Secours Rouge

Abattre le capitalisme, construire la solidarité.

Au moins trois membres des forces de sécurité ont été blessés lors de deux embuscades survenues vendredi 10 janvier dans la région du Bastar, dans l’état de Chhattisgarh. Le premier incident a eu lieu dans la forêt de Sukma, lorsque des guérilleros maoïstes ont ouvert le feu sur des policiers qui participaient à un bouclage de la zone. Deux policiers ont été blessés par balle. Dans le district de Narayanpur, dans la même région, un paramilitaire anti-guérilla de l’ITBP a été blessé lorsque l’explosion d’un IED a été déclenché à distance par les guérilleros.

Embuscade maoïste à l'IED (archive)

 

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La journée de mobilisation d’hier samedi était la deuxième de la semaine, après celle de jeudi. A Paris, les manifestants en tête d’un pré-cortège, essentiellement composé de personnes vêtues de noir et cagoulées ainsi que de gilets jaunes, ont brisé des vitrines sur le trajet du cortège reliant la place de la Nation à celle de la République. Des projectiles ont été lancés en direction des forces de l’ordre qui ont tiré du gaz lacrymogène. Des pavés ont été descellés ; une agence bancaire HSBC et plusieurs magasins ont été saccagés. Au cours des heurts qui ont éclaté au niveau de l’avenue Daumesnil, dans le 12e arrondissement de la capitale, certains manifestants criaient « LBD », en référence aux tirs de lanceurs de balle de défense responsables de graves blessures lors de précédentes manifestations.

L'agence HSBC, avenue Daumesnil, attaquée hier par les manifestants

 

Mercredi 15 janvier, le rapporteur de la Cour de justice de l’Union européenne rendra ses conclusions dans une série d’affaires fondamentales relatives à la conservation des données de connexion et aux outils du renseignement. Elles sont susceptibles de provoquer un big bang en la matière dans tous les États membres. Ces affaires ont été initiées au Royaume-Uni, en France et en Belgique, notamment par Privacy International, la Quadrature du Net et French Data Network et l’Ordre des barreaux francophones et germanophones. En jeu: la conservation généralisée des données de connexion, la collecte de masse par les services du renseignement, la protection de la vie privée, le respect des données à caractère personnel et celui du droit à un recours effectif.

En Royaume-Uni, le service de sécurité (MI5) et le service secret de renseignement (MI6) utilisent une technique de collecte en masse des informations personnelles, sans cibler de suspects particuliers, dans le but d’optimiser la quantité de renseignements. Or, pour l’ONG Privacy International, cette collecte et ce traitement indiscriminés seraient contraires au droit de l’Union. En France, La Quadrature du Net, FDN, la Fédération des fournisseurs d’accès à Internet associatifs et l’association Igwan.net se sont attaqués à quatre décrets pris à la suite de la loi renseignement. Les requérantes s’interrogent sur la licéité de la conservation indifférenciée et généralisée des données de connexion, obligation pesant sur les épaules des intermédiaires techniques. En Belgique, l’Ordre des barreaux francophones et germanophones reproche à la législation en vigueur d’ordonner une telle conservation sans tenir compte des secrets professionnels dont bénéficient notamment les avocats. Par ailleurs, la loi prévoirait une obligation généralisée de conservation des données sans opérer de distinction entre les justiciables selon qu’ils font ou non l’objet d’une mesure d’enquête ou de poursuite pour des faits susceptibles de donner lieu à une condamnation pénale.

Dans ses arrêts Digital Rights et Tele2, la Cour de justice de l’Union européenne avait estimé que seule la lutte contre la criminalité grave pouvait justifier la conservation des données, exigeant au surplus que l’accès fasse l’objet d’un encadrement. Dans un arrêt du 2 octobre 2018, la même juridiction avait estimé toutefois qu’un accès limité à ces données pouvait être engagé dans le cadre de la répression d’une infraction non grave.La CJUE

Jeudi 26 décembre, un procureur de Saint-Petersbourg a exigé une peine de prison de 6 à 18 ans pour sept militants accusés de faire partie d’une organisation anarchiste appelée “The Network”. S’ils sont reconnus coupables, tous sauf deux purgeront leur peine dans une colonie carcérale de haute sécurité. L’affaire Network avait commencé en octobre 2017, lorsque le Service fédéral de sécurité russe (FSB) avait arrêté six personnes à Penza, dans l’ouest de la Russie, les accusant de participation à une organisation terroriste appelée “The Network”. Deux autres habitants de Penza avaient disparus et avaient été inscrits sur la liste des personnes recherchées par le FSB avant d’être emprisonnés à Moscou. En janvier 2018, deux autres personnes ont été arrêtées dans la même affaire et, en avril de la même année, des accusations ont été portées contre une personne de plus. La plupart des accusés dans l’affaire Network sont des antifascistes et des anarchistes. Ils sont accusés d’avoir participé à une “communauté terroriste anarchiste” créée en 2015 dans le but de déclencher une “déstabilisation du climat politique dans le pays” en posant des bombes lors des élections présidentielles russes de 2018 et de la Coupe du monde de football. Le Réseau aurait des cellules fonctionnant à Moscou, à Saint-Pétersbourg, à Penza et en Biélorussie.

Les militants ont affirmé qu’ils avaient été torturés pour leur extorquer des aveux et que des armes et autres preuves incriminantes avaient été installées par la police russe dans leurs appartements et leurs voitures. Notons que le FSB a admis avoir électrocuté un des militants le justifiant comme une “nécessité professionnelle”. Le procès a commencé devant trois juges du tribunal militaire du district de la Volga en avril 2019, en présence de policiers anti-émeutes, de policiers et de personnes venues soutenir les accusés. La prochaine audience, au cours de laquelle la défense sera entendue, est prévue pour le 13 janvier 2019.

