A l’occasion de la soirée co-organisée par le Secours Rouge Toulouse et l’AFA Tolosa le 14 janvier dernier, le militant antifasciste Zaid revient sur son parcours et le sens de son engagement révolutionnaire. Mercredi 18 février, les antifas Gino et Zaid comparaîtront devant la Cour d’Appel de Paris pour statuer sur les demandes d’extradition : la Hongrie réclame Zaid, tandis que l’Allemagne demande Gino, malgré le refus de la justice française d’appliquer le mandat d’arrêt hongrois l’an dernier (voir notre article).
Au Pays Basque, sept militants poursuivis pour avoir aidé des migrants à franchir la frontière franco-espagnole lors de la Korrika 2024 (voir notre article), course bisannuelle en faveur de la langue basque, ont été relaxés le 17 février 2026 par le tribunal judiciaire de Bayonne. Les prévenus avaient expliqué leur action comme un geste de désobéissance civile, facilitant le passage de 36 migrants entre Irun et Hendaye sur le pont Saint-Jacques. Initialement, le procureur avait requis des peines d’amende pour six d’entre eux et la relaxe pour un seul, mais le délibéré final a accordé la relaxe totale.
Le 17 février 2026, le gouvernement français a annoncé l’interdiction des « meetings politiques » dans les universités en cas de risque de « troubles à l’ordre public ». Une circulaire co-signée par le ministre de l’Enseignement supérieur Philippe Baptiste et le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a été envoyée aux préfets et aux présidences d’université pour encadrer et, le cas échéant, interdire tout événement jugé à risque dans les universités. La mesure vise officiellement à maintenir l’ordre, mais elle est le fruit d’une offensive liberticide suite à la mort de Quentin Deranque, militant néofasciste décédé le 12 février à Lyon lors d’affrontements entre groupes d’extrême droite et antifascistes (voir notre article). En effet, cette décision s’inscrit dans la poursuite de la criminalisation du mouvement étudiant et renforce les interdictions arbitraires sous couvert de « sécurité ».
Le piratage des appareils de communication par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), techniquement désigné sous le terme de « piégeage » par le ministère de l’Intérieur, se heurte à des obstacles techniques majeurs. Le taux de réussite du Service technique national de captation judiciaire (STNCJ), l’unité chargée d’extraire les données des smartphones et ordinateurs, n’oscille qu’entre 25 et 30%. Ces opérations, bien que ciblant des individus mis en cause dans des dossiers de terrorisme ou de criminalité organisée, s’avèrent non seulement difficiles à mettre en œuvre, mais également éphémères : même en cas de succès, l’accès aux données ne reste généralement opérationnel que durant quelques jours seulement.
Face à ce constat d’inefficacité relative, le pouvoir exécutif français a relancé au début de l’année 2026 une offensive politique pour obtenir un accès encadré aux communications chiffrées. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a missionné le député Florent Boudié pour explorer des évolutions juridiques permettant de contraindre les services de messagerie (tels que WhatsApp ou Signal) à fournir leurs clés de déchiffrement aux autorités. Cette initiative, qui fait suite à un premier échec législatif lors de l’examen de la loi contre le narcotrafic en 2025, s’appuie sur les auditions de hauts responsables de la sécurité et du renseignement, notamment Céline Berthon (DGSI), Pascal Mailhos (coordonnateur national du renseignement) et des représentants de Tracfin, le Service de renseignement financier de Bercy.
Dans le district de Bijapur, les forces de sécurité ont mené le 16 février 2026 des opérations coordonnées contre les maoïstes, saisissant plusieurs dispositifs explosifs et détruisant des monuments commémoratifs maoïstes. Des unités de la Central Reserve Police Force (CRPF) ont patrouillé et fouillé les secteurs des postes de police d’Usoor et de Bhopalpatnam, neutralisant des explosifs dissimulés et enterrés ainsi que des caches de matériel maoïste comprenant grenades artisanales, batteries et composants pour bombes. Les CRPF ont également démantelé des monuments non autorisés dans les forêts de Kamalapur et Korcholi, utilisés pour honorer des cadres insurgés et diffuser l’idéologie maoïste parmi les populations tribales. Ces actions s’inscrivent dans la stratégie gouvernementale visant à éradiquer les activités liées à l’insurrection maoïste d’ici le 31 mars 2026 à travers l’opération de contre-insurrection Kagaar.
