Secours Rouge

Abattre le capitalisme, construire la solidarité.

Lundi 3 février, la police de l’île de Lesbos, dans l’est de la mer Egée, s’est heurtée à des manifestant·es alors qu’elle cherchait à empêcher une marche de quelque 2 000 migrant·es du camp de Moria d’atteindre la capitale Mytilène (Mytilini). La marche était organisée pour protester contre les conditions de vie épouvantables dans ce camp surpeuplé géré par l’État. Les migrant·es sont également en colère contre la lenteur du traitement de leur demande d’asile, qui les maintient piégé·es dans le camp. La police a notamment utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser des groupes de manifestants qui tentaient de percer un cordon installé sur la route principale menant de Moria à Mytilène. Les affrontements se sont poursuivis alors que la marche progressait pour atteindre la capitale de l’île.

Affrontement entre une manifestations de migrant·es et la police sur l'île de Lesbos

Affrontement entre une manifestations de migrant·es et la police sur l’île de Lesbos

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Mercredi 29 janvier, trois militant·es anarchistes Giannis Michailidis, Konstantina Athanasopoulou et une femme non-identifiée ont été capturé·es dans une voiture qui aurait été volée dans la banlieue d’Athènes, à Agia Paraskevi. La police antiterroriste prétend avoir trouvé un fusil Kalachnikov, un pistole-mitrailleur, une arme de poing, des plaques d’immatriculation volées et d’autres objets à l’intérieur du véhicule. Les militant·es ont jusqu’à présent été inculpé·es de quatre crimes et de six délits, dont “appartenance à une organisation criminelle” et “détention illégale d’armes”. Giannis Michailidis s’était évadé de la prison agricole de Tyrintha en juin 2019 (voir notre article). Il a été initialement arrêté en février 2013 pour un double hold up. Il purgeait également une peine pour une attaque contre la police à Pefki en mai 2011. Konstantina Athanasopoulou était quant à elle passée à la clandestinité après avoir été libérée sous caution, suite à son arrestation pour ses liens avec l’organisation “Lutte Révolutionnaire”. Elle avait été condamnée par contumace en 2019 à 35 ans et 6 mois (voir notre article). Plus d’infos ici.

Deux anarchistes en fuite capturé·es par la police antiterroriste

Samedi dernier, le 11 janvier, une tentative de ré-occupation des immeubles des rues Panaitoliou et Matrozou, à Koukaki, dans le Sud-Est d’Athènes, avait été violemment réprimées par les forces de sécurité. Le résultat a été que 12 personnes ont été arrêtées à l’intérieur des squats, des personnes qui ont été violemment battues par les policiers, ainsi que 9 autres personnes solidaires qui soutenaient la tentative de retour dans les immeubles. La répression s’est poursuivie le lendemain dimanche, lorsque la police ont attaqué les solidaires à l’extérieur d’Evelpidon, arrêtant deux autres personnes. La solidarité se met en place pour les personnes arrêtées, et des premières mobilisations ont eu lieu aux premières audiences: le mercredi 22 pour les arrestations de Panaitoliou, le jeudi 23 pour les arrestations de Matrozou, ainsi que celles en dehors d’Evelpidon, et le vendredi pour les arrestations des solidaires en dehors des squats.

La réoccupation des squat à Koukaki

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Aujourd’hui, un nouveau procès contre Lutte Révolutionnaire commence à la cour spéciale de la prison de Korydallos à Athènes. Dans ce procès, Pola Roupa et Nikos Maziotis sont accusés de “fourniture, possession et fabrication d’explosifs”. Concrètement, une voiture piégée abondonnée avait été retrouvé par la police à l’été 2017, sept mois après l’arrestation de Pola Roupa le 5 janvier de la même année.

Plus d’infos ici.

Ce matin devant la prison de Koridallos

Ce matin devant la prison de Koridallos

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Le premier novembre 2019, des militant·es antifascistes ont incendié le principal local du parti néo-nazi “Aube Dorée” à Athènes. Cette opération a notamment permis de fortement endommager le bureau politique et le bureau du secrétaire général de cette organisation. Suite à cette action, deux combattants antifascistes ont été arrêtés. Ces deux personnes sont également accusées d’avoir participé à six autres opérations similaires contre le local des néo-nazis, la première datant de mars 2017. Si les militants ont été libérés dans l’attente de leur procès, ils doivent cependant remplir des conditions extrêmement strictes telles qu’un pointage obligatoire au poste de police de leur région. Ils doivent également chacun verser une caution de 15 000 € avant le 17 janvier. Le mouvement antifasciste appelle donc à une campagne de soutien financier pour permettre aux deux militants de payer leurs cautions. 

Plus d’infos et lien vers la campagne de soutien ici.

Athènes: fresque à la mémoire de Pávlos Fýssas, rappeur assassiné par Aube Dorée

Athènes: fresque à la mémoire de Pávlos Fýssas, rappeur antifasciste assassiné par Aube Dorée

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Dans la soirée du 5 décembre, dans le quartier de Holargos, à Athènes, un anarchiste belge a été intercepté par deux policiers en uniforme effectuant apparemment un contrôle d’identité au hasard. Comme il figurait dans la base de données de la police (la police belge l’avait accusé d’incendie) et que les policiers ont trouvé sur lui des objets qu’ils jugeaient suspects, il a été emmené au commissariat de Holargos. Après quelques tentatives infructueuses d’interrogatoire par les policiers locaux, des policiers de la sécurité de l’État sont arrivés et ont fait plus de pression, toujours sans résultats. Les policiers de la sécurité de l’État ont emmené le prisonniers dans leurs bureaux du commissariat principal (GADA ), dans le centre d’Athènes.

