L’opération militaire turque « Claw-Lock » dans le Kurdistan irakien se poursuit. C’est le 18 avril que l’armée turque a lancé une offensive majeure dans les régions de Metina, Zap et Avashin-Basyan. Officiellement, l’opération vise à détruire les structures du PKK avant qu’il ne puisse reprendre ses activités offensives après les conditions difficiles de l’hiver. Pour ce faire, l’armée turque a mené une série de frappes aériennes à l’aide de chasseurs-bombardiers, de drones et d’hélicoptères d’attaque. Après les bombardements, les forces spéciales turques ont procédé à plusieurs débarquements héliportés.

Cette opération se distingue des précédentes par la collaboration active des forces du gouvernement régional autonome du Kudistan irakien, tenu par un leader féodal étroitement lié à la Turquie, Masrour Barzani. L’offensive turque a d’ailleurs commencé quelques jours après la visite de Barzani à Ankara. Les troupes du PDK ont installé des cordons pour empêcher les mouvements des combattants du PKK. L’autre caractéristique est le lien entre ces raids et des bombardements contre le Rojava: c’est ainsi que la ville de Kobané a subi des tirs d’artillerie. Le 18 avril, l’armée turque revendiquaient la mort de 16 combattants du PKK et la destruction de plusieurs infrastructures, tandis que le 20 avril, le PKK revendiquait la mort de 34 soldats turcs. Des hélicoptères auraient été endommagés et deux drones abattus par les combattants kurdes.

 

 

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Un activiste berlinois s’est vu retirer sa carte d’identité et a été interdit de sortie du territoire allemand. L’organisateur d’une manifestation pour la levée de l’interdiction du PKK en novembre dernier à Berlin est considéré comme un risque pour la sécurité de l’Allemagne. Le 24 janvier 2022, l’activiste avait reçu une lettre l’informant qu’il devait remettre ses documents d’identité dans un délai de quatre jours ouvrables et qu’il lui était interdit de quitter la République fédérale dès réception de la lettre. Cette décision a été prise par un service de l’Office des citoyens et de l’ordre public du Land de Berlin, qui a agi à l’instigation du LKA berlinois. L’activiste est considéré comme une menace potentielle pour les intérêts de sécurité intérieure et extérieure de la République fédérale.

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Ladite « longue marche » pour exiger la libération du leader kurde Abdullah Öcalan, commencée à Sierentz le 6 février, est arrivé à sa destination aujourd’hui, dans la ville de Strasbourg, où un rassemblement central est organisé. Au cours de la marche, les marcheuses et marcheurs ont subi des attaques fascistes et des interventions de la police qui a menacé à plusieurs d’interrompre la manifestation. Plusieurs autres marches ont également eu lieu (à Marseille, Kiel, Hanovre, …) dont une allant de Francfort à Strasbourg.

Le Mouvement des femmes kurdes en France (TJK-F) et le Conseil démocratique kurde de France (CDK-F) ont organisé un rassemblement massif à Paris aujourd’hui pour marquer l’anniversaire du triple meurtre de Sakine Cansız (Sara), cofondatrice du PKK, Fidan Doğan (Rojbin), représentante du KNK à Paris, et Leyla Şaylemez (Ronahi), membre du Mouvement des jeunes. Depuis le matin, de nombreuses personnes se sont rassemblées à la Gare du Nord, dont des proches des femmes assassinées et des représentants de partis politiques et d’organisations de France et de Turquie.

Les manifestants ont exigé une enquête judiciaire sur le triple meurtre commis par le MIT des services secrets turcs à Paris le 9 janvier 2013. Le procès a été suspendu peu avant son début suite à la mort du tueur à gages Ömer Güney en détention française. Une réouverture de l’enquête initiée par les proches est bloquée en raison de pressions politiques ; les informations sur le crime dont disposent les autorités turques sont considérées comme un secret d’État. D’autres manifestations et rassemblements ont eu lieu à Marseille, Toulouse, Strasbourg et Bordeaux, mais aussi à Bruxelles, à Berne, en Allemagne et ailleurs.