Au Gabon, la Haute autorité de la communication (HAC) a annoncé, le 17 février 2026 au soir, la suspension immédiate des réseaux sociaux sur l’ensemble du territoire jusqu’à nouvel ordre. Dans un communiqué lu sur la chaîne publique Gabon 1ère, le régulateur justifie cette décision par la diffusion répétée de contenus jugés diffamatoires, haineux ou attentatoires à la stabilité des institutions et à la sécurité nationale. Les plateformes les plus utilisées dans le pays, notamment WhatsApp, Facebook et TikTok, sont désormais inaccessibles, sans qu’aucune durée précise n’ait été annoncée pour la levée de la mesure.
À Lyon, neuf suspects ont été interpellés le 17 février 2026, et deux autres le lendemain, dans l’enquête sur la mort de Quentin Deranque. Ce militant fasciste de 23 ans est décédé à la suite d’affrontements survenus le 12 février entre antifascistes et plusieurs activistes antisémites, néofascistes et identitaires. Parmi les personnes arrêtées figureraient d’anciens membres de la Jeune Garde Antifasciste, organisation récemment dissoute (voir notre article). Parallèlement, des médias indépendants diffusent des images et un témoignage affirmant que les affrontements auraient débuté après qu’une embuscade a été tendue par un groupe d’extrême droite armé, version qui conteste le récit initial d’une agression unilatérale (voir ici).
Au Sénégal, les étudiants de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad) ont entamé une grève de 72 heures à partir du 17 février 2026, réclamant la libération de plusieurs camarades détenus, la vérité sur la mort d’Abdoulaye Ba lors d’une intervention policière sur le campus, ainsi que le paiement des arriérés de bourses des étudiants en Master 1. Trois leaders étudiants ont été déférés au parquet pour divers chefs d’accusation et d’autres arrestations sont dénoncées comme arbitraires. Le mouvement s’étend à d’autres universités, notamment à Saint-Louis, avec des actions comme les journées « sans ticket » dans les restaurants universitaires. L’administration évoque des concertations pour préserver l’année académique, tandis que les étudiants conditionnent tout apaisement à la libération des détenus et à des éclaircissements sur les circonstances du décès.
Aux États-Unis, l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) a considérablement accru ses capacités de surveillance grâce à un budget porté à 28 milliards de dollars sous l’impulsion de Donald Trump. L’agence utilise notamment la reconnaissance faciale via l’application Mobile Fortify pour identifier des migrants mais aussi des citoyens états-uniens (voir notre article), ainsi que des outils de collecte de données comme Webloc (géolocalisation massive), Tangles (analyse des réseaux sociaux par IA) et des technologies d’extraction de téléphones fournies par Cellebrite et Paragon. Les données récoltées alimentent ImmigrationOS, un système développé par Palantir permettant une gestion automatisée des dossiers jusqu’à l’expulsion (voir notre article). Ces pratiques font l’objet de plaintes judiciaires et d’un projet de loi (« ICE Out of Our Faces Act ») visant à encadrer ce dispositif jugé liberticide.
Suite aux perquisitions, arrestations et emprisonnements, et en prévision de procédures longues et coûteuses (voir notre article), une cagnotte solidaire est lancée afin de ne laisser personne seul face à la répression. Les dons serviront en priorité à couvrir les frais d’avocats, les soins psychologiques et le remplacement du matériel saisi ; tout éventuel surplus sera consacré aux dépenses courantes du Front Antifasciste Liège (déplacements, autocollants, drapeaux, etc.). Les contributions peuvent être versées à L’Amorce (IBAN : BE64 5230 8141 9552, BIC : TRIOBEBB) avec la communication unique « FAL ». Des événements de soutien (projections, concerts, ventes, repas-débats) peuvent également être organisés pour récolter des fonds et renforcer les liens dans la lutte contre l’extrême droite.