Joseph Stalin, secrétaire du Sri Lanka Teachers Union, avait été arrêté il y a une semaine (voir notre article) dans le cadre de la répression du soulèvement antigouvernemental qui a chassé l’ancien président du Sri Lanka. Le tribunal correctionnel de Colombo Fort l’a libéré sous caution tard dans la journée de lundi après que des manifestations massives aient réclamé sa libération.

Un haut dirigeant syndical sri-lankais, en première ligne des protestations qui ont conduit à l’éviction de Gotabaya Rajapaksa de la présidence, a été arrêté mercredi. Joseph Stalin (oui oui…), secrétaire du Sri Lanka Teachers’ Union, devient le plus ancien militant à être arrêté dans le cadre de la répression des manifestants qui ont forcé Rajapaksa à fuir le mois dernier. Des dizaines d’autres personnes ont déjà été placées en détention provisoire par la police, accusées d’avoir endommagé des biens publics au cours des mois de protestations qui ont culminé avec la prise d’assaut du palais de Rajapaksa le 9 juillet (voir notre article).

Le successeur de Rajapaksa, Ranil Wickremesinghe, a établi une distinction entre « manifestants » et « émeutiers » et a promis de prendre des mesures sévères contre « tout fauteur de troubles ». La police a arrêté un autre manifestant qui avait fait une descente dans l’armoire à alcool du leader déchu, avait bu une bière et était parti avec une tasse présidentielle. L’arrestation de cet homme de 43 ans intervient après qu’il a partagé une photo de lui sur Facebook au palais présidentiel de Colombo. L’homme a été arrêté en début de semaine pour entrée illégale présumée dans un bâtiment d’État et recel de biens volés. Il sera amené à Colombo pour y être jugé. La semaine dernière, la police a arrêté un autre militant syndical du port de Colombo pour avoir retiré deux drapeaux officiels du palais et les avoir utilisés comme drap de lit et sarong.

Joseph Stalin, dirigeant syndical emprisonné

Moins de 24 heures après l’investiture du nouveau président Ranil Wickremesinghe, les forces de sécurité en tenue antiémeute, armées de fusils d’assaut automatiques, ont délogé les manifestants, démonté les barricades et encerclé le complexe du secrétariat présidentiel. Il avait été envahi par des milliers de manifestants, précipitant la chute du président Gotabaya Rajapaksa, il y a près de deux semaines (voir notre article). Les soldats ont interpellé plusieurs personnes et détruit les tentes dressées le long de l’avenue menant au palais présidentiel, tandis que la police bloquait les rues adjacentes pour empêcher de nouveaux manifestants d’arriver sur place. Les soldats ont agressé des individus, dont des journalistes, à coups de matraque, alors qu’ils avançaient vers de petits groupes de manifestants rassemblés sur le campement baptisé « GotaGoGama » (« Village Va-t-en Gota(baya) »).

Le nouveau président avait mis en garde mercredi soir « les fauteurs de troubles » et promis la sévérité s’ils tentaient de perturber son gouvernement. Lundi, alors encore président par intérim, Wickremesinghe avait instauré l’état d’urgence, accordant aux forces armées et à la police des pouvoirs étendus. Le pays est ravagé par une crise économique catastrophique, à court de devises, marqué par de longues pannes d’électricité, des pénuries de nourriture, de carburant et de médicaments depuis des mois.

