Actualité de la répression et
de la résistance à la répression

L’État turc poursuit sa politique de changement démographique en Syrie, notamment dans les régions kurdes. L’État turc a déporté 100 réfugiés syriens vers leurs régions occupées dans le nord de la Syrie, pour les installer dans des maisons construites avec le financement de groupes des Frères musulmans du Golfe et d’Europe. L’État turc a apporté ces réfugiés depuis la porte frontalière de Bab El Salam à Ezaz, au nord d’Alep. Les autorités turque concentrent des réfugiés syriens dans les prisons de Maraş pendant plusieurs semaines. Ensuite, ils les déportent par groupes vers les zones occupées. Des milliers de réfugiés syriens originaires de différentes régions de Syrie, comme Damas, Homs et Hama seraient rassemblés à Maraş dans ce but. La Turquie a annoncé en mai 2022 qu’elle allait réinstaller un million de Syriens dans les régions qu’elle occupe.

Jeudi matin, à Antony, les abords du lycée Descartes ont été le théâtre de heurts entre forces de l’ordre et les jeunes qui voulaient bloquer l’établissement pour marquer leur hostilité à la réforme des retraites. C’est quelques minutes avant le début des cours, aux environs de 7h45, que les policiers ont été appelés après l’installation d’un début de barricade devant les portes du lycée. Le lycée a vite été dégagé mais la tentative de blocage a viré à l’affrontement avec les forces de l’ordre. Des mortiers et des feux d’artifice ont notamment été tirés en direction des fonctionnaires de police. Trois policiers se sont déclarés légèrement blessés et deux personnes soupçonnées de tirs de mortier ont été interpellées avant d’être placées en garde à vue.

Neuf membres présumés de la guérilla de l’ELN ont été tués par l’armée colombienne lors d’une opération menée par la marine colombienne. L’opération a eu lieu les deniers jours de janvier dans une zone rurale de la municipalité de Buenaventura (sud-ouest). Un militaire colombien a été blessé lors de ces affrontements, et est décédé des suites de ses blessures. L’Armée de libération nationale, d’inspiration guévariste négocie depuis fin 2022 avec le gouvernement de gauche du président Petro.

 

Dossier(s): Amérique Latine Tags: ,

Un agent de la police nationale espagnole s’est infiltré dans les mouvements sociaux de Barcelone depuis trois ans. Il a rejoint le centre social La Cinètika en 2020 et a établi des relations sexuelles et affectives, instrumentalisant des femmes pour faciliter sa participation à des assemblées, des conférences et des manifestations. Derrière le prétendu « Daniel Hernández Pons », il y a un agent de la police nationale espagnole dont les initiales, DHP, correspondent à celles de la fausse identité. Des erreurs commises par l’infiltré ont permis de le démasquer. Un comparatif physionomique entre les images de son passage à l’école de police d’Ávila (exercice 2018-2019) et celles de sa galerie en tant qu’activiste à Barcelone ont achevé de confondre l’individu.

Eyad Hallaq, un autiste de 32 ans, vivait avec ses parents et fréquentait une école spécialisée. L’une des enseignantes d’Eyad lui avait appris le chemin de son école, l’avait présenté aux policiers israéliens armés postés le long de la route et leur montré le certificat qui indiquait – en hébreu et en arabe – qu’il était handicapé à 100 %. Chaque jour, pendant six ans, il avait emprunté ce court trajet pour se rendre à son école sans incident, marchant toujours la tête baissée, ne parlant jamais aux inconnus. Le 30 mai 2020, Eyad suivait ce même chemin, mais l’un des agents lui a apparemment donné l’ordre de s’arrêter. Par peur ou par confusion, il s’est enfui. Les policiers l’ont poursuivi en criant « terroriste ! » et en tirant plusieurs fois, le touchant à la jambe. Blessé, désorienté et terrifié, Eyad s’est caché dans un local à poubelles. Son professeur l’a trouvé et, criant aux policiers en hébreu et en arabe qu’Eyad était handicapé, les a suppliés de vérifier les papiers dans sa poche. Malgré ces exhortations, son handicap, sa blessure par balle à la jambe, ses mains vides et l’absence de toute menace, un policier l’a abattu de trois balles dans l’abdomen à bout portant. L’enseignante  a été emmenée au poste de police, où elle a été fouillée à nu et interrogée pendant des heures.

La zone où Eyad a été tué est couvertes par des centaines de caméras de sécurité, mais au cours de l’enquête, les procureurs ont affirmé qu’aucune des caméras de la zone n’avait fonctionné. La procédure n’a porté que sur un « homicide par imprudence ». C’est cet assassin qui vient d’obtenir une augmentation et une promotion dans la police israélienne. L’impunité est érigée en système en Israël. Les dirigeants israéliens – jusqu’au Premier ministre – expriment un soutien absolu aux soldats ou aux policiers qui ont tué des Palestiniens de sang-froid. Le mois dernier, le nouveau ministre israélien de la défense, Itimar Ben Gvir, a qualifié de « héros » l’assassin d’Eyad, héroïsme consistant donc à tirer à bout portant sur un handicapé terrorisé, désarmé et blessé.

