En Espagne, María José Baños, prisonnière politique des GRAPO gravement malade (voir notre article), reste incarcérée malgré les dispositions légales prévoyant la libération des détenus dans cet état. La militante et ses soutiens affirment que l’administration pénitentiaire a conditionné sa libération à un renoncement de son engagement politique, une pratique dénoncée comme une forme de torture visant à punir et briser les prisonniers. Plusieurs décès de détenus gravement malades rappellent le danger de cette politique, et les militants appellent à une mobilisation urgente pour obtenir sa libération et prévenir de nouveaux cas.

Raghad Al-Fani, une militante palestinienne de gauche âgée de 27 ans, a été transférée en détention administrative pour six mois par les tribunaux israéliens. Arrêtée le 1er janvier 2026 lors d’une perquisition dans sa maison familiale (voir notre article), elle avait déjà été détenue un an en détention administrative avant d’être libérée en novembre 2023 dans le cadre d’un échange de prisonniers négocié par des factions palestiniennes et Israël. Aujourd’hui, 3 368 hommes, femmes et enfants palestiniens sont en détention administrative, un emprisonnement sans charge ni procès dont la durée maximale est de six mois, renouvelable indéfiniment.

Après respectivement 73, 66 et 53 jours de grève de la faim, les prisonniers pro-palestiniens Heba Muraisi, Kamran Ahmed et Lewie Chiaramello ont mis fin à leur mobilisation, suite à l’annulation par le gouvernement britannique d’un contrat de 2 milliards de livres avec Elbit Systems, le principal fabricant d’armes israélien. La grève a aussi permis des avancées sur les conditions carcérales et l’accès à l’information pour les prisonniers, révélant au grand jour la répression politique exercée par l’État britannique et mobilisant un large soutien populaire. Débutée le 2 novembre dernier (voir notre article), cette action avait été entreprise pour dénoncer le rôle d’Elbit Systems dans le génocide et la colonisation en Palestine tout comme la complicité du Royaume-Uni mais aussi exiger la libération des 33 prisonniers politiques pro-palestiniens détenus dans les prisons britanniques et exiger la fin de la criminalisation du mouvement d’action directe Palestine Action. Le combat continue pour le dernier gréviste de la faim, Umer Khalid.

Toky, représentant du mouvement Gen Z Madagascar originaire du Melaky, est maintenu en détention depuis un mois, sans évolution de sa situation. Alors que sa détention se poursuit, l’absence de réponse officielle au sujet de sa situation incite ses soutiens à se mobiliser pour exiger sa libération en dépit des menaces des autorités sur plusieurs militants de la Gen Z du pays.

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Harry Azaryan, étudiant en sciences politiques à l’Université d’État de Saint-Pétersbourg et membre du grupe trotskyste « Pouvoir ouvrier », a été libéré de détention provisoire sous interdiction de certaines activités. En mai dernier, il avait été accusé d’« incitation au terrorisme via Internet » après qu’un agent infiltré dans son groupe ait transmis aux autorités des informations sur les membres, les réunions et une vidéo de son discours en ligne (voir notre article). Dans cette allocution, Azaryan théorisait la destruction du capitalisme par la révolution et évoquait la possibilité d’éliminer les « exploiteurs », qu’il désignait comme ennemis des masses populaires.

Une trentaine d’antifascistes se sont rassemblés dimanche 11 janvier devant la prison de Gelsenkirchen pour exprimer leur solidarité avec l’antifasciste Luca, récemment transférée d’Ostwestfalen vers la Ruhr avant l’ouverture de son procès dans le cadre de l’affaire de Budapest (voir notre article). Cette mobilisation a réuni plusieurs prises de parole, ainsi que des messages de proches tandis que des drapeaux et pancartes étaient déployés par les participants.

Le vendredi 16 janvier 2025 à partir de 9h30, un rassemblement est appelé devant le tribunal de L’Aquila, où se tiendront la dernière audience et le verdict du procès d’Anan, Ali et Mansour (voir notre article). Ce procès illustre la criminalisation des réfugiés palestiniens en Europe où de nombreux cas de détention se multiplient en Italie, mais aussi en France ou en Belgique. Dans cette affaire, ils sont accusés de soutien à une organisation liée aux Brigades des Martyrs d’Al‑Aqsa en Cisjordanie occupée.

Lundi 12 janvier à 20h30, devant le consulat britannique (avenue d’Auderghem, 1040 Bruxelles), un rassemblement d’urgence est organisé en soutien aux 33 prisonniers pro-palestiniens détenus au Royaume-Uni, et en particulier aux grévistes de la faim Heba Muraisi, Kamran Ahmed et Lewie Chiaramello. Alors qu’ils jeûnent respectivement depuis 71, 64 et 50 jours, les appels et les actions se multiplient pour exiger leur libération, notamment à Paris et à Toulouse (voir ici). De même, d’anciens grévistes de la faim d’Irlande, de Palestine et de Guantánamo ont lancé un appel exhortant le gouvernement britannique à agir immédiatement pour sauver la vie des prisonniers de Palestine Action (voir ici). Ils soulignent en particulier : « Nous ne pouvons oublier ce que représentent aujourd’hui les grévistes de la faim. Ils représentent la Palestine. Ils représentent le démantèlement de l’infrastructure militaire qui tue les Palestiniens. Ils représentent la fin du régime d’apartheid mis en place par le gouvernement israélien. Ils sont solidaires des prisonniers palestiniens. Ils représentent la libération totale de la Palestine, de la mer au Jourdain. »

Malgré une pluie incessante, environ 65 000 personnes se sont rassemblées ce samedi 10 janvier à Bilbao, à l’appel du réseau Sare, pour exiger la fin de la législation pénitentiaire d’exception appliquée aux prisonniers basques. Soutenue par une large coalition d’organisations, la marche a revendiqué l’application du droit commun permettant la mise en liberté conditionnelle ou le régime ouvert pour les 120 prisonniers restants, dont beaucoup ont déjà purgé plus de 20 ans de prison.

Le prisonnier politique Kenan Yanen, militant accusé d’être membre du MLKP (Parti communiste marxiste-léniniste) et détenu depuis 31 ans, a été libéré le 9 janvier 2026 de la prison de haute sécurité F de Tekirdağ n°2, après que sa libération avait été retardée à plusieurs reprises par le Conseil d’observation administrative. Bien qu’il ait purgé la durée légale de 30 ans, sa libération avait été ajournée trois fois au motif de « mauvaise conduite », des décisions dénoncées comme arbitraires, avant qu’il ne soit finalement remis en liberté. À sa sortie, il a été accueilli par des membres de sa famille et ses camarades (au centre de la photo avec un bouquet de fleurs).