Avec un nouveau ministère de la Cybersécurité et du Numérique, le gouvernement Legault veut doter les Québécois d’une identité numérique d’ici juin 2022. Il est aussi question d’un éventuel portefeuille numérique: Permis de conduire et carte d’assurance maladie numériques, mais aussi carte de débit, carte de crédit, preuve d’assurance et une panoplie de documents non gouvernementaux qui viendront s’ajouter. Le tout inclus dans un téléphone portable. Éventuellement, ce portefeuille numérique pourra authentifier son propriétaire grâce à des données biométriques, comme la reconnaissance faciale ou l’empreinte digitale, ce que font déjà plusieurs téléphones, à échelle individuelle.

Biométrie oculaire

Biométrie oculaire

 

Aux USA, les forces de l’ordre ont déployé des simulateurs de site cellulaire, une technologie de surveillance controversée pour surveiller les téléphones portables. Suite à des critiques considérant cette technologie contraire au droit, le Congrès US a décidé de restreindre son utilisation. Néanmoins, en 2019, le service de police de Boston a acheté un appareil exploitant cette technologie avec une « caisse noire légale » alimentée par de l’argent saisi en lien avec le trafic de drogue. Comme l’usage de cette caisse relève de la police, cet achat a été dissimulé non seulement au public mais aussi aux élus de la ville…
La police de Boston a donc acheté, pour une montant de 627 000 $, à la société Tactical Support Equipment Inc., basé en Caroline du Nord, spécialisé dans la technologie de surveillance, ce simulateur de site cellulaire connu sous le nom de « stingray ». Celui-ci agit comme un relais de téléphonie mobile commerciale, incitant les téléphones à proximité à s’y connecter. Une fois que les téléphones s’y connectent, le simulateur obtient secrètement l’emplacement et d’autres informations potentiellement identifiables.

La Haute-Cour de Londres a annulé, ce vendredi 10, en appel, le refus d’extrader vers les États-Unis le fondateur de Wikileaks. Elle ouvre ainsi la voie à l’extradition de Julian Assange que Washington veut juger pour une fuite massive de documents. La Cour « autorise l’appel » formé par les États-Unis, ce qui signifie que la justice annule la décision de première instance et que la justice britannique devra de nouveau statuer sur la demande d’extradition américaine. Les hauts magistrats britanniques reviennent ainsi sur la décision initiale d’une juge qui, il y a près d’un an, s’était opposée à la remise aux autorités américaines de l’Australien âgé de 50 ans, invoquant le risque de suicide. Poursuivi notamment pour espionnage, Assange risque jusqu’à 175 ans de prison.

 

Une manifestation a tourné à l’émeute dans le centre-ville de Portland, dans l’Oregon, après que Rittenhouse ait été déclaré non coupable de meurtre alors qu’il avec tiré au fusil semi-automatique lors de violentes manifestations de Black Lives Matter à Kenosha, Wisconsin en août 2020. Rittenhouse  avait tué deux hommes tués et blessé un autre. Le jury avait a jugé que le jeune homme avait agi en légitime défense. Les manifestants ont cassé des vitres de bâtiments. Lorsque la police est arrivés sur place, les manifestants l’ont caillassée.

Coastal GasLink (CGL) est un projet de gazoduc de l’entreprise TC Énergie qui devrait traverser les montagnes Rocheuses dans la province canadienne de Colombie-Britannique, notamment le territoire de la population Wetʼsuwetʼen (dont le Gidimt’en et le Likhts’amisyu sont des clans). Mercredi 27 octobre, une action a eu lieu en réponse au déploiement de la la Gendarmerie royale du Canada sur le territoire de Likhts’amisyu, situé à environ 40 km de l’occupation du site de forage de Gidimt’en. Elle a été menée en solidarité avec le chef Dtsa’hyl qui, alors qu’il agissait comme représentant du clan Likhts’amisyu, a neutralisé dix bulldozers utilisés pour détruire leur territoire non cédé et construire une nouvelle route, dont CGL dit être propriétaire. L’action a consisté en plusieurs barrages sur la route forestière Morice West, sur le territoire des Gidimt’en. Les équipes de CGL et des agents de sécurité ont été refoulés jusqu’à l’intervention de bulldozers et la Gendarmerie.

 

L’ancien membre de Weather Underground, David Gilbert, 76 ans, a obtenu une libération conditionnelle après 40 ans derrière les barreaux pour son rôle dans l’attaque d’un fourgon Brinks près de New York en 1981. Un garde et deux policiers avaient été tués dans cette attaque et dans une fusillade à un barrage de police. David Gilbert avait été condamné « solidairement » pour homicide car il avait été établi qu’il ne portait pas d’arme: son rôle aurait été de conduire le van « de relais » qui avait pris en charge le commando.

