Actualité de la répression et de la résistance à la répression

Le gouvernement allemand a approuvé l’expulsion de la militante espagnole Maria V. au motif qu’elle travaillait en relation avec des organisations et institutions kurdes. Maria V., qui a été expulsée vers l’Espagne, sera interdite d’entrée en Allemagne pendant les 20 prochaines années. C’est la première fois que l’état allemand impose une restriction d’une telle durée à un-e ressortissant-e de l’UE, en invoquant un lien avec le mouvement kurde.

Parmi les motifs de l’ordre d’expulsion figurent sa maîtrise du kurde, sa visite d’institutions kurdes et sa participation à des manifestations et des panels sur le Kurdistan ainsi que sa participation aux manifestations du 8 mars pour la Journée internationale des femmes travailleuses et sa résistance au Hambacher Forst, l’un des mouvements écologistes les plus connus d’Allemagne. Elle est considérée comme personne de lien entre le PKK, listée comme organisation terroriste depuis le 26 novembre 1993, et les groupes politiques de gauche en Allemagne.

manifestation kurde en Allemagne (archive)

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Des affrontements ont eu lieu à Mexico à l’occasion de la Journée internationale contre la violence à l’égard des femmes alors que des milliers de personnes ont défilé pour condamner la violence sexiste. La grande marche dans la capitale, l’une des nombreuses à travers le Mexique, a traversé l’emblématique Paseo de la Reforma. Les monuments et certains magasins le long du parcours étaient entourés de clôtures métalliques et de policières pour éviter d’être attaqués, mais cela n’a pas empêché certains manifestantes cagoulées de casser des vitres et des arrêts de bus. Sur la place Zócalo, des affrontements ont eu lieu avec la police qui entourait le Palais national, siège du gouvernement et résidence du président. Le Mexique est l’un des pays les plus violents à l’égard des femmes, avec plus de 10 meurtres par jour. Les féminicides continuent d’augmenter avec 842 cas signalés entre janvier et octobre de cette année, soit une augmentation de 4,9% par rapport à la même période en 2020..

Des heurts ont aussi eu lieu à Istanbul où des manifestantes dénonçaient aussi le retrait de la Turquie d’un traité international protégeant les femmes, la Convention d’Istanbul, accusé par le pouvoir d’encourager l’homosexualité et de menacer la structure familiale traditionnelle. Les manifestantes ont été accueillies par des tirs de gaz lacrymogènes au moment où elles tentaient de franchir les barricades de police. En Turquie, ce sont 345 femmes qui ont été tuées depuis début 2021, contre 410 en 2020.

arrestation à Istanbul

 

Une nouvelle opération policière a visé des membres du HDP Parti Démocratique des Peuples). Cette opération était basée sur une enquête menée par le bureau du procureur général de Kocaeli. Les maisons des administrateurs provinciaux et de district du HDP à Kocaeli ont été perquisitionnées dans la matinée. Le coprésident du district HDP de Darıca, le coprésident du district de Dilovası, le coprésident du district de Gebze, l’administrateur provincial, un membre du conseil municipal de Darıca et deux membres du HDP ont été emprisonnés suite à les raids. Des perquisitions ont été menées à Istanbul dans le cadre de la même enquête. Deux personnes ont été détenus dans les districts de Kartal, Tuzla et Sultanbeyli.

(image d’archive)

 

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Trois hommes ont été arrêtés par des policiers enquêtant sur l’INLA, l’Irish National Liberation Army. Agés de 37, 42 et 46 ans, ils ont été arrêtés en vertu de la loi sur le terrorisme, a annoncé le service de police d’Irlande du Nord. Cinq maisons dans l’ouest de Belfast ont été perquisitionnées, ce qui aurait selon la police permis la découverte d’une arme à feu.  Les arrestations ont eu lieu en relation avec une manifestation dans le quartier de Divis, à Belfast, le 30 mai. Ce jour là, une vingtaine d’hommes cagoulés avaient tiré une salve d’honneur pour commémorer Martin McElkerney, un militant historique de l’INLA décédé quelques jours plus tôt.

 

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Le 22 octobre, un jeune rom désarmé mais circulant à bord du voiture volée était immobilisé, puis abattu de 38 balles par sept policiers, qui ont été libérés. En premières représailles à ce meurtre impuni, aux premières heures du 15 novembre,deux bombes ont explosé contre les maisons de deux des policiers. L’action a été revendiquée par Cellules d’Action Directe – Organisation d’Action Anarchiste qui, en juillet dernier, avaient dénoncé publiquement comme cible 21 membres de la police grecque (voir ici). Ce sont les maisons de deux membres de cette liste qui ont été attaquée. Lire le communiqué.

