La Cour pénale internationale (CPI) a annoncé fin 2019 sa volonté d’ouvrir une enquête sur les crimes israéliens. Elle doit se prononcer prochainement sur la question de savoir si elle a la compétence requise pour juger des infractions commises dans les territoires palestiniens occupés, car Israël a fait un recours sur ce point, dont l’examen a été accepté (bien qu’Israël ne reconnaisse pas la légitimité de la CPI et n’en soit pas membre). Les trois juges de la Chambre de l’Instruction de la CPI doivent donc conclure très prochainement sur cette question de compétence.

Le quotidien Haaretz a révélé qu’Israël dressait secrètement une liste de ses propres agents, militaires et politiques, susceptibles d’être mis en cause par la CPI. La liste comprend actuellement entre 200 et 300 noms. En font partie des dirigeants de premier rang, comme Benjamin Netanyahou, et les anciens ministres de la Défense Moshe Ya’alon, Avigdor Lieberman et Naftali Bennett, ainsi que les chefs d’Etat-Major passés et présents Benny Gantz, Gadi Eisenkot et Aviv Kochavi, ou encore les patrons des services secrets Shin Bet et Mossad. Mais il y a également beaucoup de responsables de niveaux inférieurs impliqués dans les innombrables crimes de guerre et crimes contre l’humanité perpétrés en particulier à Gaza, que ce soit lors du massacre de l’été 2014 ou bien des centaines de manifestants désarmés lors des Marches du Retour de 2018.

Manifestant abattu lors d'une Marche pour le retour (archives)

Ahmed Hajjaj Al-Rimawi, cadre du FPLP, a été libéré le 15 juillet après 18 ans dans les prisons de l’occupation israélienne. Il avait été arrêté suite à sa tentative d’enlever un soldat israélien pour engager une procédure d’échanges de prisonniers avec les militants du FPLP responsables de l’exécution d’un ministre d’extrême droite israélien en 2001 en réponse à l’assassinat par l’armée israélienne d’Abu Ali Mustapha, secrétaire général du FPLP. A son retour dans son village, il a été accueilli par sa famille et de nombreux sympathisants.

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Arrêté le 30 juin dernier par les autorités israéliennes (voir notre article), l’avocat franco-palestinien Salah Hamouri a été libéré sous conditions ce mardi 7 juillet. Il lui est notamment interdit de contacter plusieurs personnes pendant trois mois et il doit payer une amende de 770€. Aucun motif n’a été avancé par les autorités pour justifier sa détention d’une semaine.

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Mardi 30 juin, alors qu’il se rendait à Jérusalem pour effectuer un test coronavirus (obligatoire) pour prendre l’avion à destination de la France, Salah Hamouri a été arrêté dans ce centre médical par les autorités israéliennes. Il a été conduit au centre d’interrogatoire de Moskobiyeh, à Jérusalem. Le motif de son arrestation ne lui a pas été communiqué. Il a comparu ce dimanche 5 juillet matin devant un juge qui a décidé de le maintenir en prison jusqu’au 7 juillet. Ses avocats ont fait appel de cette décision. Il est accusé “d’appartenance à une organisation interdite”. Salah Hamouri est une figure du mouvement des prisonniers palestiniens. Il a été arrêté à plusieurs reprises et subit un acharnement de la part des autorités israéliennes qui ont notamment tenté de l’enlever en mai dernier (voir notre article).

Liberté pour Salah Hamouri !

Liberté pour Salah Hamouri !

L’armée israélienne a mis au point une application de cartographie en réalité augmentée pour localiser les militant·es armé·es en temps réel. Cette application combine à la fois réalité augmentée et intelligence artificielle, mais est également alimentée par les informations des services du renseignement. Le développement “d’une cartographie 3D aussi réaliste que possible” a également été évoquée, afin que les soldats d’occupation qui traversent la frontière pour la première fois puissent être familiers avec l’environnement.

L’armée israélienne a toujours été à la pointe de l’utilisation de la réalité virtuelle. Depuis trois ans, elle s’est équipé de casques Oculus Rift et HTC Vive pour entraîner ses soldats. Les recrues s’entraînent à affronter un ennemi dans une simulation de tunnels. La réalité virtuelle permet une formation des soldats à des environnements difficiles. Il s’agit bien plus qu’une simulation de tunnels. En effet, l’armée israélienne a scanné de véritables tunnels découverts le long de la frontière avec la bande de Gaza et la frontière avec le Liban pour les modéliser de façon très fidèle.

