Au Chili, les affrontements durent maintenant depuis trois jours, et le gouvernement a étendu l’état d’exception à cinq régions. Pour la troisième nuit consécutive, une mesure de couvre-feu a été décrétée à Santiago entre 19h et 6h locales. Près de 10.000 policiers et militaires ont été déployés. Les patrouilles de militaires dans les rues sont une première dans le pays depuis la fin de la dictature du général Augusto Pinochet. Cinq personnes ont péri dimanche dans l’incendie d’une usine de vêtements en proie à des pillages, dans le nord de Santiago, ce qui porte à onze le nombre de morts depuis le début des émeutes. 1.462 personnes ont été arrêtées, dont 644 dans la capitale et 848 dans le reste du pays.

Les affrontements au Chili

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« J’ai décrété l’état d’urgence et, à cette fin, j’ai nommé le général de division Javier Iturriaga del Campo à la tête de la défense nationale, conformément aux dispositions de notre législation concernant l’état d’urgence », a déclaré le président chilien dans un message au palais gouvernemental. Santiago du Chili a été le théâtre de violents affrontements une bonne partie de la journée entre les forces de l’ordre et des manifestants, qui ont obligé les autorités à boucler toutes les stations de métro. Les affrontements se sont multipliés à la tombée de la nuit et le bâtiment de la compagnie d’électricité Enel ainsi qu’une succursale de Banco Chile, tous deux dans le centre-ville, ont été incendiés.

Avant que les stations de métro ne soient bouclées, des appels à monter dans les trains sans billet avaient circulé, pour protester contre l’augmentation des prix des tickets de métro, passés de 800 à 830 pesos (1,04 euro) aux heures de pointe, après déjà une première augmentation de 20 pesos en janvier dernier. L’ensemble du réseau a été fermé en raison des émeutes et des destructions qui ont touché presque l’intégralité des 164 stations, où beaucoup de barrières et tourniquets ont été détruits. En divers endroits de la ville, des manifestants ont érigé des barricades et se sont heurtés à la police, qui a fait usage de canons à eau et de gaz lacrymogènes, des scènes de bataille de rue plus vues depuis longtemps dans la capitale chilienne. Jeudi, 133 personnes avaient été arrêtées pour des dégradations dans les stations de métro, où les dommages se montent selon le gestionnaire à 400 à 500 millions de pesos (630.000 euros).

Le siège d'ENEL en feu

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Tamara Sol, une anarchiste chilienne, avait été condamnée en 2014 à 7 ans et 61 jours d’emprisonnement pour avoir tiré sur le vigile d’une banque. Elle a passé presque 6 ans derrière les barreaux dans différentes prisons du pays. Elle avait cherché à plusieurs reprises à obtenir une libération conditionnelle, ce qui lui avait été systématiquement refusé (voir notre article). Elle vient enfin de l’obtenir et a été libérée hier mercredi dans l’après-midi.

Tamara Sol

Plusieurs affrontements ont eu lieu hier dimanche à Santiago du Chili entre des manifestants et la police dans le cadre de la manifestation qui commémore chaque année les victimes du coup d’État et de la dictature d’Augusto Pinochet (1973-1990). Jusqu’à 10 000 manifestants ont quitté la Plaza de Los Héroes, dans le centre-ville de Santiago. La marche a pris fin, comme chaque année, dans le cimetière général du Chili, lorsqu’un groupe de manifestants cagoulés a commencé à attaquer les policiers en leur lançant des projectiles et en érigeant des barricades. Les voitures de la presse ont également été attaquées, notamment au cocktail Molotov. Les forces de l’ordre ont utilisé des gaz lacrymogènes et des canons à eau pour empêcher les manifestants de pénétrer dans le cimetière.

Le début de la manifestation

 

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Le 22 août 2016 était assassinée Macarena Valdés. Provenant de la communauté mapuche Newen de Tranguil, à Panguipulli, elle était connue pour son opposition active à l’entreprise transnationale RP Global, qui tente d’implanter un projet hydroélectrique sur le territoire. A sa mort, les autorités ont affirmé qu’il s’agissait d’un suicide, mais suite à une vaste campagne, son corps a été exhumé, soumis à une deuxième autopsie, par un légiste indépendant cette-fois, qui a établi qu’elle avait bien été assassinée. Elle avait d’ailleurs fait l’objet de  menaces et d’intimidations avant sa mort. Chaque année une manifestation commémore la mémoire de Macarena Valdès. La commémoration a commencé par un rassemblement au Museo de la Memoria, à Santiago. Mais des affrontements ont eu ensuite lieu dans le quartier de Barrio Yungay à Santiago. Des dizaines de manifestants cagoulés ont érigés des barricades, incendié trois autobus et affrontés les Carabiniers qui sont intervenus en force. 15 personnes, dont un mineur, ont été arrêtées suite à ces affrontements.

