Actualité de la répression et
de la résistance à la répression

Le mercredi 11 février à 19h, le film de Lise Baron, Dans nos prisons, histoire d’une lutte (52’), sera projeté au Chat Noir à Toulouse (270 avenue de Muret). Le documentaire retrace les mobilisations des années 1970, quand détenues, familles et militants, dont le Groupe d’information sur les prisons, ont mené mutineries et actions collectives pour dénoncer les conditions de détention inhumaines. Ces luttes ont permis de mettre en lumière la « question carcérale », un enjeu toujours d’actualité dans le débat sur la justice et les droits des prisonniers.

Depuis le mouvement social contre la réforme des retraites de 2023, plus de 1 000 militants de la CGT font l’objet de procédures disciplinaires ou judiciaires, dont cinq dirigeants nationaux. Licenciements, convocations, mises en examen et condamnations ponctuent cette vague de répression qui touche toutes les branches, de la Fédération nationale des mines et de l’énergie aux services publics locaux. La CGT dénonce notamment l’usage croissant du « name and shame » par certains employeurs : la diffusion délibérée des noms et coordonnées des militants visés à la police, aux instances disciplinaires ou au grand public pour intimider, isoler et discréditer les syndicalistes. Face à cette politique, le syndicat organise des actions de solidarité et un plan d’accompagnement pour les cégétistes ciblés, tout en dénonçant un climat social et juridique de plus en plus hostile à l’action syndicale.

Dossier(s): France Tags: ,

Dans son rapport annuel 2026, Human Rights Watch alerte sur un durcissement des politiques répressives au Maroc en 2025, visant militants, journalistes et défenseurs des droits humains à travers des poursuites judiciaires pour diffamation, atteinte à la sécurité de l’État ou à la monarchie. L’organisation pointe également la répression violente des manifestations du mouvement « GenZ 212 », qui aurait causé plusieurs morts et des centaines d’arrestations, dont des mineurs, avec de nombreuses personnes encore détenues. Le rapport critique aussi une loi controversée sur le droit de grève validée par la Cour constitutionnelle, ainsi que des lacunes persistantes en matière de droits des femmes, notamment sur la tutelle des enfants, le mariage précoce et l’absence de criminalisation du viol conjugal.

Concernant le Sahara occidental, territoire occupé par le Maroc depuis 1975, la situation reste tendue. Le régime marocain refuse toujours d’organiser un référendum d’autodétermination malgré le cessez-le-feu de 1991 négocié avec le Front Polisario, qui a repris les hostilités armées en 2020. Les tentatives de solution, incluant la proposition de « plan d’autonomie » de 2007 soutenu par plusieurs pays, ne sont pas reconnues par le Front Polisario ni par l’Union africaine. Les droits humains y sont également préoccupants : 19 militants du groupe « Aïd El Aâdikim » restent emprisonnés après des procès jugés inéquitables en 2013 et 2017. Par ailleurs, la Cour de justice européenne a annulé en 2024 des accords commerciaux incluant le Sahara occidental, estimant que l’exploitation des ressources sans consentement des populations locales viole leur droit à l’autodétermination.

Lire le rapport

Au Colorado, plusieurs organisations de défense des migrants et médias locaux dénoncent des pratiques choquantes lors d’opérations d’arrestation menées par l’ICE, après la découverte d’as de pique laissés dans au moins neuf véhicules de personnes interpellées. Ces cartes, portant la mention du bureau local de l’agence et les coordonnées d’un centre de détention, ont suscité une vive polémique en raison de leur symbolique : durant la guerre du Vietnam, certains soldats états-uniens utilisaient l’as de pique comme outil de guerre psychologique, le déposant dans des villages attaqués ou sur des corps pour semer la peur et marquer leur passage. Des vidéos diffusées en ligne montrant des voitures abandonnées moteurs allumés ont renforcé l’indignation et alimenté les critiques sur les méthodes employées lors de ces interventions.

Une entreprise russe spécialisée dans les interfaces cerveau-machine a dévoilé un projet de pigeons transformés en « drones vivants » grâce à des puces cérébrales capables d’orienter leurs déplacements. Équipés de GPS, capteurs radio, caméras et systèmes d’alimentation solaire, ces oiseaux pourraient être utilisés pour l’inspection d’infrastructures, la surveillance de zones difficiles d’accès ou des opérations de recherche et de sauvetage. La société met en avant l’autonomie et l’orientation naturelle des pigeons, envisage déjà d’étendre l’expérience à d’autres espèces plus robustes. Néanmoins, le degré réel de contrôle sur les oiseaux et l’efficacité de ces pigeons cyborgs n’a pas été vérifié de manière indépendante.

