La contestation au Liban se poursuit en même temps que la répression qui l’accompagne. Des dizaines de personnes ont été blessées dans des heurts survenus samedi 14 décembre, dans la soirée, à Beyrouth. Les forces de sécurité ont utilisé des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc pour disperser des manifestants antipouvoir. A deux jours de consultations parlementaires organisées pour tenter de nommer un nouveau premier ministre, les manifestants s’étaient rassemblés samedi dans le centre de la capitale pour dénoncer l’ensemble de la classe politique. Les heurts ont éclaté lorsque des manifestants ont tenté de franchir un barrage de police bloquant l’entrée d’une avenue qui mène au Parlement, avant de se poursuivre ailleurs en centre-ville. La Croix-Rouge libanaise a transporté quinze blessés vers des hôpitaux et soigné trente-sept personnes sur place. De son côté, la défense civile libanaise a annoncé avoir transporté trente-six blessés vers des hôpitaux, tandis que cinquante-quatre personnes ont été soignées sur place.

Les affrontements de samedi à BeyrouthLes affrontements de samedi à Beyrouth

Depuis 40 jours, des manifestations de masse dénoncent la corruption des dirigeants de tous les partis politiques. Les chefs respectifs des deux puissants mouvements chiites, Amal et le Hezbollah, Nabih Berri (président du Parlement depuis 1992) et Hassan Nasrallah, sont conspués au même titre que l’ensemble de la classe dirigeante. Des heurts ont éclaté, dans la nuit de dimanche à lundi à Beyrouth, entre les manifestants  antigouvernementaux et des miliciens du Hezbollah et d’Amal. Ces derniers ont attaqué des manifestants antigouvernementaux qui avaient bloqué l’un des principaux axes de la capitale, faisant dix blessés. Des militaires ont fini par s’interposer. Des incidents similaires ont été signalés à d’autres endroits de la capitale, et dans d’autres villes du Liban.

Les miliciens chiites derrière un barrage de militaires

Le Parlement libanais a dû renoncer mardi, pour la deuxième fois, à l’examen de propositions de lois dénoncées par le mouvement de contestation qui secoue le pays depuis plus d’un mois, après de vives tensions dans le centre-ville de Beyrouth. Des bousculades, concert de casseroles et même tirs de semonce avaient auparavant eu lieu dans le centre de Beyrouth, placé sous haute sécurité, où des centaines de manifestants s’efforçaient d’empêcher la tenue de la séance.  Des accrochages limités ont opposé des protestataires aux forces de l’ordre équipées de casques et de boucliers, notamment lorsqu’ils ont essayé à plusieurs reprises d’arracher les fils barbelés et les barrières en fer bloquant les rues et avenues menant à la place de l’Etoile, où se trouve le Parlement. Les tirs de semonce ont résonné au passage d’un convoi, suscitant la colère des contestataires.  “Révolution, révolution” ont scandé les manifestants, le poing levé, brandissant des drapeaux libanais.
Le Liban, qui se trouve dans une situation économique et financière très délicate, est secoué depuis le 17 octobre par un soulèvement inédit réclamant le départ d’une classe dirigeante dénoncée  comme corrompue et incompétente. Ce mouvement mobilise des centaines de milliers de Libanais. Dans ce contexte, l’examen de plusieurs propositions de loi controversées, notamment une loi d’amnistie générale qui engloberait des milliers de personnes, a suscité le courroux des protestataires. Les manifestants assurent que cette loi d’amnistie pourrait exonérer des personnes condamnées ou soupçonnées d’implication dans des affaires d’évasion fiscale ou encore de crimes environnementaux, dans un pays confronté au fléau de la corruption.
La manifestation de Beyrouth

Voici les initiatives prises lors du mois d’agitation pour Georges Abdallah: 30/10: Affichages en Seine-Saint-Denis ; 29/10: Tags à Bruxelles ; 29/10: Rassemblement à La Haye ; 29/10: Stand d’information à Paris ; 28/10: Initiative à Saïda ; 28/10: Affichages à Milan ; 27/10: Rassemblement à Beyrouth ; 26/10: Manifestation et tags à Lille ; 26/10: Rassemblement à Montréal ; 24/10: Rassemblement à Athènes ; 24/10: Tags à Clermont-Ferrand ; 24/10: Initiative à Toulouse ; 24/10: Rassemblement à Patra (Grèce)21-22-23/10: Trois journées solidaires à Bir-Zeit23/10: Soirée de soutien à Montréal23/10: Affichages à Paris et en Seine-Saint-Denis23/10: Rassemblement à Milan22/10: Initiative à Alger20/10: Intervention à Thessalonique20/10: Initiatives à Tripoli ; 19/10: Initiative à Göteborg ; 19/10: Soirée de soutien à Genève ; 19/10: Rassemblement et tags à Tunis ; 19/10: Initiatives à Beyrouth ; 19/10: 500 manifestants à Lannemezan ; 19/10: Initiative à Rafah ; 19/10: Rassemblement à Istanbul.

