Le procès contre Konstantina Athanasopoulou, Dimitra Valavani et Giannis Michailidis, arrêtés le 29 janvier 2020 dans la banlieue d’Athènes (voir notre article) est terminé. Les sentences sont : Giannis Michailidis : 26 ans (fusionnés en une seule peine de 20 ans) ; Konstantina Athanasopoulou : 2 ans et 6 mois ; Dimitra Valavani : 2 ans et 6 mois. Dimitra a été libérée le 30 juin dernier. Konstantina était en cavale. Elle avait été arrêtée le 5 janvier 2017, dans le cadre d’une opération contre l’organisation Lutte Révolutionnaire, lors de laquelle a été aussi arrêtée Pola Roupa. Konstantina a revendiqué sa participation à LR. Après être sortie de prison sous caution, en 2019, elle ne s’est plus présentée au tribunal qui l’a condamnée par contumace à 35 ans et 6 mois de prison (voir notre article). La procédure en appel pour ce dernier procès est en cours.

Giannis Michailidis s’était évadé de la colonie pénitentiaire agricole de Tyrintha en juin 2019 (voir notre article). Il avait été arrêté en février 2013, avec trois autres anarchistes, pour le double braquage de Velventos et il avait été condamné à 16 ans et 4 mois de prison. En plus de ça, il était en train de purger une condamnation pour un échange de tirs avec la police, à Pefki (dans le secteur d’Athènes), en mai 2011. Pendant un contrôle, deux policiers avaient été blessés par balle. L’anarchiste Theofilos Mavropoulos, blessé lui aussi, avait été arrêté, tandis que Giannis Michailidis avait réussi à s’enfuir en volant la voiture des flics. Pour cela, il a été condamné à 15 ans de prison.

Konstantina Athanasopoulou au procès de LR

 

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Un canon sonore est actuellement testé en Grèce pour empêcher les migrant·es de franchir la frontière de l’Union Européenne. Ce canon, monté sur un blindé, développe le même niveau sonore que celui d’un moteur à réaction, mais ce bruit peut être dirigé vers une direction précise. Ce type d’arme fait partie de la catégorie des Long Range Acoustic Device (LARD). Ils peuvent notamment provoquer chez les cibles des pertes de repère ou d’équilibre, des nausées, des problèmes auditifs voire une surdité. Ces armes avaient déjà été déployé aux États-Unis, Canada et en Grande Bretagne (voir nos articles ici, ici et ici).

La Grèce et l’Union Européenne construisent un mur d’acier avec des tours d’observation, des caméras à longues portées dotées de dispositifs de vision nocturne.  Les données seront traitées par une intelligence artificielle qui signalera les mouvements suspects. La surveillance par drone est également utilisée depuis plusieurs années. Par ailleurs entre 2021 et 2027, l’Union Européenne va débloquer 35 millions d’euros pour renforcer le contrôle de ses frontières.

Des canons assourdissants pour chasser les migrant·es

Des canons assourdissants pour chasser les migrant·es

Un groupe d’ONG, a annoncé avoir saisi les autorités de protection de données de 5 pays Européens (Royaume-Uni, Italie, France, Grèce, Autriche) ce jeudi contre la start-up américaine Clearview AI (précédents articles), qui a constitué une immense base de données de visages (Plus de 3 milliards d’images en 2020) sur base de photos téléchargées automatiquement depuis les réseaux sociaux, des blogs personnels, des sites d’entreprise, etc. Clearview agit hors de tout cadre légal mais met pourtant à disposition des services de police et des institutions financières un service qui leur permet de rechercher des correspondances dans cette immense base de données.

Clearview avait suspendu il y a quelques mois son service au Canada, alors que l’autorité locale de protection des données l’accusait d’exercer une surveillance de masse illégale.

Publicité de Clearview AI

Les Cellules d’Action Directe revendiquent 20 attaques incendiaires contre des cibles policières et étatiques, à Athènes et à Thessalonique.
Les attaque incendiaires revendiquées à Athènes ont ciblé :
– la Fondation pour la recherche économique et industrielle (IOBE) [un think-tank privé ; NdAtt.] dans le quartier de Koukaki ;
– le 3ème centre des impôts, dans le quartier de Kypseli ;
– la résidence de Stratos Mavroeidakos, dirigeant du Secrétariat général pour la coordination des projets gouvernementaux de Néa Dimokratía, à Ilion ;
– un véhicule de police, dans le quartier de Petralona ;
– la maison du lieutenant général de la police grecque à la retraite, Christos Kontaridis ;
– la maison du général de brigade de la police grecque, Michalis Ladomenou ;
– la maison de Giannis Katsiamakas, président de la Fédération panhellénique des fonctionnaires d’Athènes (POAXIA) et lieutenant général de la police grecque à la retraite, à Vyronas ;
– la maison et la voiture de Katerina Magga, dirigeante de la police de Patissia, dans le quartier d’Ano Patisia.

