Secours Rouge

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Un millier de personnes ont manifesté hier mercredi, en soirée, devant le Parlement de Catalogne pour demander aux partis indépendantistes de proclamer la république catalane et de la mettre en place “quoi qu’il arrive”. Des affrontements ont eu lieu avec la police. “On va vous virer”, “nous voulons occuper le Parlement” “Espagne la Pute” et “les colons dehors de la Catalogne” sont quelques-uns des slogans entendus ce soir dans le parc de la Ciutadella, aux portes du parlement. Les manifestants accusent les partis indépendantistes, qualifiés de “botiflers” (traîtres) pour ne pas avoir consommé la rupture avec l’Espagne il y a deux ans et d’avoir “arnaqué” leurs électeurs. Cette concentration en marge du défilé de la fête nationale de la Catalogne a été convoquée spontanément par le biais des réseaux sociaux et ne bénéficie pas du soutien des associations indépendantistes officielles organisatrices de la Diada.

Devant le parlement catalan

 

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À la fin d’octobre 2015, une grande opération de la Garde civile a eu lieu dans différents endroits de la Galice (Compostelle, Vigo, Boiro, Muros,…) afin d’arrêter 9 militants de Causa Galiza sous plusieurs accusations, dont celle “d’appartenance à une bande armée”. Finalement, près de quatre ans après l’opération policière, la justice espagnole ne retient plus que l’accusation de “soutien et financement” de Causa Galiza. La gravité des accusations de 2015 avaient conduit la justice espagnole à “suspendre temporairement” les activités de cette organisation politique de la gauche indépendantiste. Cette suspension a aussi été levée.

Manifestation de soutien aux 9 inculpés

Manifestation de soutien aux 9 inculpés

Le nouveau Conseil municipal de Madrid qui inclut les partis de droites, PP et Ciudadanos, ainsi que le parti d’extrême-droite, Vox, a annulé un concert de Def con Dos, un groupe de Rap Metal militant qui devait se tenir ce vendredi 5 juillet dans la commune de Tetuán. L’annulation fait référence à la condamnation en 2017 du chanteur César Strawberry pour six tweets sur le retour des GRAPO et ETA et le décès de Luis Carrero Blanco. Il fut condamné par la chambre criminelle de la Cour suprême à un an de prison et six ans et demi de déchéance absolue pour crimes de glorification du terrorisme et d’humiliation des victimes. Il sera par la suite acquitté par la Cour Nationale. Au final, il sera acquitté deux fois et condamné par un verdict contradictoire.

Cette semaine, le parti Vox a demandé qu’un autre concert de Def con Dos soit annulé à Rincón de la Victoria, dans la région de Malaga.

César Strawberry, chanteur de Def con Dos

César Strawberry, chanteur de Def con Dos

Mardi 18 juin, après plus de 10 ans de procédures, le bureau du procureur de Séville a retiré les accusations contre les 35 membres de l’Union andalouse des travailleurs (SAT) à l’encontre de qui avait été requis pour chacun 23 mois de prison et une amende, pour l’ensemble, de 107 000 euros.

En 2008, à la suite du licenciement de deux équipes de travailleurs, des membres du SAT avaient lancée une grève et occupée la ferme La Jarilla pendant 3 jours. Plus de 200 policiers mettront fin à cette occupation. L’affaire débutera suite aux dégâts constatés après l’occupation. Ne pouvant établir qui avait causé les dégâts, le ministère public a finalement mis fin à la procédure pour l’ensemble des accusés.

Osca Reina, porte-parole du SAT, et Diego Canamero, un des co-accusés de l'affaire La Jarilla

Osca Reina, porte-parole du SAT, et Diego Canamero, un des co-accusés de l’affaire La Jarilla

Ce samedi, la Garde civile a arrêté à Vigo et à Oxén (Ourense) quatre militants et militante de la gauche indépendantiste galicienne. Antón García Matos et Asunción Losada Camba ont été arrêtés en vertu de réquisitions distinctes des tribunaux d’instruction n ° 4 et 6 de la Cour nationale espagnole pour crimes “d’appartenance à une organisation terroriste” (l’organisation clandestine Resistencia Galega, “Résistance galicienne”) en ce qui concerne le degré de possession, de possession et de transport d’explosifs et la falsification de documents. Les deux autres personnes arrêtées sont Miguel García Nogales et Joam M.S. Le mouvement indépendantiste a appelé aujourd’hui à des rassemblements de protestation à Vigo, Santiago, Ourense, Ferrol, La Corogne, Pontevedra, Burela et Lugo.

Resistencia Galega est apparue en 2005 avec plusieurs attaques à l’explosif contre des intérêts espagnols, touchée par une première vague de 13 arrestations la même année, elle a maintenu une activité militaire (voir par exemple cet article). Antón García Matos et Asunción Losada Camba étaient recherchés depuis 2006.

Une action de  Resistencia Galega (archive)

Une action de Resistencia Galega (archive)

Lundi 10 juin, les Mossos (la police catalane) ont arrêté un jeune homme qui recherchaient depuis plus de deux mois parce qu’il ne s’était pas présenté devant le tribunal d’instruction n °4 de Gérone lorsqu’il l’avait cité pour les manifestations de l’anniversaire du 1-O, le réferendum d’indépendance. Il a été arrêté alors qu’il collait des autocollants sur l’Audiencia de Girona (un tribunal de la ville).

