Secours Rouge

Abattre le capitalisme, construire la solidarité.

Le 19 mars, la police a arrêté dans une rue de Minsk un militant anarchiste biélorusse, ancien prisonnier politique, Mikalai Dzyadok. Le motif officiel de la détention était une poursuite pénal fondée sur l’art. 17.1 du Code des infractions administratives (petit hooliganisme). L’affaire a été engagée contre lui pour avoir prétendument écrit des insultes contre la police sur les murs d’une auberge de jeunesse. Mikalai Dzyadok a été emmené au département de police du district de Savetski. Actuellement, il est détenu dans un “centre de pré-détention”. Il avait été condamné à 4,5 ans de prison en 2014 (voir notre article), assorti d’une condamnation supplémentaire d’un an  (voir notre article). L’année passée, il avait été condamné à une amende pour une manifestation non autorisée pour la libération des prisonniers politiques.

Mikalai Dzyadok

Le tribunal de district de Dabrowa Górnicza a prononcé un nouveau verdict à l’encontre de membres du Komunistyczna Partia Polski, poussé par les procédures en appel incessantes du Parquet (voir notre article). Le jugement qui eu lieu sans la présence des accusés, et sans attendre la fin des mesures anti Coronavirus. Le jugement a condamné les camarades de la rédaction de Brask à une amende mais le parquet pouvant faire appel à une instance supérieure on peut s’attendre à un nouvel appel pour obtenir une condamnation plus sévère (les inculpés risquent deux ans de prison). Le KPP est victime des lois anticommunistes en vigueur, éditées par un des gouvernements les plus réactionnaires d’Europe.

Le Parti communiste polonais illégalisé

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Les prisonniers politiques palestiniens ont lancé l’appel suivant:

“Sauvez-nous du coronavirus Covid 19 avant que nos cellules ne se transforment en tombeaux !
Le sentiment du danger qui menace nos vies augmente, jour après jour, heure après heure, dans les prisons de l’entité sioniste du fait de la propagation du coronavirus et de l’évolution de cette pandémie mondiale qui menace le monde entier. Alors que quotidiennement, nous sommes abreuvés des mesures prises et des instructions diffusées à la population par le gouvernement de l’occupant sioniste et par l’ensemble des gouvernements du monde pour endiguer la propagation de l’épidémie, parallèlement nous n’entendons ni ne voyons venir des mesures destinées à répondre à nos préoccupations sérieuses et légitimes face à l’avancée de cette épidémie.

Or si l’épidémie se propageait dans nos prisons, quelles sont aujourd’hui les mesures concrètes et pratiques mises en place humainement par l’administration pénitentiaire pour remédier à cette situation ? Nous n’obtenons de la part de cette administration que des paroles creuses, du style : « nous prenons toutes les précautions nécessaires » ; mais en réalité, ce n’est que de la poudre aux yeux ! Or cette situation est d’autant plus alarmante que nombreux sont les détenus qui souffrent de problèmes de santé sérieux, voire gravissimes pour certains – sans parler de tous ceux qui souffrent de maladies cardiaques, d’hypertension, de diabète ou d’autre maladies chroniques graves.

Nous adressons cet appel au monde entier et à tous ceux qui défendent les Droits de l’Homme dans cette urgence humanitaire et sanitaire où nous nous trouvons. Nous réclamons que soit appliqué ce qui nous reste de nos droits, alors que la maladie menace chaque jour nos vies et qu’aucune mesure concrète ni procédures ne sont mises en place pour endiguer la propagation de l’épidémie. C’est bien tout le contraire qui se passe : jour après jour, nous sommes exposés à la négligence médicale ; nous recevons ainsi nos traitements avec beaucoup de retard. Beaucoup de nos camarades sont déjà morts ou sont sur la voie de mourir du fait de cette négligence médicale et sanitaire. Et c’est bien toutes ces pratiques de manquement au soin qui hantent, aujourd’hui d’autant plus, les prisonniers incarcérés dans les geôles de l’entité sioniste.

