Actualité de la répression et de la résistance à la répression

Le 18 novembre, notre camarade Andi, secrétaire du Secours Rouge International, doit comparaître devant la plus haute juridiction suisse. Le coeur de ce procès est l’action contre le consulat turc à Zürich en 2017 en solidarité avec le Rojava. Ce procès n’a lieu qu’en raison des pressions diplomatique de la Turquie C’est pourquoi, le Secours Rouge International avait appelé à des actions solidaires (voir cet appel). Plusieurs initiatives solidaires ont déjà eu lieu, notamment des tags et des accrochages de banderoles dans plusieurs villes, mais aussi des actions contre l’OPWC à La Haye (communiqué), contre la Chambre du commerce Suisse-Turquie (CCIST) à Genève (communiqué), et contre la Direction cantonale de la Sécurité, à Zurich (communiqué).

L’action contre l’OPCW à La Haye

La police de l’État indien du Maharashtra, dans l’ouest de l’Inde, a tué samedi au moins 26 militants maoïstes, dont un haut dirigeant et six femmes, dans le district de Gadchiroli. L’opération a eu lieu dans une forêt dense  la frontière entre les États du Maharashtra et du Chhattisgarh, à environ 1 000 km (600 miles) à l’est de Mumbai. Milind Teltumbde, membre du comité central du PCI (Maoïste) et responsable de sa zone Maharashtra-Madhya Pradesh-Chhattisgarh, compte parmi les tués. Une récompense de cinq millions de roupies était offerte pour sa capture.

Milind Teltumbde

Dossier(s): Inde-Népal Tags: , ,

Un procès contre le militant Suryoye (Araméens, Assyriens et Chaldéens) Sami Grigo Baydar s’ouvrira le 9 décembre au tribunal régional d’Augsbourg. Dans le passé, son travail de solidarité avec les Suryoye en Turquie et en Europe ainsi que sa défense du groupe de musique révolutionnaire turc Grup Yorum lui ont valu de nombreuses poursuites pénales. Cette fois-ci, Sami Baydar comparait devant le tribunal pour avoir publié sur Facebook, le 14 décembre 2020, un message dans lequel il soulignait que des « policiers d’origine turque » lui avaient rendu visite. La plainte pénale indique en outre que Baydar aurait établi un lien entre les policiers et les services secrets de la gendarmerie militaire turque par le biais d’un « J’aime ». Selon l’accusation, Baydar a non seulement exprimé son approbation avec le « J’aime », mais s’est également approprié l’énoncé du commentaire comme étant le sien. Le ministère public d’Augsbourg considère désormais que cela constitue une diffamation. Le 23 juin, Sami Baydar a été condamné par le tribunal de district d’Augsbourg à une amende de 3 600 euros (90 peines journalières de 40 euros chacune). Sami Baydar a fait appel de cette sentence.

Pressions, actes d’intimidation, harcèlement et emprisonnements visent les militants de la Confédération syndicale indépendante hongkongaise HKCTU, affiliée à la Confédération syndicale internationale, depuis plusieurs. Lee Cheuk-yan, secrétaire général du HKCTU, a été incarcéré pour avoir participé à des rassemblements publics et accusé d’inciter à la « subversion ». Des représentants du syndicat ont annoncé qu’ils mettaient fin à leurs activités en raison de la « pression énorme » qu’ils recevaient de la part des autorités. Cette auto-dissolution n’est pas la première puisque d’autres syndicats locaux, notamment le HKPTU, syndicat enseignant, le syndicat général des orthophonistes et l’organisation de défense des travailleurs Asia Monitor Resource Center, ont été contraints à la même décision.

Ce démantèlement de la vie syndicale et de façon plus générale des organisations politiques et sociales indépendantes, fait suite à l’adoption, en juin 2020, d’une loi sur la sécurité nationale qui établit un cadre permettant aux autorités d’accuser quiconque de  » collusion contre l’État ». Le 25 octobre, c’est Amnesty International qui avait annoncé la fermeture de ses bureaux à Hong Kong, estimant impossible d’y travailler librement en raison de la nouvelle loi, alors que les premières condamnations s’abattaient sur des participants aux manifestations monstres de 2019.

 

Le 29 octobre, des policiers du BOPE (Bataillon d’opérations spéciales) ont assassiné Gedeon José Duque et Rafael Gasparini Tedesco dans la région de Nova Mutum, dans des zones envahies par la police militaire. Celle-ci mène une opération d’expulsion de 700 familles malgré deux décisions de la Cour suprême qui a interdit toutes les expulsions et opérations dans les bidonvilles pendant la pandémie de covid-19. Gedeon et Rafael, militants de la Ligue des Paysans Pauvres, se battaient avec des centaines de familles paysannes pour un bout de terre pour survivre. L’opération d’expulsion a été menée principalement par la police militaire, mais aussi par la force de sécurité nationale et de dizaines de pistoleros au service des grands propriétaires terriens. Les familles expulsées sont entassées dans des conditions insalubres dans une école, sans eau ni nourriture, elles sont soumises à des fouilles humiliantes, des passages à tabac, des menaces, des intimidations. Les forces répressives ont détruit les habitations et volé le bétail et les biens des paysans . Une bonne partie des familles n’ont pas été retirées de leurs parcelles, elles ont continué et continuent de résister. L’assassinat de Gedeon et Rafael s’ajoute aux autres, qui, au cours des deux derniers mois seulement, ont fait sept victimes sur les mêmes terres.