Les attaque incendiaires revendiquées à Thessalonique ont visé :
– les bureaux de l’Union hellénique-américaine, à Vardaris ;
– un véhicule du ministère du Travail, rue Mitropoleos ;
– des résidences de militaires, en face du siège de l’OTAN, dans le quartier d’Evzoni ;
– le portail du ministère de la Macédoine-Thrace ;
– la maison du policier Hatzi Ilias, à Sykies ;
– la maison du président du Syndicat des policiers de Thessalonique, Dimitrios Padiotis, à Sykies ;
– la maison du magistrat à la retraite, ancien président de la Cour d’appel, Antonios Tsalaportas, dans le quartier de Charilaou ;
– la maison de la politicienne de Néa Dimokratía Aphrodite Latinopoulou, dans le secteur Kamara ;
– un véhicule du corps diplomatique, dans le centre de Thessalonique ;
– la maison de la famille, de droite, du lieutenant-colonel Georgios Paskonis, à Triandria ;
– la maison de la famille Nakos, de droite, dans le quartier Ano Poli ;
– la maison de la famille Kosmidis, de droite, dans le quartier Kato Toumpa.

Le véhicule du ministère du Travail incendié rue Mitropoleos

 

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Le procès pour l’affaire du braquage d’une agence de paris sportifs le 21 octobre 2019, à Cholargós, dans la banlieue d’Athènes, au cours duquel Dimitris Chatzivasileiadis a été blessé, ainsi que pour l’affaire de la cache d’armes que la police a trouvé par la suite s’est terminé. Les inculpés sont Dimitris Chatzivasileiadis, qui est jugé par contumace, car il échappe aux efforts faits pour le capturer, Vangelis Stathopoulos, qui est en détention provisoire depuis novembre 2019, et une autre personne.

Dimitris Chatzivasileiadis a immédiatement assumé la responsabilité politique et pratique de sa participation à ce braquage et de la possession de l’ensemble des armes et du matériel découverts. Il a déclaré qu’il revendiquait la responsabilité politique de la réorganisation et de la poursuite de la lutte de guérilla, sur la base de la stratégie et de l’expérience de l’Organisation d’Autodéfense Révolutionnaire [Οργανισμός Επαναστατικής Αυτοάμυνας]. Dès le début, il a expliqué sa relation avec les deux prisonniers et a déclaré qu’ils n’avaient et ne pouvaient pas avoir de rapports avec l’histoire de l’organisation en question (dont ils ne savaient rien).

Le compagnon Vangelis Stathopoulos est persécuté de manière féroce parce qu’il a apporté les premiers soins à un compagnon blessé. De plus, en tant qu’ancien prisonnier politique, il devient la cible de persécutions encore plus intenses. Les trois accusés sont présentés par les autorités comme le noyau de l’organisation combattante Autodéfense Révolutionnaire, dans le but d’alourdir les accusations. Vangelis Stathopoulos a été condamné à 19 ans, sans la possibilité de faire appel, Dimitris Chatzivasileiadis à 16 ans, sans la possibilité de faire appel et D.M. à 10 ans, avec la possibilité de faire appel.

Manifestation solidaire

 

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Les manifestations étudiantes ont repris à Thessalonique et à Athènes contre la décision du gouvernement de centre-droit d’autoriser la présence des forces de l’ordre sur les campus universitaires (voir notre article). A Thessalonique, plus de 7.000 manifestants étaient dans la rue. Des affrontements ont eu lieu avec la police. Un manifestant arrêté a été transporté à l’hôpital après avoir été blessé lors de son arrestation, apparemment par un cocktail Molotov atterrissant à proximité, qui a touché le manifestant et le policier anti-émeute qui le détenait.