Après les révélations visant Capgemini (voir notre article), une enquête de presse met en cause deux autres groupes français, Parrot et Thales, pour leurs collaborations avec des agences états-uniennes liées au contrôle migratoire. Parrot a fourni des drones de surveillance au département de la Sécurité intérieure, utilisés notamment par l’ICE pour des opérations de contrôle aux frontières, tandis que Thales a contribué à des systèmes d’identification biométrique exploitant reconnaissance faciale et empreintes digitales. Ces partenariats suscitent de nombreux appels à la mobilisation pour s’opposer à ces coopérations, ainsi que pour dénoncer le rôle de l’État français, actionnaire de plusieurs entreprises du secteur.

À Toulouse, plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées devant l’usine Thales ce mercredi 4 février. En déployant des banderoles et en collant des affiches, les manifestants ont dénoncé la coopération du fleuron industriel français avec l’ICE, mais aussi Israël, les Émirats arabes unis ou encore la Turquie. Cette entreprise française est détenue à 26,06 % par l’État, qui est donc directement responsable des activités du groupe. Thales est l’un des piliers du complexe militaro-industriel mondial, produisant drones militaires, systèmes de missiles, technologies de surveillance et véhicules blindés.

Dossier(s): France Toulouse Tags: ,

À Paris, la révolutionnaire turque Zehra Kurtay a annoncé le 5 février 2026 la suspension de sa grève de la faim illimitée entamée pour dénoncer le refus de son droit d’asile, après 219 jours de mobilisation (voir notre article). Lors d’une conférence de presse tenue dans sa tente de résistance, elle a déclaré avoir obtenu une victoire partielle avec la suspension par la haute cour de la décision de renvoi la visant. En particulier, elle a affirmé que : « L’impérialisme français, incapable de me soumettre, a cherché à me dépouiller de tous mes droits et à me livrer au fascisme turc. Il a cherché à intimider le peuple et s’est attaqué à nos droits fondamentaux. Par les politiques qu’il a mises en œuvre, il a tenté de rompre nos liens avec le peuple. » Son compagnon de lutte, Nezif Eski, également en grève de la faim pendant plus de 100 jours, a mis fin au mouvement en même temps qu’elle. Malgré l’arrêt de la grève, Kurtay a indiqué que la tente de résistance resterait ouverte pour poursuivre la mobilisation et défendre les droits fondamentaux liés à son droit d’asile.

Dossier(s): France Tags: , ,

Six militants liés à Palestine Action ont été acquittés de toutes les charges pesant contre eux suite à leur action d’août 2024 contre une usine britannique du fabricant d’armes israélien Elbit Systems, et ce malgré plus de 17 mois de détention provisoire. Le jury a refusé de les condamner, bien que cinq d’entre eux aient admis avoir endommagé du matériel et qu’un accusé ait frappé un policier. Cette décision est saluée par leurs soutiens comme une « énorme victoire », soulignant la légitimité des actions visant à empêcher l’utilisation d’armes dans le génocide à Gaza qui a fait au moins 71 000 morts. Ce verdict met également en lumière l’usage des lois antiterroristes contre les mouvements militants et renforce les appels à la libération des 18 autres membres toujours détenus dans le cadre de l’affaire dite des Filton 24 (voir notre article).

Dossier(s): Europe Tags: , ,

Le comité de soutien à Célia, enseignante et déléguée syndicale depuis 2016, dénonce son exclusion arbitraire de la CGSP Bruxelles survenue en décembre 2025. Cette décision, motivée par son appartenance au collectif École en Lutte, est jugée illégale et contraire aux statuts fédéraux du syndicat, n’ayant fait l’objet d’aucune audition préalable ni de vote à bulletin secret. Face à ce qu’ils qualifient de « dérive autoritaire » et de « panique bureaucratique » visant à étouffer le syndicalisme de base, les militants exigent sa réintégration immédiate et appellent à une mobilisation collective pour défendre la liberté d’expression et le pluralisme au sein de l’organisation.

Son comité de soutien

Dossier(s): Belgique Tags: ,

Mercredi 4 février, la venue sur le Campus 1 de l’université de Caen du média d’extrême droite Frontières, accompagné de militants du Rassemblement National et du Collectif Nemesis, a suscité une contre-mobilisation de dizaines d’étudiants. Les organisations locales CGT-SELA et PCR Caen dénoncent une répression policière, après l’intervention des forces de l’ordre qui ont nassé les participants et procédé à plusieurs interpellations, dont celles de deux de leurs membres.

Dossier(s): France Tags: ,