Actualité de la répression et
de la résistance à la répression

Le samedi 14 février, plus de 130 personnes se sont réunies à l’Université Toulouse Jean Jaurès pour une discussion autour de l’abolition de la prison et du système pénal en lien avec la construction de perspectives révolutionnaires avec la sociologue et militante Gwenola Ricordeau à l’occasion de la sortie de son livre « Tant qu’il y aura des prisons ». La soirée a débuté par un hommage à Frédéric Grochain, détenu Kanak déporté en France après le soulèvement populaire de mai 2024 en Kanaky, décédé le 6 février dernier à la prison de Varennes-le-Franc. Les participant·es ont exprimé leur solidarité avec sa famille, ses proches et ses camarades, notamment en participant à une caisse de soutien pour financer ses obsèques (voir ici).

La soirée a permis de poursuivre la discussion initiée lors de l’ACAB Party organisée en décembre dernier à la Chapelle par le Secours Rouge Toulouse, interrompue par l’interdiction du maire Jean-Luc Moudenc (voir notre article). Gwenola Ricordeau a abordé les slogans abolitionnistes et la critique des catégories traditionnelles de « crimes » et « criminels », dans une réflexion sur la manière de transformer l’intuition que la prison n’est pas la solution en une critique structurée et révolutionnaire du système pénal. Par ailleurs, elle est revenue sur la nécessité de construire un féminisme anticarcéral et de lier la remise en cause de la prison à la lutte contre le colonialisme et l’impérialisme.

En Turquie, Irfan Yilmaz, déclaré à 96 % invalide par l’Institut médico-légal (ATK) en raison d’un syndrome cérébelleux, reste incarcéré malgré son incapacité totale à accomplir seul ses besoins fondamentaux (se laver, se nourrir, s’asseoir ou se coucher). La police du district de Sarıyer a refusé sa libération, invoquant un risque hypothétique pour la « sécurité publique ». Les amis, camarades et soutiens de Yilmaz appellent à des actions de solidarité pour exiger sa libération (voir ici).

En Allemagne, plusieurs structures antifascistes dénoncent des fermetures de comptes bancaires décidées sans explication par Postbank, notamment à l’encontre de quatre sections berlinoises de l’Association des persécuté·es du régime nazi – Union des antifascistes (Vereinigung der Verfolgten des Naziregimes – Bund der Antifaschist*innen, VVN-BdA), avec effet au 31 mars. D’autres organisations, comme la Deutsche Kommunistische Partei, Anarchist Black Cross Dresden et la Rote Hilfe e. V., ont également été privées de services bancaires ces derniers mois (voir notre article). Les structures concernées estiment que ces résiliations fragilisent concrètement leur fonctionnement en limitant leurs moyens financiers et s’inscrivent dans un contexte plus large de pressions politiques et judiciaires contre les milieux antifascistes.

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À Budapest, la police hongroise a interdit l’ensemble des rassemblements antifascistes prévus le 14 février contre le « Tag der Ehre » (Jour de l’Honneur), marche annuelle de néonazis glorifiant les SS, la Wehrmacht et des collaborateurs hongrois, pourtant permise par les autorités. Sont également proscrites les initiatives commémoratives, dont une cérémonie au mémorial des Juifs assassinés sur les rives du Danube avec une survivante d’Auschwitz. Cette décision intervient dans un climat politique tendu, marqué par la condamnation en première instance de l’antifasciste non binaire Maja T. à huit ans de prison et par la qualification de « terrorisme » appliquée à l’« Antifa » par le gouvernement de Viktor Orbán.

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À Berlin, le détenu Andreas Krebs, incarcéré à la JVA Tegel, a mis fin le 13 février à une grève de la faim entamée le 26 janvier, pour raisons de santé, après 18 jours sans s’alimenter (voir notre article). Placé à l’isolement à la suite d’une fouille de cellule au cours de laquelle des drogues auraient été découvertes, des accusations qu’il conteste. Durant cette lutte, il a dénoncé une dégradation de ses conditions de détention : visites derrière vitre, appels limités, suppression des sorties et des aménagements de peine, absence de télévision, d’études, de courrier et de journaux. Poursuivi comme « principal dealer de la prison », il aurait également refusé ses médicaments essentiels et fait l’objet de menaces d’alimentation forcée.

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En Iran, la répression visant la population kurde se poursuit avec l’arrestation de 11 femmes engagées dans les mobilisations en Rojhilat (Kurdistan oriental). Parmi elles, Melîka Kawendî (38 ans), figure des manifestations « Jin, Jiyan, Azadî » (Femme, Vie, Liberté), et sa sœur Sara Kawendî (47 ans) ont été interpellées à leur domicile puis transférées à la prison de Kiçowî à Karaj. À Ilam, sept autres femmes ont été arrêtées et incarcérées, dont Ayda Aramsh, blessée lors de son arrestation. Une mineure de 16 ans, originaire de Kermanshah, reste portée disparue après son interpellation. Par ailleurs, l’écologiste Tahîre Suleymanî a été transférée à la prison de Kermanshah pour purger une peine de trois mois et dix jours pour « propagande contre l’État ».

À Zurich, plusieurs organisations de la gauche révolutionnaire de Turquie ont organisé le 14 février une action pour exiger la fermeture des prisons turques dites de type « puits », dénoncés pour leurs conditions de détention particulièrement inhumaines. Lors de l’événement, les appels se sont multipliés pour soutenir les prisonniers politiques et amplifier la mobilisation internationale.

À Paris, près de la Place des Fêtes dans le 19e arrondissement, les soutiens du bar associatif et cantine solidaire Le Baranoux fait l’objet d’une campagne solidaire (voir ici) pour empêcher son expulsion décidée par le propriétaire, qui souhaite transformer les locaux en bureaux. Géré par des bénévoles depuis octobre 2024, le lieu propose conférences, événements engagés, bibliothèque partagée, gratuiterie etc. Plus largement, ses soutiens alertent sur la disparition des tiers-lieux populaires à Paris, fragilisés par des politiques de gentrification.

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Le gouvernement suédois propose d’abaisser l’âge de la responsabilité pénale de 15 à 13 ans pour les crimes les plus graves (meurtre, viol aggravé, enlèvement, infractions liées aux armes). La réforme, soutenue par le ministre de la Justice Gunnar Strömmer, pourrait entrer en vigueur le 1er juillet 2026 pour une période de cinq ans, avec des peines réduites pour les 13-14 ans mais la possibilité d’un placement en détention, notamment dans la prison de Kumla. Le projet prévoit aussi un durcissement des peines pour les 15-20 ans.

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Une manifestation est annoncée le 22 février à 16h, Place de la Providence, à Marseille, pour dénoncer les conditions d’enfermement et les projets d’extension de la Prison des Baumettes ainsi que la nouvelle structure de haute sécurité du Centre pénitentiaire d’Aix-Luynes. Les organisateurs entendent aussi protester contre les rafles, le harcèlement policier dans les quartiers populaires et l’isolement des détenus, tout en affirmant leur solidarité avec les prisonniers et leurs proches confrontés aux conséquences sociales et humaines de l’incarcération.

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