Secours Rouge

Abattre le capitalisme, construire la solidarité.

Vendredi 6 décembre, des milliers de personnes ont pris part à une manifestation à Santiago au cours desquels des heurts ont éclaté avec la police. A proximité de la Plaza Italia, des manifestant·es armé·es de pierres ou de cocktails molotov se sont affronté·es à la police qui a tiré des gaz lacrymogènes et utilisé des canons à eau. Des manifestant·es ont brandi un énorme drapeau chilien avec un œil fermé dessus pour représenter les quelques 300 personnes éborgnées par des tirs de la police au cours des dernières manifestations (voir notre article).

Au cours de cette manifestation, une personne a été blessée par balle, probablement par un policier en civil. Notons que depuis le début du mouvement de révolte, il y a maintenant 50 jours, 23 personnes ont été tuées. Enfin, on signale l’usage par la police de grenades lacrymogènes spéciales à longue portée qui ont fait de nombreux·ses blessé·es.

Émeutes au Chili (archive)

Émeutes au Chili (archive)

 

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Le président du Chili, Sebastián Piñera, a annoncé dimanche passé que les polices d’Angleterre, d’Espagne et de France conseilleront la police nationale chilienne en matière de maintien de l’ordre. Il affirme que cette collaboration ne consistera pas seulement en un “échange d’expérience” autour des manifestations avec affrontements violents, mais que la police chilienne se formera également aux tactiques et stratégies employées dans ces pays européens pour “rétablir l’ordre public”. Cette collaboration s’inscrirait dans un ensemble de mesures d’intensification de la répression annoncées par le sous-secrétaire chilien à l’Intérieur Rodrigo Ubilla.

Ces annonces ont lieu dans un contexte de manifestations de masse au Chili qui sont violemment réprimées, faisant plus de 2000 blessé·e·s, près de 200 éborgné·e·s et plusieurs mort·e·s (voir nos articles ici).

Le président du Chili Sebastián Piñera

Le président du Chili Sebastián Piñera

La protestation, déclenchée le 18 octobre par une augmentation du prix du ticket de métro à Santiago, s’est vite étendue à des revendications plus larges, débouchant sur la plus grave crise sociale que le Chili ait connue en trois décennies. Des troubles insurrectionnels se sont ainsi produits jeudi à Santiago et dans d’autres villes comme Valparaiso, Viña del Mar, Arica, Antofagasta et Concepcion. Un adolescent a été tué sur une barricade érigée avec des pneus sur la route qui relie Arica, près de la frontière péruvienne, au reste du pays. Un automobiliste a voulu foncé dans le barrage, tuant l’adolescent et blessant grièvement un adulte qui l’accompagnait. Outre ce 23e décès, le bilan officiel des incidents de jeudi a été de 128 blessés et 767 arrestations. A Santiago, en particulier, et dans plusieurs quartiers périphériques de la capitale comme Puente Alto, Quilicura ou Maipu, la nuit de jeudi à vendredi avait été marquée par des attaques contre des commerces, un poste de police et une station-service.

Des milliers de personnes se sont de nouveau rassemblées vendredi sur la plaza Italia (rebaptisée place de la Dignité), dans le centre de la capitale, pour la cinquième “plus grande marche du Chili”, une manifestation convoquée chaque vendredi sur cette place depuis le début du mouvement. Dans les environs, des manifestants encagoulés affrontaient la police, qui dispersait la foule avec du gaz lacrymogène et des camions lanceurs d’eau. Pendant les neuf premiers jours du mouvement, le président chilien Sebastian Piñera avait déployé l’armée dans les rues et décrété un couvre-feu. Mais à présent la police (et la police militarisée, les carabiniers) est seule à tenter de rétablir l’ordre. La police a annoncé mardi qu’elle suspendait l’utilisation de ces munitions spéciales qui ont rendu borgnes ou aveugles des centaines de manifestants (voir notre articles).

Des manifestants se protègent face aux forces de l'ordre à Santiago, hier vendredi

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Pour le quatrième vendredi de manifestation, des milliers de personnes se sont rassemblées sur la place d’Italie, rebaptisée place de la Dignité par les manifestant.e.s qui la considèrent comme un symbole des manifestations. Ce jour-là, un jeune homme est mort d’un arrêt cardiaque suite à l’utilisation massive, par les forces de l’ordre, de gaz lacrymogène sur la place de la Dignité. L’équipe médicale qui tentait de le ranimer a  été attaquée par la police avec les autopompes, du gaz lacrymogène et également des tirs de balles en caoutchouc blessant à la jambe un des médics qui soignait le manifestant. Celui-ci venait de Maipú, commune de la banlieue de Santiago.

Manifestante arrêtée place de la dignité (ancienne place d'Italie)

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Selon un organisme public indépendant, 197 personnes ont subi des blessures oculaires depuis le début de la contestation le 18 octobre au Chili, principalement causées par des tirs de “chevrotines” de caoutchouc.  Parmi elles, 35 risquent de perdre totalement la vue. Au moins vingt personnes sont mortes depuis le début de la crise chilienne, et plus de 2.000 ont été blessées, selon les chiffres officiels. A cela s’ajoutent d’autres traumatismes comme les agressions sexuelles contre les manifestantes arrêtées: 93 plaintes ont été déposées, dont 23 pour des agressions sexuelles commises par des policiers sur des mineures.