Arrestation d'un manifestant palestinien

De nombreuses manifestations ont eu lieu en plusieurs régions du Liban, vendredi 26 juin, afin de dénoncer l’incurie des autorités, les arrestations arbitraires, les tarifs élevés du carburant, la dégradation continue de la situation économique, la dévaluation de la livre libanaise et pour réclamer la libération d’activistes du mouvement de contestation. Des sit-in et coupures de routes ont eu lieu aux quatre coins du pays. Il y a eu de violents affrontements à Barja entre l’armée et des protestataires qui ont tenté de bloquer l’autoroute du Sud à hauteur de Jiyyé.

L’autoroute menant vers le Sud a été coupée à l’aide de poids lourds stationnés au milieu de la voie.

Des chercheurs israéliens ont mis au point une technique qui permet de reconstituer une conversation en captant, à distance, les vacillements induits par les sons sur la lumière d’une ampoule. Cette technique permet de décrypter le contenu d’une conversation, même à 25 mètres de distance. Elle ne fonctionne cependant pas dans le cas d’une ampoule directement accrochée au plafond ou montée sur une lampe de table. Quand les ondes sonores atteignent une ampoule, sa surface vibre. Il en résulte de faibles vacillements de la lumière émise, qui s’ils sont invisibles à l’œil nu, sont détectables par des capteurs.” Ces vacillements sont mesurés et convertis en signal électrique, lequel est à son tour transformé en informations numériques qu’un programme se charge d’analyser, en éliminant le bruit de fond. Le résultat est d’une précision suffisante pour permettre aux chercheurs d’identifier la chanson Let it Be des Beatles, Clocks de Coldplay ou de retranscrire un extrait de discours de Donald Trump. Plus d’infos ici.

Une technique permet de reconstituer une conversation en analysant le vacillement des ampoules

Une technique permet de reconstituer une conversation en analysant le vacillement des ampoules

Dès la levée du confinement sanitaire, les manifestations du vendredi ont repris dans plusieurs régions (wilayas) d’Algérie, notamment en Kabylie. A Bejaia, les forces de l’ordre ont essayé de disperser les manifestants avec des bombes lacrymogène et des balles en caoutchouc, engendrant des affrontements au centre-ville sur le chemin menant à la place Saïd Makbel. Dans la wilaya de Tizi-Ouzou, un dispositif policier a été mis en place au centre-ville pour empêcher les manifestants d’avancer, mais ces derniers ont emprunté plusieurs autres chemins menant vers le commissariat central pour exiger la libération des détenus d’opinion emprisonnés actuellement. Dans la wilaya de Bouira, les manifestants ont défilés, reprenant les slogans du hirak contre le système, et en appelant à la libration des détenus d’opinion. Des dizaines d’arrestations ont été signalés aussi dans plusieurs autres wilayas, à l’instar d’Alger, ou d’Annaba, ainsi qu’en Kabylie. Dans la ville de Constantine, un fort déploiement de la police a empêché l’organisation de la marche, notamment après des arrestations effectués dès la matinée.

La manifestation à Bejaia

Des affrontements entre les forces de sécurité tunisiennes et des manifestants se sont déroulés samedi soir et dimanche dans la ville de Meknessi (gouvernorat de Sidi Bouzid, centre-ouest de la Tunisie). Ces affrontements surviennent en réaction à l’intervention des forces de sécurité pour mettre fin au sit-in des travailleurs des mines de phosphate. Les ouvriers, en sit-in depuis le 4 mai dernier, réclament l’intégration de 164 employés au sein de la Compagnie des Phosphates de Gafsa. Ils avaient organisé une série de manifestations, auparavant, depuis l’annonce de la fin de leurs contrats de travail, le 30 avril dernier. Les manifestants de ce week-end réclament un retrait des forces de sécurité de la ville et appellent à ne pas engager de poursuites judiciaires contre des travailleurs de la mine, à la remettre en service et à régulariser la situation des ouvriers dans ce site minier.

Les affrontements de Meknassy

À Béjaïa, dans le nord-est du pays, la police a empêché des manifestants de se rassembler vendredi en soutien aux dizaines de prisonnier du Hirak, le mouvement populaire de contestation qui a commencé en février 2019 (voir notre article). Près d’une vingtaine de personnes ont été arrêtées, dont deux qui sont en garde à vue dans un commissariat. Ils devait être présenté aujourd’hui devant un juge. La veille, une manifestation s’est tenue à Tigzirt en solidarité avec les prisonniers du Hirak.

Manifestation du Hirak, le 20 décembre à Alger