Lors d’une opération datant du 13 janvier 2021, l’Etat fasciste a mis en garde à vue 47 militants sur la base d’une liste signée par une personne devenue un agent de l’Etat. Mais les dossiers était à ce point creux que, hormis 5 détention provisoire et 5 assignations à résidence, les autres ont été libérés sous condition de contrôle judiciaire. Mais l’offensive de terreur policière se poursuit. Le 20 janvierà 12h30, Gökhan Güneş, militant connu du Parti Socialiste des Opprimés,  a été enlevé par 5 policiers en sortant de l’hôpital du district d’Ikitelli à Istanbul. Il descendait du bus pour se rendre à son lieu de travail à Başakşehir.

Gökhan Güneş a déjà été mis en garde à vue, a été poursuivi et constamment harcelé par la police. Suite a sa disparition, sa famille s’est immédiatement adressée au bureau du procureur ainsi qu’à la branche antiterroriste de la police. Celle-ci a refusé d’investiguer sa disparition sous prétexte qu’il n’est pas de la région. L’unité de renseignement de la gendarmerie a par la suite appelé l’oncle de Güneş qui habite dans une autre région éloignée de son domicile en demandant si Gökhan Güneş était chez lui. Dans les années 90, plus de 10.000 opposant.e.s, militants révolutionnaires et kurdes ont disparus suivant un schéma similaire.

Gökhan Güneş

 

 

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Les policiers de la Branche antiterroriste et du renseignement de la Direction de la sécurité ont mené une vaste opération répressive hier mercredi contre la gauche révolutionnaire dans la province d’Izmir. 51 personnes étaient visées, 48 ont été arrêtées sous l’accusation d’appartenance à des organisations communistes clandestines. Parmi ces 48 personnes, 34 sont membres du Parti Socialiste des Opprimés (ESP), de l’agence de presse militante ETHA et de l’association culturelle BEKSAV. Özlem Gümüştaş, secrétaire général de l’ESP, ainsi que deux anciens responsables provinciaux de l’ESP sont également été détenus. Un grand nombre de documents numériques et de publications ont été saisis lors des perquisitions. Des rassemblements de solidarité auront lieu demain.

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Le satellite Türksat 5A a été mis en orbite par une fusée Falcon 9 de SpaceX la nuit passée, depuis la base de lancement de Cape Canaveral, il entre maintenant dans une phase de positionnement qui durera environ 4 mois pour se retrouver en orbite géosynchrone à 31° Est le long de l’Équateur. Comme ses prédécesseurs, Türksat 5A renforcera la couverture des chaines de télévision turques et augmentera les capacités de communication militaires du régime d’Erdogan, les satellites Türksat sont notamment utiles pour opérer les drones de l’armée turque et assurer leur capacité anti-brouillage, la résolution de leurs images, etc. La Turquie a actuellement 3 satellites en activité dans l’espace : les Turksat 3A, 4A et 4B, ils seront donc rejoints par le 5A (opérationnel mi-2021) ainsi que le 5B qui sera lancé par SpaceX dans quelques mois et opérationnel à la fin de l’année.

Türksat 5A est le premier satellite turc lancé par SpaceX, les derniers lancements (Türksat 4A et 4B) avaient eu lieu en 2014 et 2015 depuis des lanceurs russes. Techniquement : Türksat 5A augmentera les capacités turques dans la bande Ku (bande de fréquences 12-18 Ghz), il sera centré sur la Turquie mais couvrira mieux certains territoires, notamment Afrique du Nord, Afrique sub-saharienne, Afrique du Sud, et à l’Est jusqu’au Kazakhstan. Une fois en service, Türksat 5A sera le plus puissant satellite turc. De son côté, Türksat 5B, dont le lancement est prévu à la mi-2021, augmentera la couverture de la bande Ka pour atteindre 17X la capacité actuelle et couvrir la Mer Noire, la Mer Egée, la Turquie, l’Afrique du Nord, la Mer Rouge et le Golfe Persique.

