Sept personnes ont été tuées lors d’un combat entre les troupes gouvernementales et la guérilla maoïste samedi 8 août, dans l’après-midi,  à Barangay Suagayan (Ilocos Sur). Un militaire de la 702e brigade d’infanterie, un civil, et cinq maoïstes, dont une femme médecin, ont été tués. Cinq soldats gouvernementaux ont également été blessés. Le civil tué est un agriculteur qui plantait du riz et qui a été pris dans les tirs croisés. C’est la troisième fusillade entre l’armée et la guérilla dans l’Ilocos Sur en un mois.

Combattants de la NPA

Combattants de la NPA

Un sous-officier du 81e bataillon d’infanterie a été tué, et trois militaires ont été blessés, lors d’une embuscade à l’IED réalisée par la guérilla maoïste à Barangay Dili, Sta. Cruz, (Ilocos Sur), vendredi 31 juillet.

Par ailleurs, trois responsables de l’insurrection maoïste pour le nord du Negros occidental ont été arrêtées à Barangay Minapasuk par des militaires du 79e bataillon d’infanterie. Il s’agit de Christell Abordo alias “Dulay” ou “Matt”, Mary Dem Forones alias “Nancy”, “Mia” ou “Ayon” et Rossine Enyong alias “Lemay”, “Digna”, “Angel” ou “Mary Joy”. Les militaires ont saisi sur elles un fusil M14, trois revolvers .38, huit téléphones portables, des fournitures médicales et des documents politiques.

Plusieurs anarchistes encourent de lourdes peines suite à leur arrestation dans le cadre d’une répression qui s’intensifie. Trois d’entre eux ont été interpellés pour des tags qui ont été qualifiés de “crimes graves”. Les tags incriminés sont : «sudah krisis, saatnya membakar ” (il y a déjà une crise, il est temps de brûler) et” melawan atau mati konyol » (combattre ou périr). Peu de temps après, deux autres anarchistes ont également été arrêtés par la police à Tangerang et Bekasi. Suite à leur arrestation, ils ont été frappés et torturés, ils ont eu la tête enveloppée dans des sacs en plastique et ont été gardés au commissariat en dehors de tout statut légal, sans que ni leurs proches ni leurs avocats ne puissent avoir des nouvelles ni intervenir. Ils font actuellement l’objet d’un procès dans lequel ils encourent jusqu’à 10 ans de prison. Deux autres, qui sont encore mineurs, sont déjà condamnés à 4 mois de prison (voir l’appel à la solidarité).

Un des tags incriminés

Quatre cadres présumés de la guérilla maoïste ont été capturés lors d’une opération conjointe de l’armée (en l’espèce le 5e bataillon d’infanterie de la 3e Division) et de la police nationale des Philippines. La capture a eu lieu vendredi 10 juillet à Barangay Magballo, (Kabankalan City), Negros Occidental. Les maoïstes capturés sont Emmylo Cañares 38 ans, secrétaire du deuxième comité national du parti du centre urbain (2NUCPC), George Buga-ay, 42 ans, responsable régional de la communication régionale (RCOM), Relyn Moreno, 22 ans, et Raffy Patajo, 21 ans, deux anciens commandants d’escouades de guérilla ayant pris des responsabilités dans les communications. Ils étaient porteurs d’armes de poing, de documents et de téléphones portables.

Les quatre maoïstes capturés

 

Les étrangers qui traversent les frontières chinoises dans la région du Xinjiang se voient installer un logiciel espion sur leur téléphone qui permet aux autorités d’avoir accès à leurs messages et autres données. Le malware Android est installé par les douaniers lorsqu’ils saisissent le téléphone et permet de scanner un ensemble spécifique de fichiers. Quiconque arrive à la frontière entre le Kirghizistan et la Chine est amené dans un environnement propre et stérile pour y être fouillé, un processus en plusieurs étapes qui prend une demi-journée. C’est à ce moment-là que les douaniers saisissent les téléphones des voyageurs pour installer l’application, qui peut s’appeler BXAQ ou Fengcai. Le code de l’application comprend également des noms tels que “CellHunter” et “MobileHunter”.

En se “chargeant latéralement” et en demandant certaines permissions plutôt que de passer par Google Play Store, l’application collecte les données du calendrier, de la liste de contacts, des journaux d’appels et des messages textes du téléphone et les télécharge sur un serveur. L’application ne tente pas de se cacher. Une icône s’affiche sur l’écran d’accueil, ce qui laisse à penser qu’elle est conçue pour être retirée du téléphone après avoir été utilisée par les autorités. L’application a été développée par l’entreprise en partie publique “Ninjing FiberHome StarrySky Communication Development Company Ltd”. Une copie de l’application est disponible ici.

Un policier chinois à Kashgar, dans le Xinjiang.

Un policier chinois à Kashgar, dans le Xinjiang.

Pékin a nommé vendredi 3 juillet un responsable à poigne pour s’occuper de la sécurité nationale dans Hong Kong. Le nouvellement créé « Bureau de sécurité nationale », qui dépend directement du pouvoir central, a pour tâche de collecter des renseignements et de poursuivre les atteintes à la sûreté de l’Etat à Hong Kong. La création de ce Bureau  est une des dispositions prévues par la loi controversée que Pékin a fait passer en force mardi. Zheng Yanxiong, 56 ans, prend la tête de cet organisme, est surtout connu pour avoir maté la contestation de Wukan en 2011.

