Secours Rouge

Abattre le capitalisme, construire la solidarité.

Trois “gilets jaunes” ont été placés en garde à vue à Paris samedi soir, après avoir avoir eu une altercation avec un automobiliste en marge de leur manifestation dans la capitale. Des centaines de “gilets jaunes” ont répondu à l’appel national de rassemblement à Perpignan. Le cortège s’est élancé vers 11h en direction du centre-ville. Arrêtés par un barrage de policiers quai Sadi-Carnot, ils ont scandé “Où est Steve ?”, en référence à Steve Maia Carriço, ce jeune homme de 24 ans qui a disparu après une charge de police à Nantes. Une banque sur le parcours a été caillassée mais, surtout, la permanence du député LREM Romain Grau a été attaquée. Toutes les vitres ont été brisées et il y a eu un début d’incendie. Le député était présent dans la permanence au moment des faits, il s’est caché dans une autre pièce pour ne pas être vu. Au moins trois personnes ont été blessées, et une personne interpellée.

La permanence du député

La permanence du député

Théo El Ghozzi, ouvrier nantais, militant maoïste emprisonné suite au tag contre l’ex-ministre de Rugy (voir notre article), est en grève de la faim depuis le 22 juillet. Il revendique la reconnaissance de son statut de prisonniers politique, son transfert à la prison de Riom, et la libération des prisonniers politiques, particulièrement celle de Georges Ibrahim Abdallah.

Théo El Ghozzi

France: Théo en grève de la faim

Un homme de 27 ans a été arrêté et incarcéré hier mardi à Nantes. Il est suspecté d’être l’auteur d’un tag à Orvault, près de Nantes, sur le logement de François De Rugy, l’ex-ministre de la Transition écologique impliqué dans divers scandales. Le tag avait été revendiqué par le Parti Communiste Maoïste exposant que “les parasites comme de Rugy qui se goinfrent de homard, vivent dans le luxe et profitent de logements sociaux grâce à l’argent volé aux travailleurs doivent être dénoncés et combattus !” Par le passé, la permanence nantaise du député de Loire-Atlantique a plusieurs fois fait l’objet de dégradations et sa résidence secondaire sur l’île d’Ouessant taguée de slogans anti-gouvernementaux en décembre.

Le tag sur l’immeuble situé à Orvault

EDIT: Vous pouvez lui écrire: Théo EL GHOZZI
Quartier “Arrivants” / Numéro d’écrou 69139
Centre Pénitentiaire de Nantes
Rue de la Mainguais / 44000 NAONED / FRANCE

Le tag sur l'immeuble situé à Orvault

Des centaines de gilets jaunes ont défilé, samedi 20 juillet Montpellier. Sous une grande banderole “Ça va péter”, les manifestants criaient “Où est Steve ?”, ce jeune probablement tombé dans la Loire à Nantes le 21 juin suite à une charge policière et toujours porté disparu. Dans plusieurs endroits du centre-ville, la question “Où est Steve?” a été écrite sur les murs ou les marches d’escaliers. Une interpellation a eu lieu, après des jets de projectiles, d’abord dans le quartier de la préfecture, puis à Antigone où le cortège s’était déplacé. Les forces de l’ordre ont utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants. Trois policiers ont été signalés blessés et il y a eu de feux de poubelles, des conteneurs renversés, des vitrines de magasins et vitres d’abri de tramway brisées.

Charge policière samedi à Montpellier

Charge policière samedi à Montpellier

Castaner a remis des médailles à 9.000 fonctionnaires de police impliqués dans des affaires de violences policières commises principalement lors des différentes mobilisations des « gilets jaunes ». Ces médailles de la sécurité intérieure, habituellement remises les 1er janvier et 14 juillet, ont, cette fois, été décernées de façon exceptionnelle dans le cadre de la « promotion exceptionnelle médaille de la sécurité intérieure “gilets jaunes” ».

Parmi les décoré, on trouve notamment Grégoire Chassaing, commissaire divisionnaire à Nantes, chargé des opérations de sécurité le 21 juin, lors de la Fête de la musique. Il a donné l’ordre de disperser la foule à grand renfort de gaz lacrymogènes, entraînant la chute de quatorze personnes dans la Loire, dont Steve Maia Caniço, toujours porté disparu. Egalement décoré, le capitaine Bruno Félix auditionné dans l’enquête sur le décès de Zineb Redouane, atteinte au visage par une grenade lacrymogène à la fenêtre de son appartement à Marseille, le 1er décembre.

Responsable des opérations de maintien de l’ordre, lors desquelles Geneviève Legay, une militante de 73 ans, a été gravement blessée à Nice, le commissaire Rabah Souchi a lui aussi été décoré. Autre décoré : le commandant divisionnaire, membre de la brigade de policiers venue déloger à coups de matraques et à coups de pieds des manifestants retranchés dans un Burger King, lors de l’acte III.

Les passages à tabac dans le Burger King lors de l’Acte III

Les passages à tabac dans le Burger King lors de l'Acte III

Du 24 au 26 août 2019, le G7 se réunira à Biarritz, au Pays Basque Nord. En prévision de la répression contre le opposants, l’organisation ” Réseau d’Action Juridique Collective” lance une collecte de soutien qui rémunèrera la vingtaine d’avocats qui vont assurer la défense des personnes interpellées lors du G7.