 

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Des émeutes ont éclaté ce mercredi 1er février à Yarakh (Dakar). Des jeunes ont brûlé des pneus pour barrer toutes les artères de la localité et des affrontements ont éclaté avec les forces de l’ordre qui ont déployé des renforts sur place, les jets de pierre s’opposant aux gaz lacrymogènes. Les populations de Yarakh dénoncent un projet privé de gare maritime qui impliquera l’impossibilité d’accéder à une plage qui est le seul espace public qui leur reste, où les lutteurs, les footballeurs, les jeunes, se regroupent pour faire du sport ou pour se reposer. Les affrontement ont commencé quand la police est venue arrêter leur délégué de quartier.

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Deux ans jour pour jour après le coup d’État, la junte birmane a annoncé mercredi la prolongation de l’état d’urgence pour six mois. Dans le centre de Rangoon, la capitale économique et la plus grande ville du pays, des manifestants ont déployé des bannières sur plusieurs ponts, appelant les gens à rejoindre la révolution. Les militants ont appelé les habitants à fermer les commerces et à ne pas sortir dans les rues ce mercredi de 10 heures à 16 heures. De fait, les rues d’ordinaires très animées de Rangoon, étaient calmes 1er février. Des images partagées sur les réseaux sociaux montrent les rues complètement vides, ce qui est confirmé par les logiciels de veille de la circulation. Les grandes villes n’ont pas été les seules à participer à la manifestation. Même les habitants de petites villes rurales ont observé cette « grève silencieuse ».

Huit militants kurdes ont été arrêtés lors de perquisitions à leur domicile ce matin à Marseille et Marignane. Les charges seraient liées aux manifestations du 23 et 24 décembre consécutives à l’attaque du 23 décembre à Paris qui a causé la mort de trois personnes (et en blessant trois autres) près d’un centre culturel kurde. Un rassemblement spontané et donc non-déclaré avait été organisé à Marseille. Des heurts avaient eu lieu entre les forces de l’ordre et les manifestants devant la préfecture, place Félix-Baret. Quelques projectiles avaient été lancés sur les policiers et quatre personnes avaient immédiatement été interpellées. Les huit personnes arrêtées ce matin sont toujours en garde à vue ce soir. Un rassemblement a été organisé devant le commissariat cet après-midi (photo).

Des opérations policières ont visé les familles des jeunes palestiniens qui ont ouvert le feu sur des Israéliens vendredi dans la partie, de la ville annexée par Israël. Dimanche, des soldats israéliens ont scellé les entrées des maisons des familles des tireurs. La mère de Khayri Alqam a été maintenue en garde à vue avec 41 autres personnes. L’occupant a d’ailleurs annoncé l’élargissement de la politique de châtiment collectif: la révocation des droits à la sécurité sociale des “familles de terroristes soutenant le terrorisme”. La révocation des cartes d’identité israéliennes des proches des résistants a été à l’ordre du jour de la réunion hebdomadaire du gouvernement dimanche. Ces mesures s’appliquent à des Palestiniens ayant la nationalité israélienne, comme les Arabes israéliens, et aux Palestiniens ayant le statut de résidents de Jérusalem-Est. Dimanche, des gardes de sécurité israéliens ont tué un Palestinien de 18 ans près d’une colonie israélienne en Cisjordanie. Sous la protection de l’armée, les colons ont menés des pogroms anti-palestiniens: 120 voitures ont été caillassées et 22 magasins ont été attaqués à Naplouse.

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La mobilisation a été encore plus importante hier mardi que le 19 janvier, avec, au moins, 1,2 million de manifestants, au plus, 2,8 millions. À Paris, la mobilisation était encore plus nombreuse que celle du 19 janvier. Parti peu après 14h de la place d’Italie, le défilé syndical était précédé d‘un bloc de tête qui, à mi-parcours, dans le quartier de Montparnasse, s’est affronté aux forces de l’ordre. La vitrine d’une agence bancaire a été cassée, alors qu’une devanture de La Poste a été endommagée. Un quart d’heure plus tard, devant l’hôpital Necker, des manifestants ont installé des barricades avant d’être délogés par les forces de l’ordre. À son terminus, au pied de l’Hôtel des Invalides, place Vauban, la marche a été marquée par de nouveaux heurts vers 17h30. Des manifestants ont caillassé les forces de l’ordre dans un nuage de gaz lacrymogènes. A 19h, la police annonçait 30 interpellations depuis le début de la manifestation. Pour cette deuxième journée de mobilisation contre le projet du gouvernement, 4.000 policiers et gendarmes, dont 42 unités de forces mobiles, avaient été déployés dans la capitale.

MAJ

A Rennes également, des affrontements ont eu lieu entre manifestants et policiers qui se sont échangés des tirs de lacrymogène et de projectiles. Après la fin officielle de la manifestation, des manifestants ont investi la place Sainte-Anne, en plein cœur de Rennes. La police a fait usage des grenades lacrymogènes pour tenter de les disperser. Il y a eu plusieurs interpellations. Deux personnes ont également été arrêtées après des heurts à Lyon.