La Cour suprême suédoise a donné son feu vert à l’extradition vers la Turquie d’un premier partisan du PKK, répondant à une condition posée par la Turquie à l’entrée de la Suède dans l’OTAN. Il appartient désormais au gouvernement suédois de décider d’extrader l’homme, qui serait le premier partisan du PKK extradé par la Suède vers la Turquie. La nouvelle loi entrée en vigueur en Suède le 1er juin introduit des poursuites pour “participation à une organisation terroriste”, renforçant la législation du pays dans ce domaine, une des conditions posées par la Turquie pour lever son veto sur l’entrée dans l’OTAN. Réélu le 28 mai à la tête de la Turquie, le président Erdogan réclame notamment l’extradition par la Suède de plusieurs dizaines de militants kurdes.

Manifestation de soutien aux Kurdes en Suède

Leyla Sorxwîn, une commandante des Unités des femmes libres (YJA Star), les unités militaires féminines du PKK, a été tuée dans combat contre l’armée turque au Kurdistan iranien, dans la région frontalière de Besta. Les affrontements ont duré deux jours suite à une vaste opération militaire dans la province de Şırnak. Sept autres combattantes des YJA Star ont été tuées dans ces combats.

Leyla Sorxwîn est le nom de guerre d’Hamiyet Yalçınkaya, elle était née à Amed (Dyarbakir). Elle a rejoint le PKK en 1993 et a participé activement à la mobilisation des femmes kurdes et à la mise en place dune force de guérilla féminine autonome dans presque toutes les régions du Kurdistan. Elle a appartenu au comité central du PKK et était membre du quartier général central des YJA Star et du commandement des Forces de défense du peuple (HPG), les forces armées du PKK. Fin 2017, Leyla Sorxwîn est retournée à Besta pour restructurer la guérilla régionale. Le décès est survenu les 22 et 23 janvier (le retard dans cette annonce est usuel pour empêcher que les informations servent la contre-guérilla).

24 personnes ont été arrêtées par la police turque lors de perquisitions domiciliaires dans de nombreuses villes le 23 mai. Des membres et des dirigeants de partis politiques et d’organisations non gouvernementales au sein du Congrès démocratique du peuple (HDK) ont été conduits à la direction de la sécurité de Tekirdağ. Les 24 ont été placés en garde à vue pour « appartenance à une organisation terroriste ». Les personnes placées en détention provisoire étaient Servet Taşkın, Rahmi Diren, Cezmi Yaman, Turgut Haskan, Turgut Gökçe, Çetin Kale, Adnan Kurt, Ceylan Deniz Adıyaman, Senem Özbey, Zübeyde Karaoğlan, Mehmet Akyürek, Ayla Eroğlu, Ömer Faruk Kırnıç, Ay tekin Bu lut, Ayse Yolkesen, Hilmi Karaoğlan, Seza Büyükkılıç, Sinan Göksel et 2 personnes dont les noms n’ont pas été connus.

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L’ancien prisonnier politique Abdulhalim Kırtay est décédé hier vendredi à Amed (Diyarbakir). Abdulhalim Kirtay avait été arrêté en 1993 à Silvan, accusé d’ « activité séparatiste ». Il avait été condamné, comme membre du PKK, par la cour de sûreté de État, à une peine de prison à perpétuité aggravée. Au cours de ses 30 années d’emprisonnement, il avait contracté diverses maladies et avait dû subir de multiples opérations. En novembre dernier, il avait été soigné dans un hôpital d’İzmir, où il avait été menotté à son lit pendant quatre jours. Kırtay n’a été libéré en mars alors qu’il était en phase terminale (voir notre article). Le PKK a rendu hommage à Abdulhalim Kırtay qui a résisté dans les cachots de l’État colonial turc pendant trois décennies. Nous nous associons à cet hommage.

Les autorités turques ont déclaré “zones de sécurité spéciales temporaires” 14 zones dans la province de Sirnak. Ces zones kurdes se situent notamment à Cizre, Silopi, Uludere et Beytüşşebap. Depuis des années, l’État turc déclare systématiquement et arbitrairement des “interdictions” et des “zones de sécurité spéciales” dans les provinces kurdes, en particulier à Sirnak et Hakkari. Ces méthodes ont pour conséquence de limiter les mouvements des habitants de ces régions. La décision prise par le gouvernement prévoit que ces 14 zones seront considérées comme “zones de sécurité spéciales temporaires” du 1er au 15 mai. Durant cette période, l’entrée et la sortie seront strictement contrôlées, voire interdites, selon les cas. Des mouvements de troupes et des vols de l’aviation militaire turque y ont été remarqués. Ces mêmes régions avaient déjà été déclarées “zones de sécurité spéciales” pour une durée de 15 jours, du 16 au 30 avril. De plus, le 8 avril, l’entrée dans les hautes terres de quatre villages du district de Yuksekova à Hakkari avait été interdite.

