De violents affrontements ont éclaté lundi soir dans le quartier de Sheikh Jarrah à Jérusalem-Est. Les premiers heurts ont eu lieu entre résidents palestiniens et colons sionistes avant que la police n’intervienne avec des gaz lacrymogènes et des canons à eau. Au moins 20 Palestiniens ont été pris en charge par le Croissant-Rouge palestinien. Les colons sionistes ont attaqué une ambulance. Quatre Palestiniens ont été arrêtés pour avoir tiré des feux d’artifice sur les policiers et causé des troubles à l’ordre public.

Des affrontements ont éclaté samedi dans le village de Deir al-Assad entre la police israélienne et les habitants palestiniens. Plusieurs véhicules ont été incendiés par des habitants, dont deux voitures de police. Plusieurs villageois ont été blessés par les policiers, et un policier a également été blessé après avoir été touché à la tête avec une pierre. 11 personnes ont été arrêtées. Des affrontements ont également opposés la police israélienne aux habitants du village de Bi’ina. Plusieurs manifestants ont été blessés.

 

Mohammed Saïd Hmayel, 15 ans, a été touché par des balles réelles près de Naplouse lors d’affrontements dans le village de Beita dans le nord de la Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis plus de 50 ans. Six autres Palestiniens ont été blessés par des balles réelles tirées par l’armée israélienne. Les heurts sont survenus lors d’une manifestation contre la construction par Israël d’une colonie près du village de Beita.

Des manifestants palestiniens ont affronté la police israélienne à Jérusalem, après la libération de la célèbre militante Mona el-Kurd. Cette jeune femme de 23 ans, ainsi que son frère jumeau Mohammed, mènent quotidiennement en anglais et en arabe une intense campagne sur les réseaux sociaux pour sensibiliser l’opinion aux expulsions de familles palestiniennes dans leur quartier de Cheikh Jarrah, situé dans la partie de Jérusalem annexée par Israël. C’est dimanche que la police israélienne avait arrêté la militante pour « troubles à l’ordre public », à son domicile. Les manifestants se réjouissaient de la libération quand la police les a dispersé avec des grenades à gaz et des grenades assourdissantes, déclenchant les affrontements. Mohammed Al Kurd, qui compte 550.000 abonnés sur instagram, est toujours retenu par les forces d’occupation

De violents affrontements ont éclaté vendredi, près du mont Sabih, à proximité de la ville de Beita, au sud de Naplouse, à la suite de la dispersion par l’armée israélienne d’une manifestation condamnant les colonies. L’armée a utilisé des balles réelles, en métal recouvert de caoutchouc, et des bombes lacrymogènes pour disperser les manifestants. Le Croissant-Rouge palestinien a prodigué les premiers soins à 10 blessés par balles réelles, parmi lesquels un blessé au cou, dont l’état a été qualifié de grave. Les secouristes sur le terrain ont déclaré avoir soigné des dizaines de personnes qui souffraient d’asphyxie à la suite de l’inhalation de gaz lacrymogène. Depuis quelques mois, des colons israéliens ont établi des maisons mobiles au sommet du mont Sabih, dans le but d’établir un nouvel avant-poste.

La répression qui s’accroit contre les manifestants du mouvement de protestation populaire à l’approche du rendez-vous électoral du 12 juin. Pour la seconde semaine consécutive, les autorités algériennes ont réprimé, vendredi 21 mai, les marches hebdomadaires du mouvement pro-démocratie du Hirak à Alger et dans plusieurs villes du pays. Près de 500 personnes ont été interpellées dans une quinzaine de wilayas [préfecture], en majorité à Alger. La plupart des manifestants interpellés ont été relâchés en fin de journée, et les autres placés en garde à vue. Ils risquent des peines d’emprisonnement ferme.

Deux manifestants ont été tués par balle et plusieurs dizaines de personnes blessées à Bagdad lors d’affrontements à l’issue d’un rassemblement mardi à la mémoire de militants prodémocratie récemment assassinés. Vingt-huit protestataires ont été blessés par des tirs de gaz lacrymogènes des forces de police qui tentaient de disperser le rassemblement ayant attiré des milliers de personnes dans la capitale. Sous le slogan « Qui m’a tué ? » et arborant les photos des victimes, les manifestants s’étaient rassemblés sur les trois principales places de la capitale, Tahrir, Ferdaous et al-Nossour, au milieu d’un important dispositif policier. Ils étaient venus de Bagdad mais aussi de Kerbala, Najaf et Nassiriya où les crimes ont été commis. Jeunes pour la plupart, ils scandaient : « Avec notre âme et notre sang, nous nous sacrifions pour toi, Irak », « Le peuple veut renverser le régime », et « Révolution contre les partis ».

