Alors que les manifestations se poursuivent dans le Khouzistan et touchent d’autres régions de l’Iran, les forces répressives continuent à faire usage de de balles réelles contre des manifestants non armés. Douze manifestants ont été tués. Dans la soirée du 26 juillet, au douzième jour du soulèvement, des manifestations de grande ampleur ont eu lieu à Karadj, près de Téhéran, avec le slogan « A bas le dictateur », en soutien au soulèvement du Khouzistan. À Kermanchah, les habitants ont rejoint le soulèvement du Khouzistan contre le manque d’eau et d’électricité en brûlant des pneus et en fermant la route dans le quartier de Dareh Deraz, le même jour. Les habitants de la ville de Mahdieh ont également bloqué l’autoroute vers Kermanchah en brûlant des pneus. Les forces répressives ont tenté de les disperser en ouvrant le feu sur les manifestants.

Manifestation au Khouzistan

Un étudiant de l’université de Kinshasa a été tué samedi 26 à Kinshasa par un policier qui lui reprochait de ne pas porter de masque pendant l’enregistrement d’une vidéo commandée dans le cadre d’un travail pratique. L’étudiant qui était accompagné d’une dizaine de ses collègues et d’un enseignant a reçu deux balles. Les étudiants ont barricadé des routes, brûlé des pneus alors que d’autres échangeaient des jets de pierres avec les forces de l’ordre. Le bureau de la police près de l’université a été brûlé samedi alors que le tireur s’est enfui laissant derrière lui son arme et sa tenue. Les étudiants ont encore tenté d’encore manifester lundi, mais la police a utilisé contre eux les kulunas, des gangs des quartiers populaires liés à des réseaux policiers.

 

Pour la deuxième fois ce moins-ci, ce samedi, de grandes manifestations ont eu lieu dans plusieurs villes du Brésil pour s’opposer à Bolsonaro. Plus de 500 000 Brésiliens sont morts du COVID-19 sous la direction de Bolsonaro, qui a été largement critiqué pour avoir rejeté la gravité de la maladie et s’être opposé aux masques et aux mesures de distanciation physique. Bolsonaro fait aussi l’objet d’une enquête au Sénat, qui étudie la possibilité de corruption liée à l’achat d’un vaccin indien contre le coronavirus. Sur l’avenue Paulista de Sao Paulo, lieu traditionnel des manifestations politiques, les manifestants se sont rassemblés à 16 heures heure locale. Il y a eu plus tard des affrontements entre les manifestants et la police.

 

Des heurts ont opposé vendredi des Palestiniens manifestant contre la colonie sauvage d’Eviatar et des soldats israéliens en Cisjordanie occupée, faisant près de 150 blessés dans la localité de Beita. Le Croissant-Rouge palestinien a fait état de 146 blessés parmi les manifestants, incluant neuf touchés par des balles réelles, 34 par des balles en caoutchouc et plus de 80 par des gaz lacrymogènes. L’armée israélienne a confirmé deux blessés légers dans ses rangs. Des colons israéliens se sont installés début mai sur une colline près de Beita afin de fonder la colonie sauvage d’Eviatar, sans obtenir l’autorisation du gouvernement israélien. Après plusieurs semaines de heurts et tensions, un accord est intervenu avec les colons d’Eviatar qui ont évacué les lieux mais en laissant leurs mobile-homes, le temps que le ministère israélien de la Défense passe en revue les droits de propriété des terres afin de déterminer si elles peuvent être colonisées. En attendant, l’armée israélienne maintient sa présence sur les lieux.

Les manifestations au Khouzestan  (voir notre article) se poursuivent. Mardi 20 juillet, des milliers d’habitants d’Izeh ont protesté contre le manque d’eau en scandant « A bas le dictateur, A bas Khamenei ». Les forces de sécurité ont procédé à des arrestations, ce qui a mis les manifestants encore plus en colère. Les manifestants ont scandé « Arabes et Bakhtiari, unissez-vous » (en référence aux deux principales minorités ethniques arabes et bakhtiari de la région), « Les chars et les fusils ne servent plus à rien », et « il faut tuer Khamenei ». La police et les unités spéciales ont tiré des gaz lacrymogènes, du gaz poivré et des balles réelles sur les manifestants afin de les disperser. Les jeunes ont répondu en leur jetant des pierres mais plusieurs d’entre eux ont été tués ou blessés quand les forces de sécurité ont ouvert le feu. Simultanément, les habitants d’Ahwaz (à Lashgar-abad et à Seyed-Karim), Darkhovin, Kout-Sheikh, Al-Jadideh, Kouy-e Molavi et Kouy-e Feisalieh à Khorramchahr, et de Sussanguerd ont afflué dans les rues malgré les arrestations et la répression générales.