Pour soutenir les prisonniers, il est possible de :
Faire un don à l’Anarchist Black Cross via PayPal ([email protected]). Assurez-vous de préciser que votre don est réservé à la «Rupression».
Faire connaître l’affaire et organiser des événements de solidarité.
Si vous avez le temps et les moyens de concevoir, produire et vendre des marchandises solidaires, veuillez écrire à [email protected]
Concevoir une carte postale de solidarité qui peut être imprimée et utilisée par d’autres pour envoyer des messages de soutien aux détenus. Envoyez vos idées à [email protected]
Écrivez des lettres de soutien aux prisonniers et à leurs proches via [email protected]
Plus d’infos ici.

Manifestation de soutien aux prisonniers accusés de faire partie de "The Network"

Le vendredi 10 janvier, lors de la réception du Nouvel An, Christian Beaupère, chef de corps de la police locale de Liège, a annoncé les nouveaux investissements prévus pour 2020. Parmi ceux-ci, l’achat de grenades lacrymogènes avec des lanceurs longue portée, l’extension du réseau de caméras dans la ville, le recrutement de nouveaux policiers et la finalisation du logiciel permettant de déposer plainte en ligne.

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Vendredi 10 janvier à Albi, plusieurs dizaines de manifestants en lutte contre la réforme des retraites ont fait un barrage filtrant à la sortie d’un centre de tri postal. Un jeune syndicaliste de 20 ans a été interpellé et placé en garde à vue pendant 4 heures pour « obstruction de la voie publique ». Dès l’interpellation, une cinquantaine de militants solidaires ont manifesté devant le commissariat jusqu’à la libération du militant. Celui-ci a refusé de signer le procès verbal et de donner son ADN.

 

Rassemblement de soutien à Albi au militant interpellé.

Mercredi 8 janvier, la cour d’appel de Toulouse a confirmé le non-lieu en faveur du gendarme qui a tué Rémi Fraisse à l’aide d’une grenade offensive au barrage de Sivens en 2014. Les magistrats de la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Toulouse ont donc suivi les conclusions des juges d’instruction qui avaient rendu, en janvier 2018, une ordonnance de non-lieu en faveur du militaire, tout comme l’avis de l’avocat général qui avait demandé la confirmation de cette décision, au mois d’octobre dernier.

La confirmation de ce non-lieu ferme la porte à tout futur procès, la procédure en restant donc au stade de l’instruction écrite et secrète. La reconstitution ainsi que l’audition du préfet, demandées par l’avocat de la famille, n’auront ainsi jamais lieu. En parallèle de l’appel sur l’ordonnance de non-lieu, la famille du militant décédé avait entamé une première procédure devant la cours constitutionnelle dénonçant une «justice d’exception» pour les gendarmes, qui relèvent d’une juridiction spécialisée en matière militaire. La cours de cassation avait cependant balayé ces arguments (voir notre article). La famille du militant va désormais tenter un appel devant le Cour européenne des droits de l’Homme.

Manifestation hommage à Rémi Fraisse.

Manifestation en hommage à Rémi Fraisse.

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Aujourd’hui, un nouveau procès contre Lutte Révolutionnaire commence à la cour spéciale de la prison de Korydallos à Athènes. Dans ce procès, Pola Roupa et Nikos Maziotis sont accusés de “fourniture, possession et fabrication d’explosifs”. Concrètement, une voiture piégée abondonnée avait été retrouvé par la police à l’été 2017, sept mois après l’arrestation de Pola Roupa le 5 janvier de la même année.

Plus d’infos ici.

Ce matin devant la prison de Koridallos

Ce matin devant la prison de Koridallos

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Des dizaines de milliers de manifestants ont défilé à Paris, ce jeudi 9 janvier, contre la réforme des retraites. Il y a eu des dizaines de blessés, essentiellement aux abords de la place Saint-Augustin dans le 8e arrondissement, où était censé se disperser le cortège vers 17 heures. Vers 16h30, les forces de l’ordre ont répondu à des jets de projectiles par des charges et des tirs de gaz lacrymogène. Plusieurs vitrines de commerces et Abribus ont été brisés. Des dizaines de milliers de manifestants ont aussi défilé en province. À Amiens, les manifestants étaient entre 5.000 et 10.000 selon les syndicats. Dans le cortège, plusieurs entreprises privées du département étaient présentes comme Dunlop, Bonduelle et Stelia. Des gaz lacrymogènes ont été tirés pour empêcher les manifestants d’avancer. Un envahissement des voies a eu lieu en gare de Bordeaux en fin de cortège dans l’après-midi. Quatre interpellations ont eu lieu sur l’ensemble de la manifestation. A Rouen, un homme a été blessé à coups de matraque dans la manifestation, les policiers ayant chargé dans le cortège, dans la rue Jeanne d’Arc. A Toulouse, des affrontements ont éclaté un peu avant 17h, à hauteur de Jean Jaurès. Plusieurs manifestants ont été interpellés.

Les affrontement de ce jeudi à Paris

 

Ce vendredi 10 janvier s’ouvrira à Bruxelles l’exposition “Rojava, le printemps des femmes”. Cette exposition, co-organisée par le Secours Rouge (Belgique) et la campagne Shengal, vise tout d’abord à faire découvrir les différents aspects de la révolution des femmes au Rojava, mais également à maintenir le Rojava dans l’actualité depuis l’attaque de la région par le régime turc. L’exposition se tiendra du 10 janvier au 8 mars et accueillera durant cette période des conférences et discussions. Le programme sera disponible sur le site shengal.

Vernissage – vendredi 10 janvier, à partir de 18h, au DK, rue du Danemark, 70b à 1060 Bruxelles
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Exposition, "Rojava, le printemps des femmes"