Tout cela se déroule au moment même où les autorités sanitaires sionistes expriment elles-mêmes leur incapacité à faire face au nombre exponentiel de personnes infectées par le coronavirus depuis que sa propagation ne fait que progresser. Notre seule voie de salut et notre seul espoir est l’arrêt de la propagation de cette pandémie et cela passe, notamment, par l’urgence de l’instauration de procédures de prévention et d’hygiène, alors qu’aujourd’hui, l’administration pénitentiaire sioniste ne nous fournit aucun matériel allant dans ce sens : nous n’avons droit à aucun ustensile stérilisé et encore moins à des masques et des gants de protection.Cette administration s’en tient à des procédures formelles qui se transforment le plus souvent en menaces au lieu de faire des tests de dépistages ou de prendre des mesures strictes de prévention.

Rien de tout cela ! Chacun sait que le seul contact que nous avons avec le monde extérieur passe uniquement par nos geôliers qui ne prennent aucune précaution pour éviter de nous contaminer par le coronavirus, lorsqu’ils entrent en contact avec nous. Alors que de leur côté, pour ce qui les concerne, ils sont attentifs à garder les distances réglementaires et à se procurer les traitements nécessaires pour se faire soigner. Nous tenons pour responsables de cette situation actuelle alarmante l’administration pénitentiaire, le gouvernement de l’occupation sioniste, tous ceux qui resteront silencieux face à cette situation et notamment tous ceux qui sont censés défendre les Droits de l’Homme. A tous les Hommes libres du monde entier, nous déclarons : « Ne nous laissez pas mourir sur nos lits de prisonniers, alors que l’épidémie se propage et que personne ne réagit pour nous protéger et éviter que nous périssions. Irez-vous jusqu’à nous demander de nous mutiner, comme l’a fait un certain nombre de prisonniers dans plusieurs pays du monde pour que nous soyons tués par balle avant de l’être par le coronavirus ? ».

Nous lançons ce cri d’alarme au monde entier vu l’urgence de notre situation. Et pour donner à voir le mauvais état de santé des prisonniers détenus dans les prisons de l’occupation sioniste, nous allons aussi vous présenter ici un bref topo de quelques-uns de ces malades. Précisons, cependant, que naturellement le nombre des malades incarcérés est bien supérieur aux seuls cas que nous mentionnons ici.

Voici donc quelques noms de prisonniers malades :
1. MOATASIM RADDAD : cancer de l’intestin et immunité très affaiblie
2. KHALED AL-SHAWISH : paralysé ; urine par une poche externe ; souffre d’un cholestérol très élevé ; allergies dans le sang
3. MANSOUR MOUQUADI : paralysé ; estomac en plastique ; urine à travers une poche externe
4. KAMAL ABU WAER : cancer de la gorge et difficultés respiratoires
5. AHMED SAADAH : accident vasculaire cérébral
6. WALID DAQQA : diverses maladies ; infection du sang, difficultés respiratoires, cancer traité en chimiothérapie
7. SAADI ALGHARABLY : infection aiguë de la prostate, hypertension, diabète et plusieurs maladies liées au vieillissement
8. ZAAMIL CHALOUF : sérieux trouble des fonctions cardiaques : son cœur fonctionne grâce à un pacemaker ; difficultés respiratoires
9. MIQQDAD AL-HAYED : lésion dans l’hémisphère gauche du cerveau ; difficultés respiratoires et maladies du système digestif
10. KHALIL MUSLIM BURAQAA : anomalies respiratoires et pulmonaires
11. ALAA IBRAHIM ALI : souffrant de tuberculose ; problèmes respiratoires et digestifs
12. AYMAN HASSAN AL-KURD : paralysie de la partie inférieure du corps et trouble du système nerveux et digestif
13. SALEH DAWOUD : souffre d’épilepsie et de problèmes respiratoires
14. MUHAMMED JABR AL-HOROUB : hépatite grave à la suite de négligences médicales
15. RAED AL-HOTARY : problèmes respiratoires, migraines et goutte
16. HAMZA AL KALOUTI : goutte ; infections intestinales et essoufflements
17. IBRAHIM ISSA ABEDA : maladie nerveuse et goutte
18. AZZEDDIN KARAJE : respiration artificielle
19. MUTAWAKIL RADWAN : caillots dans le sang ; problèmes respiratoires
20. OUSSAMA ABU AL-ASSAL : anomalies du système respiratoire et crises cardiaques récurrentes
21. KHALIL ABU NIMEH : problèmes respiratoires
22. FAWAZ BAARA : tumeur cérébrale et évanouissements récurrents
23. MAHMOUD ABU KHARABESH : crises respiratoires
24. FOUAD AL-SHOBAKI : maladies liées au vieillissement
25. ABDEL MOEZ AL-JAABA : accident vasculaire cérébral et cholestérol
26. NASRI ASSI : problème de thyroïde
27. MAHMOUD AL-TANANI : diabète, hypertension artérielle, cholestérol, problèmes rénaux et autres maladies
28. AHMED OBAID : caillots dans les jambes ; hypertension artérielle et cholestérol
29. MWAFAK AL-AROUQ : cancer de l’intestin
30. IBRAHIM ABUMAKH : leucémie
31. MUSSA SOUFAN : pneumonie
32. ISRAA JAABEES : brûlures sur tout le corps et amputations des doigts
33. YOUSSED ISKAF : problèmes cardiaques
34. NABIL HARB : intestins en plastique
35. YOURY AL-MASRY: inflammation des glandes