Quelques heures plus tard, trois perquisitions ont été effectuées chez le prisonnier et ses proches. Un proche a été emmené aux bureaux de la sécurité d’État et a été libéré au bout de deux heures. Plus tard dans la journée, l’anarchiste arrêté a comparu devant un procureur qui a confirmé l’accusation de “possession d’explosifs” formulée par la sécurité de l’État, faisant référence aux objets trouvés au moment de l’arrestation (allumes-feu et produits inflammables). Le lendemain (samedi 7), le prisonnier a comparu devant le tribunal où il a été décidé de reporter le procès ce jeudi 12 décembre. Après l’audience de 7, il a été remis en liberté.

Le GADA, siège de la police à Athènes

 

 

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Près de 10.000 personnes ont défilé vendredi 6 à Athènes pour honorer la mémoire d’Alexandros Grigoropoulos, 11 ans après son assassinat. Après la fin du défilé, des incidents ont éclaté dans le quartier d’Exarchia, où l’adolescent avait été tué par balle par un policier le 6 décembre 2008. Des groupes ont jeté des pierres et des cocktails Molotov vers les forces de l’ordre qui ont répliqué avec du gaz lacrymogène. Un policier a été blessé et la police, laquelle a procédé à 50 interpellations, dont 10 ont abouti à une garde à vue. Les autorités avaient déployé à Athènes 3500 policiers aidés de drones, d’un hélicoptère et d’un canon à eau.  À Thessalonique, deuxième ville du pays, des milliers de personnes ont défilé. À Patras, la manifestation a été également émaillée de violences, de tirs de gaz lacrymogènes par les forces de l’ordre et de cocktails Molotov par des manifestants. Deux policiers ont été blessés, selon la police qui a interpellé 19 personnes dont sept ont été placées en garde à vue. Le policier ayant assassiné d’Alexandros Grigoropoulos, Epaminondas Korkoneas, a été condamné à la prison à vie, mais a été remis en liberté en juillet dernier.

La manifestation à Athènes

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Vendredi 22 novembre, un concert est organisé par l’Agitée, le Collectif Crer, l’uZinne, l’Union Communiste Libertaire Bruxelles ainsi que la Maison Solidaire – l’Alternatif, pour soutenir deux collectifs anarchistes l’Adye (une clinique autogérée gratuite) et Libertatatia (un squat historique) situés respectivement à Exarcheia et à Thessalonique. Ces deux collectifs font face pour l’un à des menaces d’expulsion et pour l’autre à la menace néo-nazie. Le concert aura lieu à partir de 20h à l’uZinne (75, quai de l’industrie, 1080 Molenbeek).

Plus d’infos ici.

Concert pour soutenir des collectifs anarchistes d'Exarcheia et de Thessalonique

Concert pour soutenir des collectifs anarchistes d’Exarcheia et de Thessalonique

Samedi 9 novembre 2019, la police grecque a envahi l’Université d’économie et de business d’Athènes pour expulser un local d’étudiant·e·s anarchistes. Le lendemain, le conseil de l’université a, sur conseil de la police, imposé la fermeture de l’université pendant une semaine afin d’empêcher les étudiant·e·s de commémorer l’anniversaire de la révolte étudiante du 17 novembre 1973 contre la dictature des colonels. Cette décision a outragé les étudiant·e·s qui ont décidé d’occuper leur université le 11 novembre. Ils/elles ont été attaqué·e·s par la police anti-émeute à coups de matraque et de gaz lacrymogène. Après l’attaque de la police, les étudiant·e·s ont participé à une manifestation rassemblant plusieurs millier de personnes pour dénoncer l’état d’urgence de fait qui a été progressivement imposé en Grèce, et pour demander l’abrogation de la loi abolissant « l’asile universitaire » (voir notre article).

La police anti-émeute envahit l'Université d'économie et de business d'Athènes

La police anti-émeute envahit l’Université d’économie et de business d’Athènes

 

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Vendredi 8 novembre, la police antiterroriste grecque a mené une opération d’envergure. Elle a effectué une descente dans 13 maisons et emmené 15 personnes pour les interroger. Selon les médias grecs, deux militants anarchistes ont par la suite été arrêtés et accusé d’avoir mené des “actes de terrorisme”, d’avoir été en possession d’explosifs, d’avoir enfreint la loi sur les armes et d’avoir falsifié des documents officiels. Une militante a également été arrêtée et accusée de violation de la loi sur les armes. La police antiterroriste est à la recherche d’une quatrième personne. Une des personnes arrêtées aurait, selon la police, été emprisonnée en 2010 pour son appartenance à Lutte Révolutionnaire et aurait été libérée en février 2018.

La police prétend avoir trouvé différentes armes dans les maisons perquisitionnées (5 Kalachnikov, 4 grenades à main avec des charges de gaz CS, 17 détonateurs, dont 9 télécommandés, ainsi que divers explosifs). Elle prétend également que l’examen balistique des armes aurait montré qu’une Kalachnikov avait été utilisé lors d’une attaque que le groupe d’Autodéfende Révolutionnaire avait revendiquée. Un des anarchistes arrêté nie les accusations mais rappelle qu’il continuera à lutter fermement contre l’état et le pouvoir, à l’extérieur ou à l’intérieur des prisons.

Une des Kalachnikov prétendument saisie par la police

Une des Kalachnikov prétendument saisie par la police

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