1er novembre, en mémoire de celles qui ont été tuées, torturées et violées.

 

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Alors qu’une mobilisation sociale inédite est férocement réprimée par l’armée et la police au Chili (voir notre article), une énorme fuite de données vient d’avoir lieu. Les informations personnelles de tous les policiers chiliens ont été rendues accessibles sur le site pacolog. Sur une carte du Chili, chaque petite icône représente un agent chilien et son lieu de résidence. Il est possible de zoomer pour obtenir l’adresse exacte. En cliquant sur l’icône, le profil du policier apparaît, avec son nom complet, numéro d’identité, matricule, adresse personnelle, mail et GSM. On y trouve aussi parfois un profil Facebook, le lieu de travail, le grade, et le détachement.

Plus d’infos ici.

Capture d'écran du site PacoLog

Capture d’écran du site PacoLog

 

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La tension ne redescend pas au Chili. Alors que le gouvernement de Piñera a annoncé quelques mesures sociales pour enrayer le mouvement, le mouvement social est entré dans sa troisième semaine. Une foule de plusieurs dizaines de milliers de personnes, parmi lesquelles de nombreux étudiants, s’est rassemblée lundi soir à Santiago, sur la plaza Italia, lieu emblématique du mouvement de colère initié le 18 octobre. Les manifestations dans la capitale ont été émaillées de nombreux affrontements. Des heurts ont éclaté entre forces de l’ordre et manifestants et plusieurs bus ont été incendiés. Alors qu’un cortège tentait de s’approcher du palais présidentiel de la Moneda, la police a dispersé la foule en faisant usage des lances à eau et de gaz lacrymogènes. Révoltés par les inégalités sociales, les manifestants réclament notamment une réforme du système de retraites et une révision de la Constitution, tous deux hérités de la période de la dictature, ainsi que de profondes réformes du modèle économique ultralibéral chilien. La crise sociale, provoquée le 18 octobre par une augmentation du prix du ticket de métro (depuis annulée), a fait 20 morts et 1 305 blessés.

manifestant au Chili

 

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De nouvelles manifestations avaient lieu mardi au Chili pour maintenir la pression sur le gouvernement du président conservateur Sebastian Pinera, au onzième jour d’un mouvement de contestation inédit contre les inégalités socio-économiques. Les manifestants se sont rassemblés sur l’emblématique Plaza Italia, dans le centre de Santiago, après un appel lancé sur les réseaux sociaux. “Pinera démission” pouvait-on lire sur une large banderole déployée par les manifestants. Comme la veille, des affrontements ont éclaté aux abords du rassemblement entre protestataires et forces de l’ordre, lorsque des manifestants ont tenté de se diriger vers le palais présidentiel, protégé par un large périmètre de sécurité. En raison des manifestations, le gouvernement chilien a renoncé à accueillir la 25e conférence mondiale sur le climat, la COP25, ainsi que le sommet de l’APEC, le forum de Coopération économique Asie-Pacifique, prévu mi-novembre à Santiago.

Les affrontements de mardi à Santiago

 

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Mercredi 23 octobre en soirée, trois dirigeant·e·s de la jeunesse communiste ont été arrêté·e· à Santiago. La police a arrêté ces trois personnes à l’intérieur d’un bâtiment et à l’aide de gaz. Elles ont été emmenées au 3ème commissariat des carabiniers de Santiago et leurs camarades redoutent qu’elles subissent des maltraitances.

Les trois personnes arrêtées sont Valentina Miranda, porte-parole du CoNES (Coordination Nationales des étudiants de Secondaire), Pablo Ferrada, responsable du secteur étudiant de la Jeunesse Communiste au Chili, et Anaís Pulgar, secrétaire politique de l’Université régionale de Santiago. Seule Valentina Miranda a pour l’instant été libérée.

Plus d’infos ici.

Les affrontements au Chili

Mardi 22 octobre, après 5 jours d’émeutes et d’affrontements notamment entre manifestant·e·s et l’armée, Sebastian Piñera, le président du Chili a demandé « pardon » au peuple et a proposé des mesures sociales. Les mesures annoncées n’ont cependant pas affaibli le mouvement de contestation. Les manifestantes et manifestants réclament des changements plus radicaux que ceux annoncés hier soir, comme l’adoption d’une nouvelle Constitution, l’actuelle étant héritée de la dictature d’Augusto Pinochet. De plus, Sebastian Piñera n’a pas répondu à l’une des demandes les plus pressantes de la population : le retrait de l’armée qui occupe actuellement les rues des grandes villes (voir notre article). Depuis le début du mouvement et suite à la répression violente qui a suivi, entre 15 et 20 personnes seraient mortes. De nombreuses arrestations violentes ont également été recensées, ainsi que des cas de violences sexuelles. Enfin, plus de 250 personnes seraient blessées, dont la moitié par arme à feu.

Émeutes au Chili

Émeutes au Chili

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