Un des bus incendiés à Barrio Yungay

 

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Le 25 juillet, un colis piégé adressé au major des Carabiniers Manuel Guzmán a explosé dans le commissariat de Huechuraba, une ville limitrophe de Santiago. Il a causé des gros dégâts et 5 policiers ont été hospitalisés. Le même jour, un colis piégé a été intercepté au siège de Quiñenco SA, une holding qui contrôle divers entreprises dont la Banque du Chili. Elle était adressée à Rodrigo Hinzpeter, ancien Premier ministre, ancien ministre de la Défense, et actuel dirigeant de Quiñenco. L’action a été revendiqué par des anarchistes qui, après avoir précisé avoir « pris toutes les mesures de sécurité nécessaires pour que les engins n’explosent que dans les mains des personnes visées par notre action », dénoncent Hinzpeter comme ancien responsable de la répression contre les Mapuches, les anarchistes et les étudiants en lutte, et le major Guzmán comme responsable des forces de sécurité qui ont assassiné l’anarchiste Claudia Lopéz.

« Cette opération, deux attaques explosives, est un clair acte de vengeance et de guerre contre des individus spécifiques qui soutiennent et dirigent ce monde. Leurs actions n’ont pas été oubliées. Nous répondons par l’action violente anarchiste, qui s’inscrit dans le cadre de la nouvelle guérilla urbaine et y contribue. Avec ces actes, nous renouons avec un outil historique de la lutte anarchiste, qui a été utilisé par différents compagnons et groupes, en d’autres lieux et à d’autres époques. Résonnent encore les explosions des colis piégés utilisés par les irréductibles anarchistes aux États-Unis en 1920, la lettre explosive envoyé au geôlier responsable des tortures de l’anarchiste Simón Radowitzky en Argentine ou les attaques des dernières décennies en Italie et en Grèce. « 

Lire tout le communiqué de revendication

Le commissariat de Huechuraba après l'explosion

Une série d’affrontements ont eu lieu vendredi soir à Santiago, dans l’axe Alameda-Providencia, après une manifestation sur la Plaza Baquedano consécutive à la mort d’un membre de la communauté mapuche à Tirúa. Les carabiniers ont voulu disperser la manifestation mais se sont heurté à une forte résistance et se sont fait caillasser. Les canons à eau ont dû intervenir. Des manifestants masqués ont arrêtés un autobus, fait descendre tout le monde avant de lancer à l’intérieur un cocktail Molotov. Mais les carabiniers ont dégagés l’autobus et arrêté le début d’incendie. Des barricades ont été érigées et de nombreuses vitrines ont été brisées.

vitrine brisée vendredi soir à Santiago

vitrine brisée vendredi soir à Santiago

Les syndicats enseignants du Chili ont annoncé une deuxième semaine de mobilisations, considérant l’absence de toute volonté de dialogue dans le chef des autorités. Une grande manifestation d’enseignants, mobilisant des dizaines de milliers de personnes, a ainsi eu lieu à Santiago. Des incidents ont opposés manifestants masqués, lançant des cocktails Molotov, aux forces anti-émeutes des carabiniers.

Les syndicats revendiquent 45.000 manifestants

Les syndicats revendiquent 45.000 manifestants

Les manifestants réunis Valparaiso à l’appel de la Coordination « No Más AFP » pour défendre les retraites, ont tenté de marcher sur l’avenue Pedro Montt en direction du Congrès National lorsqu’ils se sont immédiatement heurté aux carabiniers. Les carabiniers ont indiqué par haut-parleur que la marche n’était pas autorisée et qu’elle devait se dissoudre, puis ont fait usage de canons à eau et de gaz lacrymogènes. Les manifestants ont lancé des pierres et des cocktails Molotov et érigé des barricades enflammées. Il y a eu plusieurs arrestations.

Chili: Affrontements à la manifestation pour les retraites à Valparaiso

Des incidents entre forces de l’ordre et manifestants étudiants ont eu lieu mardi à l’Institut national. Ils ont abouti à 11 arrestations ont forcé la suspension des activités universitaires du site le lendemain mercredi.

Au Chili, le ministère de l’éducation au Chili a pris des mesures dites « classes sûres » (« aula secura ») visant les étudiants radicaux. 10 étudiants ont déjà été exclus par l’application de ce dispositif. Au cours de la matinée d’hier jeudi, une manifestation étudiante a défilé dans le centre de Santiago, en direction du ministère de l’éducation, pour y déposer une pétition dénonçant ces mesures et la répression. Ils ont été confronté à des barrages des forces spéciales de sécurité et ont infléchi leur itinéraire. Les incidents ont à nouveau éclatés en plusieurs endroits de la ville et quatre étudiants ont été arrêtés, y compris un dirigeant d’un syndicat étudiant.

Les incidents de mardi à l’Institut national

Les incidents de mardi à l'Institut national