Camilo Catrillanca, 24 ans, un jeune Mapuche, a été tué mercredi après-midi par des Carabiniers du “commando Jungle”, un groupe spécial créé pour réprimer la résistance des groupes mapuches. Il a reçu une balle dans la tête alors qu’il sortait de son travail sur un tracteur, en compagnie d’un enfant. Les policiers ont ensuite prétendu qu’il était impliqué dans un vol de voiture. Les communautés mapuche se sont insurgées contre ce nouveau meurtre de la part de forces de sécurité.

Dans la capitale Santiago, des manifestants se sont rassemblés dans l’après-midi puis dans la soirée. Des barricades incendiaires ont coupé plusieurs points de l’avenue principale de la ville, générant un chaos de la circulation, ce qui a provoqué des incidents violents avec la police. D’autres manifestations de protestations ont débouché sur des affrontements, en pays mapuche mais aussi dans la ville de Concepción, où des barricades en feu ont également été érigées. Plusieurs attaques incendiaires ont eu lieu les nuits suivantes, dont une église et une station balnéaire.

Engin de chantier incendié après l’assassinat du jeune mapuche

Engin de chantier incendié après l'assassinat du jeune mapuche

En février de cette année, la police française avait arrêté Ricardo Palma Salamanca suite à un mandat d’Interpol émis par le Chili (voir notre article précédent).

Ce vendredi 8 novembre, l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) lui a accordé le statut de réfugié politique. Le président chilien, Sebastián Piñera, avait discuté du dossier de Palma Salamanca avec Macron lors d’une visite à Paris début octobre. Suite à la décision de l’Ofpra, il a annoncé son intention d’envoyer une lettre à Emmanuel Macron pour lui demander que le «traité d’extradition entre les deux pays soit respecté».

Ricardo Palma Salamanca

Ricardo Palma Salamanca

De nouveaux incidents ont éclatés hier matin dans les environs de l’institut national Barros Arana (Inba), où des manifestants cagoulés ont érigé des barricades incendiaires dans la rue afin de gêner la circulation. Des membres des forces spéciales sont entrés dans l’établissement et ont arrêté quatre manifestants, portant des combinaisons, ainsi que des cocktails Molotov, des gants, des masques et des bombes de peinture.

Chili: Quatre arrestations dans une université de Santiago

Dans la matinée de ce vendredi 2 novembre, Kevin Garrido Fernàndez a été assassiné dans la prison privée de Santiago Uno. La première version donnée par la gendarmerie (police de prison) indique que d’autres prisonniers l’aurait attaqué et poignardé à plusieurs reprises et qu’il serait mort dans la prison même. Ses amis dénoncent un crime d’État: la gendarmerie encourageant les combats entre détenus. Kevin Garrido avait été condamné à 17 ans de prison en haute sécurité, pour possession d’explosifs, possession et placement d’engin explosif.

Kevin Garrido

Kevin Garrido

Dans l’après-midi de samedi, la “Marche pour Jésus” organisée par les sectes évangélistes liées aux mouvements d’extrême-droite (comme le Mouvement Social-Patriotique) a été attaquée par des contre-manifestants anarchistes et antifascistes, ce qui a provoqué l’intervention de la police et une recrudescence des affrontements. Au moins un policier a été blessé et 19 contre-manifestants arrêtés.

Chili: Affrontements samedi à Santiago

Des milliers de personnes ont participé dimanche à Santiago du Chili à une marche en l’honneur de la résistance des Mapuches, pour exiger la libération des prisonniers politiques autochtones, la fin des abus et le retour des terres ancestrales expropriées. La mobilisation, organisée chaque année par diverses organisations mapuches de la région sud de l’Araucanie, a été émaillées de plusieurs incidents au cours desquels des manifestants cagoulés ont affrontés les forces spéciales des carabiniers. Plusieurs arrestations ont eu lieu.

Les affrontements de dimanche à Santiago

Les affrontements de dimanche à Santiago

Hier matin, de nouvelles perturbations ont eu lieu dans les environs du Liceo de Aplicacion, à Santiago. Un groupe de manifestants masqués est sorts de l’établissement scolaire et a attaqué les forces spéciales de la police qui stationnent en permanence sur face. Au moins un carabinier a été touché par une bombe Molotov et les autres ont été touchés par des objets contondants. Cinq policiers ont été blessés et deux étudiants ont été arrêtés.

Hier matin à Santiago

Hier matin à Santiago

Des incidents ont opposé dimanche les forces de l’ordre à des manifestants qui participaient à une marche commémorative pour les victimes du coup d’Etat de Pinochet, marche organisée par le parti communiste chilien. Les manifestants ont déposé des gerbes de fleurs devant une des portes latérales du palais présidentiel, côté rue Morandé. C’est là que le corps du président Allende avait été évacué après le coup d’Etat. Les incidents se sont prolongés tard dans la soirée. Un jeune homme a été blessé d’une balle à la cuisse.

Ces commémorations interviennent alors qu’une décision de justice agite le Chili depuis le mois de juillet: trois magistrats de la Cour suprême ont remis en liberté conditionnelle sept ex-agents de la dictature emprisonnés pour crimes contre l’humanité, au grand dam des ONG et des familles de disparus. L’armée et la justice étant aux mains des pinochetistes, il y a plus de 1.500 affaires en cours qui n’ont toujours pas été éclaircie, l’armée refusant toujours d’ouvrir ses archives.

Les affrontements de Santiago

Les affrontements de Santiago

Des étudiants de l’Université Iberoamericana ont participé avant-hier mercredi à une manifestation devant la Maison des études, rue Dieciocho. Ils ont édifié des barricades qui ont perturbé la circulation dans le centre-ville de Santiago. Les forces des Carabiniers sont intervenues, ce qui a donné lieu à des affrontements.

Les affrontements de Santiago

Les affrontements de Santiago

Ce mercredi 25 juillet, plus de 50.000 personnes ont participé à la sixième marche nationale pour un avortement légal, libre et sûr au Chili réclamant le droit à l’avortement sans motif et à une éducation non sexiste. Lors de la marche, trois femmes ont été poignardées et un carabiner bléssé. Les attaques ont été revendiquées par le groupe néo-nazi «Movimiento social patriota » via les réseaux sociaux.
D’après nos informations, les trois femmes vont bien.

Cette marche est organisée depuis 2013, tous les 25 juillet, en réaction à l’affaire Belén, une jeune fille de 11 ans, qui s’est retrouvée enceinte après avoir été violé par son beau-père et qui a dû poursuivre sa grossesse malgré son âge. En août 2017, le parlement avait ouvert le droit à l’avortement pour trois raisons: risque de vie de la mère, non-viabilité du fœtus à la naissance et viol. Jusque là, l’avortement était interdit sous toutes ses formes.

Sixième marche nationale pour un avortement légal, libre et sûr au Chili

Sixième marche nationale pour un avortement légal, libre et sûr au Chili