Secours Rouge

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De nouveaux affrontements ont émaillé des manifestations interdites à Hongkong dimanche soir, la police ayant eu recours aux lacrymogènes et canons à eau contre des militants qui jetaient des pierres et des cocktails Molotov. Des dizaines de milliers de personnes avaient bravé l’interdit pour descendre à nouveau dans les rues et se répandre dans les artères du centre de l’île. Le rassemblement a tourné à l’affrontement entre policiers et manifestants radicaux qui tentaient de s’en prendre au complexe abritant le siège de l’exécutif, entouré de barrières. Avant de battre en retraite devant les policiers anti-émeutes, certains manifestants avaient monté des barricades, allumé des feux. Des projets de manifestations ou de grèves pour les semaines à venir se multiplient en ligne, à l’approche de deux anniversaires hautement symboliques : le 28 septembre pour marquer les cinq ans du début du «Mouvement des parapluies» de 2014, et le 1er octobre pour l’anniversaire de la fondation de la République populaire de Chine.

Les affrontements de ce dimanche

 

Deux guérilleros présumés de la New People’s Army (NPA) ont été tués au cours d’une série d’affrontements avec les forces de sécurité gouvernementales à Agusan del Sur au cours du week-end. Les soldats ont retrouvé les corps des maoïstes sur les lieux des affrontements qui ont eu lieu dimanche matin à Barangay Binucayan. Le premier guérillero a été tué au cours de combats sporadiques d’une durée de deux heures dans l’Union de Sitio, entre les maoïstes et le 60e bataillon d’infanterie de l’armée. Les militaires ont aussi récupéré un fusil M16, un IED de 15 kilos et du matériel politique. Le deuxième maoïste a été tué dans une opération de poursuite lancée par l’armée dans l’après-midi du même jour. Les soldats ont, là aussi, récupéré un  M16 ainsi qu’une grenade, des munitions et du cordeau détonant.

Combattants de la NPA

 

Un tribunal de première instance de  Manille a ordonné l’arrestation du fondateur Parti communiste des Philippines (CPP), Jose Maria «Joma» Sison, de son épouse Juliet Sison, du conseiller principal du Front national démocratique des Philippines, Luis Jalandoni, des dirigeants communistes Rodolfo Salas et Leo Velasco et 34 autres personnes. Ils ont été inculpés du meurtre de 15 personnes dont les corps avaient été trouvé dans une fosse commune commune, dans le centre des Philippines, au moment des plus violents combats entre la guérilla maoïste et l’armée du dictateur Ferdinand Marcos. Jose Maria Sison a déclaré que la liste des accusés était totalement stupide et fabriquée de toute pièce. En effet, la liste inclut les noms de personnes emprisonnées au moment du prétendu massacre, y compris lui-même. La liste inclut également des personnes décédées…

José Maria Sison

 

L’exécutif de Hong Kong recule et va retirer le projet de loi sur les extraditions vers la Chine, qui est à l’origine de la contestation dans l’ancienne colonie britannique. La cheffe du gouvernement, Carrie Lam a annoncé publiquement sa décision peu de temps après dans une vidéo dans laquelle elle déclare que le texte du projet de loi sur les extraditions vers la Chine va être définitivement abandonné en octobre prochain, lors de la prochaine réunion du Conseil législatif, qui fait office de parlement à Hong Kong. Il s’agit d’une concession majeure du pouvoir prochinois aux puissants mouvements de manifestants. La dirigeante a toutefois indiqué que le gouvernement ne céderait sur aucune autre demande des manifestants, incluant celle sur la tenue d’une enquête indépendante sur les comportements violents des policiers envers les manifestants. Il n’est par ailleurs pas certain que l’abandon du projet de loi annoncé mercredi par Carrie Lam suffise à calmer les tensions dans les rues de Hong Kong. Le mouvement de contestation réclame maintenant la démission de la cheffe de l’exécutif et l’organisation d’élections libres dans l’île.

Manifestation à Hong KongManifestation à Hong Kong

Après trois mois de mobilisation, la tension est à son comble à Hong Kong. Des milliers de manifestants antigouvernementaux ont marché, hier samedi à Hong Kong, à l’occasion du cinquième anniversaire du refus par Pékin d’organiser des élections au suffrage universel dans cette région semi-autonome. La police chinoise a décidé d’interdire la manifestation, invoquant des raisons de sécurité. Mais sous une mer de parapluies, le signe de ralliement du mouvement, des milliers de personnes ont manifesté dans la ville.  La police a tiré des cartouches de gaz lacrymogènes et brièvement utilisé des canons à eau contre des protestataires rassemblés près du siège local de l’Armée populaire de libération. Des manifestants ont répliqué en jetant des briques et des cocktails Molotov sur les forces de l’ordre. Deux des représentants de premier plan du “Mouvement des parapluies”, Joshua Wong et Agnes Chow, âgés de 22 ans et très populaires au sein de l’actuel mouvement de contestation, ont été arrêtés vendredi notamment pour “incitation à participer à un rassemblement non autorisé”. Tous deux ont été inculpés dans l’après-midi et libérés sous caution. Plus de 900 personnes ont été interpellées depuis le début de la contestation.

