Pas moins de 1500 policiers étaient mobilisés ce vendredi 9 octobre pour évacuer le numéro 34 de la Liebigstrasse, à Berlin: l’adresse du tout dernier grand squat de la ville. La guerre des toits n’a pas eu lieu: l’évacuation du célèbre immeuble berlinois s’est déroulée sans heurt, malgré la colère des habitants qui se disent démunis contre la flambée des loyers. La police berlinoise n’avait pas fait les choses à moitié avec 1500 policiers, venus de huit Länder différents, pour faire sortir au total une cinquantaine de squatteurs. Ce quartier autour de la Liebigstrasse était bouclé depuis plusieurs jours: la police est venue avec des engins de déblaiement, des tronçonneuses… Des projecteurs étaient braqués depuis jeudi soir sur le bâtiment; un hélicoptère a survolé le secteur.

Ce squat – qui existe depuis les années ’90 – était un haut lieu de la scène anticapitaliste de Berlin, c’était un lieu d’accueil pour femmes, personnes trans et intersexes, avec un bar et un centre culturel. C’était aussi le symbole de la contestation face au problème de la hausse des loyers. “Laissez les logements à ceux qui en ont besoin!”, “Tous ensemble contre l’évacuation” ou encore “Ce n’est pas parce que c’est légal que c’est légitime”, pouvait-on entendre dans la foule venue manifester vendredi matin, non loin du squat. A Berlin, les loyers ont doublé en dix ans, et le quartier de Friedrichshain, où se trouve le squat, autrefois populaire, est devenu hors de prix, le plus cher de la capitale.

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C’est le 3 octobre 1990 que la République démocratique allemande a été annexée par la République fédérale. Le mouvement fasciste allemand Der III. Weg (“La Troisième Voie”) a organisé une marche à Berlin pour en célébrer l’anniversaire. L’événement a attiré un grand nombre de contre-manifestants antifas qui ont bloqué l’itinéraire des fascistes en organisant un important sit-in à Lichtenberg. La police est intervenue en force pour ouvrir la voie aux fascistes. Des affrontements ont alors eu lieu, les policiers essuyant des jets de projectiles. Malgré plusieurs arrestations, le sit-in de masse s’est maintenu. Les 250 ou 300 fascistes ont d’abord tenté de forcer la voie, s’affrontant eux aussi à la police, avant d’accepter d’emprunter un autre chemin écourtant leur manifestation.

Arrestations d’antifas au sit-in de Lichtenberg

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Le 16 septembre, plusieurs perquisitions ont eu lieu, notamment dans la bibliothèque anarchiste Kalabal!k, à Berlin Kreuzberg. Cinq personnes sont visées pare la procédure et accusées d’avoir fondé, en 2016, une “association clandestine, conspirative et criminelle”, ou d’en être membres. Pour cette raison, le Procureur fédéral enquête en vertu de l’article 129 du Code pénal et le BKA (police criminelle fédérale) a rendu visite aux personnes concernées chez elles, dans certains cas avec les armes à la main. La bibliothèque anarchiste Kalabal!k avait déjà été perquisitionnée une fois en 2018. À l’époque, il s’agissait des avis de recherche des responsables des émeutes du G20 à Hambourg. Dans son zèle, le BKA a saisi les supports de stockage des données que la LKA (police criminelle du Land) de Berlin avait restitué en 2018 et qui se trouvaient encore dans les sachets des saisines de la LKA. Il faut souligner leur intérêt particulier pour les téléphones portables, qui ont été emmenés pour être exploités séparément, avant la fin des perquisitions.

À Athènes, le BKA, en coopération avec les policiers de l’antiterrorisme grec, a perquisitionné deux appartements. Là bas, cinq personnes ont été conduites au GADA (le siège de la polie d’Athènes). Trois d’entre elles y sont encore et demain elles seront présentées à un juge pour possession de spray de gaz au poivre. Le blog de Kalabal!k

 

Depuis plusieurs jours, le mouvement de la jeunesse kurde manifeste pour la liberté d’Abdullah Öcalan en réalisant une marche de plusieurs jours de Hanovre à Hambourg. Des Kurdes et des internationalistes de plusieurs pays européens y participent. Jeudi 10 septembre, des militant·es ont été arrêtés dans le train sur le chemin entre leur logement à Lunebourg (où ils avaient passé la nuit précédente) et le point de départ de l’étape d’aujourd’hui à Winsen-Luhe à la gare de Bardowick. Notons qu’auparavant, avait tenté de faire pour modifier l’itinéraire de la manifestation alors qu’il avait été préalablement approuvé. De plus les portraits d’Abdullah Öcalan restent interdites. Plus d’infos ici.

La police arrête des militant·es kurdes qui manifestaient pour la libération d'Öcalan

La police arrête des militant·es kurdes qui manifestaient pour la libération d’Öcalan

Jeudi 3 septembre, des émeutes ont éclaté dans le quartier de Connewitz à Leipzig suite à une opération policière visant à expulser une maison squatée. Des militant·es anti-gentrification sont, en effet, intervenus pour s’y opposer provoquant des affrontements avec la police. Le lendemain, la police a tenté d’expulser un autre squat sur Bornaische Strasse en début de soirée. En réaction, un appel à une manifestation spontanée a circulé sur Internet. Au moins 200 personnes se sont rendues à 21 heures à Herderpark pour répondre à cet appel. Très vite, des barricades ont été construites puis enflammées bloquant le passage du tramway. La police a lancé des gaz lacrymogènes ainsi que des grenades sur les manifestant·es qui y ont répondu avec des pétards et des feux d’artifice. La manifestation s’est ensuite déplacée vers un poste de police. Des pavés et la peinture ont été lancés sur le bâtiment.