Ce lancement fait suite à la rencontre, en novembre 2017, entre Erdogan, et celui qui est depuis devenu l’homme le plus riche du monde, Elon Musk, patron de SpaceX et de Tesla. SpaceX a déjà délivré plusieurs engins militaires américains en orbite, et est actuellement en discussion avec le gouvernement américain afin de fournir un système de transport de matériel militaire et éventuellement de troupes, “n’importe où sur la planète en une heure” à l’aide de sa nouvelle fusée Starship. Au moins trois lancements de matériel militaire américain sont prévues cette année pour SpaceX, à l’aide de fusées Falcon Heavy cette fois.

Fin octobre 2020, la communauté arménienne avait manifesté devant le siège de SpaceX à Hawthorne (Californie) pour protester contre la collaboration avec le régime d’Erdogan.

Le président Erdogan a nommé par décret Melih Bulu, un ancien candidat de son parti aux élections de 2015, recteur de l’université de Bogazici à Istanbul, l’une des plus grandes universités du pays. Cette décision a conduit à des manifestations d’étudiants et d’universitaires dénonçant le caractère antidémocratique de cette nomination, et exprimant leur rejet d’un recteur désigné par le pouvoir pouvoir pour servir le pouvoir. Erdogan s’est attribué le pouvoir de nommer directement les recteurs d’université après le coup d’État raté de 2016. Des centaines d’étudiants ont porté des pancartes appelant à la démission de Bulu et reprenant des slogans tels que «Melih Bulu n’est pas notre recteur» et «Nous ne voulons pas d’un recteur nommé par l’État». La police est intervenue et des affrontements ont eu lieu.

Meeting de protestation des étudiants de l’université Boğaziçi

 

Le 9 janvier 2021 est la date anniversaire de l’assassinat en plein de cœur de Paris, il y a 8 ans, de trois responsables du mouvement kurde,  Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Soylemez, par un agent aux liens avérés avec les services secrets turcs. En raison des restrictions liées au covid, la grande manifestation parisienne “Justice pour Sakine, Fidan et Leyla” est remplacée par des mobilisations décentralisées. Voici les rendez-vous pour la France, la Suisse et la Belgique ce samedi 9 janvier.

France
PARIS: Gare du Nord, 14h (arrivée place de la République)
MARSEILLE: Réformés – Canebière, 13h
TOULOUSE: Gare de Matabiau – Métro Esquirol, 13h30
BORDEAUX: Place de la Bourse – La Victoire, 13h30
RENNES: Dalle du Colombier, 14h
STRASBOURG: Place Kléber, 14h

Suisse
BÂLE: Parc de-Wette à 13h30

Belgique
BRUXELLES : Porte de Namur, 13h

Le 6 octobre 2014, après 21 jours de résistance des forces kurdes YPG/YPJ, les djihadistes de Daesh avaint réussi à pénétrer dans la ville de Kobane. Le Parti démocratique des Peuples (HDP) avait alors appelé en Turquie à manifester dans tout le pays pour dénoncer le soutien du régime turc à Daesh. Au cours des mouvements de protestation qui ont eu lieu les jours suivants, il y a eu des affrontements entre les forces de sécurité turques et les manifestants dans de nombreuses villes. Le nombre de personnes tuées, des manifestants pour la plupart, est estimé entre 46 et 53. 682 personnes ont été blessées pendant les manifestations et au moins 323 arrêtées. 108 personnes, pour la plupart des dirigeants et membres du HDP et d’organisations de la société civile kurde, sont depuis accusées de crimes terroristes. 27 personnes sont détenues dans cette affaire, dont Selahattin Demirtaş et Figen Yüksekdağ, anciens coprésidents du HDP. Six autres accusés sont sous contrôle judiciaire et 75 personnes sont recherchées.

