Secours Rouge

Abattre le capitalisme, construire la solidarité.

Lundi après-midi, six soldats philippins ont été tués et 23 autres blessés, dans une embuscade de la NPA sur l’île de Samarr, dans le centre-est du pays.  Trois pelotons du 14e bataillon d’infanterie évoluaient sur un terrain escarpé à Sitio Bangon, quand les guérilleros ont déclenché l’explosion simultanée de six IED. Les guérilleros, qui étaient une cinquantaine, ont ensuite ouvert un feu nourri contre les militaires qui ont répliqué. La fusillade a duré 50 minutes et les maoïstes se sont retirés avant l’arrivée des renforts.

Combattants de la NPA

 

 

Hong Kong a connu lundi une des journées les plus violentes et chaotiques en cinq mois de mobilisation. En début de matinée, un policier a tiré à balles réelles sur un manifestant masqué, le blessant grièvement au torse. Ce coup de feu a été filmé et retransmis en direct sur Facebook, soulevant des réactions de colère de la part des manifestants. C’est la troisième fois depuis le début du mouvement de protestation que la police fait usage d’armes à feu.

Un appel à la grève générale avait été lancé pour ce lundi. Et dès le début de matinée, à l’heure de pointe, plusieurs quartiers ont été le théâtre d’actions de blocage en tout genre. Des manifestants ont pris pour cible les stations du métro ou ont érigé des barricades à certains carrefours. De nombreux secteurs de la mégapole ont ainsi été complètement bloqués alors que des manifestants radicaux vandalisaient des stations de métro et des sociétés accusées de faire le jeu du gouvernement local ou de Pékin. Des grenades lacrymogènes et des balles en caoutchouc ont été tirées par la police dans de nombreux quartiers pour tenter de disperser les protestataires, et notamment sur deux campus.

Le police visant le manifestant juste avant le tir

Le police visant le manifestant juste avant le tir

À Hong Kong, les incidents se sont multipliés après le décès d’un étudiant de 22 ans, ce vendredi 8 novembre, suite à une chute du 3ème étage d’un parking dans la nuit de dimanche à lundi dernier. Vendredi, les étudiants de l’Université de Technologies, dont était originaire Chow Tsz-lok, l’étudiant décédé, ont saccagé le bureau du président de l’université, celui-ci étant accusé de ne pas condamner la police. Puis ce sont des commerces du campus qui ont été vandalisés dont la succursale de la Banque de Chine et un Starbucks, dont la franchise à Hong Kong est tenue par un groupe chinois. Les affrontements se sont poursuivis dans l’après-midi à Hong Kong et on apprenait qu’un coup de feu en l’air avait été tiré par la police à Yaumatei en soirée alors qu’un groupe était pris à partie par de jeunes manifestants.

Samedi, un important rassemblement s’est déroulé dans le calme au centre de Hong Kong, dans le parc Tamar. Mais ce dimanche a été en revanche plus agitée avec un mot d’ordre d’occupation de plusieurs shopping malls au travers de Hong Kong: Causeway Bay, Tuen Mun, Shatin, Kowlong Tong… . Plusieurs confrontations avec la police ont eu lieu, jusqu’après la tombée de la nuit, suite à la mise en place de barricades dans la ville.

Afrontements ce dimanche

Le 31 octobre 2019, la police et l’armée ont arrêté 57 personnes, dont des mineurs, lors d’un raid sur les organisations progressistes Gabriela, Bayan Muna et deux syndicats philippins à Bacolod City aux Philippines. Cette procédure s’inscrit dans les opérations de contre-guérilla contre la New People’s Army (branche armée du Parti Communiste des Philippines) active dans la région.
Une campagne de solidarité internationale a été lancée avec les hashtags #ReleaseNegros57 #DefendNegros, #ActivismIsNotACrime et #StopTheAttacks.

Jeudi 17 octobre, Sophia Huang Xueqina, une journaliste et militante féministe, était convoquée par la police de Canton, dans le sud de la Chine. Elle devait récupérer son passeport, confisqué pendant l’été. Sa famille ne l’a plus revue depuis. Elle est toujours en détention, vraisemblablement pour «trouble à l’ordre social» probablement suite à participation au mouvement à Hongkong. Sophia Huang Xueqin est connue pour être l’une des initiatrices de #Metoo en Chine qui a éclaboussé plusieurs hommes très en vue. Notons que les autorités chinoises ferment sites et comptes féministes, censurent le hashtag #MeToo ce qui oblige beaucoup de féministes à militer de manière clandestine en utilisant notamment des moyens de communication sécurisés.

