Le jeudi 12 mai au soir, de nombreuses villes iraniennes ont été témoins d’un soulèvement populaire contre l’augmentation astronomique des prix du pain et des biens de première nécessité et les projets de mesures du cabinet d’Ebrahim Raisi. À Ahvaz, les gens ont protesté contre les prix élevés dans toute la ville. A Izeh, les forces répressives du régime ont ouvert le feu sur la population, faisant plusieurs blessés. Les habitants de Dorud ont également manifesté contre le régime. Les affrontements entre les jeunes et les agents de la répression se sont poursuivis jusque tard dans la nuit. Des manifestations ont aussi eu lieu à Chahrekord, à Juneqan, à Bakhtiari et à Andimeshk contre la flambée des prix. Dans cette dernière ville, les forces de sécurité de l’État ont ouvert le feu sur la population. Les jeunes ont résisté et les affrontements avec les forces répressives du régime se sont poursuivis pendant des heures. Le régime a coupé ou ralenti l’Internet pour contrer les manifestations dans de nombreux secteurs.

Le vendredi soir, de nouvelles manifestations ont eu lieu, notamment à Khorramabad, Ardabil, Boroudjerd, Dehdacht, Dorud, Chahinchahr, Junaqan, Farsan, et Cholicheh à Chaharmahal et Bakhtiari. À Chahinchahr, des jeunes ont incendié un bâtiment de l’État à côté du poste des Forces de Sécurité de l’État (SSF). Dans de nombreuses villes, telles que Boroudjerd, Dorud et Farsan, les forces répressives du régime ont ouvert le feu pour réprimer les soulèvements populaires. Il y a eu de nombreuses arrestations et au moins un mort.

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La police israélienne a brutalement dispersé une foule brandissant des drapeaux palestiniens vendredi dans l’enceinte d’un hôpital à  Jérusalem-Est, secteur palestinien de la ville occupé et annexé, à la sortie du cercueil de la journaliste palestinienne Shireen Abu Akleh. Des images retransmises par des télévisions locales montrent le cercueil manquer de tomber au sol alors que des policiers israéliens chargent la foule. “Si vous n’arrêtez pas ces chants nationalistes, nous devrons vous disperser en utilisant la force et nous empêcherons les funérailles d’avoir lieu », avait précédemment déclaré dans une mégaphone un policier israélien en direction de la foule. Le cercueil de Shireen Abu Akleh a finalement été transporté vers la Vieille Ville pour une messe dans une église, avant l’inhumation dans un cimetière à proximité. Le décès de cette reporter, icône du journalisme palestinien, a suscité une vague d’émotion dans les Territoires palestiniens, dans le monde arabe où ses reportages ont été suivis pendant plus de deux décennies, en Europe et aux États-Unis. Palestinienne chrétienne âgée de 51 ans et ayant aussi la nationalité américaine, la journaliste a été tuée d’une balle dans la tête alors qu’elle couvrait une opération israélienne dans le camp de réfugiés palestiniens de Jénine, dans le nord de la Cisjordanie.

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Au moins six Palestiniens ont été blessés par les forces d’occupation israéliennes hier vendredi lors des manifestations hebdomadaires contre l’occupation dans le village de Kafr Qaddum, dans la province cisjordanienne de Qalqilia, et dans la ville de Beita dans la province de Naplouse. Les soldats israéliens ont attaqué les manifestants avec des balles en caoutchouc et des grenades lacrymogènes, blessant quatre d’entre eux par des balles en caoutchouc et provoquant de nombreux cas de suffocation par inhalation de gaz. Tous les manifestants blessés ont été soignés sur les lieux des affrontements. Pendant ce temps, deux enfants palestiniens ont été blessés par des balles en caoutchouc israéliennes lors de la manifestation hebdomadaire contre les colonies israéliennes, qui a eu lieu dans la ville de Beita, dans la province de Naplouse, en Cisjordanie.

Les enseignants ont manifesté dans plusieurs villes du pays à l’occasion de la Fête du travail, pour revendiquer des augmentations de salaire et de meilleures conditions de travail. Des affrontements ont éclaté dans les provinces de Fars, Kermanshah, Kurdistan, Markazi, Ardabil, Isfahan et Bushehr, où la police est intervenue violemment contre les manifestants. Dans le port de Bushehr, la police aurait arrêté au moins six enseignants. Les enseignants iraniens ont observé une grève nationale de plusieurs jours en décembre dernier, obligeant le Parlement à adopter une loi prévoyant une augmentation de leurs salaires.

Les manifestations de dimanche avaient pour but de faire pression sur le président Ebrahim Raisi et sur Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement iranien, pour qu’ils prennent les mesures nécessaires à l’application de cette loi. D’autres revendications ont été formulées par les manifestants, portant notamment sur l’assurance maladie et les prestations de retraite, la limitation des privatisations et le maintien de l’enseignement public gratuit, le recrutement d’enseignants pour les maternelles et la libération des dirigeants syndicaux et des enseignants emprisonnés.