18/10: Tags à Milan ; 18/10: Grande soirée de soutien à Toulouse ; 18/10: Affichages et stickers à Zürich ; 17/10: Initiative à La Corogne ; 17/10: Soirée de soutien à Hambourg15/10: Stand d’information à Toulouse14/10: Tags à Genève14/10: Initiative à l’ambassade de France à Beyrouth13/10: Nouvelle vidéo “Georges Ibrahim Abdallah, prisonnier des raisons d’Etats”12/10: Soirée de soutien à Montpellier11/10: Rassemblement à Bruxelles11/10: Soirée de soutien à Bordeaux11/10: Salut solidaire de Gaza10/10: Conférence à Nanterre9/10: Débat à Toulouse9/10: Intervention à Bruxelles6/10: Stand et expo à Charleroi5/10: Intervention à Zürich5/10: Rassemblement à Göteborg4/10: Banderole et fumi à Liège3/10: Soirée solidaire à Toulouse2/10: Tag géant et collages à Toulouse01/10: Manifestation à Zürich29/9: Brunch à Toulouse26/9: Conférence à Genève24/9: Stand d’information à Toulouse21/9: Collage géant à Bruxelles21/9: Conférence à Bruxelles.

Manifestation pour la libération de Georges Abdallah à Lannemezan

Lire l’appel au mois d’agitation

Jeudi 17 octobre, un mouvement social d’une ampleur inédite a éclaté spontanément au Liban suite à l’annonce par le gouvernement de la mise en place d’une taxe sur les appels réalisés via des systèmes de messagerie instantanée comme WhatsApp. Cette annonce a déclenché la colère de milliers de libanaises et libanais qui manifestent depuis 5 jours pour réclamer le départ de l’ensemble de la classe politique corrompue et ne proposant pas de solutions face à la crise économique et sociale qui mine le pays. Le mouvement comporte également des blocages de route (ré-ouvertes par l’armée) ainsi que des fermetures de banques, d’universités et d’écoles.

Il n’y a que peu d’informations au sujet de la répression. On sait cependant que des affrontements on éclaté vendredi et que les forces de sécurité ont tiré des gaz lacrymogènes ainsi que des balles en caoutchouc sur les manifestant·e·s. Le lendemain, on dénombrait 70 arrestations à Beyrouth, la capitale. Face à ce mouvement, la taxe sur les messageries instantanées a été rapidement abandonnée et le gouvernement a également annoncé un plan de réformes.

Liban : Mouvement social d'une ampleur inédite

Liban : Mouvement social d’une ampleur inédite

80 personnes étaient rassemblées devant la résidence de l’ambassadeur de France, 42 Bvd du Régent, à Bruxelles, à l’appel du Secours Rouge. Plusieurs prises de parole ont eu lieu, notamment pour célébrer la libération de Daniel Ruiz en Argentine et pour annoncer le rassemblement de solidarité avec le Rojava qui aura lieu aujourd’hui à 14h au Parvis de Sainht-Gilles. Prochains rendez-vous du “Mois d’Agitation pour Abdallah” : le 19 octobre à Lannemezan et le 26 octobre à Lille. Toutes les dates sur le site de la campagne freeabdallah.red

Libérons Abdallah à Bruxelles

Des manifestations ont eu lieu ce dimanche 29 septembre dans le centre-ville de Beyrouth et d’autres régions du Liban pour dénoncer une classe politique accusée de corruption et de dilapidation des fonds publics. Répondants à des appels à manifester lancés sur les réseaux sociaux, des personnes de tout âge se sont rassemblées dans le centre-ville de Beyrouth, brandissant des pancartes dénonçant l’incurie des autorités et scandant des slogans hostiles à la classe politique. Des échauffourées ont éclaté avec les forces de l’ordre lorsque des groupes de manifestants ont tenté de s’approcher du Grand Sérail, le siège du Premier ministre. Des groupes de jeunes ont alors coupé plusieurs routes du centre-ville en mettant le feu à des pneus et à des bennes à ordures. Des manifestants, dont la plupart ne sont affiliés à aucun parti politique, ont coupé des artères principales dans plusieurs autres régions du Liban. Cette explosion de colère intervient dans un contexte de crise économique et financière sans précédent depuis plus de 25 ans. Cette crise a culminé ces derniers jours avec un recul de la valeur de la monnaie nationale, une pénurie de dollars dans un pays à l’économie fortement dollarisée et une grève des pompistes.

La police anti-émeute a repoussé les manifestants qui tentaient de franchir les barrières de sécurité devant le siège du gouvernement Place des Martyrs

Mardi 30 juillet à Saïda au Liban, des milliers de palestiniens et libanais manifestaient pour les droits des réfugiés palestiniens au Liban, pour le droit au Retour et contre la tentative de liquidation de la cause palestinienne. La campagne pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah et les amis du Collectif Palestine Vaincra étaient également présents pour exiger la libération du communiste libanais tout comme celle d’Ahmad Sa’adat, le secrétaire général du FPLP emprisonné par l’occupation sioniste (voir notre article).

Une vidéo de la manifestation ici

Manifestation au Liban pour le droit au retour en Palestine

Manifestation au Liban pour le droit au retour en Palestine