Politiciens, avocats et militants, au moins 65 indépendantistes catalans ont été espionnés avec le logiciel Pegasus installé à leur insu sur leurs téléphones portables. Presque tous les piratages de téléphones se sont produits entre 2017 et 2020. Parmi les personnes visées figurent l’actuel président régional catalan Pere Aragoné (qui était au moment des faits numéro deux de la région), les ex-présidents régionaux Quim Torra et Artur Mas, ainsi que des eurodéputés, des députés du parlement régional catalan et des membres d’organisations civiles indépendantistes. Carles Puigdemont, qui avait fui en Belgique pour échapper à la justice espagnole après la tentative de sécession de la Catalogne en octobre 2017, n’a pas été directement espionné mais nombre de ses proches, dont son épouse. En juillet 2020, le président du parlement régional catalan, Roger Torrent, avait déjà affirmé avoir été espionné par l’État espagnol via Pegasus, une accusation niée par le gouvernement central.

À l’été 2021, une enquête avait révélé que le logiciel Pegasus avait permis d’espionner les téléphones de journalistes, d’hommes politiques, de militants ou de chefs d’entreprises de différents pays, dont le président français, Emmanuel Macron. Pegasus permet, une fois installé dans un téléphone mobile, d’espionner l’utilisateur de l’appareil, accédant à ses messageries, ses données, ou activant l’appareil à distance à des fins de captation de son ou d’image.

Une manifestation s’était tenue à Madrid le 1er octobre 2017 pour dénoncer la répression en Catalogne et soutenir le droit à l’autodétermination du peuple catalan. La police avait réprimé cette manifestation pacifique en laissant faire une contre-manifestation néo-nazie réduite mais agressive. Six personnes avaient été arrêtées un mois après la manifestation. Elles ont été accusées de désordre public et de blessures à autrui. Le verdict vient de tomber: deux sont condamnées à un an et deux mois de prison, les quatre autres sont acquittées.

La manifestation du 1er octobre 2017

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Dolores « Lola » López Resina est originaire de Granollers (Catalogne). Elle a étudié et travaillé dans plusieurs usines de la région de Valles où elle vivait.
Dès son plus jeune âge, elle a commencé à lutter pour le socialisme et pour droit à l’autodétermination des peuples basque et catalan. En 1980, elle a été arrêtée avec d’autres militants du PCE(i), le Parti Communiste d’Espagne (internationaliste), une organisation maoïste. Elle a été sauvagement torturée, jugée et condamnée à 9 ans de prison. Elle a été libérée en 1988. Après sa sortie de prison, Lola a continué la lutte, et s’est engagée comme combattante internationaliste dans ETA. En 2001, elle est à nouveau arrêtée, en France. En janvier 2018, la France l’a remise à l’Espagne et elle purge actuellement sa peine à la prison de Brieva, près d’Avila, dans une situation de premier degré, la plus dure des prisons espagnoles. Si Lola doit purger toute sa peine, elle sortira de prison le 4 juillet 2046, à l’âge de 96 ans. Car l’État espagnol viole la loi, ses lois, en ne comptant pas les années d’emprisonnement en France. Dans le cas contraire, Lola serait libre.

Lien vers le comité de soutien à Lola

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Six personnes interpellées après la manifestation du samedi 27 février dans le centre de Barcelone, qui dénonçait l’état espagnol et l’emprisonnement du rappeur Pablo Hasél, étaient inculpés de manifestation illicite, désordre, agression contre des agents des forces de l’ordre, dommages,  tentative d’homicide et appartenance à un groupe criminel. Les accusations reposent uniquement sur la déclaration rédigée une division de la police catalane à laquelle appartiennent les agents qui ont procédé aux arrestations.

L’accusation de tentative de meurtre pour l’attaque contre la camionnette de police dans laquelle se trouvait un agent (photo) est tombée après qu’un rapport technique des pompiers ait conclu que le risque pour la vie du policier était « faible ». Les avocats ayant déposé de nouvelles demandes de mise en liberté, le juge a décidé le 9 novembre une caution provisoire de 40 000 à 45 000 euros avec, en cas de paiement de la caution et donc de libération, des mesures de restriction des libertés seront prises (pointage hebdomadaire au tribunal, retrait du passeport et interdiction de quitter l’Espagne). Deux des manifestants ont pu quitter leurs cellules. Cependant, les quatre autres sont toujours en détention provisoire. Tous ont déposé un recours contre le montant de la caution fixée par le juge. L’affaire est encore en cours mais les cautions ont déjà été réduites à 15.000 euros..

