Secours Rouge

Abattre le capitalisme, construire la solidarité.

Un membre de la New People’s Army s’est évadé du Centre de détention d’Allen, dans le Samar du Nord, jeudi soir. Aljon Tamoyang Cardenas, guérillero maoïste, était poursuivi pour meurtre et violation de la loi sur la réglementation générale des armes à feu et munitions. Cet étudiant en criminologie de l’Université de l’Est des Philippines, avait été capturé le 28 mars après que lui et une cinquantaine de maoïstes avait échoués à prendre d’assaut le commissariat de Victoria. Trois guérilleros avait été tués lors du raid (voir notre article).

Aljon Tamoyang Cardenas lors de son arrestation

 

La contestation anti-gouvernementale se poursuit à Hong-Kong et fait sans cesse face à des répliques de la part du pouvoir. Voici les derniers événements relatifs à la répression du mouvement social. La police a commencé à tirer à balles réelles sur les manifestants faisant de nombreux blessés dont un grave. Un manifestant, Tsang Chi-Kin a été touché à bout portant par une balle qui est passée à 3 cm de son cœur. Son pronostic vital n’est aujourd’hui plus engagé, en revanche il est maintenant poursuivi en justice pour “émeute” et agression des forces de l’ordre. Le port du masque en manifestation a aussi été interdit grâce à un corpus législatif d’urgence apparu en 1922 et jamais utilisé depuis par un gouvernement. Cependant, hier dimanche, deux jours après l’interdiction du port du masque en manifestation, des dizaines de milliers de Hongkongais ont, une nouvelle fois, bravé la décision des autorités avant d’être réprimés par des tirs de gaz lacrymogène.

Un policier brandissant son arme à in Tsuen Wan.

La loi de 2019 sur les autorités de santé régionales et de district (RDHA) est censé privatiser les soins de santé dans la province. Jeudi, la Grand Health Alliance, un groupe de médecins, paramédicaux, infirmiers et autres membres du personnels de santé, avait organisé une manifestation à l’hôpital universitaire de Khyber et avait planifié une manifestation au Lady Reading Hospital, hier vendredi. Les autorités de Peshawar ont, dans un geste sans précédent, interdit le rassemblement de plus de quatre personnes et plus dans les locaux de l’hôpital. Un grand nombre de policiers se sont positionnés dans l’hôpital le matin et lorsque les médecins ont tenté de pénétrer à l’intérieur des bousculades et des affrontements ont eu lieu, qui  se sont poursuivis pendant plus d’une heure. Plus de 15 manifestants ont été blessés.

Arrestation d'un manifestant

Une mobilisation, qui a touché plusieurs villes d’Indonésie, lutte contre une loi qui rendrait notamment punissable de deux ans de prison les relations sexuelles hors mariage, tandis qu’un couple dont les deux membres ne sont pas mariés mais habitent ensemble risquerait six mois de prison. Le texte prévoit également des peines de quatre ans et demi de réclusion en cas d’insultes à l’égard du président et du vice-président. Ces offenses étaient déjà considérées comme un délit jusqu’en 2006, lorsque la Cour constitutionnelle du pays l’a dépénalisé. Les manifestants exigent également que le gouvernement annule une récente modification législative qui régule la commission anticorruption du pays. Lundi, des milliers d’étudiants s’étaient déjà mobilisés. Au moins 254 d’entre eux ont été légèrement blessés dans la répression des manifestations; 11 sont toujours hospitalisés. Le parlement devait normalement se pencher sur le texte controversé mardi, mais le vote a été annulé à la demande du président Joko Widodo.

EDIT 27/9: Jeudi, un étudiant de l’université de Halu Oleo, à Kendari, a été tué par balle lors des manifestations. Un deuxième étudiant de 19 ans, blessé par balle le même jour, est décédé ce vendredi des suites de ses blessures. Deux autres étudiants, également blessés, par balle sont toujours hospitalisés.

Un manifestant à Jakarta

Au moins 20 travailleurs du prêt-à-porter ont été blessés dimanche dans des affrontements avec les forces de l’ordre dans la zone industrielle de Kanchpur, à Sonargaon upazila, à Narayanganj. Les travailleurs d’une usine de la société Opex et du groupe Sinha avaient tenté de bloquer l’autoroute voisine en exigeant le paiement de leurs arriérés, l’arrêt de licenciements abusifs, et une augmentation de salaire. Ces travailleurs se sont heurtés à la police qui a tenté de les chasser de la route. Ils ont lancé des briques sur les forces de l’ordre, essuyant des tirs de gaz lacrymogènes et de balles en caoutchouc. Au moins 20 travailleurs ont été blessés. Des policiers supplémentaires avaient été déployés dans la région.

