Secours Rouge

Abattre le capitalisme, construire la solidarité.

Le mardi 6 août le parquet de Paris a fait appel à la décision de la juge des libertés et de la détention (JLD) qui avait accordé la remise en liberté sous contrôle judiciaire avec bracelet électronique de Antonin Bernanos (voir notre article). La date de l’audience à la cour d’appel n’a pas encore été fixée. L’appel du parquet ne suspend pas les effets de l’ordonnance du JLD, ce qui signifie qu’Antonin Bernanos pourrait être remis en liberté avant le 18 août.

Antonin Bernanos

A Genève, le tribunal des mesures de contrainte a prolongé la détention préventive de Mathias, militant antispéciste pour la quatrième fois. Incarcéré depuis le 29 novembre 2018, il est soupçonné d’avoir participé au caillassage de plusieurs vitrines de boucheries et autres commerces. Le procureur a motivé la prolongation du fait que le militant était déjà connu et qu’il n’a jamais regretté ou condamné les faits qui lui sont reprochés. Il en déduit donc qu’il y a un grand risque de récidive. L’avocat de Mathias a dénoncé un acharnement politique qui viole «la liberté de conscience garantie par la Constitution fédérale et la Convention européenne des droits de l’homme». Un recours sera déposé.

La cagnotte de soutien pour l’aider dans son quotidien en prison

Plus d’infos sur la page de soutien

Solidarité avec Mathias, militant antispéciste

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Des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre se sont produits lors d’un rassemblement lundi à Tegucigalpa d’étudiants demandant la démission du président de droite Juan Orlando Hernandez, soupçonné par un tribunal américain de liens avec le narcotrafic. Des groupes d’étudiants cagoulés de l’Université nationale autonome du Honduras (Unah) ont dans un premier temps bloqué à l’aide de pierres et pneus incendiés le boulevard qui fait face à la cité universitaire. Ils ont lancé des projectiles sur la police qui a répliqué au moyen de gaz lacrymogènes. Le Honduras connaît depuis un mois une vague de protestations contre le gouvernement de Juan Orlando Hernandez, au pouvoir depuis 2014. Trois personnes sont mortes lors d’une manifestation le 21 juin (voir notre article).

 

Les affrontements du 5 août à Tegucigalpa

Ce lundi 5 août, les habitants des villages entourant la mine de Solton-Sary, dans la région de Naryn (centre du Kirghizstan), sont venus demander la fermeture de la mine exploitée par la compagnie chinoise Zhong Ji Mining. La manifestation sur le lieu de l’exploitation a tourné au conflit entre les employés chinois de la mine et entraîné l’intervention des forces de l’ordre. 20 personnes ont été blessées. Les habitants des alentours manifestent activement depuis plusieurs années contre les activités de la mine qui est selon eux à l’origine de la mort massive des bovins et de moutons dans les pâturages locaux en raison de la pollution de l’air et de l’eau.

Les habitants des environs envahissant le site de la mine de Solton-Sary

Lundi 5 août marquait le troisième jour de nouvelles manifestations donnant lieu à des affrontements se sont déroulées à Hong Kong au cours desquels plus de 80 personnes ont été arrêtées par la police. Le même jour, le mouvement a appelé à une grève générale qui a été suivi en masse. D’autres types d’actions ont également été menées. Dans la localité de Wong Tai Sin, des personnes ont cassé des vitres d’immeubles où logent des policiers puis allumé un incendie. Des feux ont été également allumés devant plusieurs commissariats, badigeonnés de graffitis «policiers, chiens mafieux». Des membres de la mafia en T-shirts blancs, qui s’étaient déjà illustrés le mois dernier en tabassant une quarantaine de protestataires dans une gare, en collusion avec la police, ont refait brièvement apparition hier soir dans la localité de North Point, où ils s’en sont pris à des manifestant ·e·s (voir notre article).

Au fil du mouvements, les manifestant·e·s se sont de mieux en mieux organisés. Ils utilisent des lasers verts pour contrer les dispositifs de reconnaissance faciale de la police. Ils vaporisent également des caméras de surveillance de la peinture ou déploient des parapluies autour des groupes en action. Les manifestant·e·s sont également organisés pour contrer les attaques policières. Dans ce cas, un groupe distrait la police avec les lasers ou d’autres lumières vives afin qu’une deuxième équipe puisse contre-attaquer. Un troisième groupe coordonne la formation et un quatrième à l’arrière maintient le moral de leurs camarades en jouant du tambours et en criant des slogans. Enfin des éclaireurs et les coureurs distribuent fournitures et nouvelles entre les différentes lignes de front. Par ailleurs, certains manifestants se sont formés au Parkour pour évaluer la situation en hauteur ou lancer des objets dissuasifs sur la police. D’autres travaillent ensemble pour étouffer les gaz lacrymogènes, déposant rapidement des cônes de signalisation sur les grenades fumantes, puis leur versant de l’eau par la buse.

