Lors de la mobilisation pour la Journée mondiale d’action pour un avortement légal et sécurisé, lundi 29, les manifestantes, qui avaient été retenues près du Monument de la Révolution se sont mises en marche vers le centre (plus précisément vers l’«Antimonumenta» contre les fémicides érigé devant Bellas Artes). De violents affrontements les ont opposé aux policiers qui leur barraient la route à l’intersection de Balderas avec l’Avenida Juárez. La police a utilisé du gaz poivré contre les manifestantes qui ont tagué le parcours d’une marche qui dénonçait aussi la violence croissante contre les femmes. Dix femmes sont assassinées chaque jour au Mexique, selon les chiffres officiels, et de nombreux crimes restent impunis.

Les affrontements de Mexico

La police de la ville de Kitwe a affronté des dizaines d’ouvriers mineurs de la société Mopani (anciennement Mine Contractor) qui ont pris d’assaut les bureaux de la mine, le long de la rue centrale de la ville, pour réclamer leur prime de départ. Les anciens mineurs dénonçaient des critères retenus par Mopani pour sélectionner les personnes éligibles à cette prime. Hier, lundi 29 septembre, ils ont marché vers les bureaux de Mopani vers 09h00 où ils ont demandé à être reçus par la direction, mais la police en tenue anti-émeute est rapidement venue les disperser. Les mineurs ont résisté et caillassé les policiers, avant d’aller protester auprès de responsables du Syndicat des mineurs de Zambie (MUZ). Aucune arrestation n’avait été effectuée.

Les affrontements de Kitwe

 

Des milliers de personnes sont descendues dans les rues d’Athènes et de Thessalonique pour protester contre l’arrivée du secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, en Grèce. La marche de protestation, organisée par des étudiants et des groupes de gauche, est restée pacifique sur la majeure partie de son parcours. Les manifestants portaient des drapeaux rouges et scandaient des slogans. Lorsque le groupe a atteint l’ambassade des États-Unis bien gardée, il y a eu des affrontements, la police utilisant des matraques et des gaz lacrymogènes. Une manifestation similaire a été organisée à Thessalonique devant le consulat américain. Pompeo a atterri dans le pays pour une visite de deux jours lundi, au milieu de tensions entre la Grèce et la Turquie sur leurs frontières maritimes.

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Le président de Derry de Saoradh a comparu devant le tribunal, lundi 28 septembre, avec trois autres hommes, à la suite des affrontements à l’extérieur de la prison de Maghaberry. Le président était accusé de trouble à l’ordre public tandis que les trois autres étaient accusé de participation à une émeute. Par ailleurs, deux des militant·es, comparaissant individuellement à Lisburn Magistrates Court depuis leur garde à vue via une vidéo-conférence, étaient également accusés de possession de feux d’artifice sans permis.

Ce procès entre dans le cadre d’une manifestation qui s’était déroulée, le samedi 26 septembre devant la prison de Maghaberry. Cette manifestation, regroupant 200 personnes avait pour but de soutenir le docteur Hijjawi Bassalat, en grève de la faim contre son isolement forcé dans le module de Foyle House dans la prison de Maghaberry (voir notre article). Elle avait donné lieu à des affrontements avec la police. Les quatre militant·es ont été libérés moyennant une caution de 500 £ à condition qu’ils vivent dans des adresses approuvées par la police, se présentent à la police trois fois par semaine et “ne doivent pas être à moins de 100 mètres d’une manifestation notifiée ou non”. Les affaires ont toutes été renvoyées au 26 octobre.

Plusieurs militants du Saoradh en procès suite à une émeute devant la prison de Maghaberry

Plusieurs militants du Saoradh en procès suite à une émeute devant la prison de Maghaberry

 

Une autre nuit mouvementée samedi 26 septembre au centre-ville de Portland, en Oregon, s’est terminée par plusieurs arrestations. Des centaines de personnes étaient rassemblées pour dénoncer le profilage racial et la violence policière lorsque les autorités ont déclaré leur manifestation d’attroupement illégal. La foule avait notamment envahi le secteur où se trouve le palais de justice et la cour fédérale des États-Unis. Un drapeau américain a été brulé et des feux d’artifice o,nt été tirés vers les policiers. Il y a eu plusieurs arrestations. D’autres manifestations BLM ont donné lieu à des affrontements à Seattle (10 arrestations), à New York (4 arrestations).

Déploiement policier samedi à New York

Depuis le 20 septembre, date anniversaire de la contestation anti Al-Sissi, des manifestations quotidiennes ont essaimé dans plusieurs villes en Egypte. Les Égyptiens expriment en effet de plus en plus leur mécontentement, notamment contre une campagne de destruction de logements illégaux dans des faubourgs populaires démunis. Des affrontements ont éclaté et des blindés ont aussitôt investi la place Tahrir.  De nombreux défilés ont eu lieu dans plusieurs quartiers du Caire et ailleurs dans le pays, à Alexandrie, Minya, Sohag et Assouan. A Gizeh, des blindés furent même contraints de prendre la fuite face à la détermination des manifestants, et dans un village de la Moyenne-Égypte, ils ont jeté une voiture de police dans un canal. Un manifestant a été tué et plus de 170 ont été arrêtées.