Les affrontements de Narayanganj

De nouveaux affrontements ont émaillé des manifestations interdites à Hongkong dimanche soir, la police ayant eu recours aux lacrymogènes et canons à eau contre des militants qui jetaient des pierres et des cocktails Molotov. Des dizaines de milliers de personnes avaient bravé l’interdit pour descendre à nouveau dans les rues et se répandre dans les artères du centre de l’île. Le rassemblement a tourné à l’affrontement entre policiers et manifestants radicaux qui tentaient de s’en prendre au complexe abritant le siège de l’exécutif, entouré de barrières. Avant de battre en retraite devant les policiers anti-émeutes, certains manifestants avaient monté des barricades, allumé des feux. Des projets de manifestations ou de grèves pour les semaines à venir se multiplient en ligne, à l’approche de deux anniversaires hautement symboliques : le 28 septembre pour marquer les cinq ans du début du «Mouvement des parapluies» de 2014, et le 1er octobre pour l’anniversaire de la fondation de la République populaire de Chine.

Les affrontements de ce dimanche

 

Deux guérilleros présumés de la New People’s Army (NPA) ont été tués au cours d’une série d’affrontements avec les forces de sécurité gouvernementales à Agusan del Sur au cours du week-end. Les soldats ont retrouvé les corps des maoïstes sur les lieux des affrontements qui ont eu lieu dimanche matin à Barangay Binucayan. Le premier guérillero a été tué au cours de combats sporadiques d’une durée de deux heures dans l’Union de Sitio, entre les maoïstes et le 60e bataillon d’infanterie de l’armée. Les militaires ont aussi récupéré un fusil M16, un IED de 15 kilos et du matériel politique. Le deuxième maoïste a été tué dans une opération de poursuite lancée par l’armée dans l’après-midi du même jour. Les soldats ont, là aussi, récupéré un  M16 ainsi qu’une grenade, des munitions et du cordeau détonant.

Combattants de la NPA

 

Un tribunal de première instance de  Manille a ordonné l’arrestation du fondateur Parti communiste des Philippines (CPP), Jose Maria «Joma» Sison, de son épouse Juliet Sison, du conseiller principal du Front national démocratique des Philippines, Luis Jalandoni, des dirigeants communistes Rodolfo Salas et Leo Velasco et 34 autres personnes. Ils ont été inculpés du meurtre de 15 personnes dont les corps avaient été trouvé dans une fosse commune commune, dans le centre des Philippines, au moment des plus violents combats entre la guérilla maoïste et l’armée du dictateur Ferdinand Marcos. Jose Maria Sison a déclaré que la liste des accusés était totalement stupide et fabriquée de toute pièce. En effet, la liste inclut les noms de personnes emprisonnées au moment du prétendu massacre, y compris lui-même. La liste inclut également des personnes décédées…

José Maria Sison

 

L’exécutif de Hong Kong recule et va retirer le projet de loi sur les extraditions vers la Chine, qui est à l’origine de la contestation dans l’ancienne colonie britannique. La cheffe du gouvernement, Carrie Lam a annoncé publiquement sa décision peu de temps après dans une vidéo dans laquelle elle déclare que le texte du projet de loi sur les extraditions vers la Chine va être définitivement abandonné en octobre prochain, lors de la prochaine réunion du Conseil législatif, qui fait office de parlement à Hong Kong. Il s’agit d’une concession majeure du pouvoir prochinois aux puissants mouvements de manifestants. La dirigeante a toutefois indiqué que le gouvernement ne céderait sur aucune autre demande des manifestants, incluant celle sur la tenue d’une enquête indépendante sur les comportements violents des policiers envers les manifestants. Il n’est par ailleurs pas certain que l’abandon du projet de loi annoncé mercredi par Carrie Lam suffise à calmer les tensions dans les rues de Hong Kong. Le mouvement de contestation réclame maintenant la démission de la cheffe de l’exécutif et l’organisation d’élections libres dans l’île.

Manifestation à Hong KongManifestation à Hong Kong

Après trois mois de mobilisation, la tension est à son comble à Hong Kong. Des milliers de manifestants antigouvernementaux ont marché, hier samedi à Hong Kong, à l’occasion du cinquième anniversaire du refus par Pékin d’organiser des élections au suffrage universel dans cette région semi-autonome. La police chinoise a décidé d’interdire la manifestation, invoquant des raisons de sécurité. Mais sous une mer de parapluies, le signe de ralliement du mouvement, des milliers de personnes ont manifesté dans la ville.  La police a tiré des cartouches de gaz lacrymogènes et brièvement utilisé des canons à eau contre des protestataires rassemblés près du siège local de l’Armée populaire de libération. Des manifestants ont répliqué en jetant des briques et des cocktails Molotov sur les forces de l’ordre. Deux des représentants de premier plan du “Mouvement des parapluies”, Joshua Wong et Agnes Chow, âgés de 22 ans et très populaires au sein de l’actuel mouvement de contestation, ont été arrêtés vendredi notamment pour “incitation à participer à un rassemblement non autorisé”. Tous deux ont été inculpés dans l’après-midi et libérés sous caution. Plus de 900 personnes ont été interpellées depuis le début de la contestation.

Une des manifestations d'hier à Hong Kong