Dimanche, un ancien conseiller municipal a été abattu par des maoïstes dans le district de Gadchiroli, dans le Maharashtra. Dimanche soir, des guérilleros maoïstes ont investi le village de Navejhari et ont fait sortir Hiralal Ramsay Kallo de sa résidence. Il a ensuite été emmené hors du village où il a été abattu. Les maoïstes ont laissé un document expliquant que Kallo avait été exécuté pour avoir fourni des informations à la police concernant les déplacements des guérilleros maoïstes dans la région. La police de Chattisgarh avait arrêté la semaine dernière deux entrepreneurs de Rajnandgaon et Kanker. Ceux-ci auraient fourni aux maoïstes des rations alimentaires, des uniformes et d’autres fournitures. Kallo aurait pu être leur dénonciateur.

 

Le district de Gadchiroli

Des nouvelles révoltes ont éclaté, ces derniers jours, dans les prisons de Belgique, d’Iran et de Thaïlande. Samedi 28 mars, une révolte a éclaté à la prison de Jamioulx car le personnel a refusé de distribuer des masques longtemps attendus par les prisonniers. Ceux-ci revendiquent la gratuité du téléphone, du gel douche et de la télévision, des prix décents à la cantine (les prix ayant augmenté suite à la pandémie), des masques (que le personnel de la prison a refusé de distribuer), ainsi que du liquide désinfectant pour les mains. Ils revendique également une égalité de traitement entre tous les prisonniers.

Le lendemain, des révoltes se sont produites dans les prisons Adel Abad (Shiraz) et Avland (Hamedan) en Iran. À la prison Adel Abad, les prisonniers ont déclenché une émeute détruisant les caméras de surveillance et causant divers dommages dans deux bâtiments. À la prison Avland, les prisonniers se sont mutinés permettant à plusieurs d’entre eux de s’échapper. Des affrontements ont eut lieu avec les gardiens et les Gardiens de la révolution qui ont ouvert le feu. Le même jour, les prisonniers de la prison de Buriram en Thaïlande se sont mutinés. Ils ont détruit du mobilier et déclenché des incendies, rendant la prison inutilisable. Onze prisonniers se sont échappés, dont un était toujours en fuite lundi.

Une prison en Iran

Le 19 mars, la police a arrêté dans une rue de Minsk un militant anarchiste biélorusse, ancien prisonnier politique, Mikalai Dzyadok. Le motif officiel de la détention était une poursuite pénal fondée sur l’art. 17.1 du Code des infractions administratives (petit hooliganisme). L’affaire a été engagée contre lui pour avoir prétendument écrit des insultes contre la police sur les murs d’une auberge de jeunesse. Mikalai Dzyadok a été emmené au département de police du district de Savetski. Actuellement, il est détenu dans un “centre de pré-détention”. Il avait été condamné à 4,5 ans de prison en 2014 (voir notre article), assorti d’une condamnation supplémentaire d’un an  (voir notre article). L’année passée, il avait été condamné à une amende pour une manifestation non autorisée pour la libération des prisonniers politiques.

Mikalai Dzyadok

Le tribunal de district de Dabrowa Górnicza a prononcé un nouveau verdict à l’encontre de membres du Komunistyczna Partia Polski, poussé par les procédures en appel incessantes du Parquet (voir notre article). Le jugement qui eu lieu sans la présence des accusés, et sans attendre la fin des mesures anti Coronavirus. Le jugement a condamné les camarades de la rédaction de Brask à une amende mais le parquet pouvant faire appel à une instance supérieure on peut s’attendre à un nouvel appel pour obtenir une condamnation plus sévère (les inculpés risquent deux ans de prison). Le KPP est victime des lois anticommunistes en vigueur, éditées par un des gouvernements les plus réactionnaires d’Europe.

Le Parti communiste polonais illégalisé

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Les prisonniers politiques palestiniens ont lancé l’appel suivant:

“Sauvez-nous du coronavirus Covid 19 avant que nos cellules ne se transforment en tombeaux !
Le sentiment du danger qui menace nos vies augmente, jour après jour, heure après heure, dans les prisons de l’entité sioniste du fait de la propagation du coronavirus et de l’évolution de cette pandémie mondiale qui menace le monde entier. Alors que quotidiennement, nous sommes abreuvés des mesures prises et des instructions diffusées à la population par le gouvernement de l’occupant sioniste et par l’ensemble des gouvernements du monde pour endiguer la propagation de l’épidémie, parallèlement nous n’entendons ni ne voyons venir des mesures destinées à répondre à nos préoccupations sérieuses et légitimes face à l’avancée de cette épidémie.