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Une « holi party » (un jeté festif de poudres colorées traditionnel en Inde) avait été organisé à Barcelone il y a trois ans, le 29 septembre 2018, lors d’une manifestation les forces policières qui avaient mené la répression du référendum d’autodétermination en 2017. Au cours du rassemblement à la Plaza Sant Jaume, devant la Generalitat, les indépendantistes ont jeté des poudres colorées. L’action s’est terminée par des charges de police et par l’arrestation de quatre indépendantistes pour avoir transporté des sacs de la poudre de couleur. Le procès de cette action a lieu cette semaine, et le parquet a requis quatre ans de prison pour chacune des quatre personnes inculpées d' »attaque contre l’autorité ».

 

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Vendredi 24 septembre au soir, un concert de soutien à Pablo Hasél se tiendra au local « La Zone » à Liège (Quai de l’Outhe 42) à partir de 20h (le lien vers l’événement Facebook ici). Le lendemain un autre concert se déroulera à Bruxelles cette fois (le lien vers l’événement Facebook ici). Ce second concert aura lieu à partir de 20h au Garcia Lorca (rue des foulons, 47).

Ces événements sont organisés par un collectif d’artistes qui a crée une compilation musicale qu’iels ont produite dans le but de financer une partie des frais de justice du rapper communiste (voir notre article). Ce concert se déroule dans le cadre d’une tournée européenne visant à faire connaitre la répression que subit Pablo Hasél.

Concerts de soutien à Pablo Hasél à Liège et Bruxelles

Concerts de soutien à Pablo Hasél à Liège et Bruxelles

Entre 200.000 et 400.000 Catalans ont défilé dans Barcelone à l’occasion de la Diada, la fête nationale catalane, la journée se terminant par de violents affrontements avec la police. Les manifestations ont commencé avec des personnes apportant les Estelades, ou Senyera estelada, le drapeau étoilé de l’indépendance catalane. D’énormes drapeaux étaient étalés dans la foule, qui se déplaçait alors en procession dans les rues, entourées de foules qui chantaient. Vers le soir, des policiers anti-émeute, les Mossos d’Esquadra, de la police catalane, ont commencé à envahir les rues, en « prévision des violences ». Des affrontements avec la police ont alors éclaté et plusieurs manifestants ont été arrêtés.

 

 

Vendredi 13 août à 18h, un apéro de soutien à Pablo Hasél se tiendra au Local Sacco et Vanzetti (chaussée de Forest, 54 à Saint-Gilles). Cet événement, organisé par un collectif d’artistes, a pour objectif de populariser une compilation musicale qu’iels ont produite dans le but de financer une partie des frais de justice du rapper communiste (voir notre article). Plus d’infos ici.

Pablo Hasel

Pablo Hasel

Neuf dirigeants indépendantistes catalans ont été libérés mercredi, au lendemain de la grâce accordée par le gouvernement espagnol. Une manifestation se tenait devant le théâtre de Liceu où le premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, annonçait la mesure de grâce (photo). Les manifestants réclamaient une amnistie plutôt qu’une grâce. La grâce exempte les condamnés du reste de leur peine et leur permettre de sortir de prison, l’amnistie revient à effacer totalement le délit. Et si cette grâce a permis à ces neuf indépendantistes de sortir de prison, elle reste « partielle » car elle ne lève pas la peine d’inéligibilité à laquelle ils avaient été condamnés, a précisé Pedro Sanchez.

Une dizaine de dirigeants du mouvement indépendantiste vivent en exil, plusieurs mandats d’arrêts européens ayant été lancés à leur encontre. La libération de ceux qui étaient restés en Catalogne, qui avaient été arrêtés puis jugés et condamnés par la justice espagnole ne veut pas pour autant dire que ces exilés peuvent rentrer en Espagne librement. Le message de Pedro Sanchez est clair: ne sont graciés que ceux qui rendent des comptes à la justice espagnole. Donc, pour, éventuellement, voir le délit de sédition levé, Carles Puigdemont et les autres exilés, qui n’ont pas été jugés en leur absence, devront revenir en Espagne et se mettre à la disposition de la justice. Reste aussi et surtout la situation des centaines de militants arrêtés lors des résistance à la répression du mouvement indépendantiste.

 

 

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Hier, mercredi 10 juin, une opération policière a été menée à Barcelone contre des participants présumés aux manifestations pour la liberté de Pablo Hasél qui ont commencé le 16 février de cette année (voir notre article). Au total, 18 personnes ont été arrêtées. Les arrestations ont été effectuées par les Mossos d’Esquadra (police catalane) et la Garde urbaine de Barcelone.

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