Jusqu’au dernier moment, au 31 juin au soir, Pékin a tenu secret le contenu de cette loi visant à réprimer la subversion, la sécession, le terrorisme et la collusion avec les forces étrangères, en réponse au mouvement de contestation lancé l’an dernier contre le pouvoir central. Il est prévu que des tribunaux de Chine populaire sont compétents pour juger toute «atteinte grave à la sécurité nationale» à Hong Kong et que ce motif peut entraîner des peines de prison à vie. Elle établit que tout accusé·e pourra voir sa peine allégée s’il ou elle dénonce une autre personne. Les délits de «sabotage de moyen de transport» sont classés dans le chapitre terrorisme. Défendre des opinions indépendantistes ou inciter à la haine des gouvernements (chinois ou de Hong Kong) sont classé dans la catégorie «subversion». La loi vient de faire une première victime: un homme d’une vingtaine d’années a été inculpé ce même vendredi 3 juillet pour « incitation à la sécession » et « terrorisme ».

Un manifestant contre la loi sur la sécurité nationale à Hong Kong, arrêté par la police.

L’entreprise américaine Zoom reconnaît avoir accédé à des demandes du gouvernement chinois pour fermer les comptes de trois militants en Chine aux États-Unis et à Hong Kong qui voulaient utiliser son application de vidéo-conférence afin de commémorer la répression du mouvement de la place Tiananmen. Ces trois comptes avaient été supprimés mercredi 10 et jeudi 11 juin, sans explications. Zoom affirme que sa réponse “était un échec” et “n’aurait pas dû toucher des utilisateurs hors de Chine continentale”. Zoom continuera donc a supprimer les comptes de Chine continentale et a collaborer avec son gouvernement. Zoom fait régulièrement l’objet de critiques pour son manque de sécurité et ses collaborations avec les différents gouvernements et forces de répression du monde entier (voir notre article). Nous conseillons l’utilisation de Jitsi qui constitue une alternative sécurisée et permet de se prémunir contre l’espionnage policier. Pour nos conseils sur l’utilisation de Jitsi (alternative sécurisée à Zoom): ici

Logo Zoom

Après des manifestations quasi quotidiennes l’an passé, la contestation avait pu paraître étouffée en raison de la distanciation sociale liée à la pandémie. Mais le dépôt au Parlement chinois, vendredi, d’un texte visant à interdire « la trahison, la sécession, la sédition et la subversion » à Hongkong a de nouveau mis le feu aux poudres. D’autant que Pékin a demandé dimanche son application « sans le moindre délai ».  Des milliers d’habitants ont répondu présents dimanche malgré l’interdiction de manifester, pour dénoncer ce passage en force de la Chine sur une question qui suscite depuis des années l’opposition des Hongkongais. Alors que le nombre de manifestants enflait dans les quartiers de Causeway Bay et Wanchai, la police a eu recours aux lacrymogènes et aux gaz poivrés pour tenter de disperser la foule, avec l’aide de canons à eau. Certains protestataires ont jeté des projectiles sur les forces de l’ordre, érigé des barricades de fortune et utilisé les parapluies pour se protéger des gaz lacrymogènes. La police a annoncé 180 arrestations.

Affrontements ce dimanche à Hong-Kong

Depuis le 8 mai, un robot à quatre pattes patrouille dans le parc de Bishan-Ang Mo Kio, à Singapour, pour rappeler aux gens les mesures de distance de sécurité. Baptisé Spot, il diffuse un message enregistré rappelant aux visiteurs des parcs d’observer les mesures de distance de sécurité. Il est équipé de caméras, rendues possibles grâce à un système d’analyse vidéo développé par le gouvernement, pour l’aider à estimer le nombre de visiteurs dans les parcs. Les caméras, cependant, ne pourront pas suivre ou reconnaître des individus spécifiques, ni collecter des données personnelles. Spot est déployé dans le cadre d’essai pilote de deux semaines, mené conjointement par NParks et le Smart Nation and Digital Government Group (SNDGG). Si l’essai s’avère concluant, son utilisation sera élargie. Développé à l’origine par la société américaine Boston Dynamics, le robot a déjà utilisé par la police du Massachusetts dans le cadre d’opérations de déminage (voir notre article).

Spot déployé dans le cadre des mesures de confinement à Singapour

Au moins 12 manifestants ont été blessées lors d’affrontements à Gazipur entre des policiers et des ouvriers du prêt-à-porter qui ont manifesté pour la réouverture de leur usine, en demandant des arriérés et le plein salaire au lieu de 65%. Plusieurs milliers de travailleurs de plusieurs usines de confection à Gazipur ont bloqué les autoroutes Dhaka-Mymensingh et Dhaka-Tangail pendant des heures pour faire valoir leurs revendications. L’affrontement a éclaté mercredi lorsque la police a tenté de les disperser à l’aide de grenades lacrymogènes, des balles en caoutchouc et de coups de matraques. Les travailleurs ont résisté en caillassant les policiers. Au moins 12 personnes, pour la plupart des travailleurs, ont été blessées lors de l’affrontement.

La manifestation des travailleurs du textile