Secours Rouge

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De nouvelles manifestations avaient lieu mardi au Chili pour maintenir la pression sur le gouvernement du président conservateur Sebastian Pinera, au onzième jour d’un mouvement de contestation inédit contre les inégalités socio-économiques. Les manifestants se sont rassemblés sur l’emblématique Plaza Italia, dans le centre de Santiago, après un appel lancé sur les réseaux sociaux. “Pinera démission” pouvait-on lire sur une large banderole déployée par les manifestants. Comme la veille, des affrontements ont éclaté aux abords du rassemblement entre protestataires et forces de l’ordre, lorsque des manifestants ont tenté de se diriger vers le palais présidentiel, protégé par un large périmètre de sécurité. En raison des manifestations, le gouvernement chilien a renoncé à accueillir la 25e conférence mondiale sur le climat, la COP25, ainsi que le sommet de l’APEC, le forum de Coopération économique Asie-Pacifique, prévu mi-novembre à Santiago.

Les affrontements de mardi à Santiago

 

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Mardi 29 octobre, des centaines de manifestant·e·s pour le climat ont tenté d’empêcher la tenue d’une conférence internationale sur l’exploitation minière à Melbourne en bloquant l’entrée du site. Cinquante personnes ont été arrêtées (la plupart pour entrave à la circulation) et au moins quatre hospitalisées après des affrontements avec la police. Dans plusieurs vidéos, on peut voir les policiers gazer les manifestant·e·s avec du spray au capsicum et les frapper avec leurs matraques. Le vice-Premier ministre Michael McCormack a exhorté les médias à ne pas couvrir les manifestations.

Blocage d'une conférence internationale sur l'exploitation minière à Melbourne

Blocage d’une conférence internationale sur l’exploitation minière à Melbourne

Lundi 28 octobre, un Gilet Jaune d’Anderlues est paru devant devant la troisième chambre correctionnelle de la cour d’appel du Hainaut pour demander une peine de travail (afin de ne pas perdre son emploi), après sa condamnation en août à trente mois de prison ferme.

Le jeune ouvrier avait, avec plusieurs de ses camarades, fabriqué 14 engins explosifs artisanaux à l’aide de bouteilles de déodorants, de pétards, de feu de Bengale, d’aluminium et de mèches. Ces engins étaient capables de se transformer en boule de feu de plus de deux mètres (voir notre article). Il avait été arrêté avec d’autres Gilets Jaunes dans la nuit du 22 au 23 février alors qu’ils bloquaient le dépôt pétrochimique de Feluy ainsi que le réseau routier aux alentours.

Un camion de Total brûlé suite à l'occupation des Gilets Jaunes à Feluy

Un camion de Total brûlé suite à l’occupation des Gilets Jaunes à Feluy

La police hongkongaise a de nouveau fait usage de gaz lacrymogène et de balles en caoutchouc, lors de heurts de plusieurs heures dans une zone touristique de la ville. Protestataires et forces de l’ordre ont multiplié les escarmouches, à Tsim Sha Tsui, une zone portuaire comprenant de nombreux complexes commerciaux et hôtels de luxe. Nombre de manifestants portaient des masques, en dépit de l’interdiction décrétée par l’exécutif de la région semi-autonome. Des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc ont été tirés dans trois endroits différents, et les heurts ont contraint la foule à se disperser. Des manifestants ont érigé des barricades de fortune pour bloquer la circulation sur certaines artères. Quelques groupes de manifestants se sont encore heurtés à la police en fin d’après-midi et en début de soirée, ils ont dégradé des magasins, lancé des cocktails Molotov et mis le feu à des entrées de stations de métro. Les forces anti-émeutes ont fréquemment fait usage de gaz lacrymogènes et de balles en caoutchouc, ainsi que de canons à eau. Il a été procédé à de nombreuses arrestations.

Les derniers affrontements à Hong-Kong

 

Aujourd’hui, l’armée irakienne a décrété un couvre-feu nocturne à Bagdad de minuit à six heures du matin pour les personnes et les véhicules jusqu’à nouvel ordre. Cette annonce fait redouter une dispersion dans la nuit de la place Tahrir, épicentre de la contestation et désormais occupé jour et nuit où cinq manifestants ont déjà été tués au cours de la journée de lundi. Au total, depuis le début du mouvement le 1er octobre, 239 personnes ont été tuées et plus de 8.000 blessées, selon un bilan officiel (les chiffres réels étant donc probablement plus élevés).

des manifestations en Irak contre le gouvernement sont réprimés dans le sang

des manifestations en Irak contre le gouvernement sont réprimés dans le sang

 

Hier samedi, les Gilets jaunes ont défilés dans plusieurs villes de France. Quelques centaines de manifestants se sont rassemblés dans le centre de Saint-Etienne. Venus à pied d’une zone commerciale de la périphérie pour rejoindre le centre, les manifestants ont traversé Saint-Étienne en début d’après-midi puis bloqué vers 16 heures la RN 88 à l’aide de bidons métalliques, coupant la circulation dans les deux sens. Ces manifestants ont été délogés par les forces de l’ordre à grand renfort de gaz lacrymogènes. En fin d’après-midi, plusieurs autres voies étaient enfumées tandis que des confrontations éclataient et que des manifestants tentaient de revenir sur la voie rapide. Il y a eu six arrestations. A Toulouse, les forces de l’ordre sont très rapidement et brutalement intervenues pour disperser la manifestation non-autorisée. Deux personnes ont été arrêtées à Toulouse pour « participation à un attroupement en vue de commettre des violences ».

