Secours Rouge

Abattre le capitalisme, construire la solidarité.

La répression du mouvement populaire de protestation s’intensifie en Algérie et revêt différentes formes. Il y a d’abord les restrictions sur la liberté de circuler qui empêchent les Algériens et Algériennes de rejoindre la capitale pendant les manifestations du vendredi, les dispositifs sécuritaires intra-muros pendant les marches à Alger et les arrestations de manifestants opérées dès les premières heures des manifestations pourtant pacifiques. Il y a aussi la censure par des blocages internet que subissent les médias d’information. Il y a ensuite les poursuites à l’encontre des personnes ayant exprimé leur opposition comme tout récemment l’avocat Ramzi Chekhab poursuivi pour incitation à attroupement par le parquet de Khenchela rien que pour avoir exprimé sur sa page Facebook son opposition au 5e mandat de Bouteflika.

Il y a enfin les poursuites contre des manifestants ayant porté l’emblème Amazigh, alors qu’aucune disposition pénale ne sanctionne le port d’un emblème autre que l’emblème national. Plus de 60 personnes sont emprisonnées pour avoir exhibé cet emblème publiquement. Des peines sont prononcées. Deux jeunes à Chlef sont condamnés à deux mois de prison avec sursis après un séjour carcéral. Hier, à Annaba, le représentant du ministère public a requis 10 ans de prison ferme contre le jeune Nadir Fetissi.

Policiers algériens face aux manifestants le 12 avril

 

Dossier(s): Monde arabe et Iran Tags:

Suite à l’acquittement déclaré en mai dernier par la juge dans le cadre du procès contre une douzaine d’anarchistes inculpés notamment “d’association de malfaiteurs” (voir notre article), le procureur a décidé de faire appel. Voici ce qu’un des inculpés écrivait en avril 2019 à propos de ce procès : « Cet apogée vient jeter une zone d’ombre sur le fait que ce procès et son verdict ne seront probablement qu’un nouvel épisode dans cette saga où les rebondissements judiciaires se sont enchaînés depuis la mise au jour de cette enquête ainsi qu’après sa clôture. (…) Ce procès n’est donc rien d’autre qu’un épisode plus spectaculaire que les autres dans cette série-choc autour de la répression. » Il avait vu juste. Il n’y pas encore de date fixée pour la reprise du procès.

Affichage solidaire à Bruxelles

Affichage solidaire à Bruxelles

 

Le vendredi 9 août, le HBDH a revendiqué l’attaque du dépôt de munition militaire de Reyhanli. Cette attaque a été faite à l’occasion du 35e anniversaire de l’opération du 15 août 1984, date de la première attaque du PKK à l’encontre d’unités de l’armée et de la police turque à Eruh et Semdinli. L’attaque de ce vendredi a été mené sur le champ de munitions militaires de Reyhanli qui sert de dépôt de munitions pour le matériel de guerre militaire et qui comprend également des inventaires des forces du MIT et de l’armée de l’air alimentant des bandes informelles. Les explosions des munitions ont duré plus de 5 heures.

Dépôt militaire de Reyhanli attaqué par le HBDH

Vendredi matin, un cadre maoïste a été tué et une cache d’armes a été retrouvée à la suite d’une fusillade entre les forces de sécurité et les guérilleros maoïstes dans la forêt de Tholkobera, entre Chaibasa et Khunti, dans le district de West Singbhum (état de Jharkhand). L’opération a été menée par une force conjointe du 94e bataillon de la CRPF et de la police de Jharkhand. La cache contenait deux fusils de chasse, un fusil de calibre .315, des munitions de divers calibres mais aussi 10 téléphones mobiles et des équipements divers.

Les paramilitaires du CRPF devant le matériel retrouvé

Dossier(s): Inde-Népal Tags:

Le Congrès de la société démocratique kurde du Kurdistan en Europe (KCDK-E) appelle à des manifestations contre le projet d’occupation turque au Rojava ce week-end. Cet appel fait suite à l’accord annoncé mercredi entre les États-Unis et la Turquie qui prévoit l’établissement d’une zone d’occupation conjointe au sein du territoire du Rojava.

Des manifestations ont déjà été annoncées dans de nombreux endroits. Elles ont été décidées ce week-end prochain lors d’une réunion conjointe de 34 partis et organisations kurdes. Il est appelé à une large participation aux manifestations dans divers pays européens, ainsi qu’en Australie et au Canada.

Les dates des manifestations connues à ce jour sont les suivantes :

BELGIQUE
Bruxelles, Gare Centrale – 10 août, 14h

FRANCE
Marseille, Place Canebière – 10 août, 19h
Bordeaux, Place Théâtre – 10  août, 18h
Paris, Gare de l’Est – 10 août, 15h
Rennes,  Place Colombie – 10 août, 16h
Draguignan, devant la poste – 10 août, 18h

SUÈDE
Örebro, Våghustårget – 10 août, 13h
Göteborg, Brunsparken – 10 août, 13h
Malmö, Triangeln, 21143 Malmö – 10 août, 13h
Stockholm, Norra Bantorget – 10 août, 13h

PAYS-BAS
Amsterdam, Waterlooplein – 10 août, 15h

AUTRICHE
Graz, Place du Tyrol du Sud – 10 août, 16h
Vienne, Opéra / Karlsplatz – 10 août, 17h

ALLEMAGNE
Berlin, Potsdamer Platz – 10 août, 17h
Hambourg, Sternschanze Station –  10 août, 16h
Stuttgart, Lautenschlagerstrasse – 10 août, 16h
Francfort, Kaisersack Station – 10 août, 14h
Bremen, Marché de Brême –  Stand d’information du 7 au 10 août de 10h à 18h

Combattantes kurdes au Rojava (archive)

Combattantes kurdes au Rojava (archive)

En février 2017, la vice-présidente des juges d’instruction a décidé de passer en procès trois personnes inculpées de dégradations de panneaux publicitaires de la société JCDecaux réalisées en mai et juin 2013. L’audience vient finalement d’être fixée par le procureur général Étienne Manteaux pour le 11 septembre 2019 à partir de 13h30 au TGI de Besançon.

