Un manifestant antifasciste a été arrêté le 7 mars place Poelaert à Bruxelles lors d’un face-à-face sous haute surveillance policière entre environ plusieurs centaines de contre-manifestants antifascistes et une trentaine de militants fascistes rassemblés pour une action en mémoire de Quentin Deranque, militant néo-nazi tué à Lyon en février. Après que des antifascistes ont tenté de rejoindre le groupe opposé, la police est intervenue pour maintenir un cordon de sécurité et a interpellé un manifestant accusé d’avoir tenté de le franchir. Les forces de l’ordre, déployées à plus d’une centaine, ont également procédé à plusieurs contrôles d’identité du côté antifasciste et ont utilisé matraques et gaz lacrymogène pour disperser les manifestants, tandis que le groupe d’extrême droite a finalement été escorté hors de la place.
À l’occasion de la journée de lutte féministe du 8 mars 2026, la préfecture des Bouches-du-Rhône a interdit le rassemblement « Pas de 8 mars pour les sionistes et les racistes ». Cette décision est dénoncée par les organisateurs comme un nouvel exemple de la politique de criminalisation de l’antisionisme et l’expression d’une protection accordée au collectif sioniste « Nous Vivrons ».
Selon une enquête de l’hebdomadaire Marianne publiée le 5 mars, le ministère français des Affaires étrangères aurait entravé une enquête judiciaire ouverte à Paris sur les violences commises lors de la crise postélectorale de 2016 au Gabon, notamment l’assaut contre le quartier général de l’opposant Jean Ping. Saisie par les magistrats, l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité avait demandé en 2020 la transmission de 315 documents liés aux échanges entre Paris et l’ambassade de France à Libreville, mais le Quai d’Orsay n’en aurait finalement transmis que 35. D’après l’enquête, cette décision aurait été prise par le directeur Afrique du ministère, Christophe Bigot, et par Nicolas Roche, directeur de cabinet du ministre Jean-Yves Le Drian. Des documents internes évoqueraient le risque de donner l’impression de « couvrir » les violences, tandis que certaines plaintes mentionnent la présence de ressortissants français, dont des membres de la sécurité présidentielle gabonaise, lors de l’attaque du QG de Jean Ping.
Les prisonniers politiques basques Julen Atxurra, Aitor Cotano, Garikoitz Etxeberria, Jesus Mari Etxebarria, Orkatz Gallastegi, Jon Kepa Preciado et Mikel San Sebastian ont observé le 7 mars un jeûne de 24 heures pour exprimer leur solidarité avec les prisonniers politiques des GRAPO et militants antifascistes María José Baños Andujar et Marcos Martín Ponce. Ils dénoncent la politique de négligence médicale organisée par l’État espagnol contre María José, dont l’état de santé est jugé grave et à qui la libération est conditionnée à une démarche de repentir (voir notre article). Ils saluent également la grève de la faim illimitée menée par Marcos pour exiger la libération de sa camarade (voir notre article), tout en affirmant leur soutien et en appelant à la libération des prisonniers politiques ainsi qu’à une amnistie totale.
Le mercredi 11 mars à Genève, le Secours Rouge et Ligne Rouge organisent un atelier d’écriture de lettres au Café Gavroche dès 19h30 pour soutenir Maja, camarade antifasciste récemment condamné·e à huit ans de prison en Hongrie (voir notre article). Une table de presse sera également mise à disposition pour échanger sur les activités et le travail des groupes organisateurs.
Au Liban, de nouvelles accusations visent l’armée israélienne pour l’usage de munitions au phosphore blanc lors des bombardements récents au sud du fleuve Litani, dans le cadre d’une nouvelle offensive israélienne qui a déjà fait plus de 200 morts et 800 blessés depuis le 2 mars. Des témoignages locaux évoquent des nuages de fumée blanche dense et des incendies persistants sur des zones agricoles, caractéristiques de cette substance incendiaire dont l’emploi contre des zones civiles est formellement interdite. Ces accusations interviennent alors qu’Israël a ordonné l’évacuation des villages situés au sud du Litani, provoquant de nouveaux déplacements de population. Des ONG comme Human Rights Watch et Amnesty International avaient déjà documenté l’utilisation de phosphore blanc dans cette région depuis 2023, tandis qu’une étude publiée début 2026 a recensé plus de 200 frappes de ce type entre octobre 2023 et novembre 2024, avec des conséquences sanitaires, environnementales et agricoles durables pour les populations locales.