Prisonniers palmestiniens

Le 15 mars, plusieurs organisations avaient appelé à descendre dans la rue pour dénoncer la corruption du pouvoir actuel et exiger la vérité sur un scandale de détournement de fonds dans l’achat de matériel militaire, révélé par la presse en février (soupçons de surfacturation et de fausses factures portant sur plusieurs centaines de milliards de francs CFA, soit des centaines de millions d’euros, de 2011 à ,20199). Bien que le 13 mars, des mesures restreignant les libertés publiques ont été prises dans la lutte contre le Covid-19, les organisateurs de la manifestation n’ont reçu aucune notification d’interdiction. Tôt dans la matinée du dimanche 15 mars, les forces de l’ordre ont bloqué toutes les voies menant à la place de la Concertation, à Niamey, lieu du rassemblement. Quatre personnes ont été tuées à proximité d’un marché de la capitale qui a pris feu après l’intervention des forces de l’ordre et quinze personnes ont été arrêtées dont des acteurs de la société civile, toutes interpellées à leur domicile. Après quatre jours de garde à vue, six d’entre eux ont été placés sous mandat de dépôt pour «participation à une manifestation non autorisée». Une précédente manifestation contre la corruption avait été brutalement réprimée (voir notre article).

Militants arrêtés au Niger suite à la manifestaition du 15 mars 2020

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Jeudi 19 mars, la police grecque arrêtait entre 26 et 35 personnes appartenant au Front Anti-impérialiste, une organisation turque opposée au régime d’Erdogan (voir notre article). Onze d’entre eux sont passé une première fois devant les tribunaux, le mardi 24 mars, et ont été placé en détention provisoire. Ils sont accusés d’avoir violé la loi antiterroriste grecque 187A.

Les prisonniers du Front Anti-Impérialiste devant les tribunaux en Grèce

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Mercredi 25 mars, Nikos Maziotis a été transféré par les forces de police spéciale de la prison de Korydallos vers la prison de Domokos sans qu’il n’ait pu emporter le moindre effet personnel, pas même sa veste. Ce transfert intervient deux jours à peine après le transfert disciplinaire de Pola Roupa qui menait la mobilisation dans la prison des femmes de Korydallos (voir notre article). Dans un texte écrit plus tôt avant son transfert, Nikos Maziotis avait critiqué un décret gouvernemental sur les coronavirus, l’analysant comme un outil pour permettre à l’État de contrôler les citoyens et leurs mouvements à grande échelle.

Nikos sdet Pola à leur procès, avec une délégation solidaire du SR

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Ces derniers jours, de nouvelles révoltes de prisonniers ont éclaté dans différentes prisons de Belgique, d’Iran et d’Argentine.