Huit personnes ont perdu la vie suite à l’attaque des manifestants pacifiques par la police sri-lankaise dans le quartier de Negombo lundi. En outre, six  décès ont été signalés dans la province occidentale du Sri Lanka, tandis que deux décès ont été enregistrés dans la province méridionale. Parmi les personnes qui ont perdu la vie figurent un parlementaire et son garde de sécurité. Ils se seraient suicidés après qu’une foule de manifestants ait encerclé leur véhicule. Par ailleurs, un policier a perdu la vie suite à l’explosion d’une grenade lacrymogène. En outre, un jeune a également été blessé par balle par le policier. Enfin, un politicien a succombé à ses blessures lors de l’attaque de sa résidence lundi et est mort d’une crise cardiaque. Pendant ce temps, les 216 personnes qui ont été blessées lors des affrontements qui ont eu lieu à Colombo ont été admises à l’hôpital national de Colombo. Selon des sources hospitalières, cinq des blessés sont traités dans l’unité de soins intensifs. Le ministère de la Défense du Sri Lanka a annoncé que les forces armées avaient reçu l’ordre d’abattre tuer toute personne qui volerait ou détruirait des biens publics.

Dossier(s): Inde-Népal Tags: ,

Des coups de feu tirés depuis la résidence du Premier ministre sri lankais, Mahinda Rajapaksa, assiégée par des manifestants,alors que l’île est en proie à une vague de révolte due à la crise économique qu’elle traverse. Le Premier ministre, avait annoncé sa démission un peu plus tôt ce lundi, quelques heures après des affrontements meurtriersdans la capitale commerciale Colombo. Ces dernières semaines, poussés par la pire crise économique du pays, des milliers de manifestants ont exigé que le président Gotabaya Rajapaksa, 72 ans, et son frère aîné, le Premier ministre Mahinda Rajapaksa, 76 ans, démissionnent.

Ce départ fait suite à une journée de révolte à Colombo, qui a culminé avec l’imposition d’un couvre-feu par la police dans tout le pays. Tout a commencé après que des centaines de partisans du parti au pouvoir se sont réunis devant la résidence officielle du Premier ministre. Une manifestation antigouvernementale s’organisait devant la résidence officielle du président. La police avait formé une ligne à l’avance sur la route principale menant au site mais n’a pas fait grand-chose pour empêcher les miliciens pro-gouvernementaux d’avancer. Les miliciens pro-gouvernementaux armés de barres de fer, ont attaqué les manifestants anti-gouvernementaux au village de tentes qui a vu le jour le 9 avril dernier et qui est devenu le point central des protestations dans tout le pays. La police est enfin intervenue et les affrontements ont fait au moins cinq morts et 189 blessés.

Plusieurs milliers d’étudiants se sont massés dimanche 24 avril près de la résidence du Premier ministre Mahinda Rajapaksa à Colombo. Ces derniers ont tenté de pénétrer dans la propriété, lors d’une manifestation pour exiger sa démission face à la grave crise économique que traverse le Sri Lanka. Des dirigeants étudiants ont escaladé le mur qui entoure la propriété après que la police eut dressé des barricades dans plusieurs artères autour de la capitale afin d’empêcher une jonction entre les protestataires et d’autres manifestants.

Depuis plus de deux semaines, des milliers de protestataires campent quotidiennement devant le bureau du président Gotabaya Rajapaksa pour réclamer sa démission et celle de son frère aîné. Des foules de manifestants ont tenté d’investir les résidences et bureaux des membres du gouvernement. Cette semaine un homme a été tué dans des tirs de la police lors d’une manifestation à Rambukkana. L’économie srilankaise s’est effondrée après la crise due à la pandémie de coronavirus qui a notamment anéanti le secteur vital du tourisme. Le pays, qui connaît une inflation record, est incapable de financer les importations, ce qui entraîne des pénuries de riz, lait en poudre, sucre, farine et médicaments.

Le Sri Lanka subit de graves pénuries de biens essentiels, une forte hausse des prix et de longues coupures de courant, lors de sa plus grave crise économique depuis son indépendance en 1948, ce qui provoque un grand mouvement de protestation. Des soldats et policiers armés ont empêché une manifestation de l’opposition contre le président Gotabaya Rajapaksa. Dans la nuit de jeudi à vendredi, des centaines de manifestants s’étaient dirigés vers son domicile pour réclamer sa démission, avant que la police ne fasse usage de gaz lacrymogène et de canons à eau. En temps normal, l’armée doit se contenter d’un rôle de soutien à la police. Mais avec l’état d’urgence proclamé vendredi soir, elle peut intervenir seule, notamment pour arrêter des civils. Elle a établi des barrages dans la capitale (photo).