Manifestation en Egypte le 21 septembre

Une deuxième nuit de protestations BLM à eu lieu à Louisville après l’annonce par la justice américaine de ne pas inculper les policiers impliqués dans la mort de Breonna Taylor. Cette jeune femme de 26 ans décédée le 13 mars dernier, quand trois agents ont fait irruption chez elle en enfonçant la porte de son domicile en pleine nuit. Armé, le compagnon de la victime, croyant à une intrusion criminelle, avait ouvert le feu. Un seul membre du trio policier a finalement été poursuivi, pour mise en danger de la vie d’autrui, en raison de ses tirs qui ont traversé l’appartement des voisins de Breonna Taylor. Aucun chef d’inculpation n’a été retenu contre ses deux collègues, pourtant les auteurs des tirs qui ont tué l’Afro-Américaine.

Mercredi 23, les affrontements avaient été violents. Deux policiers avaient été blessés par balle et 127 personnes avaient été arrêtées. Jeudi 24, la cité avait des allures de ville fantôme alors que certains quartiers demeuraient difficiles d’accès, sous le contrôle des forces de l’ordre. Le soir, une centaine de manifestants pacifiques se sont rassemblés dans le centre-ville malgré la prolongation jusqu’au week-end d’un couvre-feu. Ils ont pu échapper aux forces de l’ordre en se réfugiant dans une église.

Mémorial spontané pour Breonna Taylor à Louisville

 

Trois policiers ont été bénis lors d’une manifestation à Sofia mardi 22 septembre, fête de l’Indépendance bulgare, les participants réclamant «une indépendance par rapport à la mafia» et exigeant la démission du gouvernement. Près de 10.000 personnes se sont rassemblés dans la capitale et des manifestations antigouvernementales se sont tenues dans plusieurs villes de province. “Démission!”, “Mafia”, scandaient les manifestants à Sofia dont beaucoup de jeunes, faisant un bruit assourdissant aux vouvouzélas devant le siège du gouvernement. En début de la soirée, des pétards, des pierres et des bouteilles ont été jetés sur trois cordons de policiers munis de gilets anti-balles, armés de matraques et de boucliers, protégeant le bâtiment historique du parlement. La police a repoussé des manifestants à plusieurs reprises. Trois policiers ont été bénis par des pavés, selon la direction de la police. 126 manifestants ont été arrêtés.

Ces manifestations quotidiennes contre la corruption se tiennent à Sofia depuis deux mois et demi, rassemblant des protestataires de différents milieux et de toutes tendances politiques. Pays le plus pauvre de l’Union européenne, la Bulgarie en est aussi le membre le plus corrompu. La manifestation de mardi était qualifiée par les organisateurs de la “troisième journée de la Grande insurrection populaire”. La première journée, le 2 septembre, a été marquée par des affrontements qui avaient fait près de 200 blessés (voir notre article). Au pouvoir depuis presque dix ans, le Premier ministre de centre droit Boïko Borissov dont le mandat expire en mars refuse de démissionner “au nom de la stabilité du pays” dans le contexte de la crise liée au Covid-19.

Affrontements à Sofia

La répression judiciaire des manifestant·es continue en France. Deux affaires récentes illustre ce phénomène.

Le 4 juin dernier à Lille, lors d’une des manifestations contre les crimes et les violences policières qui ont suivi la mort de George Floyd, un policier s’est brûlé la main en ramassant un fumigène, ce qui lui vaut un jour d’interruption temporaire de travail (ITT). Un manifestant accusé d’avoir allumé ce fumigène a été arrêté et poursuivi pour violence sur agent. Passé en comparution immédiate, il est mis immédiatement en prison et écope  d’une lourde peine : 10 mois de prison. Le procès en appel s’est déroulé le lundi 21 septembre à 14h au tribunal de Douai. Les avocats du Collectif lillois d’autodéfense juridique (CLAJ) y ont obtenu la relaxe du manifestant.

En février 2019, un Gilet Jaune du Mans était braqué à très courte distance par le canon d’un LBD. Il avait baissé “d’un geste rapide” cette arme pointée vers lui. Le tribunal a estimé ce mercredi qu’il s’agissait d’un “geste violent” et l’a condamné. Le Gilet Jaune a écopé de 6 mois de prison avec sursis et d’un somme de 250 euros à verser au policier qui le braquait. De son côté, le militant a été violenté par les policiers au moment de son arrestation. Plus d’infos ici.

LBD contre gilets jaunes

Après une pause de quelques jours, des milliers de Colombiens ont de nouveau protesté lundi 21 septembre contre les violences policières et contre la politique du gouvernement, onze jours après les manifestations déclenchées par l’assassinat, le 9 septembre, de Javier Ordonez par la police (voir notre article). Syndicalistes et étudiants ont pris la tête de rassemblements et de défiles qui ont abouti à des heurts avec les forces de sécurité dans le centre de Bogota, principal théâtre de ces mouvements de protestation. Des manifestants ont lancé des pierres contre des policiers qui ont riposté avec du gaz lacrymogène et des grenades incapacitantes. Des unités anti-émeutes sont intervenues à Bogota ainsi qu’à Medellin et à Pasto, respectivement dans le nord-ouest et le sud-ouest de la Colombie. Au moins neuf personnes ont été arrêtées pour participation au saccage d’agences bancaires et d’équipements publics. Lors des manifestations consécutives à la mort de Javier Ordonez, des membres des forces de sécurité avaient ouvert le feu, tuant 12 personnes.

La manifestation à Bogota