Un rassemblement de solidarité avec les insurgés Solidarité avec les manifestants du Khouzestan au lieu à Bruxelles samedi 24 juillet à 13h, place Schuman.

Des milliers de personnes se sont réunis dans les régions du nord et de l’est de la Syrie pour célébrer le 9e anniversaire de la révolution du Rojava, portant des drapeaux des Unités de protection du peuple (YPG), Unités de protection féminine (YPJ), Forces démocratiques syriennes (FDS), des posters du leader kurde Abdullah Ocalan et des photos des martyrs du Rojava.

A Bruxelles, une cinquantaine de personnes ont pris part, à l’initiative du Secours Rouge et de l’organisation Classe contre Classe, à la célébration de cet anniversaire au local Sacco-Vanzetti.

Le 20 juillet 2015, à Suruç 33 jeunes militants de Turquie s’apprêtant à partir au Rojava comme volontaire pour la reconstruction de Kobane ont été tués dans un attentat de l’état islamique perpétré avec la complicité des services secrets turcs. La Turquie n’a fait aucune enquête sur les responsabilités de l’attentat, mais a persécuté les avocats et les familles des victimes. Toutes les ans, en Turquie et dans de nombreuses villes du monde ont lieu des commémoration du  massacre de Suruç. Et cette année comme souvent, les rassemblements de commémoration a été brutalement réprimés. 13 personnes ont été arrêtées à Ankarra, 6 à Istanbul et 19 à Adana.

Des nombreux rassemblement ont eu lieu dans le monde, ainsi à Bruxelles, avec la présence de notre Secours Rouge

 

Deux personnes ont été tuées vendredi soir au Khouzestan, lors d’une manifestation contre la pénurie d’eau qui frappe cette province du sud-ouest de l’Iran. Les habitants de Chadégan, situé à quelque 75 km au sud d’Ahvaz, la capitale provinciale, se s’étaient rassemblés pour protester contre les coupures d’eau et les forces de répression sont intervenues. Le Khouzestan est une province riche en pétrole où vit une importante minorité arabe sunnite. Sa population se plaint régulièrement d’être laissée pour compte par les autorités.

Une trentaine de blessés ont été signalés lors des affrontements lorsque les militaires ont essayé d’ouvrir les routes coupées par les manifestants, notamment dans le quartier de Jabal Mohsen de Tripoli où la population entendait dénoncer la hausse des prix, la flambée du cours de change du dollar sur le marché parallèle, les pénuries de mazout et la détérioration des conditions de vie.  Dans le quartier de Bab el-Tebbané des manifestations ont également été signalées, tandis que la route reliant Denniyé à Tripoli a été bloquée par des protestataires. À Beyrouth, Corniche Mazraa, à Naamé et à Saïda, plus au sud, mais aussi à Brital et dans d’autres régions de la Békaa, comme Rachaya, des routes ont été bloquées à l’aide de bennes à ordures incendiées.

La vague d’émeutes et de pillages semble s’apaiser en Afrique du Sud , et en tout cas à Johannesburg, où des militaires sont déployés en renfort de la police. En tout 26 personnes sont mortes dans la ville dans un contexte de pillages et d’incendies, sur fond de chômage endémique et de nouvelles restrictions anti-Covid. Auxquels il faut ajouter 91 morts dans la province du Kwazulu-Natal (Est) où ces violences ont commencé il y a six jours, après l’incarcération de l’ancien président Jacob Zuma. Il y a aussi eu 20 morts à Phoenix, un township près de Durban (Est) où des membres de la communauté indienne s’en sont pris à des pillards présumés.

L’armée va multiplier ses effectifs sur le terrain, pour stabiliser Johannesburg et pacifier les zones plus tendues, notamment les grandes villes du Kwazulu-Natal (KZN, Est), le port de Durban et sa capitale Pietermaritzburg. Le président Cyril Ramaphosa avait autorisé lundi le déploiement de 2.500 soldats, doublés deux jours plus tard. La ministre de la Défense a dit souhaiter jusqu’à 25.000 soldats pour faire face à l’urgence. En tout, 2.203 personnes ont été interpelées à ce jour dans le pays.

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