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12000 personnes ont participé au traditionnel 1er Mai révolutionnaire de Berlin Kreuzberg, encadré par 6500 policiers… Il n’y a eu que peu d’incidents, mais dans la nuit du 30 avril au 1er mai, la manifestation queer-féministe de la Nuit des Walpurgis a rassemblée quelques milliers de participantes et a donné lieu à des heurts avec la police et à des arrestations.
A Istanbul, la place Taksim est un lieu symbolique en raison d’un attentat sanglant contre des manifestants lors de la fête du Travail de 1977. En hommage aux victimes, des centaines de personnes s’y rassemblent chaque année et déposent des fleurs devant le mémorial… malgré les interdictions instaurées par le gouvernement d’Erdogan. Hier, au moins 100 manifestants ont été arrêtés alors qu’ils tentaient de rejoindre la place.
Des affrontements ont eu lieu au Chili, dans le centre de Santiago: les manifestants ont affronté les blindés des Carabiniers avec des pierres et des cocktails Molotov (photo).

Ce sont au total 128 personnes qui ont été arrêtées à la suite des opérations policières du 25 mai touchant 21 villes (voir notre article). Des mandats d’arrêt ont été émis contre un total de 216 personnes, dont des journalistes, des politiciens, des avocats et des artistes. 28 personnes ont été mises en garde à vue jeudi. Abdurrahman Gök, rédacteur en chef de l’Agence Mésopotamie, Beritan Canözer, correspondant de JINNEWS, et les journalistes Mehmet Şah Oruç et Remzi Akkaya, qui ont été transférés au juge pénal de paix le jeudi 27, ont été placés en détention provisoire pour « appartenance à une organisation terroriste ». Trois avocats faisaient partie des personnes incarcérées pour « appartenance à une organisation terroriste ». Trois autres ont été libérés sous contrôle judiciaire, et trois autres encore ont été libérés sous contrôle judiciaire et interdits de séjour à l’étranger.

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Militantes, avocats, journalistes, artistes, dirigeants d’ONG… au moins 110 personnes ont été arrêtées en Turquie dans le cadre d’une opération « anti-terroriste » visant officiellement le PKK, à trois semaines des élections présidentielle et législatives. L’opération, survenue aujourd’hui mardi, survient à trois semaines d’élections cruciales pour la Turquie et elle a touché 21 provinces du pays, dont celle de Diyarbakir, au sud-est, à majorité kurde. Le nombre total d’interpellations pourrait atteindre 150. Les avocats sont interdits de tout contact avec leurs clients pendant 24 heures. Les élections présidentielle et législatives se tiennent dimanche 14 mai en Turquie et seront décisives pour le maintien, ou non, du président Recep Tayyip Erdogan et de son parti AKP, au pouvoir depuis deux décennies. L’opposition présente un front uni de six partis qui a désigné Kemal Kiliçdaroglu comme candidat de l’alliance de l’opposition pour la présidentielle turque, soutenu par le parti HDP.

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La police turque a de nouveau empêché la veillée hebdomadaire des mères du samedi à Istanbul et arrêté dix-sept personnes, principalement des parents de militants disparus mais aussi la coprésidente de l’Association des droits de l’homme (IHD), Eren Keskin, et le porte-parole de la Commission pénitentiaire de l’IHD, Nuray Çevirmen. La place Galatasaray, où devait avoir lieu le sit-in des Mères du samedi, avait été bouclée par des barrières policières depuis le petit matin. La police anti-émeute déployée avec un important contingent a empêché le groupe de s’approcher de la place. La place Galatasaray est considérée comme un lieu symbolique de la lutte pour les droits de l’homme en Turquie. Les parents des disparus avaient annoncé qu’ils iraient déposer des œillets rouges à cet endroit symbolique et nous souvenir de nos proches qui ont disparu en détention. On estime que plus de 17 000 personnes « disparues » ont été enlevées, torturées et assassinées par des escadrons de la mort dans les années ’80 et ’90. En 1995, des femmes d’Istanbul sont descendues dans la rue pour la première fois pour attirer l’attention sur des proches arrêtés puis portés disparus. Depuis une attaque contre les mères du samedi ordonnée par le ministère de l’Intérieur il y a cinq ans, la place Galatasaray est une zone interdite aux mères du samedi.

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La militante kurde Ayşe Gökkan est née dans le district de Suruç à Urfa en 1965 et a étudié le journalisme. Elle a été arrêtée plus de 80 fois. En 2009, Gökkan a été élue maire du district de Nusaybin à Mardin avec 83 % des voix. La plupart des enquêtes à son encontre ont eu lieu pendant son mandat. En décembre 2020, elle a été condamnée à dix-huit mois de prison à Mardin. Lors du procès, elle a été accusée de se trouver dans une zone militaire restreinte et d’avoir causé des dommages matériels. L’accusation découle d’une action de désobéissance civile en octobre 2013. À l’époque, Gökkan était maire de Nusaybin et avait protesté par une grève de la faim  contre la construction d’un mur à la frontière avec la Syrie. Gökkan avait été condamné à 22 ans et 6 mois de prison pour des accusations de « terrorisme » et d’appartenance au PKK par la 9e chambre criminelle de Diyarbakır en octobre 2021. Une cour d’appel régionale d’Amed (tr. Diyarbakır) a confirmé mercredi le verdict en première instance.

 

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