Quand ils rentrent chez eux, les manifestant·e·s utilisent et derrière eux de l’argent dans les stations de métro pour éviter et éviter à leurs camarades d’être suivis avec leurs cartes de transport public. De nombreux manifestant·e·s ont également amélioré leur équipement – les masques et les planches de surf minces qui étaient «inutiles» contre les matraques de police et les boucliers anti-émeute ont disparu. À présent, ils utilise des panneaux de signalisation en métal comme boucliers, enfilent des protections de bras et de jambes, se procurent des barres de fer et apportent de différents types de projectiles de la brique aux œufs.

La communication est également soigneusement contrôlée. Les défenseurs de la ligne de front ne partagent jamais leurs coordonnées sur les téléphones des autres. Ils limitent les chats tactiques à un petit nombre pendant que les messagers désignés transmettent des informations entre les groupes. De nombreux manifestant·e·s ne dévoilent également pas leur participation de première ligne auprès de leur famille, amis ou collègues.

Les forces spéciales de la police du Rajnandgaon ont mitraillé une quarantaine de combattants maoïstes dans leur campement de la forêt de Sailpar, une jungle dense du district de Rajnandgaon, à quelque 70 km de la capitale, Raipur. Sept corps, un AK-47, deux fusils et des armes artisanales ont été retrouvés sur le terrain. Le Chhattisgarh est riche en minéraux, mais parmi les États les plus pauvres de l’Inde; l’insurrection maoïste y est particulièrement bien implantée, tout comme dans le Maharashtra, l’Odisha, le Jharkhand, le Bihar. Le gouvernement a déployé des dizaines de milliers de policiers et de commandos spéciaux dans le but d’éradiquer ces guérillas.

Le district de Rajnandgaon, dans le Chhattisgarh

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Le 25 juillet, un colis piégé adressé au major des Carabiniers Manuel Guzmán a explosé dans le commissariat de Huechuraba, une ville limitrophe de Santiago. Il a causé des gros dégâts et 5 policiers ont été hospitalisés. Le même jour, un colis piégé a été intercepté au siège de Quiñenco SA, une holding qui contrôle divers entreprises dont la Banque du Chili. Elle était adressée à Rodrigo Hinzpeter, ancien Premier ministre, ancien ministre de la Défense, et actuel dirigeant de Quiñenco. L’action a été revendiqué par des anarchistes qui, après avoir précisé avoir “pris toutes les mesures de sécurité nécessaires pour que les engins n’explosent que dans les mains des personnes visées par notre action”, dénoncent Hinzpeter comme ancien responsable de la répression contre les Mapuches, les anarchistes et les étudiants en lutte, et le major Guzmán comme responsable des forces de sécurité qui ont assassiné l’anarchiste Claudia Lopéz.

“Cette opération, deux attaques explosives, est un clair acte de vengeance et de guerre contre des individus spécifiques qui soutiennent et dirigent ce monde. Leurs actions n’ont pas été oubliées. Nous répondons par l’action violente anarchiste, qui s’inscrit dans le cadre de la nouvelle guérilla urbaine et y contribue. Avec ces actes, nous renouons avec un outil historique de la lutte anarchiste, qui a été utilisé par différents compagnons et groupes, en d’autres lieux et à d’autres époques. Résonnent encore les explosions des colis piégés utilisés par les irréductibles anarchistes aux États-Unis en 1920, la lettre explosive envoyé au geôlier responsable des tortures de l’anarchiste Simón Radowitzky en Argentine ou les attaques des dernières décennies en Italie et en Grèce. “

Lire tout le communiqué de revendication

Le commissariat de Huechuraba après l'explosion

La présidente du “Conseil national des droits de l’Homme” marocain a nié l’existence prisonniers politiques au Maroc. Ce déni de réalité, qui est propre à presque tous les régimes et tous les Etats, est appuyé par des arguties habituellement utilisées par les instances répressives. Ainsi, concernant les manifestants emprisonnés suite au mouvement de protestation du Rif, elle expose que:  “si une partie de la communauté nationale des défenseurs des droits de l’Homme peut qualifier les arrestations survenues lors des événements d’Al Hoceima ou de Jerada comme étant ‘politiquement motivées’, il ne serait, toutefois, ni juste ni précis de soutenir cette assertion au-delà de tout doute raisonnable et de ne pas accepter de la mettre en question, compte tenu de la durée des manifestations et de leurs circonstances”.

En fait, et c’est un grand classique de la rhétorique répressive, la présidente de CNDH considère que dès qu’il y a eu violence, le caractère politique s’efface: laquelle “la perpétration d’actes entachés de violence précède la notion de ‘motivation politique’  d’une arrestation, et l’emporte sur elle”.

 

manifestation à Al Hoceima (archives)

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Des milliers personnes se sont rassemblées jeudi à Khartoum pour dénoncer l’assassinat de quatre étudiants lors d’une manifestation. Les manifestants demandaient au conseil militaire de céder le pouvoir aux civils. Depuis décembre, la répression de la contestation a fait plus de 250 morts, dont 127 manifestants tués le 3 juin. Le rassemblement de jeudi intervenait à la veille de l’ouverture des pourparlers entre les protestataires et les généraux au pouvoir pour sortir de l’impasse.

La manifestation de Khartoum