Le 9 mai, à Kerbala, des tueurs ont abattu le militant Ehab al-Ouazni, coordinateur des manifestations antipouvoir dans la ville sainte, qui dénonçait les groupes armés et la mainmise de l’Iran sur son pays. Le lendemain, Ahmed Hassan, un journaliste de la chaîne al-Fourat, a aussi été visé par un attentat et se trouve depuis dans le coma. Depuis le début de la révolte populaire inédite d’octobre 2019, plus de 70 militants ont été victimes d’assassinats ou de tentatives d’assassinat, tandis que des dizaines d’autres ont été enlevés brièvement. Personne n’a revendiqué ces attaques attribuées à des tueurs connus des services de sécurité et liés à l’Iran.

A ce jour, 17 groupes ont appelé au boycott des élections législatives prévues en octobre et censées ramener la paix civile après des mois de manifestations contre la corruption et contre la classe politique. Ils avaient pourtant chacun présenté des listes pour les élections, estimant bénéficier d’un fort soutien populaire pour pouvoir changer le système par les urnes. Mais la donne a changé avec l’assassinat de Ouazni et l’attentat contre le journaliste Ahmed Hassan.

De nombreuses arrestations ont eu lieu, avant-hier, à Alger et dans d’autres wilayas, en amont des marches hebdomadaires du hirak (117e journée) dont la tenue a été brutalement empêchée par les forces de l’ordre. Sur les 1000 interpellations qui ont eu lieu vendredi, une cinquantaine de manifestants sont placés en garde à vue en attendant leur présentation devant le procureur. Parmi les nombreuses arrestations dans le pays, parmi lesquelles des figures du hirak, des avocats et des opposants. De nombreux journalistes et photographes de presse  ont été interpellés. Ils ont été ensuite relâchés à l’exception de la journaliste Kenza Khatto qui a été placée en garde à vue et sera présentée, aujourd’hui, devant le procureur du tribunal de Sidi M’hamed (Alger).

 

La journée de lundi a débuté de manière frontale à Jérusalem, avec des jets de pierre par des centaines de Palestiniens contre les forces de l’ordre israéliennes positionnées sur l’Esplanade des Mosquées qui tiraient des grenades assourdissantes, du gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc. Plus de 520 Palestiniens ont été blessés, dont de nombreux aux yeux et à la tête, alors que la police israélienne a fait état d’au moins neuf blessés dans ses rangs, pour ces accrochages les plus violents depuis 2017 à Jérusalem-Est. Des manifestations ont commencé à se multiplier dans différentes villes de Cisjordanie occupée, où le Croissant-Rouge a dénombré un total de 200 blessés.

Des militant·es et journalistes ont dénoncé Instagram et Twitter pour avoir fermé leurs comptes sur ces réseaux sociaux et censuré des contenus relatifs aux dramatiques événements de Sheikh Jarrah à Jérusalem-Est occupée, où les forces israéliennes et les colons répriment des manifestants civils depuis jeudi. Les habitants de ce quartier protestent contre une vague d’expulsions ordonnée par la justice israélienne, laquelle devrait chasser une quarantaine de Palestiniens, dont une dizaine d’enfants, de leurs maisons (voir notre article).

La complicité entre Israël et les entreprises de réseaux sociaux dans la réglementation et la censure du contenu et des comptes palestiniens est bien documentée. À la suite d’une visite d’une délégation au siège de Facebook en 2016, le ministre israélien de la Justice avait déclaré à l’époque que Facebook, Google et YouTube ‘’se conformaient à 95 % aux demandes israéliennes de suppression de contenu’’, presque entièrement palestinien. Par ailleurs, Facebook avait recruté l’an dernier une experte israélienne de la censure (voir notre article).

Les réseaux sociaux censurent les post témoignant de la répression du peuple palestinien

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