Gedeon José Duque

Dossier(s): Amérique Latine Tags:

Des dizaines de milliers de personnes sont descendues samedi dans les rues de Khartoum et d’autres villes du Soudan pour protester contre la prise du contrôle du pays par des militaires, trois semaines après le putsch orchestré par le général Abdel Fattah al-Burhan. Au moins cinq manifestants ont été tués par des tirs à balles réelles des forces de sécurité et de nombreux autres ont été blessés. Les manifestations surviennent deux jours après l’annonce de l’installation à la tête du pays d’un conseil de souveraineté excluant la coalition civile avec laquelle l’armée partageait le pouvoir depuis 2019. Samedi, les forces de sécurité ont coupé la circulation sur les ponts qui relient le centre de Khartoum aux villes jumelles d’Omdurman et de Khartoum Nord. Les routes menant à des sites stratégiques ont également été fermées. Les forces de sécurité ont tenté de disperser les manifestants qui commençaient à se rassembler en début d’après-midi autour de la capitale, tirant du gaz lacrymogène et pourchassant les manifestants dans les rues voisines pour essayer de les empêcher d’atteindre les points de rassemblement. Les services Internet mobiles sont coupés au Soudan depuis le coup d’État, malgré une décision de justice visant à les rétablir, et le téléphone ne fonctionne pas, ce qui complique l’organisation des manifestations.

Dossier(s): Afrique Tags: ,

Bamenda, chef-lieu du département du Mezam et de la région du nord-ouest du Cameroun, était en feu hier 12 novembre. Après la mort d’une fillette de 7 ans par balle, lors d’un contrôle routier, la population est descendue en masse dans la rue pour exprimer sa colère. Des affrontements ont eu lieu entre la police et la population à divers endroits de la ville. Au moins une personne a été tuée à Bamenda après que des gardes eurent ouvert le feu sur des manifestants qui désapprouvaient le meurtre d’une petite fille. Des centaines de manifestants s’étaient rendus au bureau du gouverneur à Bamenda, dans la région du nord-ouest du Cameroun, pour condamner la mort de la petite fille par un gardien vendredi. Un manifestant avait été précédemment tué. La ville de Bamenda est dans la partie anglophone du pays. Il y existe un mouvement sécessioniste et il y a une forte militarisation. Le lendemain de la mort de la fillette, l’explosion d’un IED déclenché par les indépendantistes a tué 5 policiers et 3 gendarmes (photo).

 

Dossier(s): Afrique Tags: ,

Les forces d’occupation israéliennes ont dispersé les rassemblements palestiniens qui ont eu lieu à l’occasion du 17e anniversaire de la mort de Yasser Arafat. L’armée israélienne a utilisé des balles réelles et en caoutchouc et des grenades lacrymogènes pour disperser des rassemblements dans les villes d’Hébron et de Bethléem dans le sud de la Cisjordanie, et à l’entrée nord des villes d’al-Bireh et de Ramallah (centre). Dans la ville d’Hébron, l’armée israélienne a tiré des grenades lacrymogènes pour disperser une marche d’étudiants, qui a commencé depuis l’école « Tariq ibn Ziyad », située au centre de la ville. Dans la ville de Dura, au sud d’Hébron, des affrontements ont éclaté entre des jeunes Palestiniens, dont la plupart sont des écoliers, et les forces d’occupation à l’entrée est de la ville, provoquant des cas d’étouffement parmi les étudiants. Dans la ville de Tuqu’, à l’est de Bethléem, des dizaines d’étudiants ont été victimes de cas d’asphyxies, à la suite des tirs de grenades lacrymogènes par les forces israéliennes, contre une marche estudiantine pour commémorer la mort d’Arafat. À l’entrée nord des villes d’al-Bireh et de Ramallah, des affrontements ont éclaté entre les forces d’occupation et des jeunes Palestiniens qui ont incendié des pneus.

Le 18 novembre, notre camarade Andi, secrétaire du Secours Rouge International, doit comparaître devant le tribunal fédéral de Bellinzona, la plus haute juridiction suisse. Le coeur de ce procès est l’action contre le consulat turc à Zürich en 2017 en solidarité avec le Rojava. Le procès contre notre camarade n’a lieu qu’en raison des pressions diplomatique de la Turquie. Ces pressions s’expliquent par le rôle que joue la camarade dans la solidarité internationale avec le Rojava. Il est remarquable que le procureur fédéral suisse ai tenté, à plusieurs reprises, de mettre fin à cette procédure: soit en raison de la faiblesse du dossier (absence de preuve), soit parce qu’ils ont d’autres enquêtes en cours. L’État turc s’y est toujours opposé et a exigé, et finalement obtenu ce procès, en suivant son objectif de liquider la solidarité avec le Rojava. C’est pourquoi, à la mi-novembre, en réponse à la comparution de notre secrétaire devant la justice suisse, le Secours Rouge International appelle à des actions contre le fascisme turc.

Lire l’appel à l’action du Secours Rouge International

Le consulat suisse après la manifestation de soutien au Rojava

La sécurisation de la COP26 est la plus large opération policière dans l’histoire britannique. Son bilan est de plusieurs centaines d’interpellation et de 76 arrestations. Parmi ces arrestations celles de militant.e.s dont les actions impliquent forcément leur arrestation (désobéissance civile genre XR), mais aussi des militant.e.s qui se sont affrontés à la police. Des incidents ont en effet eu lieu dans le cadre des deux grandes marches qui ont traversé la ville, rassemblant des des dizaines de milliers de manifestants.

rresta