Actualité de la répression et
de la résistance à la répression

Le 24 février 2026, le ministère de l’Intérieur a saisi la justice à la suite d’accusations de « reconstitution » de la Jeune Garde, officiellement dissoute en juin 2025, et a annoncé la dissolution de plusieurs groupes supposés liés à cette organisation (voir notre article). L’enquête, confiée à la Direction générale de la gendarmerie nationale et à la section de recherches (SR) de Paris, porte sur le délit de participation au maintien ou à la reconstitution d’une association dissoute, passible de trois ans de prison et de 45 000 euros d’amende.

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Fin février 2026 au Népal, plusieurs cadres et partisans du Communist Party of Nepal (Bahumat) (CPN Bahumat) ont été arrêtés dans un contexte de fortes tensions politiques. Son secrétaire général, Dharmendra Bastola, a été interpellé à Katmandou après l’annonce d’une grève nationale, aux côtés de responsables locaux dont Bishnu Timalsina et Binod Marasini, arrêté à Butwal. D’autres militants, parmi lesquels Yukendra Shretha de la Communist Youth Organisation et Basudev Budhal, dirigeant étudiant lié à l’All Nepal National Independent Students’ Union (Revolutionary), ont également été placés en détention, tout comme « Sajak », présenté comme responsable du parti pour avoir contesté la légitimité des élections.

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Dans une tribune diffusée à l’occasion d’une grève lancée le 8 février 2026 dans les prisons de l’Alabama (voir notre article), le détenu anarchiste Michael Kimble présente l’arrêt de travail comme « un coup porté à l’État », accusé de maintenir « une situation d’esclavage et de surexploitation » à travers le travail pénitentiaire. « Quand nous refusons de travailler gratuitement (ce qui est de l’esclavage), nous affirmons notre pouvoir en tant que travailleurs et en tant qu’êtres humains », écrit-il, dénonçant le 13e amendement de la Constitution états-unienne qui interdit l’esclavage sauf en cas de condamnation pénale. Revenant sur l’histoire du « convict leasing » en Alabama (système qui louait la main-d’œuvre carcérale à des entreprises privées), le militant affirme que la prison demeure un dispositif d’exploitation économique. Il décrit leur mobilisation comme une stratégie destinée à bloquer la production, éveiller la conscience des prisonniers « en tant que classe opprimée » et exiger l’abolition du travail forcé, de la perpétuité sans libération conditionnelle et des lois sur les récidivistes. « Nous exerçons notre droit de riposter. Qu’y a-t-il de mal à cela ? », conclut-il.

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Le 25 février 2026, le prisonnier politique basque Patxi Ruiz a rejoint l’action de solidarité initiée par les détenus du centre pénitentiaire d’A Lama (voir notre article) en observant une journée de jeûne pour soutenir María José Baños Andújar, prisonnière politique des GRAPO gravement malade. Cette mobilisation s’inscrit dans un mouvement plus large incluant des grèves de la faim hebdomadaires de plusieurs autres détenus ainsi qu’une grève de la faim illimitée entamée par Marcos Martín Ponce (voir notre article) pour exiger le transfert hospitalier d’urgence de María José, dont l’état de santé est jugé critique.

Le 15 février à Lisbonne, plusieurs dizaines de personnes ont défilé sous le slogan « Justice pour Jorge » pour dénoncer les violences du système carcéral portugais, après la mort en détention de Jorge dos Santos, dit « Gordo », le 23 novembre 2025. Aux côtés de collectifs comme le Collectif Mumia Abu-Jamal et le Movimento Negro em Portugal, les manifestants ont accusé l’administration pénitentiaire de mauvais traitements et réclamé justice pour d’autres détenus décédés. La mobilisation intervient dans un contexte de critiques récurrentes visant les forces de sécurité, après un rapport du Comité européen pour la prévention de la torture pointant en 2023 des mauvais traitements lors de gardes à vue par la Polícia de Segurança Pública et la Guarda Nacional Republicana. Les organisateurs dénoncent un climat d’impunité et des discriminations persistantes au sein du système pénal portugais.

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Un document interne révélé par le New York Times indique que Meta développe une fonction baptisée « Name Tag » pour ses lunettes connectées, permettant d’identifier en temps réel les visages croisés via reconnaissance faciale et d’afficher des informations associées. Porté par Mark Zuckerberg, le projet viserait un déploiement progressif, suscitant de vives inquiétudes sur une généralisation de la surveillance biométrique dans l’espace public.

Dans les « Villes Jumelles » (Minneapolis–Saint Paul), des habitant·s ont mis en place des « barrages filtrants » pour surveiller et freiner les opérations de l’U.S. Immigration and Customs Enforcement (ICE). Inspirée de précédentes mobilisations locales (notamment après la mort de George Floyd) et d’expériences internationales (ZAD, Gilets jaunes), la tactique consiste à transformer des intersections en points de contrôle tenus par des réseaux d’intervention rapide : circulation ralentie, vérification des plaques, partage d’informations en temps réel et, parfois, blocage des véhicules suspectés d’appartenir à l’ICE. Présentés comme des espaces mêlant vigilance et solidarité de quartier, ces dispositifs ont suscité un large soutien local mais aussi des démantèlements par la police.

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Six mois de prison avec sursis ont été requis en appel à Lyon contre un commissaire, jugé pour complicité de violences après avoir ordonné une charge policière lors d’une manifestation de Gilets jaunes à Nice en mars 2019, qui avait grièvement blessé la militante d’Attac Geneviève Legay, alors âgée de 73 ans. Le parquet a estimé l’ordre « illégal » et « inadapté », s’appuyant notamment sur un rapport critique de l’IGPN. Déjà condamné en première instance en 2024, le prévenu conteste sa responsabilité, affirmant avoir transmis un ordre légal. De son côté, Mme Legay, aujourd’hui âgée de 80 ans et toujours marquée par de lourdes séquelles, espère une décision faisant jurisprudence. Par ailleurs, la justice administrative a reconnu en 2024 la responsabilité de l’État à 80 % dans ses blessures.

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Le 23 février 2026, l’agression violente de Nayem Uddin, leader du Mouvement révolutionnaire de la jeunesse étudiante (RSYM), par la police de Dacca lors d’un raid controversé au mémorial Suhrawardy Udyan, a déclenché une vague d’indignation. Des vidéos témoignant de brutalités gratuites contre des étudiants, des journalistes et des civils ont poussé les organisations étudiantes à manifester pour exiger la destitution du commissaire adjoint Masud Alam, une enquête sur les violations des droits humains et le retrait des forces de l’ordre des campus. Ce mouvement dénonce une impunité policière systémique et menace d’intensifier ses actions.

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Le gouvernement allemand a convoqué les dirigeants de la société KBB, organisatrice de la Berlinale, après le discours du réalisateur syro-palestinien Abdullah Al-Khatib accusant Berlin de « complicité de génocide » à Gaza en raison de son soutien à Israël. Le ministre de la Culture Wolfram Weimer souhaite « faire la lumière » sur les événements de la 76e édition et discuter de l’avenir du festival, démentant toutefois toute décision arrêtée concernant la directrice Tricia Tuttle, dont le possible limogeage a été évoqué par la presse. La polémique, amplifiée par une lettre ouverte de plus de 80 professionnels du cinéma dénonçant le « silence » du festival sur Gaza, a culminé lorsque le ministre de l’Environnement Carsten Schneider a quitté la salle lors de la cérémonie de clôture. Fidèle à son soutien historique à Israël, l’Allemagne fait face à des critiques croissantes dans le contexte du génocide à Gaza.

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