L’attaque avait été menée conjointement par des membres de l’Organisation communiste du 19 Mai (une organisation héritière du Weather Underground) et des membres de la Black Liberation Army, le 20 octobre 1981, elle avait été revendiquée par la Force Conjointe Armée Révolutionnaire (Revolutionary Armed Task Force). Elle avait rapporté 1,6 million de dollars. La répression qui suivi cette attaque avait été terrible: des dizaines d’arrestations, un militant abattu lors de son arrestation, des séances de tortures (brulures de cigarettes, ongles arrachés) pour les coupables présumés.

David Gilbert n’était devenu admissible à une libération conditionnelle qu’après que sa condamnation à perpétuité ait été transformée en condamnation à 75 ans de prison, en août dernier, par le gouverneur Cuomo quelques heures avant qu’il ne quitte ses fonctions. Il a comparu devant la commission des libérations conditionnelles de l’État le 19 octobre et a ensuite obtenu une libération conditionnelle. Il pourra quitter la prison de Shawangunk dans la vallée de l’Hudson le mois prochain.

David Gilbert à son arrestation

 

Des agents de sécurité privée sont intervenus mercredi matin contre un piquet de grève à l’extérieur de l’usine de Nabisco, au nord-est de Portland. Les travailleurs de Nabisco font grève depuis plus d’un mois maintenant. Ils protestent contre la réduction de leur retraite, de leurs soins de santé et de leurs salaires et veulent un contrat équitable. Lundi déjà, un gréviste avait été agressé par un vigile devant le bâtiment. Plainte a été déposée contre la société de sécurité.

Une ambulance emmène un gréviste légèrement blessé

 

Un manifestant antifasciste a été blessé par balle, samedi, alors que des affrontements éclataient entre des manifestants antivax/pro-Trump et des contre-manifestants antifascistes. La fusillade est survenue après quelques heures d’affrontements intermittents au Capitole et aux alentours, où les partisans du président Donald Trump s’étaient rassemblés, affichant des pancartes remettant en cause les élections présidentielles et les mesures contre la pandémies, dans ce qui devient un événement régulier sur le campus du Capitole, à Washington. Les manifestants MAGA (« Make America Greath Again ») ont été submergés par les contremanifestants antifa, malgré une présence massive de la police d’Olympia, et ils ont été refoulés vers leurs véhicules dans un parking adjacent. C’est alors qu’un partisan de Trump a ouvert le feu. Deux personnes ont été arrêtées en lien avec la fusillade.

Les manifestants MAGA

Les manifestants antifa

Dimanche 22 août, un rassemblement du groupe fasciste « Proud Boys » se tenait dans la ville de Portland. En réaction, les militant.es antifascistes de la ville se sont mobilisés. Des affrontements ont éclaté qui se sont terminés vers 18h par une fusillade. Des manifestants antifascistes ont riposté contre un militant fasciste qui leur a tiré dessus avec une arme de poing dans une rue du centre-ville. La fusillade n’a fait aucun blessé. Plus tôt dans l’après-midi, dans la banlieue est de la ville, les Proud Boys ont tiré des balles de fusils airsoft sur les militant.es antifascistes qui ont riposté avec des munitions de feux d’artifice. Du gaz poivre a également été utilisé.

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Affrontements entre fascistes et antifascistes à Portland

Un rapport du « Movement for Black Lives » (M4BL) démontre que le gouvernement fédéral a délibérément ciblé les manifestants du mouvement Black Lives Matter en engageant des poursuites pénales musclées dans le but de perturber et de décourager le mouvement. Les données empiriques démontrent qu’à mesure que les soulèvements de l’été 2020 augmentaient, la présence policière, le déploiement d’agents fédéraux et les poursuites contre les manifestants augmentaient également.

Le rapport analyse 326 affaires pénales ouvertes par des procureurs fédéraux américains concernant des comportements présumés liés aux manifestations organisées dans le cadre de Black Lives Matter. Dans 92,6 % des cas, il existait des délits équivalents au niveau de l’État qui auraient pu être utilisés pour poursuivre contre les accusés, la plupart avec des peines potentielles moins sévères. L’une des principales conclusions du rapport est que la poussée pour utiliser des accusations fédérales contre les manifestants est venue de directives de Donald Trump et de l’ancien procureur général William Barr. Le rapport souligne également la différence flagrante dans la manière dont le gouvernement a traité les manifestations liées au Covid-19 contre les fermetures des administrations locales et l’obligation de porter un masque pendant la même période.

Black live matter

Black live matter