Parallèlement à l’offensive militaire, Israël impose une politique de déplacements forcés à grande échelle. Au sud du Liban, l’ordre d’évacuation de dizaines de villages a contraint des dizaines de milliers d’habitants à fuir précipitamment vers le nord du fleuve Litani, abandonnant maisons, terres agricoles et moyens de subsistance. Dans la banlieue sud de Beyrouth, bastion de la résistance densément peuplé d’environ 500 000 habitants, l’ordre inédit d’évacuation de l’ensemble de la zone a provoqué un exode massif vers d’autres quartiers de la capitale et vers les régions du Mont-Liban. Des colonnes de véhicules ont saturé les routes, tandis que de nombreuses familles, n’ayant aucun lieu d’accueil, ont dû trouver refuge dans des écoles, des bâtiments publics ou directement dans les rues et sur le front de mer de Beyrouth.
Suite à leur garde à vue (voir notre article), deux hommes de 22 et 26 ans ont été mis en examen et placés en détention provisoire dans l’enquête sur la mort de Quentin Deranque, militant d’extrême droite décédé le 12 février 2026 à Lyon. Interpellés dans la région lyonnaise et dans l’Aube, ils sont poursuivis notamment pour meurtre, participation à une association de malfaiteurs et violences aggravées. L’enquête compte désormais neuf antifascistes mis en examen et placés en détention provisoire, alors qu’aucun militant fasciste n’a été interpellé, bien que de nombreux témoignages et éléments vidéo indiquent que la mort est survenue à la suite d’un guet-apens organisé par un groupe de fascistes armés.
L’AFA Tolosa et l’AFA Paris Banlieue lors d’une rencontre contre la criminalisation de l’antifascisme.
En Tunisie, la police antiterroriste a arrêté à Sidi Bou Saïd cinq organisateurs de la Global Sumud Flotilla : Jawaher Channa, Wael Nouar, Sana Msahli, Mohammed Amin Bannour et Nabil Channoufi. Selon l’organisation, ces arrestations, ainsi que l’interdiction répétée de rassemblements publics liés à cette initiative (voir notre article), marquent une escalade préoccupante de la criminalisation de la solidarité avec la Palestine dans ce pays. Les responsables de la flottille exigent des explications sur les circonstances de ces interpellations et la libération des personnes arrêtées, tout en affirmant maintenir leur projet de nouvelle mission maritime vers Gaza au printemps pour dénoncer le siège du territoire.
L’Indonésie a annoncé l’interdiction de l’accès aux réseaux sociaux pour les jeunes de moins de 16 ans à partir du 28 mars 2026, invoquant des risques liés à la pornographie, au cyberharcèlement, aux fraudes en ligne et à la dépendance numérique. La ministre des Communications Meutya Hafid a précisé que les comptes de mineurs seront progressivement désactivés sur des plateformes jugées à haut risque, notamment YouTube, TikTok, Facebook, Instagram, Threads et X. La mesure sera mise en œuvre par étapes jusqu’à ce que les entreprises se conforment aux nouvelles obligations. Cette initiative s’inscrit dans un mouvement international plus large, alors que l’Australie a déjà adopté une restriction similaire et que plusieurs pays européens ainsi que l’Inde envisagent également des limitations pour officiellement protéger les mineurs en ligne, ce qui soulève de nombreuses questions sur la levée de l’anonymat sur internet.
Au Telangana, l’Agence nationale d’investigation (NIA) a adressé des avis à plus d’une dizaine d’activistes, anciens leaders étudiants, écrivains, enseignants et militants politiques soupçonnés d’avoir participé aux funérailles de Ramachandra Reddy, membre du comité central du Parti communiste d’Inde (maoïste) tué en 2025 lors d’une opération des forces de sécurité au Chhattisgarh. Dans le cadre de cette enquête, l’activiste Innaiah a été arrêté en vertu de la loi antiterroriste UAPA, suscitant une vague de mobilisation qui dénonce une criminalisation visant à intimider la société civile.