Or si l’épidémie se propageait dans nos prisons, quelles sont aujourd’hui les mesures concrètes et pratiques mises en place humainement par l’administration pénitentiaire pour remédier à cette situation ? Nous n’obtenons de la part de cette administration que des paroles creuses, du style : « nous prenons toutes les précautions nécessaires » ; mais en réalité, ce n’est que de la poudre aux yeux ! Or cette situation est d’autant plus alarmante que nombreux sont les détenus qui souffrent de problèmes de santé sérieux, voire gravissimes pour certains – sans parler de tous ceux qui souffrent de maladies cardiaques, d’hypertension, de diabète ou d’autre maladies chroniques graves.

Nous adressons cet appel au monde entier et à tous ceux qui défendent les Droits de l’Homme dans cette urgence humanitaire et sanitaire où nous nous trouvons. Nous réclamons que soit appliqué ce qui nous reste de nos droits, alors que la maladie menace chaque jour nos vies et qu’aucune mesure concrète ni procédures ne sont mises en place pour endiguer la propagation de l’épidémie. C’est bien tout le contraire qui se passe : jour après jour, nous sommes exposés à la négligence médicale ; nous recevons ainsi nos traitements avec beaucoup de retard. Beaucoup de nos camarades sont déjà morts ou sont sur la voie de mourir du fait de cette négligence médicale et sanitaire. Et c’est bien toutes ces pratiques de manquement au soin qui hantent, aujourd’hui d’autant plus, les prisonniers incarcérés dans les geôles de l’entité sioniste.

Tout cela se déroule au moment même où les autorités sanitaires sionistes expriment elles-mêmes leur incapacité à faire face au nombre exponentiel de personnes infectées par le coronavirus depuis que sa propagation ne fait que progresser. Notre seule voie de salut et notre seul espoir est l’arrêt de la propagation de cette pandémie et cela passe, notamment, par l’urgence de l’instauration de procédures de prévention et d’hygiène, alors qu’aujourd’hui, l’administration pénitentiaire sioniste ne nous fournit aucun matériel allant dans ce sens : nous n’avons droit à aucun ustensile stérilisé et encore moins à des masques et des gants de protection.Cette administration s’en tient à des procédures formelles qui se transforment le plus souvent en menaces au lieu de faire des tests de dépistages ou de prendre des mesures strictes de prévention.

Rien de tout cela ! Chacun sait que le seul contact que nous avons avec le monde extérieur passe uniquement par nos geôliers qui ne prennent aucune précaution pour éviter de nous contaminer par le coronavirus, lorsqu’ils entrent en contact avec nous. Alors que de leur côté, pour ce qui les concerne, ils sont attentifs à garder les distances réglementaires et à se procurer les traitements nécessaires pour se faire soigner. Nous tenons pour responsables de cette situation actuelle alarmante l’administration pénitentiaire, le gouvernement de l’occupation sioniste, tous ceux qui resteront silencieux face à cette situation et notamment tous ceux qui sont censés défendre les Droits de l’Homme. A tous les Hommes libres du monde entier, nous déclarons : « Ne nous laissez pas mourir sur nos lits de prisonniers, alors que l’épidémie se propage et que personne ne réagit pour nous protéger et éviter que nous périssions. Irez-vous jusqu’à nous demander de nous mutiner, comme l’a fait un certain nombre de prisonniers dans plusieurs pays du monde pour que nous soyons tués par balle avant de l’être par le coronavirus ? ».

Nous lançons ce cri d’alarme au monde entier vu l’urgence de notre situation. Et pour donner à voir le mauvais état de santé des prisonniers détenus dans les prisons de l’occupation sioniste, nous allons aussi vous présenter ici un bref topo de quelques-uns de ces malades. Précisons, cependant, que naturellement le nombre des malades incarcérés est bien supérieur aux seuls cas que nous mentionnons ici.