Mercredi 25 mars, une révolte a éclaté à la prison d’Arlon lorsque 30 prisonniers ont refusé de réintégrer leur cellule après avoir été au préau. La police fédérale est intervenue pour réprimer la révolte. La police a également réprimé un mouvement similaire à la prison de Leuze-en-Hainaut où 8 prisonniers refusaient de rentrer dans leurs cellules qui s’est terminé jeudi lorsque les deux derniers prisonniers ont accepté de retourner dans leurs cellules. Les prisonniers réclamaient d’une part plus de crédits d’appel pour leur téléphone et d’autre part une cantine complète. Actuellement, certains produits fournis par un supermarché, ne sont pas disponibles. Huit prisonniers considérés comme meneurs ont été placés en isolement en attendant une punition disciplinaire. Un autre mouvement de révolte a éclaté, vendredi, à la prison de Lantin donnant lieu à des affrontements entre prisonniers et gardiens où six prisonniers sont montés sur le toit. Le mouvement s’est terminé après l’intervention de la police fédérale et du Corps d’intervention (CIK), venus en appui à la police locale de la Basse-Meuse.

En Iran, des prisonniers se sont rebellés, vendredi 27 mars, à la prison de Saqqez car ne faisaient pas partie des prisonniers libérables dans le cadre des mesures sanitaires (voir notre article). Ils se sont affrontés avec les Gardiens de la Révolution et les gardiens permettant à 80 prisonniers de s’échapper. La veille, une révolte avait également éclaté à la prison de Tabriz  où les prisonniers avaient été exposés au Coronavirus. Les gardiens ont ouvert le feu sur les prisonniers en blessant au moins sept. Les prisonniers sont parvenus à désarmer les gardes et plusieurs d’entre eux ont ainsi pu s’échapper.

En Argentine, des nouvelles émeutes ont eu lieu, jeudi 26 mars, à la prison de Coronda (au sud de la ville de Santa Fe) qui avait déjà connu un mouvement de révolte il y a quelques jours (voir notre article). Les prisonniers de quatre pavillons de l’aile nord de la prison ont refusé de réintégrer leur cellule et plusieurs d’entre eux ont grimpé sur les toits. Des agents du Groupe spécial des opérations pénitentiaires (GOEP) ont fait irruption dans la zone provoquant de nouveaux affrontements. Deux prisonniers ont dû être hospitalisés pour des blessures par balles de caoutchouc et une douzaine de détenus sont tombés du toit de la prison pendant la répression. Par ailleurs, plusieurs détenus ont été blessés aux jambes. Quatre personnes, qui étaient des proches de prisonniers, ont été arrêtées à l’extérieur de la prison. Elles étaient soupçonnées d’attendre une possible évasion de leurs proches. Le même après-midi, des émeutes ont eu lieu dans deux pavillons de la prison de Piñero (à 20 kilomètres de la ville de Rosario). Les prisonniers s’opposaient à l’interdiction, par les gardiens, de faire entrer plus d’un colis de vivres apportés par leurs proches.

Révolte à la prison de à la prison de Coronda en Argentine

Révolte à la prison de Coronda en Argentine

S’organiser contre le capitalisme et le coronavirus

À l’attention des personnes et des forces militantes,

La crise du coronavirus est une crise capitaliste. D’abord parce que les économies dans les soins de santé ont préparé les conditions de la crise sanitaire, ensuite parce que la bourgeoisie doit maintenir certains secteurs économiques en activité pour générer les profits nécessaires à sa survie, enfin parce que là où les soins de santé sont privatisés, les considérations de rentabilité interfèrent, voire priment, sur les considérations de santé publique.

De nombreuses personnes sont ainsi forcées de travailler dans des conditions insupportables, autant de par la charge démultipliée que par les conditions sanitaires dangereuses. Les gouvernements successifs ont quant-à-eux liquidé le service de santé publique, démultiplié la charge des travail des soignant·e·s, offert des milliards d’euros de cadeaux fiscaux aux entreprises, dépensé sans compter dans les guerres d’Irak, d’Afghanistan et d’ailleurs. Ce sont les mêmes qui ont dépensé €4 milliards pour l’achat des avions F35 et qui annonçaient juste avant l’épidémie que les hôpitaux publics devaient faire €50 millions d’économie supplémentaires.