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Le communiqué de Dimitris:

La solidarité est la condition vitale qui nous unit dans les luttes.
Je remercie mes amis et camarades qui ont été solidaires avec moi.
Je remercie tous les progressistes pour leur compassion, qui n’était pas seulement de la sympathie pour une personne, mais un moment de lutte contre une force inhumaine.
La solidarité et le soutien ont montré qu’il existe des forces sociales vitales qui résistent à l’arbitraire, à la violence et à l’autoritarisme. Et cela donne un nouvel espoir.
La famille dirigeante a montré à quel point elle dégrade impitoyablement les lois et la constitution, la jurisprudence.
J’en reste là.
Ils sont jugés par les gens qui descendent dans la rue.
Ce qui s’y passe est beaucoup plus important que la façon dont cela a commencé.
Face à la puissance de ces luttes, je déclare pour ma part que je suis avec vous avec mon cœur et mon esprit.
14 mars 2021

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Les deux derniers procès en appel des membres de l’organisation “Lutte Révolutionnaire” se déroulent ces jours-ci. Dans les deux cas, la principale accusée est le camarade Pola Roupa. Le premier concerne les attaques à l’explosif le 10 avril 2014 contre la succursale de la Banque centrale européenne, la Banque de Grèce et le bureau du FMI, pour lesquelles elle a été condamnée à la réclusion à perpétuité. Le second concerne principalement le détournement d’un hélicoptère le 21 février 2016 afin de libérer le camarade Nikos Maziotis et d’autres détenus.

Depuis fin septembre-début octobre, date à laquelle les procès ont commencé, Pola est soumise à des transferts continuels de la prison de Thiva, où elle est détenue, à la prison de Korydallos où se déroulent les audiences. Ce sont les représailles de l’État aux tentatives de la camarade d’organiser des protestations des femmes détenues dans la prison de Korydallos en mars 2020 afin que des mesures soient prises pour les protéger de la pandémie. En novembre, de retour à la prison de Thiva, la vie de Pola a été mise en danger lorsque la camionnette de police qui la transportait est entrée en collision avec l’une des voitures de police de l’escorte. De plus, cela implique à la mise en quarantaine “covid”, pendant deux semaines et dans les deux prisons, à chaque transfert.

Pola Roupa et Nikos Maziotis

Pola Roupa et Nikos Maziotis

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Les informations relatives à la journée internationale de solidarité avec Dimitris Koufontinas continuent à parvenir (voir le précédent compte rendu-ici). La façade du siège de la CDU (parti chrétien-démocrate, allié du parti ND au pouvoir en Grèce) a été maculé de peinture à Tübingen ; un rassemblement a eu lieu au bureau de la Commission Européenne à Marseille ; le comptoir d’Aegean Airways a été attaqué à Berlin ; des banderoles ont été accrochées à Milan et le consulat de Grèce a été tagué à Liège (photo). En Grèce, le mouvement de solidarité reste très vaste et très actif. Une demande des avocats de Dimitris a été rejetée par le Conseil d’état par ce qu’il s’est déclaré incompétent.

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Tournées dimanche après-midi sur la place de Nea Smyrni, à cinq kilomètres du centre-ville, les images d’un jeune homme à terre frappé à coups de matraque par un policier, en présence d’au moins trois autres agents, sont devenues virales. On entend le jeune homme crier : « j’ai mal », tandis que des passants s’indignent du comportement des policiers. La police a prétendu que les forces de l’ordre avaient été attaquées, ce que de nombreux habitants de Nea Smyrni ont formellement démenti. En fait, ces violences ont débuté après des protestations de passants contre des policiers qui étaient en train d’infliger une amende à une famille assise sur un banc de la place. Onze personnes ont été arrêtées dimanche lors de cet incident. Peu après, des centaines de personnes se sont rassemblées spontanément dans la soirée et le rassemblement a été dispersé par la police antiémeute qui a fait usage des gaz lacrymogènes.

Lundi soir, plus de 5000 personnes ont manifesté à Athènes pour « briser la répression » à l’appel du syndicat PAME. Une banderole dénonçait « la répression policière » du gouvernement de Kyriakos Mitsotakis accusé d’un tour de vis sécuritaire depuis son élection en juillet 2019. Les affrontements ont débuté lorsqu’une partie des manifestants s’est dirigée vers le commissariat de Nea Smyrni. Ils ont lancé des pierres et des cocktails Molotov contre le commissariat et les policiers ont répliqué avec des gaz lacrymogènes et des canons à eau. Les manifestants ont fait tomber un policier de sa moto et l’ont rossé. Dix manifestants ont été interpellés, certains avant la manifestation pour détention de cocktails Molotov.

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