Les réseaux sociaux étaient bloqués dimanche: Twitter, Facebook, Whatsapp, YouTube et Instagram figuraient parmi les réseaux sociaux rendus inaccessibles dans tout le pays. Avant que ce blocage ne prenne effet, des activistes anonymes avaient lancé sur internet des appels à de nouvelles manifestations massives dimanche, assortis de hashtags hostiles au pouvoir, tel que #GoHomeRajapaksas (« Dehors les Rajapaksa »). « Ne vous laissez pas dissuader par les gaz lacrymogènes, très bientôt ils seront à court de dollars pour se réapprovisionner », exhortait notamment un post samedi.

D’importants affrontements ont eu lieu lors d’une manifestation devant le domicile du président du Sri Lanka Gotabaya Rajapaksa ce jeudi soir à Colombo, la capitale, faisant au moins un blessé grave. Le couvre-feu, d’une durée illimitée, a été proclamé dans la capitale alors que les manifestants réclamaient la démission du président, accusé d’être incapable de gérer la sévère crise économique qui frappe le pays. Les manifestants, qui ont mis le feu à un autobus de l’armée et un véhicule de la police dans le quartier résidentiel du président, ont utilisé des briques pour attaquer les forces de l’ordre. Manquant de devises étrangères, l’île de 22 millions d’habitants n’est pas en mesure d’importer des produits vitaux, ce qui entraîne des pénuries graves, des médicaments au ciment. La manifestation a été organisée par des militants non identifiés, lançant des appels via les réseaux sociaux. Sa retransmission en direct par une télévision privée a été brutalement interrompue, sous la pression du gouvernement.

 

Une manifestation a eu lieu le 25 mars devant de la Cour suprême, à Colombo, pour remettre au ministère de la Justice une pétition demandant l’abrogation de la loi de prévention du terrorisme (Prevention of Terrorism Act, PTA). Des centaines de journalistes , dirigeants politiques d’opposition et séparatistes tamouls ont été détenus sans jugement, sous le régime de cette loi de 1979, parfois pendant 15 ans. Ceux qui tombent sous le coup de la loi PTA peuvent être détenus indéfiniment, ne sont pas autorisés à rencontrer même les avocats , ni même des membres de leur famille. Les manifestants disent que depuis la fin de la guerre qui a opposé l’Etat sri-lankais aux Tigres de l’Elam Tamoul, il y a cinq ans, la PTA n’a servi qu’à museler l’opposition politique.

Le 13 mars, la Division des enquêtes terroristes du pays (TID ) a arrêté Balendran Jeyakumari, un militant militants connu et son fils de 13 ans à Kilinochchi. Jeyakumari, qui enquête sur les crimes de guerre de l’armée sri-lankaise, et notamment les « disparitions » en masse de Tamouls, a été arrêté en vertu de la PTA. Trois jours plus tard, Ruki Fernando militant du Centre de documentation sur les droits de l’homme de l’homme, et un religieux, le père oblat Praveen Mahesan, directeur du Centre pour la paix et la réconciliation, ont également été arrêtés selon la PTA parce qu’ils se sont penché sur le cas de Jeyakumari. Après une vague de condamnations, ces deux derniers ont été libérés avec interdiction de parler aux journalistes.

La manifestation du 25 mars

La manifestation du 25 mars

Les travailleurs membres du syndicat FTZGSEU, et employés par Ansell au Sri Lanka étaient en grève en grève pour défendre leurs droits syndicaux. En réponse, le fabricant multinational de gants latex et de préservatifs, les a tout simplement remplacé par des jaunes et licencié leur président et certains membres de l’exécutif.

grévistes chez Ansell

grévistes chez Ansell