Et c’est, une fois encore, les classes populaires qui payent la note. Car si le virus peut contaminer tout le monde, nous ne sommes pas égaux/égales face à lui. Entre l’accès aux soins de santé, l’accès au remboursement, l’accès à une existence administrative, la précarité de ceux/celles qui sont emprisonné·e·s, sans-papiers, sans-domicile.

La bourgeoisie nous prouve, une fois encore, sont incapacité systémique a gérer les crises que son système génère. Cette crise, comme les autres crises du système capitaliste, lui offre des perspectives de renforcement tout en l’affaiblissant temporairement. Cette crise est également un défi pour nous car nous devront apprendre à faire de la politique en période de confinement et saisir les opportunités historiques de cette situation.

Il n’est pour autant pas question de nier le danger sanitaire que cette pandémie représente pour nous et pour les plus fragiles d’entre nous. Nous devons réfléchir à ce confinement en nos propres termes, nous approprier les moyens de l’autonomie sanitaire, dans nos milieux d’abord, plus largement ensuite. Nous éviter aussi bien l’erreur de « faire dans l’humanitaire » que de déserter le terrain des problèmes matériels. Nous devons encourager toutes les initiatives qui vont dans le sens de l’auto-organisation populaire, fondées sur les valeurs d’entraide et de solidarité. De la même manière, nous ne devons pas laisser les autorités récupérer les manifestations, d’abord spontanées, de soutien symboliques aux travailleurs soignants. Il faut les soutenir et leur donner un sens irrécupérable pour la bourgeoisie.

Nous devons réfléchir à de nouveaux moyens d’action et d’organisation et ne pas se laisser immobiliser par les termes de la bourgeoisie. Il n’est pas question de faire une “pause” dans le cadre d’une soit-disant guerre contre un ennemi commun.

Elle aimerait nous faire croire qu’il existe une “guerre” de l’Humanité contre le coronavirus. En réalité, elle a déjà profité de notre désarmement pour intensifier sa guerre contre les exploité·es. Suspension du droit de grève au Portugal, attaque contre les congés payés et le temps de travail en France, chasse aux SDF et aux migrant·es, rallongement des horaires d’ouvertures des magasins, en Belgique, les exemples se comptent par dizaines.

Nous avons un immense défi à relever sur les moyens d’organisation, notamment dans l’usage des outils par internet. A cet égard, nous recommandons l’usage d’outils chiffrés et/ou auto-hébergés (par exemple, préférer l’usage de Signal, Riot.im, Jitsi, Nextcloud plutôt que de Facebook, Skype, Discord ou Zoom). Il nous faudra également entamer une réflexion plus large sur la forme que pourraient avoir de futures crises, ou le futur de celle-ci, qui nous empêcheraient de communiquer par internet, pour mieux nous y préparer.

Plus qu’à des solutions techniques, ce sont des solutions structurelles qu’il nous faut trouver, non seulement face à la pandémie mais également face à répression et aux moyens qu’elle se permet de déployer dans ce cadre, comme l’utilisation massive des données de géo-localisation des téléphones.

Enfin, il nous faut garder l’esprit ouvert, combattre les sectarismes qui nous divisent pour pouvoir, ensemble, comprendre et combattre les crises actuelles et futur du capital. Ce “confinement” là n’a pas attendu le coronavirus pour nous immobiliser. Si nous n’arrivons pas à affronter cette responsabilité, les crises capitalistes continueront à renforcer la bourgeoisie tout en nous affaiblissant. Saisissons les opportunités, retournons la situation à notre avantage. N’ayons aucune confiance envers la capacité de la classe dominante à gérer cette crise. Et face à cette incapacité, elle n’hésitera pas à normaliser certains aspects du confinement plutôt que d’interrompre la circulation marchande plus longtemps.

Nous devons reprendre le travail dans la rue, ajuster nos modes de fonctionnement et adopter les méthodes d’intervention praticables. Reprendre le travail politique dans la rue aujourd’hui, dans les conditions sanitaires requises, c’est aussi se préparer aux exigences de demain et à un éventuel renforcement du confinement (couvre-feu, permis de circulation sur la voie publique, etc.)

Nous vous donnons rendez-vous sur les fronts de lutte, Courage et force à tou·te·s !