Sophia Huang Xueqin

Sophia Huang Xueqin

 

Mardi 29 octobre, des centaines de manifestant·e·s pour le climat ont tenté d’empêcher la tenue d’une conférence internationale sur l’exploitation minière à Melbourne en bloquant l’entrée du site. Cinquante personnes ont été arrêtées (la plupart pour entrave à la circulation) et au moins quatre hospitalisées après des affrontements avec la police. Dans plusieurs vidéos, on peut voir les policiers gazer les manifestant·e·s avec du spray au capsicum et les frapper avec leurs matraques. Le vice-Premier ministre Michael McCormack a exhorté les médias à ne pas couvrir les manifestations.

Blocage d'une conférence internationale sur l'exploitation minière à Melbourne

Blocage d’une conférence internationale sur l’exploitation minière à Melbourne

La police hongkongaise a de nouveau fait usage de gaz lacrymogène et de balles en caoutchouc, lors de heurts de plusieurs heures dans une zone touristique de la ville. Protestataires et forces de l’ordre ont multiplié les escarmouches, à Tsim Sha Tsui, une zone portuaire comprenant de nombreux complexes commerciaux et hôtels de luxe. Nombre de manifestants portaient des masques, en dépit de l’interdiction décrétée par l’exécutif de la région semi-autonome. Des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc ont été tirés dans trois endroits différents, et les heurts ont contraint la foule à se disperser. Des manifestants ont érigé des barricades de fortune pour bloquer la circulation sur certaines artères. Quelques groupes de manifestants se sont encore heurtés à la police en fin d’après-midi et en début de soirée, ils ont dégradé des magasins, lancé des cocktails Molotov et mis le feu à des entrées de stations de métro. Les forces anti-émeutes ont fréquemment fait usage de gaz lacrymogènes et de balles en caoutchouc, ainsi que de canons à eau. Il a été procédé à de nombreuses arrestations.

Les derniers affrontements à Hong-Kong

 

Un membre de la New People’s Army s’est évadé du Centre de détention d’Allen, dans le Samar du Nord, jeudi soir. Aljon Tamoyang Cardenas, guérillero maoïste, était poursuivi pour meurtre et violation de la loi sur la réglementation générale des armes à feu et munitions. Cet étudiant en criminologie de l’Université de l’Est des Philippines, avait été capturé le 28 mars après que lui et une cinquantaine de maoïstes avait échoués à prendre d’assaut le commissariat de Victoria. Trois guérilleros avait été tués lors du raid (voir notre article).

Aljon Tamoyang Cardenas lors de son arrestation

 

La contestation anti-gouvernementale se poursuit à Hong-Kong et fait sans cesse face à des répliques de la part du pouvoir. Voici les derniers événements relatifs à la répression du mouvement social. La police a commencé à tirer à balles réelles sur les manifestants faisant de nombreux blessés dont un grave. Un manifestant, Tsang Chi-Kin a été touché à bout portant par une balle qui est passée à 3 cm de son cœur. Son pronostic vital n’est aujourd’hui plus engagé, en revanche il est maintenant poursuivi en justice pour “émeute” et agression des forces de l’ordre. Le port du masque en manifestation a aussi été interdit grâce à un corpus législatif d’urgence apparu en 1922 et jamais utilisé depuis par un gouvernement. Cependant, hier dimanche, deux jours après l’interdiction du port du masque en manifestation, des dizaines de milliers de Hongkongais ont, une nouvelle fois, bravé la décision des autorités avant d’être réprimés par des tirs de gaz lacrymogène.

Un policier brandissant son arme à in Tsuen Wan.

La loi de 2019 sur les autorités de santé régionales et de district (RDHA) est censé privatiser les soins de santé dans la province. Jeudi, la Grand Health Alliance, un groupe de médecins, paramédicaux, infirmiers et autres membres du personnels de santé, avait organisé une manifestation à l’hôpital universitaire de Khyber et avait planifié une manifestation au Lady Reading Hospital, hier vendredi. Les autorités de Peshawar ont, dans un geste sans précédent, interdit le rassemblement de plus de quatre personnes et plus dans les locaux de l’hôpital. Un grand nombre de policiers se sont positionnés dans l’hôpital le matin et lorsque les médecins ont tenté de pénétrer à l’intérieur des bousculades et des affrontements ont eu lieu, qui  se sont poursuivis pendant plus d’une heure. Plus de 15 manifestants ont été blessés.

Arrestation d'un manifestant