Voici donc quelques noms de prisonniers malades :
1. MOATASIM RADDAD : cancer de l’intestin et immunité très affaiblie
2. KHALED AL-SHAWISH : paralysé ; urine par une poche externe ; souffre d’un cholestérol très élevé ; allergies dans le sang
3. MANSOUR MOUQUADI : paralysé ; estomac en plastique ; urine à travers une poche externe
4. KAMAL ABU WAER : cancer de la gorge et difficultés respiratoires
5. AHMED SAADAH : accident vasculaire cérébral
6. WALID DAQQA : diverses maladies ; infection du sang, difficultés respiratoires, cancer traité en chimiothérapie
7. SAADI ALGHARABLY : infection aiguë de la prostate, hypertension, diabète et plusieurs maladies liées au vieillissement
8. ZAAMIL CHALOUF : sérieux trouble des fonctions cardiaques : son cœur fonctionne grâce à un pacemaker ; difficultés respiratoires
9. MIQQDAD AL-HAYED : lésion dans l’hémisphère gauche du cerveau ; difficultés respiratoires et maladies du système digestif
10. KHALIL MUSLIM BURAQAA : anomalies respiratoires et pulmonaires
11. ALAA IBRAHIM ALI : souffrant de tuberculose ; problèmes respiratoires et digestifs
12. AYMAN HASSAN AL-KURD : paralysie de la partie inférieure du corps et trouble du système nerveux et digestif
13. SALEH DAWOUD : souffre d’épilepsie et de problèmes respiratoires
14. MUHAMMED JABR AL-HOROUB : hépatite grave à la suite de négligences médicales
15. RAED AL-HOTARY : problèmes respiratoires, migraines et goutte
16. HAMZA AL KALOUTI : goutte ; infections intestinales et essoufflements
17. IBRAHIM ISSA ABEDA : maladie nerveuse et goutte
18. AZZEDDIN KARAJE : respiration artificielle
19. MUTAWAKIL RADWAN : caillots dans le sang ; problèmes respiratoires
20. OUSSAMA ABU AL-ASSAL : anomalies du système respiratoire et crises cardiaques récurrentes
21. KHALIL ABU NIMEH : problèmes respiratoires
22. FAWAZ BAARA : tumeur cérébrale et évanouissements récurrents
23. MAHMOUD ABU KHARABESH : crises respiratoires
24. FOUAD AL-SHOBAKI : maladies liées au vieillissement
25. ABDEL MOEZ AL-JAABA : accident vasculaire cérébral et cholestérol
26. NASRI ASSI : problème de thyroïde
27. MAHMOUD AL-TANANI : diabète, hypertension artérielle, cholestérol, problèmes rénaux et autres maladies
28. AHMED OBAID : caillots dans les jambes ; hypertension artérielle et cholestérol
29. MWAFAK AL-AROUQ : cancer de l’intestin
30. IBRAHIM ABUMAKH : leucémie
31. MUSSA SOUFAN : pneumonie
32. ISRAA JAABEES : brûlures sur tout le corps et amputations des doigts
33. YOUSSED ISKAF : problèmes cardiaques
34. NABIL HARB : intestins en plastique
35. YOURY AL-MASRY: inflammation des glandes

Prisonniers palmestiniens

Le 15 mars, plusieurs organisations avaient appelé à descendre dans la rue pour dénoncer la corruption du pouvoir actuel et exiger la vérité sur un scandale de détournement de fonds dans l’achat de matériel militaire, révélé par la presse en février (soupçons de surfacturation et de fausses factures portant sur plusieurs centaines de milliards de francs CFA, soit des centaines de millions d’euros, de 2011 à ,20199). Bien que le 13 mars, des mesures restreignant les libertés publiques ont été prises dans la lutte contre le Covid-19, les organisateurs de la manifestation n’ont reçu aucune notification d’interdiction. Tôt dans la matinée du dimanche 15 mars, les forces de l’ordre ont bloqué toutes les voies menant à la place de la Concertation, à Niamey, lieu du rassemblement. Quatre personnes ont été tuées à proximité d’un marché de la capitale qui a pris feu après l’intervention des forces de l’ordre et quinze personnes ont été arrêtées dont des acteurs de la société civile, toutes interpellées à leur domicile. Après quatre jours de garde à vue, six d’entre eux ont été placés sous mandat de dépôt pour «participation à une manifestation non autorisée». Une précédente manifestation contre la corruption avait été brutalement réprimée (voir notre article).

Militants arrêtés au Niger suite à la manifestaition du 15 mars 2020

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Jeudi 19 mars, la police grecque arrêtait entre 26 et 35 personnes appartenant au Front Anti-impérialiste, une organisation turque opposée au régime d’Erdogan (voir notre article). Onze d’entre eux sont passé une première fois devant les tribunaux, le mardi 24 mars, et ont été placé en détention provisoire. Ils sont accusés d’avoir violé la loi antiterroriste grecque 187A.

Les prisonniers du Front Anti-Impérialiste devant les tribunaux en Grèce

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Mercredi 25 mars, Nikos Maziotis a été transféré par les forces de police spéciale de la prison de Korydallos vers la prison de Domokos sans qu’il n’ait pu emporter le moindre effet personnel, pas même sa veste. Ce transfert intervient deux jours à peine après le transfert disciplinaire de Pola Roupa qui menait la mobilisation dans la prison des femmes de Korydallos (voir notre article). Dans un texte écrit plus tôt avant son transfert, Nikos Maziotis avait critiqué un décret gouvernemental sur les coronavirus, l’analysant comme un outil pour permettre à l’État de contrôler les citoyens et leurs mouvements à grande échelle.

Nikos sdet Pola à leur procès, avec une délégation solidaire du SR