Secours Rouge

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Des milliers de personnes ont participé dimanche à Santiago du Chili à une marche en l’honneur de la résistance des Mapuches, pour exiger la libération des prisonniers politiques autochtones, la fin des abus et le retour des terres ancestrales expropriées. La mobilisation, organisée chaque année par diverses organisations mapuches de la région sud de l’Araucanie, a été émaillées de plusieurs incidents au cours desquels des manifestants cagoulés ont affrontés les forces spéciales des carabiniers. Plusieurs arrestations ont eu lieu.

Les affrontements de dimanche à Santiago

Les affrontements de dimanche à Santiago

Hier matin, de nouvelles perturbations ont eu lieu dans les environs du Liceo de Aplicacion, à Santiago. Un groupe de manifestants masqués est sorts de l’établissement scolaire et a attaqué les forces spéciales de la police qui stationnent en permanence sur face. Au moins un carabinier a été touché par une bombe Molotov et les autres ont été touchés par des objets contondants. Cinq policiers ont été blessés et deux étudiants ont été arrêtés.

Hier matin à Santiago

Hier matin à Santiago

Des incidents ont opposé dimanche les forces de l’ordre à des manifestants qui participaient à une marche commémorative pour les victimes du coup d’Etat de Pinochet, marche organisée par le parti communiste chilien. Les manifestants ont déposé des gerbes de fleurs devant une des portes latérales du palais présidentiel, côté rue Morandé. C’est là que le corps du président Allende avait été évacué après le coup d’Etat. Les incidents se sont prolongés tard dans la soirée. Un jeune homme a été blessé d’une balle à la cuisse.

Ces commémorations interviennent alors qu’une décision de justice agite le Chili depuis le mois de juillet: trois magistrats de la Cour suprême ont remis en liberté conditionnelle sept ex-agents de la dictature emprisonnés pour crimes contre l’humanité, au grand dam des ONG et des familles de disparus. L’armée et la justice étant aux mains des pinochetistes, il y a plus de 1.500 affaires en cours qui n’ont toujours pas été éclaircie, l’armée refusant toujours d’ouvrir ses archives.

Les affrontements de Santiago

Les affrontements de Santiago

Des étudiants de l’Université Iberoamericana ont participé avant-hier mercredi à une manifestation devant la Maison des études, rue Dieciocho. Ils ont édifié des barricades qui ont perturbé la circulation dans le centre-ville de Santiago. Les forces des Carabiniers sont intervenues, ce qui a donné lieu à des affrontements.

Les affrontements de Santiago

Les affrontements de Santiago

Ce mercredi 25 juillet, plus de 50.000 personnes ont participé à la sixième marche nationale pour un avortement légal, libre et sûr au Chili réclamant le droit à l’avortement sans motif et à une éducation non sexiste. Lors de la marche, trois femmes ont été poignardées et un carabiner bléssé. Les attaques ont été revendiquées par le groupe néo-nazi «Movimiento social patriota » via les réseaux sociaux.
D’après nos informations, les trois femmes vont bien.

Cette marche est organisée depuis 2013, tous les 25 juillet, en réaction à l’affaire Belén, une jeune fille de 11 ans, qui s’est retrouvée enceinte après avoir été violé par son beau-père et qui a dû poursuivre sa grossesse malgré son âge. En août 2017, le parlement avait ouvert le droit à l’avortement pour trois raisons: risque de vie de la mère, non-viabilité du fœtus à la naissance et viol. Jusque là, l’avortement était interdit sous toutes ses formes.

Sixième marche nationale pour un avortement légal, libre et sûr au Chili

Sixième marche nationale pour un avortement légal, libre et sûr au Chili

Le mois passé, Freddy Fuentevilla Saa a été libéré de la prison de haute sécurité de Santiago du Chili, après dix ans et presque trois mois d’emprisonnement. Militant marxiste-léniniste, Freddy a été accusé d’avoir participé à l’attaque de la Banco Santander en septembre 2007 à Valparaíso et à celle de la Banco Security en octobre 2007 à Santiago, au cours de laquelle un sous-officier des carabinier a été tué. Il a été arrêté en Argentine le 15 mars 2008 avec un anarchiste, Marcelo Villarroel. Ils ont ensuite été expulsés vers le Chili le 15 décembre 2009. Freddy, Marcelo et Juan Aliste Vega, un autre anarchiste, ont été inculpés ensemble des deux attaques de banques. Le 2 juillet 2014, Freddy avait été condamné à 15 ans de prison (voir notre article)

