La Turquie construit actuellement un nouveau mur le long de sa frontière iranienne. Lorsque le mur sera achevé, la communication entre les villageois kurdes frontaliers sera complètement coupée. L’année passée sept personnes ont été tuées dans la région frontalière et 124 personnes au cours des 20 dernières années, principalement des bergers kurdes, accusés par la suite de contrebande par les forces de sécurité iraniennes ou turques. Sur les 295 km de frontière avec l’Iran, la Turquie a déjà installé 77 postes militaires, déployé des centaines de soldats patrouillent quotidiennes et creusé des fossés d’une largeur et d’une profondeur de 5 mètres le long de la frontière. A cela s’ajoute des centaines de drones armés qui surveillent la zone frontalière depuis les airs jour et nuit.

 

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Le 20 juillet 2015, à Suruç 33 jeunes militants de Turquie s’apprêtant à partir au Rojava comme volontaire pour la reconstruction de Kobane ont été tués dans un attentat de l’état islamique perpétré avec la complicité des services secrets turcs. La Turquie n’a fait aucune enquête sur les responsabilités de l’attentat, mais a persécuté les avocats et les familles des victimes. Toutes les ans, en Turquie et dans de nombreuses villes du monde ont lieu des commémoration du  massacre de Suruç. Et cette année comme souvent, les rassemblements de commémoration a été brutalement réprimés. 13 personnes ont été arrêtées à Ankarra, 6 à Istanbul et 19 à Adana.

Des nombreux rassemblement ont eu lieu dans le monde, ainsi à Bruxelles, avec la présence de notre Secours Rouge

 

La Turquie s’est officiellement retirée jeudi de la Convention d’Istanbul, un traité international visant à prévenir la violence sexiste signé par 45 pays et l’Union européenne en 2011. Des manifestations ont eu lieu dans tout le pays et étaient à nouveau prévues ce week-end alors qu’un appel contre le retrait des partis d’opposition a été rejeté par le Conseil d’Etat. Des manifestantes se sont affrontées à Istanbul avec la police qui a tiré des gaz lacrymogènes. Le retrait a suscité une condamnation générale du monde entier et a déclenché des mois de manifestations à l’échelle nationale dans un pays où la violence domestique est répandue, avec au moins 300 féminicides et 171 décès suspects de femmes enregistrés l’année dernière.

Au moins 20 personnes ont été arrêtées en Turquie alors que la police anti-émeute a utilisé des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc pour réprimer le défilé annuel de la fierté LGBTQ à Istanbul. Auparavant, le bureau du gouverneur d’Istanbul avait refusé d’accorder une autorisation pour ce défilé qui a lieu depuis 2003, mais qui est interdit depuis sept ans. Des centaines de personnes brandissant les drapeaux arc-en-ciel ont pourtant défilé samedi dans le quartier historique de Beyoglu, tandis que la police tentait brutalement de les empêcher de se rassembler sur l’avenue Istiklal, plaque tournante du shopping et du tourisme.

La police turque a attaqué avec des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc un rassemblement organisé jeudi à Izmir par le Conseil des femmes du Parti démocratique des Peuples(HDP), en hommage à Deniz Poyraz. Après une visite de condoléances à la famille de Deniz Poyraz, le Conseil des femmes du HDP a placardé la photo et le nom de la jeune femme sur la plaque de la rue où se trouve le siège du HDP, lieu où la militante kurde a été assassinée le 17 juin par un fasciste turc. Les femmes ont voulu partir en manifestation, mais ont été encerclées par la police. Suite à quoi elles ont bloqué la rue avec un sit-in. C’est alors que la police a attaqué les manifestantes avec des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc.

 

À deux semaines du prochain sommet de l’OTAN à Bruxelles, différentes organisations kurdes, turques, philippines et belges ont organisé, ce samedi 29 mai, une manifestation devant l’ambassade états-uniennes. Les participant.e.s voulaient ainsi dénoncer la complicité de l’OTAN et de ses membres avec les attaques du régime turque dans les différentes régions du Kurdistan et sa politique expansionniste. Le 23 avril, les forces armées turques lançaient les opérations Griffe-Éclair et Griffe-Foudre contre le PKK, dans les régions de Metina et Avasin-Basyan dans le nord de l’Irak, à quelques kilomètres de la frontière avec la Turquie. L’objectif prioritaire de ces attaques répétées dans la région est l’établissement d’une base militaire turque afin de bloquer l’activité du PKK dans la région. La région reste sous la menace de nouvelles attaques depuis la Turquie.