Il est accusé d’attaque contre un agent de l’autorité, de troubles de l’ordre public et de dégradation. Il est le dernier de tous les accusés qui ont dû passer devant les tribunaux dans le cadre de l’occupation des voies du TGV (voir notre article). Une cinquantaine de personnes étaient rassemblées ce lundi après-midi devant le commissariat de police d’Esquadra, dans le quartier de Vista Alegre de Girona, pour soutenir le militant prisonnier.

Rassemblement de soutien au prisonnier du 1-0

Rassemblement de soutien au prisonnier du 1-0

Marina Bernadó était une des deux dernières prisonnières politiques catalanes incarcérées pour avoir prit part à la lute d’ETA. Clandestine en France entre 2001 et 2006 , puis incarcérée jusqu’à la fin de la semaine dernière à la prison des femmes de Rennes , elle a été extradée vers l’Espagne qui vient de la relâcher sans peine supplémentaire. Il ne reste qu’une prisonnière catalane détenue pour avoir participé à l’action d’ETA, Dolores “Lola” López Resina, toujours détenue à la prison de Brieva (Àvila).

La libération de Marina Bernadó

La libération de Marina Bernadó


Le comité d'accueil à Barcelone

Le comité d’accueil à Barcelone

Jeudi, neuf étudiants catalans doivent comparaitre à Barcelone. Ils risquent une peine maximale de quatre ans d’emprisonnement et une amende pour avoir manifestés, il y a deux ans, pour la baisse des droits d’inscription à l’université. Le 11 mai 2017 à Barcelone, les Mossos (la police catalane) avaient arrêtés onze étudiants suite à un sit-in Via Laietana, devant le siège des universités et de la recherche. Les frais d’inscriptions avaient été augmentés de 66% en 2011 par une coalition de droite et n’avait jamais été revus à la baisse pas les coalitions suivantes, ne répondant que par la répression aux mobilisation exigeant un enseignement accessible à tous.

Le gouvernement catalan, la Generalitat avait montré sa volonté d’écraser rapidement le mouvement de protestation en ordonnant aux Mossos d’arrêter préventivement et arbitrairement trois étudiants le lundi 8 mai au matin, à peine trois jours avant la grève convoquée. Neuf personnes seront jugées jeudi mais d’est un total de 21 étudiants qui sont poursuivis pour différentes mobilisations contre l’augmentation des droits de scolarité.

étudiants poursuivis en Catalogne

étudiants poursuivis en Catalogne

Des incidents ont eu lie à Barcelone devant le siège de la société de livraison à domicile Glovo. Une centaine des travailleurs, livreurs cyclistes et motocyclistes, se sont rassemblés dimanche après-midi devant la porte de l’entreprise pour protester contre le décès d’un collègue, renversé par un camion poubelle la nuit précédente. Les travailleurs ont dénoncé la précarisation à laquelle l’entreprise les soumet. Pour maximaliser ses profits, l’entreprise engage de nombreux travailleurs sont étrangers et ne connaissent pas la ville ou la langue, mais pour qui s’est une rare possibilité de trouver un emploi puisqu’il leur suffit d’avoir un vélo et de s’inscrire pour 50 euros. Les manifestants ont barricadé la rue avec leurs bicyclettes et ont brûlé les sacs à dos jaunes avec lesquels ils distribuent les colis.

Rassemblement devant le siège de Glovo

Rassemblement devant le siège de Glovo

Gorka Lupiañez, membre de l’ETA, a été arrêté par la Garde civile à Berriz, province de Vizcaya, au Pays basque, en décembre 2007. Il sera détenu 5 jours au secret dans un commissariat de Madrid. Lupiañez dénoncera les actes torture, de sévices et de viol subit lors de sa détention au secret. En 2007, il porte plainte, mais l’affaire sera classée en 2009. Il fera appel et une enquête sera lancée, mais finalement suspendue en 2011. Après la Cour constitutionnelle espagnole, Gorka Lupiañez, fera appel à la Cour européenne des droits de l’homme qui n’examinera pas l’affaire. Finalement, ce lundi 20 mai, le Comité des droits de l’homme des Nations Unies a déclaré que Gorka Lupiáñez avait bien été torturé lors de sa détention au secret en 2007.

Le Comité demande que les autorités compétentes procèdent à une enquête sur les allégations de torture et attend que l’exécutif espagnol l’informe dans les 180 jours des mesures qu’il prendra en réponse à son avis, conformément au Pacte international relatif aux droits civils et politiques ratifié par l’Espagne en 1985. Depuis 2010, la Cour européenne des droits de l’homme a condamné l’Espagne pour les actes de torture commis sur dix prisonniers basques: Mikel San Argimiro (2010), Aritz Beristain (2011), Martxelo Otamendi (2012), Oihan Ataun (2014), Beatriz Etxeberria (2014), Patxi Arratibel (2015). , Xabier Beortegi (2016), Igor Portu (2018) et Mattin Sarasola (2018).

Gorka Lupiañez

Gorka Lupiañez