La famille de Nikos Sambanis

 

 

 

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Des affrontements ont eu lieu mardi et mercredi dans les quartiers entourant le Portail des Amériques, au sud-ouest de Bogotá, en raison d’une nouvelle journée de manifestations antigouvernementales. C’est un nouvel épisode de cette longue lutte qui a commencé le 28 avril. Jusqu’à  mercredi matin, des unités antiémeutes (Esmad) et la police métropolitaine de Bogotá a essayé de contenir les jeunes manifestants qui se trouvaient sur l’Avenida Ciudad de Cali, à la hauteur de l’Avenida Villavicencio. Les forces de l’ordre ont utilisé des gaz lacrymogènes, des grenades assourdissantes et des arroseuses. Les protestations, blocages et troubles ultérieurs ont également touché les transports publics. Le 23 novembre, plusieurs manifestations ont été organisées dans la capitale en commémoration des deux ans écoulés depuis la mort de Dilan Cruz Medina. Celui-ci avait été abattu par un capitaine de police lors de la grève nationale de 2019.

Les étudiants des universités et instituts du gouvernorat de Sulaymaniyah, dans le nord de l’Irak, ont manifesté en exigeant le paiement et l’amélioration des subventions financières qui leur sont accordées par le gouvernement régional autonome. La circulation des véhicules dans la province avait été complètement arrêtée sur la rue principale qui mène à l’Université de Sulaymaniyah.Les forces de sécurité sont alors intervenues pour réprimer la manifestation.

El Mahjoub Maliha, militant pour la cause du Sahara occidental, domicilié à Tessenderlo (Limbourg), avait été interpellé début novembre par le comportement suspect de son iPhone. Un courriel s’était affiché dans la boîte de réception de son iPhone comme « lu » alors qu’à peine reçu.  Il  a aussitôt contacté le laboratoire d’Amnesty International (voir notre article), transmettant une copie du contenu de son téléphone. Des traces de processus liés au logiciel espion Pegasus ont été découvertes dans la mémoire de l’appareil, elles datent de janvier, mars, avril, mai et juin 2021. La Maroc figure parmi les premiers utilisateur de Pegasus (voir notre article).

Apple a annoncé mardi avoir déposé une plainte contre NSO Group, la société israélienne qui fabrique  Pegasus  et avoir demandé au tribunal d’interdire définitivement les programmes de NSO sur les appareils et services de sa marque.

De violents affrontements entre policiers et manifestants ont eu lieu mardi à Cadix, en Andalousie, au huitième jour d’une grève des ouvriers de la métallurgie, qui réclament des hausses de salaire suite à la forte inflation (voir notre précédent article). Les heurts se sont produits à proximité du port de Cadix, à l’issue d’une manifestation qui a rassemblé plusieurs milliers d’ouvriers ainsi que des étudiants venus leur apporter leur soutien. Lors de ces affrontements, les forces de l’ordre, appuyées par un hélicoptère, ont tiré des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc.

 

Affrontements entre manifestants et forces de l’ordre, barrages routiers, barricades enflammées, pillages, attaques contres les bâtiments de l’état, tirs à balles réelles par et sur les forces de l’ordre, voici huit jours et nuits que les principales villes de Guadeloupe s’insurgent dans un mouvement dont l’étincelle fut l’opposition au pass sanitaire, mais dont les revendications se sont élargies. L’Union générale des travailleurs de Guadeloupe (UGTG), en tête de la contestation qui secoue l’île, a appelé à poursuivre la mobilisation. L’UGTG et les organisations qui ont lancé le mouvement « soutiennent avec fierté que la mobilisation populaire […] constitue une franche réponse à tous les mépris, toutes les violences qui nous sont opposés depuis des années, à nous peuple de Guadeloupe », écrit la secrétaire générale du syndicat.

Le gouvernement a envoyé 200 policiers et gendarmes supplémentaires en Guadeloupe et une cinquantaine d’agents du GIGN et du Raid. La répression judiciaire a commencé: Des audiences de comparution immédiate se sont tenues dès lundi 22 novembre. Cinq personnes étaient à ce momemt placées en détention, une a été déférée pour « violence volontaire avec arme sur une personne dépositaire de l’ordre publique » et les autres pour « vols aggravés ». Dix autres personnes sont en garde à vue ce dimanche matin. Les forces de l’ordre les ont interpellé la nuit de samedi à dimanche.