaz lacrymogènes. Les manifestant·es ont réussi à franchir une première barrière érigée par les forces de sécurité sur le pont Al-Jumhuriyah afin de bloquer l’accès à la zone verte de haute sécurité abritant des bureaux gouvernementaux et des ambassades étrangères. À Nasiriyah, un point chaud de protestation plus au sud, des dizaines de manifestants ont fermé des rues avec des pneus en feu et lancé des pierres sur les forces de sécurité, qui ont lancé des gaz lacrymogènes. Le nouveau Premier ministre fait, en effet, partie de la même classe politique vilipendée par le mouvement antigouvernemental qui dure depuis le mois d’octobre. Près de 550 personnes ont été tuées par les forces de sécurité depuis le début du mouvement (voir notre article).

Manifestants à Bagdad

Irak – 31 manifestant·es tué·es et plusieurs centaines de blessé·es (archive)

Mardi 21 avril, le gouvernement irakien a levé partiellement les mesures de confinement liées au Coronavirus. Des manifestant·es anti-gouvernementaux, qui s’opposent depuis octobre 2019 à l’élite politique au pouvoir corrompue et à l’ingérence de pays étrangers, ont immédiatement repris la rue à Bagdad. Des affrontements ont éclaté près de la place Tahrir. Au moins un manifestant a été abattu. Plusieurs autres personnes ont été blessées lors des affrontements qui ont éclaté mardi près du rond-point d’Al-Khulani, dans la capitale.

Manifestants à Bagdad

Irak – 31 manifestant·es tué·es et plusieurs centaines de blessé·es (archive)

Mostafa Salimi, un prisonnier politique kurde de 51 ans, condamné à mort, s’était évadé de la prison de Saqez, au Kurdistan iranien, le 27 mars dernier après une émeute (voir notre article). Il avait déjà purgé 17 années dans les prisons iraniennes. Après son évasion, Mostafa Salimi a pu traverser la frontière et arriver dans la région autonome du Kurdistan irakien. Mais les services de sécurité du Kurdistan irakien l’ont arrêté dans la ville de Pnjwyn et l’ont livré aux agents de sécurité iraniens à la frontière de Pnjwyn, alors qu’ils savaient qu’il allait être exécuté. Il a été effectivement exécuté par les bourreaux de la République islamique hier matin, dimanche 11 avril.
Mostafa Salimi

Au moins 30 manifestants en Irak ont ​​été blessés lundi soir dans le centre de Bagdad. Les forces gouvernementales ont affronté des manifestants sur la place Al Khilani, dans le centre-ville. De nombreux blessés seraient dans un état critique après que les forces gouvernementales aient tiré des balles réelles et des cartouches à chevrotines, ainsi que des bombes fumigènes, dans le but de disperser les manifestants. Une vague de manifestations a déferlé sur le pays depuis octobre dernier et les autorités ont répondu en force, tuant plus de 600 personnes. Les manifestants appellent au départ d’une élite politique au pouvoir corrompue et à un pays libre de toute ingérence étrangère, principalement de la part de l’Iran et des États-Unis. Les manifestants craignent aussi le coronavirus dans le cadre d’une système de santé dévasté.

Manifestant à Bagdad

Au moins 15 personnes ont été blessées lors d’affrontements entre des manifestants antigouvernementaux et les forces de sécurité à Bagdad. Les affrontements ont éclaté dimanche soir lorsque des manifestants ont tenté de d’occuper la place al-Khalani au centre-ville. Les forces de sécurité ont utilisé des gaz lacrymogènes, des bombes fumigènes et des coups de feu en l’air pour disperser les manifestants qui ont jeté des pierres et des bouteilles d’eau sur le troupes. Des manifestations de masse contre le gouvernement ont lieu à Bagdad et dans d’autres villes du centre et du sud de l’Irak depuis octobre 2019, exigeant une réforme globale, la lutte contre la corruption, de meilleurs services publics et davantage d’emplois.

Manifestant·es à Bagdad (archive)

Hier dimanche, des manifestants se sont affrontés avec les forces de sécurité sur la place al Khlani, dans le centre de Bagdad. Des coups de feu ont été entendus lors d’affrontements et la police anti-émeute a utilisé des gaz lacrymogènes et des bombes fumigènes pour disperser les manifestants. Un certain nombre de manifestants ont été blessés lors des affrontements et ont été soignés par des médecins bénévoles dans la rue, tandis que d’autres ont été conduits à l’hôpital. Des tentes appartenant à ceux qui occupaient la place ont été incendiées samedi soir par les forces de sécurité. Des manifestations de masse contre le gouvernement ont éclaté à la fin de l’année dernière, lorsque des milliers d’Irakiens sont descendus dans les rues de Bagdad et des provinces à prédominance chiite du sud de l’Irak pour dénoncer ce qu’ils appellent la corruption endémique du gouvernement, la médiocrité des services et le manque d’emplois. Au moins 500 personnes sont mortes sous le feu des forces de sécurité qui ont utilisé des balles réelles et des gaz lacrymogènes pour disperser les foules.

Les affrontements de Bagdad ce dimanche