Émeutes contre des expulsions à Leipzig

Émeutes contre des expulsions à Leipzig

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Lundi 31 août au matin, la police de Hambourg a mené plusieurs perquisitions chez des membres du Roter Aufbau Hamburg. Des membres des unités spéciales (Spezialeinsatzkommando, SEK) étaient présents et sortaient les gens du lit avec leurs fusils mitrailleurs. En outre, le magasin de gauche “Lüttje Lüüd” a été perquisitionné. Tous les appareils informatiques et les notes ont été saisies, ainsi que des vêtements individuels. L’article 129 du code pénal permet des méthodes d’enquêtes basée sur l’espionnage. Cette article mène rarement à une mise en accusation, et il semble que l’espionnage du Roter Aufbau soit le but réel de cette enquête. Ces perquisitions interviennent dans le cadre d’une enquête dans lequel le groupe est accusé de formation d’une organisation criminelle. On dénombre au total 28 perquisitions ayant impliqué 200 policiers. Par ailleurs 22 personnes sont visées par l’enquête. Une manifestation, rassemblant 500 personnes, s’est déroulée le soir même pour protester contre ces raids policiers.
Perquisitions contre des militant·es de Roter Aufbau à Hambourg

Perquisitions contre des militant·es de Roter Aufbau à Hambourg

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500 personnes se sont rassemblées à Munich en Allemagne pour la fin du procès TKP/ML (voir notre article). De nombreuses organisations révolutionnaires et démocratiques de Turquie, du Kurdistan, d’Europe et d’ailleurs étaient présentes ainsi qu’une délégation du Secours Rouge International. Le rassemblement a été ponctué de différentes prises de paroles et de chants révolutionnaires. La solidarité avec d’autres prisonniers révolutionnaires, notamment Georges Abdallah et Ahmad Sa’adat, était également mise en avant. Finalement, les 10 révolutionnaires ont été condamnés aux peines suivantes :
Müslüm Elma : 6 ans 6 mois
Erhan Aktürk : 4 ans 6 mois
Sinan Aydın : 3 ans 6 mois
Haydar Bern : 3 ans 4 mois
Banu Büyükavcı : 3 ans 6 mois
Musa Demir: 3 ans 4 mois
Deniz Pektas : 5 ans
Sami Solmaz : 3 ans
Seyit Ali Uğur : 4 ans 6 mois
Mehmet Yeşilçalı : 2 ans 9 mois

EDIT 28/07/2020 à 16H20 : Müslüm Elma a été libéré à l’issue de l’audience. Il était le seul à être encore en détention.

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Il y a 4 ans débutait en Allemagne un procès anti-terroriste contre 10 membres de l’ATIK (Confédération des Travailleurs de Turquie en Europe) accusés d’être des dirigeants du TKP/ML, organisation interdite en Turquie mais pas en Allemagne. Le procès se terminera ce mois de juillet 2020 et le procureur a requis des peines de prison allant de trois ans et six mois à six ans et neuf mois. En raison de l’accusation construite de soi-disant “chef de file” du TKP/ML, le principal accusé Müslüm Elma est le seul qui est toujours en prison après cinq ans et près de trois mois de détention provisoire. L’ATIK, soutenu par des dizaines d’organisations (dont le Secours Rouge International) appelle à un rassemblement de solidarité ce mardi 28 juillet dès 10h devant le tribunal de Munich en Allemagne. L’événement Facebook

Vendredi 10 juillet, le procès de Loïc Citation (Loïc Schneider), poursuivi pour des dégradations survenues lors des manifestations contre le G20 à Hambourg, s’est terminé. Il a été condamné à trois ans de prison ferme, mais a fait appel et reste libre jusqu’au nouveau procès. Les 16 mois de prison qu’il a déjà effectué sont à déduire de sa condamnation et il est commun en Allemagne de n’effectuer que les deux tiers d’une peine lors du premier emprisonnement. Loïc devrait donc théoriquement retourner en prison pour une durée de huit mois. Mais ses avocats ont décidé de faire appel et sont convaincus que le procureur en fera autant dans les heures qui viennent. Cet appel étant suspensif, il restera libre jusqu’à ce second jugement qui ne devrait pas intervenir avant un an. D’ici là, aucun contrôle judiciaire ne lui est imposé, il peut donc quitter Hambourg. Au cours de son procès Loïc Citation est resté fidèle à ses principes politiques (voir notre article).

Loïc Citation étaient jugé avec quatre co-accusés d’origine kurde qui étaient venus manifester contre le régime Erdogan qui a torturé leurs parents. Ils ont été condamnés à des peines, pour l’un d’un an et cinq mois de prison avec sursis, pour un autre d’un an et trois mois de prison avec sursis, et pour les deux autres de 20 heures de travail pour atteinte à la paix publique.

Loïc Schneider

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Le 5 juin 2020 à 14h30, le tribunal de district d’Augsbourg a condamné un militant araméen du Mouvement populaire révolutionnaire Suryoye pour violation de la loi sur les associations. Il a reçu une amende de 1800,00 € pour avoir publié sur son mur Facebook, l’événement d’un concert du Grup Yorum qui avait lieu en Syrie. Il a fait appel de sa condamnation. Les militants du Mouvement populaire révolutionnaire Suryoye sont régulièrement la cible d’attaques de la part des autorités allemandes pour leur résistance contre le régime turc d’Erdoğan (voir notre article). Plus d’infos ici.

Un militant araméen condamné pour avoir posté un événement du Grup Yurum sur Facebook

Un militant araméen condamné pour avoir posté un événement du Grup Yorum sur Facebook

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