Freddy Fuentevilla Saa

Freddy Fuentevilla Saa

Un carabinier a été blessé lors d’incidents survenus hier mercredi dans la marche organisée par la Confederación de Estudiantes de Chile pour une éducation sans sexisme ni violence machiste. La mobilisation dénonçait les cas d’abus sexuels de la part de professeurs, d’officiels ou d’étudiants. C’est lorsqu’elle est arrivée à proximité de la Plaza Los Heroes qu’un groupe de manifestant.e.s masqué.e.s a attaqué les forces de sécurité.

L’intervention des Carabiniers hier à Santiago

L'intervention des Carabiniers hier à Santiago

De violents affrontements entre la police et les manifestants étudiants ont eu lieu mardi dans les rues de Santiago, la capitale chilienne. La police anti-émeute a utilisé des canons à eau pour disperser les étudiants protestataires. 17 étudiants ont été arrêtés. Les manifestants étaient en colère contre une décision de la cour constitutionnelle qui aurait rendu illégal pour les universités d’opérer dans un but lucratif. Cette décision est un coup dur pour les réformes des droits de scolarité introduites par l’ancienne présidente de centre-gauche, Michelle Bachelet (réformes pourtant jugées bien insuffisantes par les étudiants). Les juges ont voté six contre quatre en faveur d’un groupe d’universités privées qui avaient soutenu que la décision initiale était inconstitutionnelle.

Les affrontements mardi à santiago

Les affrontements mardi à santiago

Quatorze personnes ont été arrêtées cet après-midi après les affrontements survenus à Bariloche suite à la décision de la la Cour fédérale d’extradition du militant Mapuche lonko Facundo Jones Huala. Les affrontements ont commencé dès cette annonce, devant le palais de justice, opposant les manifestants aux forces de sécurité composées de policiers de la PSA et de gendarmes. Les forces de l’ordre ont jeté des grenades lacrymogènes et tiré des balles en caoutchouc. La rue San Martin était enveloppée d’un épais nuage de gaz, tandis que les pierres volaient contre la police. Les manifestants ont couru vers le centre de Bariloche, où de nouvelles émeutes éclatèrent, ciblant notamment des agences de banques. L’intervention policière dans le centre a débouché sur14 arrestations.

Un des 14 arrestations à Bariloche

Un des 14 arrestations à Bariloche

Jeudi 15 février, Ricardo Palma Salamanca a été arrêté à Paris suite à une “notification rouge” émise par Interpol Chili, qui a requis son arrestation à la police française pour l’extrader et le livrer à la justice chilienne. Ricardo Palma a été membre du Front Patriotique Manuel Rodriguez et pèsent contre lui des accusations en rapport avec l’exécution en avril 1991 par le FPMR de Jaime Guzmán, idéologue de la dictature militaire d’Augusto Pinochet et fondateur du parti d’extrême droite UDI.

Condamné par la justice chilienne à une double peine d’incarcération à perpétuité en 1992, Ricardo Palma, qui, en tant que prisonnier politique, il y a 22 ans s’était évadé en hélicoptère de la prison de haute sécurité de Santiago. Il vivait en France avec la permission des autorités de ce pays depuis 2017, où il est entré légalement. Après l’arrestation, la justice française a décidé de le mettre en liberté surveillée.

Une semaine après l’arrestation de Ricardo Palma Salamanca, le jeudi 22 février, sa compagne, Silvia Paulina Brzovic Pérez, s’est rendue aux autorités françaises après le mandat d’arrêt international émanant du Chili, où elle est accusée d’aider à l’enlèvement de Cristián Edwards, fils du propriétaire du journal El Mercurio, en septembre 1991. Silvia Brzovic est en liberté surveillée et a demandé l’asile politique en France.

Ricardo Palma Salamanca

Ricardo Palma Salamanca