Actualité de la répression et
de la résistance à la répression

Le 6 février 2026, Frédéric Grochain est décédé à 31 ans au centre pénitentiaire de Varennes-le-Grand, où il était incarcéré depuis juin 2024 après les soulèvements en Kanaky. Retrouvé mort dans sa cellule, officiellement de causes naturelles, son décès soulève des interrogations sur sa prise en charge médicale en détention. Ce drame met en lumière la dureté des politiques de déportation : Frédéric Grochain est mort loin de sa famille et de sa terre natale de Ponérihouen, malgré les demandes répétées de rapatriement de son avocate. Au-delà de ce cas, cet événement tragique relance les revendications pour la justice et le retour immédiat de tous les prisonniers Kanak déportés, tout en dénonçant les conditions d’enfermement en France et au camp Est de Nouméa.

Le 3 février dernier, une vaste opération politico-judiciaire contre l’ESP (Parti socialiste des opprimés) et différentes organisations de la gauche révolutionnaire a été lancée par les autorités turques (voir notre article), sur la base d’accusations d’« appartenance à une organisation interdite » et de « propagande organisationnelle », en raison de liens présumés avec le Parti communiste marxiste-léniniste (MLKP). Ces derniers jours, Onur Yoldaş Mete, İbrahim Halil Doğan et Orhan Çelebi ont été placés en détention après leur arrestation à Adana, Urfa et Dersim, portant finalement à 81 le nombre total de militants socialistes incarcérés.

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Les autorités russes ont confirmé le blocage de WhatsApp pour non-respect présumé de la législation nationale, après des restrictions déjà imposées à Telegram, dans un contexte de pression accrue sur les plateformes étrangères. Sa maison mère Meta dénonce une mesure affaiblissant la sécurité des communications de plus de 100 millions d’utilisateurs, tandis que des ONG alertent sur une stratégie de contrôle de l’information. Les critiques évoquent aussi une volonté d’encourager l’usage de MAX, une application locale sans chiffrement de bout en bout, suscitant des inquiétudes quant à la surveillance et aux libertés numériques (voir notre article).

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Le mouvement GenZ212 dénonce l’arrestation de la militante Zineb Kharroubi, survenue le jeudi 12 février 2026 à son arrivée à l’aéroport Marrakech-Ménara en provenance de France. Actuellement détenue au siège de la préfecture de police de Marrakech, sa situation est dénoncée comme une arrestation arbitraire par le mouvement, qui appelle à sa libération immédiate. En réaction, un rassemblement est organisé le 13 février à 18h30, Place de la République à Paris.

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Âgé de 74 ans et détenu depuis près de trois ans à la Prison de Patna, le membre du bureau politique du Parti communiste d’Inde (maoïste) Pramod Mishra a entamé le 26 janvier une grève de la faim illimitée pour protester contre ses conditions inhumaines de détention et les mauvais traitements visant les prisonniers politiques, notamment le manque de nourriture, de soins et de droits de communication.

Après une très dure grève de la faim et de la soif, le prisonnier pro-palestinien a été hospitalisé puis placé à nouveau en détention (voir notre article). Dans une déclaration datée du 12 février, il dénonce ses conditions de détention et souligne leur nature politique : « La prison/l’hôpital étaient pressés de me ramener car je représente un « risque pour la sécurité ». À tel point qu’ils ont refusé de me laisser contacter ma famille ou même transmettre un message à mon avocat. Même maintenant, je souffre encore tous les jours et cette manifestation pourrait encore s’avérer fatale. Je vous dis cela, non pas pour susciter la sympathie ou la pitié, mais pour souligner jusqu’où l’État est prêt à aller. Nous passons notre vie à travailler et à payer des impôts pour faire fonctionner ce système défaillant et nos vies ne signifient rien pour eux. Nous ne sommes que des rouages ​​de leur machine d’oppression. La machine qui a bâti les fondements de l’impérialisme et du colonialisme dans le monde entier. » Par ailleurs, il a également rappelé que « le système n’est pas pacifique et il ne changera pas par des moyens « pacifiques » approuvés par l’État. »

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Le Tribunal correctionnel de Fort-de-France a condamné 7 des 13 prévenus jugés pour leur implication présumée dans les émeutes de fin 2021 en Guadeloupe, avec des peines allant de six mois avec sursis à deux ans de prison ferme, bien inférieures aux réquisitions du parquet, tandis que six accusés ont été relaxés. Le jugement souligne les fragilités de l’enquête, largement fondée sur des écoutes téléphoniques, et confirme le net affaiblissement de l’accusation au fil des audiences. La peine la plus lourde vise Didier Laurent, policier reconnu coupable de violation du secret professionnel pour avoir transmis des informations aux prévenus, condamné à deux ans de prison et interdit définitivement d’exercer.

Le 11 février, plus de 200 étudiants des Beaux-Arts de Paris se sont rassemblés pour soutenir deux camarades menacés d’exclusion après des actions de soutien à la Palestine. Malgré l’ouverture d’une procédure disciplinaire par la direction, la solidarité s’est étendue à d’autres établissements artistiques, notamment la Haute école des arts du Rhin et plusieurs écoles à travers le pays, où performances et actions symboliques ont été organisées pour dénoncer les sanctions et défendre la liberté d’expression et d’organisation des étudiants.

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Lors d’une conférence de presse le 12 février à Francfort, Alma, internationaliste et participante à la Caravane Populaire, a témoigné avoir subi une tentative de viol et des violences sexuelles de la part de gardiens lors de sa détention en Turquie le 28 janvier, peu avant son expulsion vers l’Allemagne (voir notre article). Séparée de ses camarades, elle décrit des actes de brutalité physique, des menaces de mort et des attouchements forcés, auxquels elle a résisté. Durant son témoignage (voir ici), elle souligne que ces violences ne relèvent pas d’une expérience individuelle mais s’inscrivent dans un système plus large de répression et de violences sexuelles visant notamment les femmes détenues et les militantes politiques.