Une des manifestations d'hier à Hong Kong

Un membre présumé de l’insurrection maoïste a été tué, et sept autres ont été capturés, par les forces de sécurité à Barangay Bagacay (dans la région d’Ozamis City), dimanche matin. Un détachement composé de militaires de la 1ère Division d’infanterie et de policiers a accroché un groupe de maoïstes. Le groupe a d’abord pour s’échapper mais a été ensuite bloqué par les forces gouvernementales.

 

Le week-end du 24 au 25 août a, une nouvelle fois, vu des milliers de manifestant·e·s descendre dans les rues de Hong Kong pour protester contre le gouvernement pro-Pékin. Samedi, 24 aout après dix jours de calme relatifs des affrontements ont éclaté suite à une charge policière contre une barricade érigée par des manifestant·e·s dans le quartier industriel de Kwun Tong, à l’Est de la péninsule de Kowloon. Les manifestants se sont ensuite déployés dans d’autres endroits de la ville, pointant notamment des lasers sur des façades d’immeubles où résident des policiers, près de la station de métro Wong Tai Sin. Ils et elles ont également démantelé des lampadaires “intelligents” dotés de capacités d’enregistrement vidéo et de reconnaissance faciale. La police a annoncé dimanche avoir arrêté 29 personnes suite aux affrontements de samedi. Le lendemain, la police de Hong Kong a utilisé pour la première fois de son histoire des cannons à eaux contre des manifestant·e·s, qui ont répliqué avec des pavés et des cocktails Molotov. Un policier a également tiré avec son arme à feu “en guise de sommation”.

Démantèlement d'un lampadaire intelligent à Hong Kong

Alex Murphy était l’un des deux membres de l’IRA emprisonné pour avoir abattu deux sous-officiers britanniques. Ceux-ci étaient tombés par hasard, le 19 mars 1988, en plein dans une funérailles de l’IRA,en 1988. En civil mais armé, ils avaient sortis leur arme mais avaient été désarmés et frappés par la foule en colère, puis amené à l’écart par des membres de l’IRA et abattus. L’événement avait frappé les esprits en Grande-Bretagne parce qu’il s’était largement passé devant les caméras de télévision. Alec Murphy avait été condamné à une peine d’emprisonnement à perpétuité avec un autre militant républicain, Hugh Maguire, mais a été libéré en 1998 en vertu de l’Accord du Vendredi Saint après avoir purgé environ 10 ans de prison. Vétéran de la cause républicaine, Alec Murphy avait été emprisonné par les Britanniques dès l’âge de 15 ans, à la prison de Long Kesh au début des années 1970.

Alex Murphy est décédé paisiblement à son domicile de Falls Road, à Belfast, âgé d’une soixantaine d’années, le 15 août dernier et ses funérailles ont eu lieu lundi après-midi en présence d’une grande foule. Une vidéo mise en ligne a montré qu’iune salve d’honneur avait été tirée au dessus de son cercueil, devant son domicile, par deux hommes portant une cagoule noire, devant une assistance. La police a déclaré que cet hommage était un “acte criminel”. Les policiers ont fouillé la maison du défunt à Belfast un jour après ses funérailles, et saisi un certain nombre d’objets, mais ils n’ont procédé à aucune arrestation.

Extrait de la vidéo de la salve d'hommmage

 

Des militants écologistes opposés au projet de mine d’or Amuslar se sont dirigés vers le bâtiment du Parlement. Ils avaient l’intention d’organiser des assemblées publiques sur la question des Amulsar dans le parc de l’Assemblée nationale. Le cordon de police a bloqué les manifestants, leur refusant l’accès au parc. La tension a augmenté, certains manifestants ont tenté de bloquer l’avenue Baghramyan, y parvenant à moitié. Les heurts ont alors commencé entre la police et les participants à la manifestation environnementale. La police a expulsé les manifestants de la chaussée et procédé à six arrestations.

Manifestation contre le projet de mine à Amulsar

 

Lundi 19 août, des émeutes ont éclaté en Papouasie occidentale, alors que des milliers de personnes protestaient contre les arrestations et les détentions d’étudiants indépendantistes durant le week-end. Plusieurs milliers de manifestants sont descendus dans les rues de Manokwari, la capitale de la province de Papouasie occidentale. Les manifestations se sont transformés en soulèvement causant des dégâts matériels (magasins et véhicules incendiés, panneaux de signalisation arrachés, jets de pierre), jusqu’à l’incendie du Parlement régional. Le samedi 17 août, jour de l’indépendance de l’Indonésie, 43 étudiants papous vivant à Surabaya (sur l’île de Java), ont été arrêtés, accusés d’avoir détruit un drapeau indonésien. La police est intervenue dans les dortoirs utilisant des gaz lacrymogènes pour forcer les étudiants à sortir. Ils seront arrêtés et relâchés après interrogatoire. Depuis des années, les forces de sécurité du pays sont accusées d’exactions à l’encontre de la population de Papouasie, notamment d’assassinats de militants politiques et sociaux.

Parlement Régional de Manokwari, capitale de la province de Papouasie occidentale