Parmi elles, deux personnes sont accusées de dégradations sur l’ensemble de cette période, dont l’une arrêtée le soir de la fête de la musique 2013 et accusée de la destruction de six panneaux. Pour la troisième personne, « particulièrement mutique » devant les juges et les flics au cours de l’instruction, seules ont été retenues les dégradations en réunion de la nuit du 13 au 14 juin, au cours de laquelle une bonne trentaine de panneaux ont été détruites. La société JCDecaux s’est portée partie civile « [constatant] depuis 2010 une forte intensification des dégradations infligées au mobilier urbain de sa société ». Ce dernier a notamment précisé que « la société n’avait pas pu être intégralement indemnisée par la compagnie d’assurance en raison d’une franchise de 50.000 euros par sinistre. La société subissait outre ce préjudice matériel, un préjudice commercial, ses clients demandant une prolongation des campagnes publicitaires qui avaient été interrompues. »

 

JCDecaux visé à Besançon

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La biométrie comportementale est une technologique de cyber-sécurité et de cyber-flicage qui identifie les personnes par la façon dont ils font ce qu’ils font – plutôt que par qui ils sont (reconnaissance faciale, empreinte digitale…), ce qu’ils savent (questions secrètes, mots de passe) ou ce qu’ils ont pour s’identifier (code éphémère envoyé par SMS…). Chaque personne a une façon qui lui est propre de déplacer une souris, taper sur un clavier ou sur un téléphone, et la biométrie comportementale est capable de mesure et d’analyser ces schémas.

La société israélienne BioCatch a développé un logiciel qui vérifie 500 bio-comportements et paramètres cognitifs et physiologiques pour créer des profils d’utilisateurs uniques et une présence web personnalisée pour chaque utilisateur de sites bancaires et commerçants. Elle vend ses produits de détection aux banques et à ses autres clients dans le monde entier. Elle développe maintenant des outils capables de détecter quand une personne effectue des opérations anormales et anxiogènes par l’étude de centaines de ces petits signaux comportementaux très subtils. Chaque signal est un indicateur très faible mais leur combinaison est opérante.

 

Schémas de scrolling sur tablette

Les autorités de l’état de Bavière ont déporté un homme kurde, père de quatre enfants, qui vivait en Allemagne depuis 30 ans parce qu’il avait brandi un drapeau des YPG (milices kurdes ayant combattu l’État islamique dans le Nord de la Syrie) et parce qu’il avait participé à des événements pro-kurdes. Après sa déportation en Turquie, l’homme a pu fuir le pays et est retourné en Allemagne où il a de nouveau introduit une demande d’asile.

En mars 2017, le ministère de l’intérieur allemand avait annoncé l’interdiction des symboles des YPG/YPJ et du PYD (parti de l’union démocratique, parti kurde en Syrie) sous prétexte que ces groupes étaient affiliés au PKK (parti des travailleurs du Kurdistan, considéré comme organisation terroriste par la Turquie, l’Union Européenne et les États Unis). La Bavière est une des régions en Allemagne qui applique cette nouvelle règle particulièrement durement. Ainsi, un homme y avait été poursuivi pour avoir affiché un drapeau YPG sur sa page facebook.

Drapeaux des YPG et du PYD

Drapeaux des YPG et du PYD

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Après la violente répression policière ciblant des manifestant·e·s qui s’opposaient à un rassemblement d’extrême-droite à Kassel le 20 juillet, un·e des manifestant·e·s a été harcelé·e par des fonctionnaires du Verfassungsschutz (service de renseignement de l’état allemand). La marche d’extrême-droite qui a rassemblé 120 personnes célébrait l’assassinat du politicien Walter Lübcke, ciblé pour ses positions favorables à l’immigration. Des milliers de contre-manifestant·e·s s’étaient rassemblé·e·s, dont 16 ont tenté de bloquer l’avancement de la marche en faisant un sit-in. La police a violemment brisé le blocage à l’aide de coups et de gaz poivré. Plus tard, au moins un·e des activistes s’est fait suivre par des fonctionnaires du Verfassungsschutz. Ceux-ci lui ont fait savoir qu’ils connaissaient son adresse et son numéro de téléphone. Ils lui ont également proposé de l’argent en échange d’informations et de coopération. Durant plusieurs jours, les fonctionnaires ont appelé l’activiste régulièrement.

Un policier asperge des manifestant·e·s antifascistes de gaz poivré à Kassel le 20 juillet

Un policier asperge des manifestant·e·s antifascistes de gaz poivré à Kassel le 20 juillet

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Jeudi 1er août, le Mouvement Révolutionnaire d’Unité Populaire (Halkların Birleşik Devrim Hareketi, HBDH) a détruit une usine d’huile d’olive appartenant à Cem Boyner et à la famille Ali Kürşat, située dans le district d’Ayvalık à Balıkesir. Cem Boyner a été président du TUSIAD, l’Association des industriels et hommes d’affaires de Turquie (une organisation patronale). Cette organisation soutient la politique économique de l’AKP qui a renforcé l’exploitation des travailleuses et travailleurs, interdit les grèves et limité les droits syndicaux. La guérilla a consacré son action aux révolutionnaires tombés au combat à Afrin. Cette invasion avait, en effet, reçu le soutien total du TUSIAD qui a reçu du financement dans le cadre de l’occupation qui a suivi.

 

Usine détruite par le HBDH