Le Comité contre la torture de l’ONU (CAT) a condamné le Maroc pour des faits de torture et de mauvais traitements sur Mohamed Bourial, un prisonnier politique sahraoui du groupe de Gdeim Izik. Mohamed Bourial avait été arrêté le 8 novembre 2010, le jour du démantèlement du campement pacifique de protestation de Gdeim Izik dans la banlieue de Laâyoune au Sahara occidental (voir notre article). Il a été condamné par une Cour militaire en 2013 et confirmé en appel en 2017, à 30 ans de prison. C’est la troisième fois que cette instance de l’ONU condamne le Maroc, la première décision concernait Naâma Asfari, lui aussi prisonnier du groupe de Gdeim Izik, (décision prise le 16 novembre 2016) et la deuxième Omar N’dour (décision prise le 19 novembre 2021).

Détenus depuis 12 ans sur base de procès fondés sur la torture, la situation des prisonniers politiques sahraouis du groupe de Gdeim Izik est encore plus difficile depuis le dernier procès en appel de juillet 2017. Au nombre de 19, ils sont dispersés dans 6 prisons, loin de leurs familles. Ils ont été privés de toute visite familiale pendant les deux ans du Covid, mesure toujours en vigueur à ce jour. Deux prisonniers, Hassan Dah et Zaoui Elhoussine, ont entamé une nouvelle grève le 1er avril pour réclamer leur droit au transfert auprès de leurs familles, ce que les prisonniers demandent depuis 2017, date de la fin du procès en appel.

Au moins trois Palestiniens ont été blessés par balles, samedi, lors d’affrontements avec les forces israéliennes et les colons dans le sud de la Cisjordanie occupée. Des dizaines de colons avaient attaqué des Palestiniens à la périphérie de la localité de Sourif, au nord-ouest de Hébron (sud). Les colons ont bloqué une rue utilisée par les habitants à Khelet Ghannam, au nord-est de la ville. Lorsque les manifestants palestiniens se sont affrontés aux colons, l’armée israélienne est rapidement intervenue aux côtés des colons. Les militaires et les colons ont tiré à balles réelles.

Les Palestiniens s’opposaient aux colons dans le village de Burqa, au nord de Naplouse, quand l’armée d’occupation est intervenue et a eu recours à des balles réelles et métalliques et des grenades lacrymogènes. De leur côté, des jeunes Palestiniens ont riposté en lançant des pierres. 72 Palestiniens ont été blessés, dont 8 par balles métalliques, 4 victimes de bombes lacrymogènes, 5 autres ayant subi des brûlures. 55 Palestiniens ont été asphyxiés suite l’inhalation du gaz lacrymogène. L’armée israélienne a fermé, depuis mardi, toutes les entrées des villes de Burqa, Sebastia, Bazaria et Wasilat al-Zuhr, pour protéger la marche des colons.

Un adolescent palestinien a succombé aujourd’hui vendredi à l’aube à ses blessures causées par des tirs de l’armée israélienne dans la ville de Kafr Dan, au nord-ouest de Jénine. Shawkat Kamal Abed, 17 ans, résident de la ville, a succombé à ses graves blessures qu’il avait subies hier jeudi après avoir été touché par des tirs de l’armée israélienne lors d’un raid dans le district de Jénine. Abed a été transporté d’urgence à l’hôpital de Jénine, où son décès a été constaté. Ce même vendredi, un enfant palestinien a été blessé et arrêté par les forces d’occupation israéliennes  lors d’affrontements entre l’armée israélienne et des manifestants palestiniens à l’entrée du village de Qarawat Bani Hassan, dans la province de Salfit. Les soldats israéliens ont tié à balle de guerre sur Jihad Izzat Mar’ee, 14 ans. Ils l’ont blessé à la cuisse puis l’ont arrêté.

Shawkat Kamal Abed

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Ghada Sabatine, une quadragénaire palestinienne, veuve et mère de six enfants,  a été tuée aujourd’hui par des soldats israéliens en Cisjordanie. Elle a succombé à ses blessures après avoir été la cible de tirs de soldats israéliens près de Husan parce qu’ils trouvaient sont attitude « suspecte ». Blessée grièvement à son arrivée à l’hôpital de Beit Jala, près de Bethléem, elle est décédée après avoir perdu beaucoup de sang.

La Cour d’appel de Casablanca a confirmé le 3 mars la peine retenue en première instance contre les journalistes Omar Radi et Imad Stitou. Les poursuites à l’égard d’Omar Radi ont débuté assez vite après les révélations indiquant que le journaliste avait fait l’objet d’espionnage par les autorités marocaines à I’aide du logiciel Pegasus (voir notre article). Ces journalistes, font les frais de la nouvelle technique de répression des autorités marocaines qui, plutôt que de leur reprocher leurs écrits ou leurs déclarations, montent de toute pièce de fausses accusations infâmantes (vols, viols, etc.). Ce procédé, qui aivait déjà permis l’emprisonnement d’un autre journaliste, Soulaimane Raissouni,  permet d’étouffer les mouvements de solidarité. Omar Radi, journaliste et militant des droits de l’homme, en détention préventive depuis 19 mois, a été condamné à six ans de prison dans un procès entaché de nombreuses irrégularités (le tribunal a rejeté les demandes de la défense d’entendre les témoins à décharge, aucune preuve tangible n’a été avérée), consacrant l’arbitraire des autorités marocaines.

Omar Radi

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