Macron a en effet annoncé la mise en place d’un dispositif de sécurité hors du commun. L’accès à certains quartiers seront interdits ou limités et 15 000 policiers et gendarmes seront déployés sur 100 kilomètres autour de Biarritz à partir du 15 août. Les accès à la région seront donc étroitement surveillés, des contrôles seront effectués sur tous les axes et dans toutes les gares, tandis que les contrôles à la frontière seront temporairement rétablis et des checkpoints militaires placés sur certains axes reliant l’Espagne à la France. Enfin, un certains nombre d’arrêtés seront pris pour interdire les manifestations au pourtour de Biarritz.

Plus d’infos et participation ici

Constitution d’une Défense Collective pour le G7 de Biarritz

Constitution d'une Défense Collective pour le G7 de Biarritz

A l’occasion du 14 juillet, plus d’une centaine de personnes se sont réunies devant la résidence de l’ambassadeur français pour exiger la libération immédiate de Georges Abdallah. L’armée et la police libanaises étaient nombreuses et agressives pour tenter d’empêcher la mobilisation. Mais pendant plus d’une heure, les militants ont scandé sans cessé des slogans pour la libération du communiste libanais, en soutien à la libération de la Palestine et contre l’impérialisme français. Un message audio de Georges Abdallah a été diffusé à la fin du rassemblement. Le communiste Anoir Yassine, ancien prisonnier de l’occupant sioniste pendant 17 ans et libéré suite à un échange de prisonnier, a fait une déclaration de soutien.

Manifestants ce dimanche à Beyrouth

Manifestants ce dimanche à Beyrouth

Après l’action des “gilets noirs” au Panthéon à Paris, une vingtaine de sans-papiers ont été placés en rétention administrative. Par ailleurs, une personne est en garde à vue pour “violences volontaires sur personne dépositaire de l’autorité publique”. Le vendredi 12 juillet, environ 700 personnes ont brièvement occupé le Panthéon à Paris avant d’être évacuées par la police. Ces “gilets noirs” sont des sans-papiers qui réclament leur régularisation et un rendez-vous avec le Premier ministre Édouard Philippe.

gilets noirs

gilets noirs

175 personnes ont été interpellées par les forces de l’ordre à l’occasion du 14 juillet à Paris, où les “gilets jaunes” avaient appelé à manifester. Quelques dizaines d’entre eux ont sifflé le président Macron alors qu’il descendait l’avenue des Champs-Elysées à bord d’un “command car”, avant le défilé militaire. En début d’après-midi, les manifestants sont parvenus à se rassembler sur les Champs-Elysées. Les manifestants essayaient d’ériger des obstacles sur l’avenue tandis que les forces de l’ordre tentaient de les disperser par des tirs de grenades lacrymogènes.

Trois figures du mouvement des “gilets jaunes”, Jérôme Rodrigues Maxime Nicolle et Eric Drouet, ont été placées en garde à vue dimanche. Les deux premiers pour “organisation d’une manifestation illicite”, le troisième pour “rébellion”. C’est la première fois depuis le 16 mars que des « gilets jaunes » parviennent à retourner manifester sur les Champs-Elysées.

Arrestation cet après-midi à Paris

Arrestation cet après-midi à Paris

Suite au G20, la police de Hambourg a ouvert plus de 3500 procédures pénales contre des suspects allemands, français, espagnols. 180 personnes ont depuis été jugées pour leur implication dans les dégradations du G20. 146 ont été condamnées, 92 ont écopé de peines de prison, dont neuf de prison ferme.

Parmi les personnes poursuivies, dont le jugement est en cours et va durer encore plusieurs mois, Loïc Schneider, 23 ans, un militant anti-nucléaire et engagé contre le projet de site d’enfouissement de déchets radioactifs de Bure. Arrêté en France en août 2018, il est ensuite transféré en Allemagne en octobre, puis placé en détention provisoire à Hambourg. Le procès de Loïc se déroule à huis clos. Il est jugé aux côtés de quatre autre jeunes allemands. Le procès a commencé il y a plus de six mois. Il va se poursuivre jusqu’en décembre, à raison de deux séances par semaine. Fin juin, le tribunal a décidé de refuser à Loïc une demande de remise en liberté: il craignait qu’il ne s’échappe et estimait qu’il ne coopèrait pas assez.

Loïc et ses quatre co-accusés sont poursuivis pour des incidents survenus lors de l’une des manifestations du 7 juillet. Le parquet veut rendre responsables les quatre prévenus de l’ensemble des dégâts de la manifestation, quand bien même ils ne les auraient pas commis eux-mêmes. Le montant de ces dégâts est estimé à un million d’euros. Le dossier de l’accusation se compose essentiellement de vidéos, presque toutes des vidéos filmées au smartphone par les riverains, qui les ont ensuite fournies à la police. La police allemande a envoyé des images aux polices européennes, et les policiers de Commercy (près de Bure) ont dit le reconnaître.

Loïc Schneider

Loïc Schneider