A Paris,en fin d’après-midi, où les Gilets jaunes avaient été ralliés par des manifestants chiliens, des heurts ont éclaté autour de Belleville (19e et 11e arrondissement), alors que le trajet devait se terminer sur la place du Colonel Fabien. Les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogène. La station de métro a été fermé jusqu’à 19h30, par « mesure de sécurité » selon la RATP, vraisemblablement parce que les bouches de la station étaient saturées en gaz. En début de soirée, une manifestation sauvage a eu lieu dans le quartier.  Les Gilets jaunes étaient également quelques centaines à Lille où la police a empêché la jonction avec la manifestation pour Georges Abdallah. A Bordeaux, les gilets jaunes ont rapidement rejoint la manifestation des Kurdes qui dénonçaient l’offensive turque contre le Rojava.

L'Acte 50 à Paris

À Lille, malgré les intimidations policières, des dizaines de manifestant·e·s ont défilé pour la libération de Georges Abdallah. Une quinzaine de manifestant·e·s sont venu·e·s de Bruxelles avec notre co-voiturage. La police s’est acharnée à empêcher la convergence des luttes bloquant successivement les manifestations contre l’islamophobie, pour la démocratie en Algérie puis les Gilets Jaunes de rejoindre le cortège pour Abdallah, allant finalement jusqu’à pousser les manifestant·e·s sur tout le parcours de la manif de République à Wazemmes et à tenter d’empêcher la dissolution du rassemblement. “Gilets Jaunes, Abdallah, même combat !”

La manifestation de Lille

 

Une nouvelle manifestation d’étudiants s’est terminée jeudi par de violents affrontements dans le centre d’Athènes. Plusieurs centaines de manifestants ont tenté de forcer les barrages de la police anti-émeute qui les empêchaient d’atteindre le Parlement grec. Il s’agissait d’un incident presque identique à celui qui s’est produit au même endroit il y a deux semaines (voir notre article). Les policiers ont également utilisé des gaz lacrymogènes pour repousser les manifestants. Un étudiant et un policier auraient été blessés à la suite des affrontements. En même temps, des affrontements ont éclaté devant le Ministère de la Macédoine et de la Thrace à Thessalonique, où les étudiants ont organisé une autre manifestation. Les étudiants sont opposés à la décision du gouvernement d’abolir l’«asile universitaire», ce qui permettra aux policiers de pénétrer dans les locaux des universités.

Les affrontements à Athènes

 

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Mercredi 23 octobre en soirée, trois dirigeant·e·s de la jeunesse communiste ont été arrêté·e· à Santiago. La police a arrêté ces trois personnes à l’intérieur d’un bâtiment et à l’aide de gaz. Elles ont été emmenées au 3ème commissariat des carabiniers de Santiago et leurs camarades redoutent qu’elles subissent des maltraitances.

Les trois personnes arrêtées sont Valentina Miranda, porte-parole du CoNES (Coordination Nationales des étudiants de Secondaire), Pablo Ferrada, responsable du secteur étudiant de la Jeunesse Communiste au Chili, et Anaís Pulgar, secrétaire politique de l’Université régionale de Santiago. Seule Valentina Miranda a pour l’instant été libérée.

Plus d’infos ici.

Les affrontements au Chili

Mardi 22 octobre, après 5 jours d’émeutes et d’affrontements notamment entre manifestant·e·s et l’armée, Sebastian Piñera, le président du Chili a demandé « pardon » au peuple et a proposé des mesures sociales. Les mesures annoncées n’ont cependant pas affaibli le mouvement de contestation. Les manifestantes et manifestants réclament des changements plus radicaux que ceux annoncés hier soir, comme l’adoption d’une nouvelle Constitution, l’actuelle étant héritée de la dictature d’Augusto Pinochet. De plus, Sebastian Piñera n’a pas répondu à l’une des demandes les plus pressantes de la population : le retrait de l’armée qui occupe actuellement les rues des grandes villes (voir notre article). Depuis le début du mouvement et suite à la répression violente qui a suivi, entre 15 et 20 personnes seraient mortes. De nombreuses arrestations violentes ont également été recensées, ainsi que des cas de violences sexuelles. Enfin, plus de 250 personnes seraient blessées, dont la moitié par arme à feu.

Émeutes au Chili

Émeutes au Chili

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