Le parquet général d’Ankara a soumis à la Cour criminelle un acte d’accusation concernant ces 108 personnes. Il demande leur condamnation pour “atteinte à l’unité de l’Etat” et d’autres chefs d’accusation. Demirtaş est accusé d’être « le principal instigateur des incidents des 6 et 8 octobre 2014 », le procureur le tient responsable de 37 meurtres, 29 tentatives de meurtre, 3777 dégradations matérielles, 395 vols, 15 pillages, 308 intrusions dans des locaux commerciaux et résidentiels, 13 destruction du drapeau turc et de coups et blessures contre 326 membres des forces de sécurité et 435 civils.

Les anciens coprésidents du HDP Selahattin Demirtas et Figen Yuksekdag, ils sont détenus depuis novembre 2016

 

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Le 17 novembre, deux réfugiés politiques de Turquie, Ali Can Albayrak et Huseyin Sahin ont été placés en détention en Grèce, alors qu’ils apportaient une aide à des demandeurs d’asile politiques. Militants du Parti Socialiste des Opprimés (ESP), Albayrak et Şahin ont été arrêtés à plusieurs reprises en Turquie, soumis à des pressions et à des violences, et finalement forcés de fuir à Lesbos. Là, ils luttent pour que les réfugiés, et en particulier les demandeurs d’asile politiques, puissent mener une vie digne en Grèce. C’est pour avoir aidé d’autres réfugiés politiques venus de Turquie que les deux hommes ont été arrêtés puis détenus dans la prison de l’île de Chios.

Banderole de solidarité à Lesbos avec Albayrak et Sahin

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Can Dündar a été condamné à 27 ans de prison. Le journaliste avait été à l’origine des révélations sur les livraisons d’armes d’Ankara à des groupes islamistes en Syrie. Can Dündar, qui vit en exil en Allemagne, a été reconnu coupable d’aide à un groupe terroriste et d’espionnage pour avoir publié en 2015 une enquête, images à l’appui, sur ces livraisons d’armes par les services secrets turcs, dans le quotidien d’opposition Cumhuriyet dont il était le rédacteur en chef.

En mai 2016, Can Dündar, 59 ans, avait été condamné à cinq ans et dix mois de prison pour divulgation de secrets d’État. Mais ce verdict avait été annulé en 2018 par une haute cour qui a ordonné un nouveau procès contre Can Dündar pour des accusations d’espionnage comportant une peine plus lourde. Dans les attendus du verdict rendu mercredi, le tribunal a précisé que Can Dündar a été condamné à 18 ans et six mois de prison pour “divulgation d’informations confidentielles et espionnage” en lien avec la publication de l’enquête sur les livraisons d’armes, et à huit ans et neuf mois de prison pour “aide à une organisation terroriste”, en l’occurrence le réseau du prédicateur Fethullah Gülen.

Can Dündar

 

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Environ 50 personnes, dont le journaliste kurde Nuri Akman, ont été arrêtées lors d’un raid de la police roumaine dans un hôtel de Timisoara le 13 novembre. Les détenus ont été emmenés dans un centre de détention à Timisoara, où leurs empreintes digitales ont été relevées. Cinq jours plus tard, 35 personnes, malgré leur demande d’asile, ont été livrées à la Turquie. Les policiers les ont fait monter de force, en les matraquant, dans l’avion pour la Turquie. Le journaliste Nuri Akman est jugé en raison de ses activités journalistiques en Turquie et risque une centaine d’années de prison. Akman a dû quitter la Turquie en raison de la répression à laquelle il a été confronté et a rejoint la Grèce. Il y a demandé l’asile politique mais, bien qu’il soit resté longtemps dans le pays, le gouvernement grec n’a pas donné de réponse positive à sa demande d’asile. Nuri Akman, Serbest Derin et Lokman Coşkun, attendent toujours à l’aéroport après avoir refusé l’embarquement dans l’avion. L’avocat qui s’est rendu à l’aéroport hier soir n’a pas été autorisé à entrer et aucune information ne lui a été donnée.