Manifestation NATO-US à Bruxelles

Les Philippines vont se procurer six hélicoptères d’attaque T-129 ATAK auprès du constructeur turc TAI [Turkish Aerospace Industries]. Jusqu’à présent, la Turquie n’a jamais été en mesure d’honorer ses contrats à l’export, les États-Unis s’y étant opposés. En effet, le T-129 est doté de deux moteurs T800, produits par la co-entreprise LHTEC, formée à parts également par le britannique Rolls Royce et l’américain Honeywell Aerospace. Or, à partir du moment où la part de composants d’origine américaine dépasse les 10% dans un équipement militaire destiné à être exporté, une autorisation doit être accordée par Washington. Et, depuis 2015, l’administration américaine a systématiquement refusé d’accorder une licence pour les moteurs T800 des T-129 commandés auprès de TAI. Cette position américaine a changé pour ce qui concerne les Philippines, liées par un accord de défense avec les États-Unis signé en 1951.

Les rues parisiennes ont connu de violents affrontements entre la police et les manifestants qui se sont rassemblés le 1er Mai malgré les restrictions. Les étudiants se sont joints à ces manifestations ouvrières qui ont parcouru les rues de Paris, au milieu de grands renforts de sécurité. La police a chargé à plusieurs reprises le cortège de tête. Elle a fait usage de gaz lacrymogène pour disperser les manifestants, qui ont lancé des cocktails Molotov. Une agence bancaire a été attaquée place Saint-Ambroise. Des incidents ont aussi opposés des manifestants à des membres de la CGT. Il y a eu 34 arrestations. D’autres affrontements entre manifestants et policiers ont eu lieu à Lyon.

Paris

À Berlin, la traditionnelle “manifestation révolutionnaire du 1er mai” voulait aller de Neukölln à Kreuzberg, mais fut bloqué Sonnenallee. Une pluie de pierres et des bouteilles s’est abattue sur les policiers bloquant Sonnenallee. Les manifestants ont traîné des bennes à ordures et des palettes dans la rue et y ont mis le feu. Des policiers ont été attaqués alors qu’ils tentaient d’extraire des manifestants pour les arrêter. Il y a eu cependant des arrestations. À Hambourg, la police a attaqué un rassemblement devant le célèbre squat Rote Flora avec des canons à eau. Dans la soirée, la police a bloqué une manifestation révolutionnaire non autorisée et a arrêté environ 150 manifestants. Il y a aussi eu des incidents à Francfort et Leipzig.

Toutes les régions du pays en Turquie sont confinées depuis jeudi jusqu’au 17 mai, les personnes ne sont autorisées à quitter leur domicile que pour des raisons de force majeure. La police avait seulement autorisé des représentants des syndicats et des politiciens de l’opposition à se réunir sur la place Taksim. Mais la police est violemment, arrêtant finalement 212 manifestants. 20 manifestants avaient également été arrêtés dans la ville d’Izmir, dans l’ouest du pays. Les médias locaux ont rapporté les efforts déployés par la police à Istanbul et à Ankara pour empêcher les journalistes de filmer les manifestations et les détentions du 1er mai, les policiers citant une nouvelle circulaire de la police.

Istanbul

La police de Seattle a arrêté d’au moins 14 personnes après que des manifestations non autorisées marquant le 1er mai se soient transformées en affrontements violents dans le centre-ville. Les manifestants ont lancé des bouteilles, des fusées éclairantes, des pierres, des œufs remplis de peinture sur des policiers. A Turin, des manifestants des centres sociaux et du mouvement No Tav se sont réunis sur la Piazza Vittorio Emanuele et ont marché jusqu’à la être confronté à un fort déploiement des forces de police, qui les a bloqué lorsqu’ils ont tenté de marcher sur la mairie. Des affrontements ont alors eu lieu.

 

Les “enfants du feu” sont des groupes auto-organisés de la jeunesse kurde qui mène une guérilla diffuse contre les intérêts turcs. Hier, mardi 20 avril, ils ont incendié les dépôts de produits chimiques et combustibles du département de police du district de Fatih, dans le quartier Kumkapi d’Istanbul. Dans cet entrepôt était entre autres stockés des produits explosifs, chimiques et combustibles saisis par la police anti-contrebande.

 

La Direction générale de la sécurité turque, qui réunit les services de police, vient de mettre en service son premier hélicoptère d’attaque ATAK T129, une version dérivée de l’Agusta A.129 italien développée par Turkish Aerospace Industries. Elle devient la seule police du monde à être équipée d’un matériel de ce type. Outre les forces de police, la gendarmerie (qui dépend du ministère de la défense) possède ses propres ATAK T129 depuis 2018. L’ATAK T129, blindé, est doté de deux turbines Rolls-Royce/Honeywell LHTEC T800, il est armé d’un canon de 20 mm, de roquettes et de missiles. « Nos hélicoptères seront déployés dans les provinces de la région [du Kurdistan], principalement à Diyarbakır, Van, Şırnak et Hakkari », a (inutilement) précisé Mehmet Aktaş, le patron de la Direction générale de la sécurité turque.

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