Dans le cadre de ses tentatives répétées d’anéantir les forces du PKK au Kurdistan Sud, dans le Nord de l’Irak, les forces armées turques ont installé une vingtaine de base et une centaine de postes dans la région. Ces dernières semaines, ces forces d’occupation turques ont reçu des coups violents de la part de la guérilla. Plusieurs opérations de différents types (tir de sniper, bombardement au mortier, tir de missile, mais aussi attaques directes à la grenade et à l’arme automatique) ont ainsi été menées contre les postes turcs. Les 8 et 9 décembre, deux postes ont été détruits et un troisième est tombé dans les mains de la guérilla qui a récupéré plusieurs armes des soldats turcs tués. Cette semaine, l’armée turque a évacué plusieurs postes dans la région de Zap et, dans le même moment, comme pour compenser l’aveu de sa défaite, elle a multiplié les bombardements aériens: le 27 décembre dans la région de Metîna, le 28 dans la région de Kandil (Qendil), le 29 dans la région de Hakurk (Xakurke) et dans la région de Zap.

 

Il y a une semaine, les forces armées turque ont lancé une nouvelle opération anti-guérilla baptisée « Eren Hiver-6 » dans la région du Dersim (province de Tunceli). Plus de 1000 militaires ont ainsi été déployés dans les environs du Mont Mercan, dans le district d’Ovacık. Des combats ont eu lieu lors de la découverte de bases souterraines de la guérilla. Les autorités turques ont reconnu au moins une perte en la mort d’un sous officier des commandos de la gendarmerie. Les autorité turques reconnaissent l’activité de la guérilla dans le Dersim (barrage sur mes routes, incendie de véhicules et de bâtiments appartenant au pouvoir, attaques contre les forces de sécurité). Elles affirment avoir tué plusieurs combattants kurdes, dont un responsable, Cihan Söylemez, pour lequel elles offraient une prime d’un million de livres turques.

Le gouvernement allemand a approuvé l’expulsion de la militante espagnole Maria V. au motif qu’elle travaillait en relation avec des organisations et institutions kurdes. Maria V., qui a été expulsée vers l’Espagne, sera interdite d’entrée en Allemagne pendant les 20 prochaines années. C’est la première fois que l’état allemand impose une restriction d’une telle durée à un-e ressortissant-e de l’UE, en invoquant un lien avec le mouvement kurde.

Parmi les motifs de l’ordre d’expulsion figurent sa maîtrise du kurde, sa visite d’institutions kurdes et sa participation à des manifestations et des panels sur le Kurdistan ainsi que sa participation aux manifestations du 8 mars pour la Journée internationale des femmes travailleuses et sa résistance au Hambacher Forst, l’un des mouvements écologistes les plus connus d’Allemagne. Elle est considérée comme personne de lien entre le PKK, listée comme organisation terroriste depuis le 26 novembre 1993, et les groupes politiques de gauche en Allemagne.

manifestation kurde en Allemagne (archive)

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L’utilisation par l’armée turque d’armes interdites par les conventions internationales est prouvée depuis longtemps, notamment en ce qui concerne l’usage de phosphore blanc, par exemple lors de l’invasion du canton d’Afrin. Mais un nouveau pas a été franchi avec l’utilisation de gaz de combat. De tels gaz ont été utilisés dans les régions de Zap, Avaşîn et Metina au Kurdistan du Sud (nord de l’Irak) depuis le mois avril. Cette escalade s’explique par les difficultés rencontrées par les forces armées turques dans une région montagneuse où la guérilla kurde a creusé de nombreux tunnels. La dernière grande opération aéroterrestre turque dans la région de Gara, en février, avait été tenue en échec par les combattants du PKK embossés dans des tunnels et utilisant une large panoplies d’armes à longue portées. Les gaz utilisés par les Turcs sont tellement corrosifs qu’ils ne brûlent pas seulement les muqueuses des voies respiratoires mais aussi profondément la peau de ceux qui y sont exposés.

Extrait d’une vidéo montrant l’armée turque gazant des cavernes et tunnels au Kurdistan irakien

 

 

 

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Une semaine de mobilisation pour la libération d’Abdullah Öcalan a lieu à Strasbourg. Cette semaine vise plus spécifiquement à obtenir l’application des décisions des organisations internationales, en particulier du Conseil de l’Europe concernant le traitement d’Öcalan dans la prison d’Imrali, où il est détenu à l’isolement depuis 22 ans. Un rassemblement de mille personnes a ainsi eu lieu samedi devant l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE). Ce même samedi, les Kurdes ont installé 120 tentes devant l’église Saint-Maurice, dans le quartier de la Forêt Noire de Strasbourg, mais le campement n’a pas duré longtemps. La préfecture du Bas-Rhin a décidé de procéder à son évacuation. Celle-ci ne s’est pas faite sans résistance et les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes.