Actualité de la répression et
de la résistance à la répression

Des documents obtenus via la loi israélienne sur la liberté de l’information révèlent que plus de 50 000 soldats servant dans l’armée israélienne possèdent une autre nationalité, soit près de 8 % des effectifs (actifs et réservistes). Parmi eux figurent 6 127 Français, plaçant la France au deuxième rang après les États-Unis (plus de 12 000), devant la Russie, l’Ukraine, l’Allemagne et le Royaume-Uni. Des ressortissants belges sont également concernés, plus de 400 selon les derniers décomptes, et pourraient faire l’objet de procédures judiciaires en Belgique. Selon des experts en droit international, la double nationalité n’offre aucune immunité en cas d’accusations de crimes de guerre. Plusieurs actions judiciaires seraient en cours en France, en Belgique ou encore en Afrique du Sud.

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Au 16 février 2026, la surincarcération carcérale en Belgique s’aggrave avec 609 détenus contraints de dormir à même le sol, soit 43 de plus qu’une semaine auparavant. La situation touche principalement la Flandre (322 cas répartis dans dix établissements), notamment à Anvers, Gand et Hasselt, tandis que 181 personnes sont concernées en Wallonie, surtout à Mons, Marche-en-Famenne et Leuze-en-Hainaut. À Bruxelles, la prison de Haren compte à elle seule 104 détenus dormant par terre.

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Le 16 février, le média indépendant Renversé a annoncé la mise en ligne d’un nouveau nom de domaine, rnvrs.co, afin de contourner le blocage de son site en Suisse. Cette mesure fait suite à la publication du nom d’un policier lausannois impliqué dans la mort de Mike (2018) et de Camila (2025). Selon la presse locale, le blocage aurait été ordonné en raison de l’absence d’identité juridique du média, qui affirme ne pas avoir encore obtenu la décision de justice correspondante ni pu se défendre. En attendant un éventuel déblocage de renverse.co, l’équipe appelle ses lecteurs à utiliser le nouveau domaine ou des outils comme Tor et les VPN pour accéder au site.

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Le 15 février, les forces israéliennes ont arrêté Bilal Kayed après avoir perquisitionné son domicile dans la ville d’Asira, près de Naplouse, en Cisjordanie occupée. Ancien prisonnier du FPLP ayant passé près de 18 ans dans les prisons israéliennes, il s’était notamment illustré par une grève de la faim de plus de deux mois avant sa libération en 2016 (voir notre article). Il avait de nouveau été détenu sous le régime de la détention administrative pendant un an, avant d’être libéré en juillet dernier.

Une enquête d’Al Jazeera révèle que l’armée israélienne aurait utilisé à Gaza des munitions thermiques et thermobariques, fournies notamment par les États-Unis, capables d’atteindre plus de 3 500 °C et de ne laisser aucune trace humaine. Selon la Défense civile de Gaza, 2 842 Palestiniens sont ainsi considérés comme « évaporés » depuis octobre 2023, leurs corps n’ayant laissé que des projections de sang ou de minuscules fragments. Des experts expliquent que la combinaison de chaleur extrême, de pression et d’oxydation vaporise instantanément les tissus humains. L’enquête identifie plusieurs bombes états-uniennes utilisées lors de frappes sur des zones civiles, y compris des écoles et des camps de déplacés.

Besra Erol est la mère d’Evrim Deniz Erol, l’une des 33 victimes de l’attentat de Suruç. Menée par Daesh le 20 juillet 2015, cette attaque visait un rassemblement de la Fédération des associations de jeunes socialistes (SGDF) dans le jardin du centre culturel Amara (voir notre déclaration). Elle a été libérée après avoir été emprisonnée depuis 2019 pour un discours prononcé sur la tombe de son enfant. Sa libération avait été à plusieurs reprises retardée malgré de graves problèmes de santé. Les proches des victimes affirment poursuivre leur lutte pour honorer la mémoire des 33 martyrs de ce massacre.

Un rassemblement de soutien est organisé le mardi 17 février à 18h30, place du Châtelet à Paris par Young Struggle, l’ACTIT, l’AFA Paris Banlieue, Contre-Offensive ou encore Samidoun (voir l’appel). Cet événement vise à dénoncer la répression en Turquie, marquée par l’arrestation récente de plus de 80 socialistes (voir notre article), notamment membres de l’ESP (Parti Socialiste des Opprimés) et la SGDF (Fédération des Associations de la Jeunesse Socialiste), mais aussi à soutenir les antifascistes poursuivis et condamnés en Hongrie.

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À Samandağ, dans la province de Hatay, un lecteur de Yeni Demokrasi a été interpellé lors d’un contrôle et placé en garde à vue après que 11 exemplaires de ce journal de la gauche révolutionnaire ont été trouvés en sa possession. L’affaire a été transmise à la brigade politique et au procureur, et le lecteur a été interrogé sur le contenu du journal, en particulier sur les dirigeants du TKP/ML (Parti Communiste de Turquie/Marxiste-Léniniste) mentionnés. Il a été détenu quatre heures au poste avant d’être libéré et devra se présenter devant le procureur. Des incidents similaires ont récemment eu lieu à Sarıgazi, Istanbul, où des lecteurs et commerçants distribuants le journal ont été harcelés et filmés par la police, illustrant les pressions visant à limiter la diffusion de ce média.

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Mercredi 18 février, Gino et Zaid comparaîtront devant la Cour d’Appel de Paris pour statuer sur les demandes d’extradition : la Hongrie réclame Zaid, tandis que l’Allemagne demande Gino, malgré le refus de la justice française d’appliquer le mandat d’arrêt hongrois l’an dernier. Le Comité Solidarité Budapest appelle à se rassembler à 13h devant le palais de justice, chambre 5, pôle 7, pour manifester notre solidarité avec les antifascistes et s’opposer à l’extradition de ces militants.

À Anglet, un bracelet portant le drapeau espagnol et la devise de la Guardia Civil, « El honor es mi divisa » (« L’honneur, c’est ma devise »), a été retrouvé accroché à la porte d’un logement où résident des proches de Josu Urrutikoetxea ( Josu Ternera), ancien prisonnier politique basque. Bien qu’il n’habite plus ce logement depuis septembre 2024, ce message est évidemment une menace directe, signe que sa localisation était connue, et a déposé une main courante au commissariat de Saint-Jean-de-Luz tout en dénonçant publiquement l’intimidation. Cette menace survient dans un contexte judiciaire complexe : Josu Urrutikoetxea fait l’objet de plusieurs procédures, dont un mandat d’arrêt européen émis par la justice espagnole et un procès prévu à Paris le 25 février (voir notre article), ainsi qu’une audience en avril devant la cour d’appel de Paris pour « association de malfaiteurs ». Le militant est accusé d’avoir participé à différentes opérations de l’ETA à deux périodes distinctes (2002-2005 et 2011-2013). Après plusieurs procès et recours, il a été acquitté lors du second procès concernant la période 2011-2013, le tribunal estimant l’absence de preuves suffisantes et tenant compte de sa participation au processus de négociation.

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